CONDÉ-EN-BRIE  (Aisne)
Arrondissement de Château-Thierry - Canton d'Essômes-sur-Marne

Région des Hauts-de-France.
 Population : 667 Condéens en 2015.

 

D'une superficie de 456 hectares, et d'une altitude de 75 à 221 mètres,

le village est traversé par la rivière la Dhuis, et situé dans la région de l'Omois.

 

Condé tire son nom du mot d'origine celte "condatum", qui signifie confluent (entre deux rivières, la Dhuys et le Surmelin, affluent de la Marne). Ses origines remontent à l'antiquité mais ce n'est qu'au Xll° siècle que ce village devient un lieu d'importance stratégique et politique pour les seigneurs qui s'y installent.

 

 

Château Renaissance de Condé,

des XVI° - XVII° siècles.

 

 

Un des fleurons de la région, cette demeure des princes de Condé a appartenu à des personnages

qui ont marqué l'histoire de France : Enguerrand III de Coucy au XII° siècle,

le prince Louis de Condé au XVI° siècle et les ducs de Savoie.

 

Vues avant 1970.

Précédé d'une vaste cour d'honneur, le bâtiment se situe au centre du bourg.

 

Entrée du château et le bâtiment d'accueil.

 

 

Façades et toitures de l'ancienne capitainerie.

 

Allée des Princesses aux platanes tricentenaires.

 

De grande dimension mais dépourvu d'éléments décoratifs, le château est bâti en pierre blanche

à toiture d'ardoise, et ne manque ni de caractère ni de noblesse.

 

La façade sud du château et la cour d'honneur.

 

Le château a été construit pour l'essentiel, au XVI° siècle,

avec une sévérité qui annonce le XVII° siècle (symétrie, grandes fenêtres rectangulaires).

 

Demeure fortifiée au XII° siècle, elle est transformée et embellie à partir du XV° siècle jusqu’à devenir un grand château Renaissance, celui du premier des Princes de Condé. Transmis par héritage à la famille de Soissons puis à la Maison de Savoie et enfin vendu, il voit passer sous ses ors Jean de La Fontaine et quelques-uns des plus grands artistes du siècle des Lumières.

 

A gauche, la porte de la tour donne accès aux collections.

Au centre, l'entrée du château est surplombée par un beau cadran solaire à méridienne.

Les fenêtres en trompe l'oeil datent du XVIII° siècle. Servandoni, après avoir supprimé la 4° aile

qui fermait la cour, a créé une façade d'apparence symétrique à la mode du temps,

sans percer les murs du XII° siècle qui ont plus d'un mètre d'épaisseur.

 

Cette méridienne permet de connaître le midi solaire avec précision, lorsque le soleil passe au méridien du lieu. L'ensemble gnomonique est gravé sur des volumes géométriques plans en pierre intégrés dans la façade. Sur la méridienne, les signes du zodiac.

 

Intérieur de la tour et début des collections.

 

Avec 1200 soldats de plomb, entièrement peints à la main on redécouvre :

Attila et les Huns, Saint Louis, Jeanne d’Arc, Henri IV, Louis XIV et Louis XV...

 

La collection a été constituée patiemment depuis quatre générations de garçons, certains soldats sont anciens et datent du début des années 30. Elle permet de se replonger dans l'histoire puisqu'elle aborde toutes les périodes des débuts de l'écriture avec les Sumériens, jusqu'à la garde monégasque d'aujourd'hui en passant par la révolution française.

 

La Galerie des Princes - Galerie Renaissance.

 

Au-dessus de la porte accédant à la chambre de princesse, les armoiries du Cardinal de Bourbon Vendôme.

Ce dernier achève les transformations du château Renaissance entreprise par sa mère Marie de Luxembourg.

Il était l'oncle et le tuteur d'Antoine de Navarre (père d'Henri IV) et du 1° Prince de Condé.

 

 

L'escalier d'honneur créé au XVIII° siècle par Servandoni, et deux peintures de Coypel, Pomone et Flore.

A l'étage, le palier est orné de peintures attribuées à François Lemoine

(qui a décoré à Versailles, le salon d'Hercule), et tapisserie des Flandres du XVII° siècle.

 

Terrier de la terre de Condé au XVIII° siècle.

 

La salle à manger Servandoni : 

l'une des premières salles réservées aux repas réalisée en France.

 

La salle est ornée de niches en trompe l'oeil exécutées en stuc.

Dans l'une d'elles, un poêle prussien du XVIII° siècle.

 

Dans l'autre niche existait à l'origine une fontaine, aujourd'hui disparue, où l'on rinçait les verres

(le réservoir d'eau était dans le couloir). Très vite, elle fut supprimée

et un office fut créé afin de diminuer le bruit. Sur les murs,

deux scènes mythologiques attribuées à François Lemoine et ses élèves, (parmi eux, le jeune François Boucher).

 

La salle Servandoni.

 

Cette pièce est exceptionnelle pour sa décoration en trompe l'oeil de Servandoni.

Cet artiste italien, sculpteur et architecte, a travaillé ici en décorateur de théâtre :

ses toiles sont tendues à quelques centimètres du mur. C'est un travail unique en son genre.

 

Le plafond est également un trompe l'oeil, en stuc.

 

Pour le sujet de décoration, Servandoni a repris des groupes de Girardon exécutés pour le parc de Versailles. Au-dessus de la cheminée, l'enlèvement de Proserpine, en face le bain d'Apollon, sur les côtés les quatre continents connus à l'époque. Le reste de la décoration a été traitée d'après les peintures des frères Carrache du Palais Farnèse, aujourd'hui ambassade de France à Rome.

 

La chambre d'Olympe Mancini, princesse de Savoie-Carignan,

située à l'emplacement de l'ancien donjon dont les murs ont 2 mètres d'épaisseur.

 

Au-dessus de la  cheminée, une peinture de Lancret "Le villageois ayant perdu son veau", d'après un conte de La Fontaine. Bergère et chaise longue du XVIII° siècle. Au pied de la bergère, une chaufferette où l'on mettait de l'eau chaude. Portrait des trois soeurs Mancini : Hortense, Olympe et Marie-Anne.

 

Atelier de Watteau.

 

Photo de gauche, la galerie Servandoni avec des portraits de Watteau :

du marquis de La Faye, et de Camargo, danseuses et maîtresse du dit marquis.

Cette antichambre servit d'atelier de peinture à Watteau et ses élèves.

Les peintures murales représentent des paysages de la région.

 

Dans cet escalier Renaissance l'usure des marches est très marquée.

 

L'aile Watteau.

 

▪ Au XVI° siècle cette aile n'avait aucune cloison, le Prince de Condé y recevait les protestants.

Les longues poutres en chêne ont conservé leur peinture d'époque.

▪ Au XVII° siècle, les Savoie aménagent et décorent cette aile. Dès l'entrée,

une croix Maurienne marque leur empreinte, une cloison est ajoutée pour créer une galerie

de trois chambres ayant chacune deux ou trois antichambres.

 

La chambre du chasseur.

 

 

Devant la fenêtre un "barbier de voyage" rare table de toilette pour messieurs.

Dessus de cheminée et dessus de portes de Watteau et ses élèves.

 

La chambre du Musicien.

 

Dessus de cheminée attribuée à Lancret. Le dessus de porte a été découvert en 1986

lors de la réfection de cette chambre. Petite toilette et chaise à langer de bébé.

 

Chambre de la chapelle.

 

Dessus de cheminée par Watteau et ses élèves.

 

La chapelle.

 

Au XVIII° siècle on supprima l'escalier à vis de la tour pour y installer cette chapelle.

Sur l'autel Bénédiction de la chapelle à la fin du XVIII° siècle.

Sur les murs, une litre funéraire avec toutes les armoiries des seigneurs de Condé, depuis le XII° siècle.

 

La chambre d'Olympe Mancini, épouse du comte de Soissons.

 

(Photo de gauche) Dans la galerie, en retournant vers l'escalier Renaissance,

cette superbe fresque en trompe l'oeil.

Cette chambre est située à l'emplacement de l'ancien donjon dont les murs ont deux mètres d'épaisseur.

 

Au-dessus le la cheminée, une peinture de Lancret "Le villageois ayant perdu son veau",

d'après un conte de La Fontaine. Bergère et chaise longue du XVIII° siècle.

 

L'antichambre.

 

Jouet d'enfant : chaise à porteur pour petite fille.

 

La chambre du Cardinal de Richelieu.

 

Louis XIII fait faire cette chambre tout spécialement pour le Cardinal qui se plaint du bruit.

C'est ici que Richelieu rencontra le tout jeune Mazarin.

 

Cabinet Louis XIII. Sur le bureau un chauffe main et dessous, une chaufferette à braise

à côté de laquelle on voit le parquet brûlé. Cent ans pus tard, le marquis de la Faye

fait peindre par Servandoni dans cette chambre qu'il habite "Persée qui sauve Andromède".

 

Le cabinet de lecture.

 

Bibliothèque ornée de boiseries en chêne naturel, d'un parquet de Versailles

et de peintures anciennes dans des cadres ovales symbolisant les arts.

 

Cette petite bibliothèque qui est plutôt un cabinet de lecture,

conduit par une porte dérobée au logement du bibliothécaire situé au-dessus du grand salon.

C'est dans cette dernière que l'on gardait les archives et les secrets.

 

Le salon des Oudry.

 

Entièrement décoré par Jean-Baptiste Oudry, peintre officiel des chasses de Louis XV.

Les boiseries sont en trompe l'oeil avec guirlandes de feuilles de chêne

aux attributs de chasse et de pêche d'Oudry.

Trois retours de chasse et un retour de pêche, trois petits chiens peint en camaïeu.

De chaque côté des fenêtres, deux toiles sont également d'Oudry.

 

Autre maître des lieux, un des fils du Marquis de Sade, Claude-Armand, et son épouse, Laure de Sade-Eyguière, qui engagent une vaste campagne de restauration après la Seconde Guerre mondiale. Un chantier poursuivi par Alain Pasté de Rochefort et son épouse Isabelle, les derniers propriétaires et leurs enfants.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://archive.wikiwix.com/
Livre "Marchais, château des ducs de Guise, Princes de Condé,

Princesses de Monaco" Monographie des villes & villages

de L.H. Labande, Etitions Lorisse, 2004

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 7 septembre 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville