FÈRE-EN-TARDENOIS  (Aisne)
Arrondissement de Château-Thierry - Canton de Fère-en-Tardenois

Région des Hauts-de-France.
 Population : 3.143 Férois en 2015.

 

D'une superficie de 2040 hectares, et d'une altitude de 106 à 225 mètres,

la ville est traversée par la rivière l'Ourcq, dont la source se situe à quelques kilomètres.

 

Vues aériennes, avant 1970 : le château et le pont-galerie,

et les anciennes écuries transformées en hôtel de luxe.

 

Vers 958, Flodoard fait allusion à l'existence d'une place forte à Fère. En 1206, Robert II, comte de Braine, seigneur de Braine et de Torcy-en-Brie obtient le droit de faire construire une forteresse dans son alleu de Fère. En 1210, l'on construit le château actuel.

 

Un hôtel de luxe est installé dans les anciennes écuries, à proximité du château.

 

Le château devient propriété de Louis d'Orléans dès 1395. De 1407 à 1424, le château est successivement la propriété de Charles d'Orléans, de Jean son frère et de Charles d'Angoulême qui épouse Louise de Savoie, mère de François 1er. Au XV° siècle, sont édifiés l'enceinte extérieure du château et certains bâtiments de la basse-cour.

 

Vestiges de l'enceinte reliant les anciennes écuries à la porte d'accès du pont-galerie.

 

 

Le château du XIII° siècle

 

 

Vers 1775, le château, dessin de M. Michel.

Avant 1970, vue panoramique du château fort, de la motte, du fossé, du glacis et du pont couvert.

 

 

Le vieux château, dont il ne subsiste malheureusement plus aujourd'hui que des vestiges,

avec ses sept tours sur une énorme motte artificielle dont les talus sont revêtus de pavés de grès,

a été bâti à partir de 1206 et a servi de modèle à de nombreux châteaux.

 

Le château lui-même est aujourd'hui en ruine. Il est construit sur un plan en polygone régulier, sept tours circulaires sont reliées par sept courtines dont une est percée d'un châtelet d'entrée composé de deux massifs terminés en pointe.

 

Le pont- galerie.

 

C'est la création la plus originale, et celle qui reste partiellement visible.

 

Le château est composé d'une basse-cour et d'une motte semi-artificielle parementée

(quelques éléments sont encore en place) toutes deux reliées par un pont galerie

construit à la Renaissance sans doute en remplacement d'un pont en bois.

 

Le pont-galerie Renaissance, enjambant le fossé.

Il est porté par des piles rectangulaires ornées de hauts-reliefs guerriers.

 

Escalier d'accès au pont-galerie.

 

En 1528, François 1er et Louise de Savoie offrent le château à Anne de Montmorency, à l'occasion de son mariage avec Madeleine de Savoie, nièce de Louise. De 1530 à 1550, le connétable Anne de Montmorency engage d'importants travaux au château. Il fait totalement évider l'intérieur du château en ne laissant que les tours reliées par les courtines et l'enceinte extérieure. Un nouveau château est reconstruit dans la cour et appuyé sur les tours et les courtines médiévales. Cette reconstruction serait, d'après Sir A. Blunt, due à Jean Bullant.

 

Depuis le châtelet, vues sur la galerie et l'entrée de la porte du pont-galerie.

 

De 1552 à 1562, Bullant construit un pont-galerie dont la façade sur la basse-cour et son portail d'entrée sont attribués à Jean Goujon (vers 1510-1566). Seuls les murs extérieurs du château médiéval sont conservés. En 1609, Henri II de Montmorency hérite du château ; après sa décapitation en 1636, ses biens sont remis au prince de Condé.

 

 

A l'entrée du pont-galerie, un portail Renaissance sculpté.

 

Entre 1653 et 1752, la terre de Fère est abandonnée à des fermiers généraux. Au XVIII° siècle, le château fait partie de la dot de Louise Henriette de Bourbon-Conti qui épouse Philippe Egalité. Des travaux sont réalisés dans le château avant que finalement ne soit décidée sa démolition en 1769. Elle commence effectivement en 1779.

 

La galerie Renaissance est montée sur de hautes arcades lancées dans la fosse qui entoure la motte.

 

Ce pont de style Renaissance préfigure les dispositions du château de Chenonceau : il comporte une galerie de service et un étage supérieur aménagé en une longue salle consacrée au jeu et à la vie mondaine. Ce pont, long de 60 mètres, constitué de cinq arches, jeté vers 1560 par le connétable de Montmorency, entre la motte et la basse-cour, supporte une « galerie » large de 5 mètres.

 

 Cet aménagement jeté sur le fossé, est aujourd’hui à sec.

 

Le châtelet.

 

Cette porte, haute de 15 mètres, est voûtée en plein cintre.

On accède à l'enceinte par un châtelet d’entrée fortifié, de deux tours à éperon triangulaire du XIII° siècle.

 

Plan du château (relevé de Blanchecotte).

 

La cour heptagonale irrégulière.

 

 

La basse-cour de plan trapézoïdal est située à l'est de la motte.

Au centre de la cour se trouvait un puits profond, maintenant bouché.

 

 

 

 

La cour intérieure, depuis le châtelet, desservait :

(De gauche à droite) les cuisines, et la tour du fournil, la tour de la vis des cuisines, (reliée par un couloir de circulation entre les tours), la courtine, la tour de l'horloge, des habitations accolées au sud, la tour du bout des Salles, la tour de la prison, la chambre du Roi, et les habitations accolées à l'Ouest, la Tour de la chapelle et enfin, la tour des garde-robes.

 

Les tours

 

Au sommet de la butte artificielle, polygonale et pavée, est bâti le château de plan irrégulier à sept côtés,

plan original pour l’époque. Autre particularité, il ne possède pas de donjon !

 

Le château est flanqué de tours circulaires massives aux angles.

 

Percées d'archères, les tours ont au XIII° siècle leurs étages séparés par des planchers, disposition qui fut remaniée à la Renaissance. Les logis et les communs s'appuyaient tout autour de la courtine, et ont tous été reconstruits ou modifiés à la Renaissance.

 

 

 Ces tours, percées de hautes archères à chaque niveau, s’appuient sur quatre assises de pierre disposées

pour former une sorte de roue dentée, élément décoratif absolument unique dans un château féodal.

Au pied de la chemise, des fausses braies flanquées de tours semi-circulaires ménagent un chemin de circulation.

 

Chacune des tours s'élève sur une base en pierre calcaire équarrie surmontée d'assises de pierre placées en épis. Elles s'élèvent ensuite en pierre de moyen appareil. Cet appareil est aussi utilisé pour les courtines. Le château est entouré d'une enceinte à neuf courtines et sept tours.

 

Le parc.

 

 

Le domaine de chasse de près de 250 hectares du château constitue l'actuelle forêt de Fère-en-Tardenois.

Le dernier propriétaire des ruines du château, Raymond de la Tramerie, enterré à proximité des ruines,

en fit don, en 1984, au conseil général de l'Aisne.

 

Les profonds remaniements apportés au château au cours du XVI° siècle, puis le démantèlement qui a suivi la vente du domaine en 1779, ne permettent pas de connaître l’aspect et la distribution des bâtiments qui s’appuyaient contre l’élévation intérieure des courtines, ni les éventuels aménagements de l’époque médiévale, à l’exception du mur de soutènement polygonal cantonné de tourelles qui entoure depuis le XV° siècle la plate-forme sommitale transformée alors en terrasse d’artillerie.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www2.culture.gouv.fr

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 1° septembre 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville