MOULINS  (Allier)
Arrondissement de Moulins - Canton de Moulins.
Région Bourgogne-Franche-Comté
 Population : 19.762 Moulinois en 2014.

 

 

Cathédrale Notre-Dame de l'Assomption,

de style gothique flamboyant.

 

 

La cathédrale est le siège épiscopal du diocèse de Moulins.

 

L'évêché de Moulins est créé en 1823, il faut donc trouver une cathédrale. La collégiale de Moulins étant trop petite, il est décidé de l'agrandir, suite à un décret de Monseigneur de Dreux-Brézé daté de 1852. L'agrandissement est confié à Jean-Baptiste Lassus, qui décède peu après ; les travaux sont donc dirigés par Millet qui revoit les plans afin que la construction soit moins onéreuse. Les travaux sont achevés en 1876. En 1949, la cathédrale est érigée en basilique mineure.

 

Vues sur la cathédrale et la ville, avant 1970.

 

Remplaçant une chapelle de la fin du X° siècle, à l'origine dédiée à Saint-Pierre, la collégiale des Bourbons fut construite à la fin de l'époque médiévale. Partie la plus ancienne de l'édifice actuel, construite en style gothique flamboyant, sa première pierre fut posée en 1468 par Agnès de Bourgogne, mère de Jean II, duc de Bourbon, et veuve du duc Charles Ier de Bourbon. Les travaux s'achevèrent en 1550.

 

Réalisée en pierre blanche de Chauvigny et en pierre noire de Volvic,

la façade présente un décor en bichromie.

 

Les deux flèches en pierre calcaire hautes de 81 mètres.

 

La collégiale fut érigée en cathédrale en 1823 lors de la création du diocèse de Moulins. Le premier évêque, Antoine de La Grange de Pons décida l'agrandissement de cette église et son successeur, Pierre de Dreux-Brézé entreprit d'importants travaux.

 

La collégiale à chevet plat, les culées des arcs-boutants surmontées de pinacles,

le chœur et le déambulatoire sont en grès rose et rouge

et datent du XV° siècle (gothique flamboyant).

 

À la base du toit, les personnages en habits traditionnels du Bourbonnais ponctuant

la balustrade semblent observer la ville.

Leur mise en place serait une idée de Viollet-le-Duc.

 

La balustrade qui ceinture la corniche est ornée de bustes de bourbonnais coiffé

des chapeaux traditionnels, dont le chapeau "à deux-bonjours" porté par les femmes.

Le chevet a la forme d'une pyramide à deux étages s'élevant sur une base carrée.

 

L'étage inférieur correspond aux combles des chapelles rayonnantes ; l'étage supérieur, à la naissance des combles du chœur. Ils sont soulignés par des balustrades à arcatures éperonnées, reliés entre eux par une série d'arcs-boutants légèrement infléchis, et de larges baies à remplages flamboyants en font comme une brillante cage de verre.

 

Placé dans une chapelle latérale,

la mise au tombeau du XVI° siècle, en pierre polychrome.

Nicodème, Salomé, Marie Madeleine (avec le parfum), Saint Jean, la Vierge Marie,

Marie (mère de Jacques) et Saint Joseph d'Arismatie.

 

Cet ensemble de sculptures diffère sensiblement des habituelles "Mise au tombeau".

C'est un cortège de personnages défilant devant le Christ mort

dont la tête est orientée du côté droit.

Vitrail du crucifiement de la fin du XV° siècle.

 

Un caveau situé sous le maître autel, et qui sert actuellement de tombeau aux évêques de Moulins, abrite la sépulture des deux premières épouses du duc Jean II de Bourbon, Jeanne de France († 1482) et Catherine d'Armagnac († 1487) et les cœurs de Jean II et de Pierre II.

Le groupe gothique flamboyant de la « déploration du Christ », adossé à cette époque au maître-autel, remplaça sur le tombeau un monument primitif détruit par les révolutionnaires en 1793.

 

Orgue de tribune construit par le facteur Joseph Merklin,

dans un buffet dessiné par l'architecte Eugène Millet.

 

Vitrail de Sainte Elisabeth de Hongrie, début du XVI° siècle.

 

 

Vitrail du Christ en croix de la fin du XV° siècle.

 

 

Dans la nef, des piliers cylindriques portent des chapiteaux sculptés

et un passage appelé «triforium» a été aménagé à l’étage.

 

La surface de la nef de la collégiale fut doublée et on ajouta les deux collatéraux,

les cinq travées se terminant par un massif occidental surmonté de deux flèches en pierre. Ces ajouts architecturaux furent réalisés en style néogothique,

sous l'influence de Viollet-le-Duc.

 

À l'angle intérieur sud du choeur, s'élève une gracieuse tourelle d'escalier du XIV° siècle

qui conduisait jadis au vestiaire des chanoines.

 

Dans le choeur, la partie la plus ancienne de l'édifice,

se dressent des piles aux colonnes adossées, avec des chapiteaux simplifiés,sans triforium sous les fenêtres hautes.

 

Le chœur n'a pas de chapelles rayonnantes. Il possède un déambulatoire transformé

en galerie rectangulaire. Afin de masquer la ligne droite du mur terminal et de ménager

à l'œil une perspective agréable, un énorme pilier est disposé à chaque extrémité

de cette galerie, sorte de palmier de pierre,

sur lequel vient se rassembler une vigoureuse gerbe de nervures.

 

Les nombreux vitraux de la cathédrale sont de l'époque gothique.

La plupart représentent leurs donateurs regroupés autour d'un grand sujet.

Au XV° siècle, il était fréquent que les notables financent les vitraux

et que ces donateurs se fassent représenter dans ces œuvres,

parfois avec leur famille proche.

 

De nombreuses toiles du XVII° siècle ornent la cathédrale, comme celle représentant

saint Joseph en adoration devant l’Enfant Jésus, du peintre Pierre Parrocel

ou encore celle intitulée la "Vierge des Chartreux"

rappelant l’existence de l’Ordre à Moulins à partir de 1622.

 

Sculpture représentant Saint Pierre.

 

La partie médiévale, de style gothique flamboyant, présente la particularité de développer un déambulatoire non pas semi-circulaire mais plat, dû à la présence d’un axe de circulation passant derrière la cathédrale : le chevet dut alors prendre une forme rectangulaire pour se «caler» contre la rue afin d’occuper le maximum de place. Néanmoins, pour donner l’illusion d’un déambulatoire semi-circulaire depuis l’intérieur de l’édifice, l’architecte prit soin de déformer en biseau les piles visibles tout au fond des bas-côtés (elles permettent de passer de l’abside à trois pans du choeur, au plan à angles droits du déambulatoire).

 

▪ Trois des bas-reliefs qui ornaient la face intérieure du jubé, démoli en 1769,

ont été adaptés à l'autel de la chapelle du Saint-Sacrement. Ces œuvres représentent

la montée de la Vierge au Calvaire, son Assomption et son Couronnement.

▪ Statue de Jeanne d’Arc qui rappelle qu'elle vint à Moulins en 1429,

et pria devant la Vierge Noire de la collégiale.

▪ Vitrail des Lopillon, début du XVI° siècle.

 

Le chœur de la collégiale a été privé, à la fin du XVIII° siècle de son jubé et de ses stalles en bois sculpté du XVI° siècle, ainsi que des quatre grilles en fer forgé et doré exécutées, vers 1770, par les maîtres serruriers Boyer et Paradis et qui furent brisées sous la Révolution.

 

La Vierge noire en majesté Notre-Dame de Moulins,

du XI° siècle, et marouflée au XV° siècle.

 

Cette statue représente Notre-Dame assise sur un trône à deux panneaux ; sa main gauche tient la base d'un lys aujourd'hui brisé ; de sa droite, elle entoure son Fils assis sur ses genoux. Celui-ci, d'une main, appuie contre sa poitrine le livre des évangiles, de l'autre, il bénit. Elle aurait été rapportée de Terre-Sainte par un sire de Bourbon et offerte par Louis IX. Elle est placée dans une chapelle où l'on peut également voir un bas-relief en bois polychrome relatant la mort de la Vierge.

 

Vitrail de l'église militante, milieu du XVI° siècle.

 

Vitrail de l'église souffrante et triomphale, du début du XVI° siècle.

 

 

Vitrail de la Vierge au trône, fin du XV° siècle - Vitrail de l'arbre de Jessé, du XVI° siècle.

 

Triptyque du Maître de Moulins.

 

Vers 1495, débute la construction d'une nouvelle chapelle, édifice imposant

qui requiert un important tableau d'autel. La commande d'un retable est alors passée

auprès du Maître de Moulins : le triptyque de la Vierge en gloire

également appelé triptyque du Maître de Moulins.

 

La "Vierge de l'Apocalypse", en compagnie des donateurs,

le duc Pierre II et la duchesse Anne de Beaujeu avec sa fille Suzanne.

 

Le Maître de Moulins, dont l'identification a fait couler beaucoup d'encre,

était attaché à la cour des ducs de Bourbon. Parmi ses oeuvres,

le triptyque de la cathédrale de Moulins est daté de la fin du XV° siècle

ou du tout début du XVI° et est dans un excellent état de conservation.

 

Du XV° au XIX° siècle, le retable reste dans la cathédrale de Moulins. Au XIX° siècle, l'œuvre sort de l'ombre. En 1838 Prosper Mérimée, inspecteur général des monuments historiques, redécouvre le triptyque présenté séparément en trois parties ; il est recomposé en 1840. En 1889 le triptyque est pour la première fois exposé au public lors de la rétrospective de l'art français à l'Exposition Universelle de Paris. Il est de nouveau présent à l'Exposition Universelle de 1900. L'œuvre est également présentée à l'exposition consacrée aux primitifs français en 1904.

 

Anne, Anne de France et sa fille Suzanne - Détail du panneau central - Saint Pierre.

 

Panneau central - Saint Pierre et Pierre II de Bourbon - Sainte Anne,

Vierge tenant l'enfant sur ses genoux - Visage de la Vierge.

 

Le panneau central montre la Vierge de l'Immaculée Conception tenant sur ses genoux l'Enfant Jésus. Sur les volets internes, les donateurs Pierre et Anne de Beaujeu accompagnés de leur fille Suzanne, sont présentés à la Vierge par leurs saints patrons.

 

Revers des volets "Annonciation en grisaille".

 

Cette exposition permet le rapprochement de plusieurs tableaux qui paraissent appartenir au même artiste qu'on cherche alors à reconnaître. Les tentatives d'identification du Maître de Moulins sont restées longtemps infructueuses : Jean Perréal, Jean Prévost, Jean Hey ? Plusieurs spécialistes, en particulier Charles Sterling de renommée internationale, émettent l'hypothèse que le Maître de Moulins serait en fait Jean Hey, peintre d'origine néerlandaise cité parmi les plus grands artistes du temps. Né vers 1450 il a dû travailler en France entre 1480 et 1501. Un rapprochement avec sa seule œuvre documentée, un Ecce, montre une ressemblance fondamentale de style. Par ailleurs, il a peint ce panneau pour Jean Cueillette, notaire et secrétaire de Charles VIII et au service de Pierre de Beaujeu. Ce serait à la cour de ce dernier, à Moulins, que le Maître de Moulins peignit la plupart de ses œuvres. La personnalité de Jean Cueillette, trésorier du duc de Bourbon donne toute raison de confirmer cette version.

 

Triptyque de Bethléen.

 

Triptyque de Bethléem, début XVI° siècle, attribué à Joos Van Cleve.

Ce triptyque est venu enrichir le trésor de la Cathédrale peu avant 1939. Il provenait de l’ancienne église des Dominicains (Saint-Nicolas) aujourd’hui le Sacré-Cœur. Cette peinture sur bois représente dans son panneau central « L’Adoration des bergers ».

 

Le réalisme flamand s’est ici donné libre cours : la figure saisissante d’un berger (ou d’un mendiant) en haillons et les plis tourmentés, raides, de la robe de la Vierge, ou de l’ange à genoux, aux plis souples, bien « bourbonnais » sans brisure, rencontrés çà et là aux vitraux ou au triptyque. A gauche, l’arrivée de la Vierge et de Joseph à Bethléem : l’hôtesse (devant la porte) surmontée de l’enseigne « au cygne blanc » clefs pendues au côté, vêtement somptueux, suivie d’une servante, refuse aux arrivants l’accès de l’hôtellerie, faute de place. Enfin, à droite, scène de la Circoncision : dans un édifice voûté, la Vierge présente l’Enfant nu, au grand prêtre. »

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.mab.allier.fr/
http://www.allier-auvergne-tourisme.com/
http://www.auvergne-tourisme.info/

Triptyques, d'après cartes postales (photos interdites dans la chapelle)

Dépliant 3 volets "Laissez-vous conter la cathédrale"

Service du Patrimoine de la ville de Moulins

Panneaux explicatifs présentés à l'intérieur de la cathédrale

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 14 juin 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville