CHATEAU-THIERRY  (Aisne)
Arrondissement et Canton de Château-Thierry.
Région des Hauts-de-France
 Population : 14.602 Castrothéodoriciens ou Castelthéodoriciens en 2015.

 

D'une superficie de 1.655 hectares, et d'une altitude de 59 à 222 mètres,

la ville est arrosée par la rivière la Marne, longue de 514 kilomètres,

et située dans le pays de l'Omois, dans un vallon de la vallée de la Marne.

 

Etymologie : l'origine du nom "Castrum Tierricum ou Theodoricum" est incertaine.

 

Vue aérienne, avant 1970 : la ville et le château.

De l'important château du XIII° siècle, il ne subsiste plus aujourd'hui que les ouvrages avancés.

 Le donjon lui-même avait été détruit dès le XV° siècle.
 

La Porte Saint Pierre, du XIII° siècle,

la dernière des quatre portes de la ville.

 

Après avoir délivré Château-Thierry et chassés les Bourguignons,

Charles VII et Jeanne d'Arc pénètrent dans la ville par cette porte le 30 juillet 1429,

au retour du sacre royal à Reims.

 

De l'extérieur, la façade principale est flanquée de deux tours rondes.

L'enceinte urbaine comptait quatre portes fortifiées dont une seule subsiste : la Porte Saint Pierre.

 

Erigée entre 1220 et 1236, la Porte Saint Pierre a été bâtie sur les fondations d'une porte antérieure du XII° siècle. Pour pénétrer dans la ville médiévale, il fallait d'abord franchir le fossé par un pont dormant. Son système de fermeture était constitué d'une herse renforcée d'une porte en bois à double vantail.

 

La porte, façade côté entrée du château, et Porte Saint Jean.

Au pied de la Porte Saint-Pierre s’étend un jardin d’inspiration médiévale

dédié aux arbres fruitiers, plantes médicinales et aromatiques.

 

 

Le château, d'architecture défensive médiévale,

des XIII° et XIV° siècles.

 

 

C'est un ancien château fort, fondé au IX° par les comtes de Vermandois et remanié au XII° siècle

et au XIII° siècle par les comtes de Champagne, puis par Philippe le Bel au XIV° siècle

et enfin par Antoine de Bourgogne à la fin du XV° siècle et au début du XVI° siècle.

 

Plan de l'enceinte et vue aérienne, avant 1970 des remparts et de la Porte Saint Jean.

Le Château domine la Vallée de la Marne depuis plus de 2000 ans,

et accueille aujourd'hui un parc arboré et un spectacle de fauconnerie.
 

La Porte Saint Jean (1285-1306).

 

De la porte Saint Jean on découvre une vaste esplanade qui occupe le tiers oriental de l’enceinte

sur une surface d’un hectare. C’était la basse-cour qui regroupait les activités économiques

et les logis des domestiques et des militaires. Ce quartier urbanisé avec maisons, entrepôts,

écuries, forges, celliers, caves, se développa du XII° siècle au début du XVIII° siècle.

 

On accède au château par la Porte Saint Jean.

 

Le parement extérieur a été réalisé par une alternance d'assises lisses et d'assises de bossages

qui donne un caractère massif et puissant à l'ensemble de l'ouvrage.

 

Le système défensif était formé d'une première herse, d'un sas-assommoir et d'une deuxième herse terminée par une porte à vantaux. Cet ensemble fut renforcé dès 1350, par une porte avancée pourvue d'un double pont-levis et d'échauguettes sur contreforts.

 

Le chemin de ronde et les remparts.

 

Vues sur les remparts du château avant 1970.

 

 

 

Les tours des vieux remparts et le chemin de ronde.

 

Philippe VI le Hardi, donne la seigneurie de Château-Thierry à Jeanne d'Evreux, veuve de Charles IV le Bel. Elle la conserve jusqu'à sa mort le 4 mars 1370. La seigneurie est alors donnée à Blanche de France, femme de Philippe de Valois, duc d'Orléans. En 1386, Charles VI donne en apanage l'ensemble des biens de la duchesse à Blanche d'Orléans. Et enfin, à la mort de cette dernière, en mai 1400, il érige la seigneurie de Château-Thierry en duché-pairie dont il fait don à son frère Louis de France, duc d'Orléans. Pendant cette période, la forteresse connait les affres de la Guerre de Cent Ans et quelques travaux sont réalisés.

 

La tour Bouillon

 

L'escalier de la Tour Bouillon.

 

Après une longue période d'instabilité politique, le château est donné à Antoine le bâtard de Bourgogne par Louis XI, en 1478. Il est le dernier à procéder à d'importantes modifications de l'ancienne forteresse médiévale. Dès la fin du XVI° siècle le château perd sa fonction de résidence princière, malgré les quelques séjours de Louis XIII entre 1631 et 1635. L'arrivée de Godefroi-Maurice de la Tour d'Auvergne, duc de Bouillon en 1651 n'y change rien. Les seuls travaux connus sont des travaux d'entretien.

 

Vestiges de la Tour du Roi qui diffère des autres :

▪ par la qualité du 1er étage par une voûte d'ogive et un coussiège (banc de pierre) circulaire.

▪ et aussi, parce qu'elle présente le plus grand diamètre.

 

Sous cet espace, s'étend une salle basse uniquement accessible par une ouverture rectangulaire disposée au sommet de la voûte en coupole. De construction soignée, les maçonneries extérieures de la tour sont parementées en carreaux de grès réguliers, l'intérieur entièrement réalisé en pierre de taille calcaire. La construction du grand logis seigneurial au XIII° siècle, connue sous le nom de Galerie des Princes occupait tout le flanc sud, s'accolait à cette tour, ce qui explique le soin tout particulier apporté à cet ouvrage.

 

Le fossé sec. Le château est devenu une belle promenade de 2,5 hectares

et offre de belles vues sur la ville et la vallée de la Marne.

 

La tour Rouge est de plan carré. D'apparence simple, elle dissimule en fait une tour-porte monumentale

créée au XIII° siècle, axe principal de communication entre la ville et le château.

 

L'accès se faisait par la tour-porte en suivant une rampe à grands degrés couverte qui permettait aux chariots de gravir la forte dénivellation du bas de la porte à l'intérieur du château. En 1406, l'extension du logis seigneurial entraîne la suppression de ce passage. Une tour pourvue d'un escalier à vis est alors disposée au-devant.

 

La Haute Cour.

 

Dans la haute-cour du château, à l’abri des fortifications, se trouvaient les cuisines royales,

où artisans et serviteurs s’affairaient à de nombreuses activités aux ordres du seigneur.

 

Les cuisines royales médiévales, d'une surface de 690 m²

sont les plus vastes d'Europe connues à ce jour.

Le complexe culinaire de plus de 2.000m² montre l'importance de "l'office de bouche"

dans le château aux XIV° et XV° siècles.

 

Aux cuisines sont associées une remise, une aire de boucherie et de rejet des déchets domestiques et un vivier.

Un puits de 54 m de profondeur permet d'alimenter en eau les différents bâtiments.

 

Les cuisines royales du château.

 

Les fouilles menées par l'Unité Archéologique de la ville

ont permis de mettre au jour un complexe culinaire créé sous l'égide de Philippe le Bel.

 

La réalisation des grandes cuisines est contemporaine de l'entrée du château dans le domaine royal,

lors du mariage de Jeanne de Navarre avec Philippe le Bel, en 1285.

Elles sont édifiées le long du rempart Nord.

 

En 1305, les cuisines sont constituées d'un grand bâtiment de 30 m sur 20 m,

divisé en deux salles gothiques voûtées d'ogives, d'un vivier, d'un puits

et d'un bâtiment annexe (larderie, fruiterie et latrines) :

La première salle des cuisines contient deux cheminées et un foyer central.

La seconde offre une autre cheminée et un escalier qui permet l'accès à l'étage et à une tour.

 

Entre 1400 et 1407, les cuisines sont reconstruites et des modifications sont apportées :

▪ Dans la première salle, l'espace central est agrandi, les colonnes supportant la voûte et les arcades sont décalées.

▪ Le sol pavé de brique forme une vaste cheminée carrée, délimitée par une bordure de grès.

▪ Le dallage des galeries est totalement refait.

▪ La seconde salle est divisée en deux pièces. Dans la pièce nord, un bassin est creusé.

Cet ensemble a été abandonné en tant que cuisine, transformé en pressoir et annexes de remissage à la fin du XVI° siècle. Il est finalement rasé dans le courant du XVII° siècle.

 

Les remparts, côté nord,  vus du chemin de ronde, en allant vers la porte Saint Jean.

 

A la Révolution, le château prend le statut de bien national et est vendu en tant que carrière de pierre en 1793. En 1813 et 1814, les soldats de Napoléon lui donne son aspect actuel en abaissant les murailles et en remblayant les bâtiments encore debout le long des courtines afin de transformer la forteresse en vaisseau de pierre bardé de canons. Le 10 août 1813, par décret impérial, le site devient propriété de la ville, à charge pour elle de l'intégrer aux promenades de la ville, une fois la guerre terminée. Cette transformation en parc arboré sera faite dans les années 1860.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://carct.fr/
http://www.histoireaisne.fr/

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 10 septembre 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville