CHATEAU-THIERRY  (Aisne)
Arrondissement de Château-Thierry  - Canton de Château-Thierry
Région des Hauts-de-France
 Population : 14.602 Castrothéodoriciens ou Castelthéodoriciens en 2015.

 

D'une superficie de 1.655 hectares, et d'une altitude de 59 à 222 mètres,

la ville est arrosée par la rivière la Marne, longue de 514 kilomètres,

et située dans le pays de l'Omois, dans un vallon de la vallée de la Marne.

 

Etymologie : l'origine du nom "Castrum Tierricum ou Theodoricum" est incertaine.

 

Il proviendrait du dernier roi mérovingien Thierry IV, enfant de sept ans retenu prisonnier par Charles Martel. Mais le nom n'apparaissant qu'au XI° siècle il pourrait se rapporter à Hugues Thierry, auquel le comte de Champagne avait confié le soin de défendre la place forte.

 

 

L'hôtel-Dieu
 

 

Aujourd'hui désaffecté, l'hôtel-Dieu a été fondé en 1304 par Jeanne de Navarre, épouse du roi Philippe IV le Bel,

doté d'une chapelle de Mansart au XVII° siècle, et agrandi en 1876.

 

Vue aérienne avant 1930 et depuis les ruines du château en 2018.

 

Dès l'origine, l'établissement est un espace d'accueil où pauvres, pèlerins, vieillards

et malades viennent trouver refuge. Ils y sont hébergés, nourris, lavés et soignés par des sœurs Augustines.

Ces dernières vivent cloîtrées au sein de l'établissement

et vont gérer et développer l'Hôtel-Dieu au fil des siècles.

 

Après la Guerre de Cent Ans, l’Hôtel-Dieu vit une période faste avec le mécénat de Pierre Stoppa,

colonel du régiment des Gardes Suisses de Louis XIV, et de sa femme Anne de Gondi. Ensemble,

ils agrandissent considérablement les bâtiments, et font appel aux meilleurs artisans pour les orner.

 

En 1682, Anne de La Bretonnière, une religieuse augustinienne obtient la charge de Prieure de l’Hôtel-Dieu de Château-Thierry. Celui-ci est agrandit de multiples constructions dues au mécénat de ses oncles et tantes, Pierre Stoppa et son épouse, née de Gondy. Suite à la réforme spirituelle de l’institution, celle-ci se voit rattacher vingt huit maladreries des environs, ainsi que les biens qui en dépendent, grâce à trois arrêts, datés de 1695, 1697 et 1698, émanant de la chancellerie du roi Louis XIV. (Les locaux actuels cependant sont de constructions plus récentes).

 

Edifié de 1876 à 1879 suivant les plans de l’architecte Eugène Royer, l’hôtel-Dieu de Château-Thierry

possède une imposante façade de pierres blanches et de briques rouges,

élevée sur trois étages et percée de hautes fenêtres.

 

Pendant la Révolution, les Augustines refusent de prêter serment à la Constitution Civile du Clergé. Elles sont expulsées le 5 septembre 1792 et remplacées par des sœurs congrégantines. Ces dernières n'étant pas formées aux soins, les administrateurs de Château-Thierry, devenu Égalité-sur-Marne, autorisent les novices augustines à rester, ces religieuses n'ayant pas encore prononcées leurs vœux. Parmi celles-ci Marie-Anne Déon œuvre à l'apothicairerie. Elle contribue à soustraire les œuvres majeures aux pillages révolutionnaires. Malgré des destructions importantes au niveau de la chapelle et l'autodafé de registres et plans terriers, le Trésor échappe aux saisies.

 

Les murs possèdent des blasons sculptés aux armes des principaux bienfaiteurs de l’établissement.

 

 

Les locaux conservent l’espace conventuel des soeurs augustines.

 

Les religieuses évoluent désormais aux côtés de médecins laïcs, avec parfois de pittoresques querelles de voisinage. Certaines passent des diplômes d’infirmières, et toutes s’illustrent par leur dévouement auprès des malades. Elles gardent aussi la main sur l’ancienne apothicairerie du XVII° siècle.

 

Épargné à la Révolution, l’Hôtel-Dieu fait l’objet d’un programme de reconstruction en 1873.

Ses impressionnantes salles de malades, encore conservées, sont édifiées selon les préceptes

de l’architecture hygiéniste, qui pense pouvoir combattre l’intégralité des maladies par l’air et la lumière.

 

Des guerres napoléoniennes à celle de 1870 en passant par les épidémies de choléra, les besoins médicaux du XIX° siècle sont considérables. En revanche, les bâtiments de la fin du XVII° siècle sont vétustes et insuffisants. Une reconstruction partielle est décidée et c'est l'architecte Eugène Rouyer, lauréat de l'Académie des Beaux-arts, qui est retenu pour mener à bien le chantier. Le 15 février 1876 les plans sont validés et la première pierre est posée le 12 juin de cette même année. Le nouvel hôpital est inauguré le 19 juillet 1879. L'Hôtel-Dieu, devenu Hospices Civils depuis 1841, offre une capacité d'accueil de 150 malades.

 

Au XIX° siècle les soeurs Augustines sont de retour peu après la signature du Concordat de 1801.

Néanmoins elles assurent de moins en moins l'administration de l'hôpital, au profit d'administrateurs laïcs.

 

Pendant la première Guerre Mondiale, le front situé à quelques kilomètres de la ville de Château-Thierry impose une activité de soin soutenue à l'hôpital. En 1914 on y accueille 859 blessés et 1856 l'an suivant... Le 28 mai 1918 les Allemands franchissent l'Aisne et marchent vers la ville. Dès 7 heures du matin l'Hôtel-Dieu est évacué. Les Allemands abandonnent la ville le 21 juillet. L'Hôtel-Dieu est dévasté, le bâtiment a été bombardé, incendié et pillé. Néanmoins, le Trésor des augustines ayant été évacué à Pierrefonds échappe à ce sort. Dès le 30 juillet les religieuses reviennent pour reconstruire.

 

La chapelle du début du XVIII° siècle.

La chapelle possède le tombeau des Stoppa, attribué au sculpteur François Girardon.

Girardon, est l’un des plus grands sculpteurs du règne du Roi-Soleil, et leur chapelle reçoit de superbes grilles

dorées dues à Robert Davesnes, connu pour avoir réalisé les ferronneries du Château de Versailles.

 

En 1965 la dernière Augustine, soeur Thérèse d'Avila, transmet la clef des greniers à l'économat de l'hôpital en mentionnant la présence de choses importantes. Peu de temps après son décès, le 9 avril 1966, l'hôpital annexe la totalité du complexe. C'est en 1973, à l'occasion d'une visite impromptue dans les greniers, que madame Micheline Rapine, responsable de l'économat, constate la présence d'œuvres remarquables Elle consacrera une part de sa vie à la création du musée de l'Hôtel Dieu.

 

L'apothicairerie du XVII° siècle.

Peintures, sculptures, faïences, orfèvrerie religieuse, mobiliers civils et objets ethnologiques

sont présentés au fil des 18 salles réaménagées dans l'esprit du XVII° siècle.

 

Les activités à l'hôtel-Dieu de soins cessent en 1983, au profit de l’hôpital, d’ailleurs baptisé Centre hospitalier Jeanne de Navarre en 2013. Ses anciens locaux, abritent de riches collections, plus de 1.300 pièces de mobilier (faïences, meubles signés, tableaux et autres objets liturgiques). Ceux-ci sont ouverts à la visite depuis le mois de septembre 2010.

 

L'Hôtel-Dieu de Château-Thierry fait partie des 18 sites français sélectionnés

pour bénéficier des fonds récoltés par le loto du patrimoine.

 

À l'initiative de Stéphane Bern et de la Fondation du patrimoine, dix-huit monuments français vont bénéficier de fonds pour leur restauration. Plusieurs millions devraient être récoltés grâce à des jeux à gratter et un grand "loto du patrimoine", dont le tirage est prévu le 14 septembre.

L'objectif de cette grande campagne de restauration est de faire de l'Hôtel-Dieu un des plus importants musées hospitaliers de France en rassemblant les collections des autres musées hospitaliers français actuellement fermés, en étroite collaboration aves les services de la DRAC et des Musées de France. Il est également prévu la reconstitution de plusieurs salles d'hôpital de différentes époques ainsi que d'évoquer la transformation de l'Hôtel-Dieu en hôpital de guerre pendant la Première Guerre Mondiale afin de s'inscrire dans le tourisme de mémoire, florissant dans cette région des Hauts-de-France.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://carct.fr/
http://www.histoireaisne.fr/

Photos intérieures chapelle, apothicairerie, https://www.google.fr/

(fermées lors de mon passage)

https://www.museehoteldieu.fr/

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 10 septembre 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville