SAINT MENOUX  (Allier)
Arrondissement de Moulins - Canton de Souvigny
Région Auvergne-Rhône-Alpes.
 Population : 997 Ménulphiens en 2014.

 

D'une superficie de 2.762 hectares, et d'une altitude de 214 à 277 mètres.

le village est situé au confluent des petites rivières du Chameron et de l’Ours.

 

La commune Saint-Ménoux s’appelait Mailly, et depuis a pris son nom actuel

parce que le bienheureux Menoux, évêque et confesseur,

dont les reliques furent découvertes vers l’an 1000, y avait reçu le martyre.

 

 

Eglise abbatiale romane de Saint Menoux

 

 

L’abbaye était le plus grand et ancien monastère de femmes du Bourbonnais.

Il était de l’ordre de Saint-Benoît et dépendait du diocèse de Bourges.

 

Vue aérienne avant 1970, et l'abbatiale en 2017.

 

Vaste et bien bâtie au milieu de jardins et d’un parc immenses, ornés de fontaines, de cette abbaye, il ne reste plus que l’église qui a subi bien des dégradations. Elle est encore d’un haut intérêt archéologique, et présente plusieurs parties très intéressantes pour l’histoire de l’art. Elle vient d’être restaurée par l’État.

 

Le plan de l'église est compris dans un rectangle de 62 mètres de long

sur 16 mètres de large, avec comme seules excroissances les chapelles rayonnantes

greffées sur le déambulatoire entourant l'abside.

 

L’abbaye de Saint-Menoux occupait un rang élevé dans l’ordre, les abbesses étaient de nominations royales et presque toujours tirées des plus illustres familles ; elles ne reconnaissaient pour supérieurs que l’archevêque de Bourges et l’abbé de Cluny, et jouissaient du droit de haute, moyenne et basse justice.

 

L'église a servi de chapelle à une abbaye bénédictine dont l'existence est connue

par une charte de l'an 1000.

Les chapiteaux présentent des figures monstrueuses sur toutes les faces (XI° siècle).

La nef et le clocher datent du XIV° siècle.

 

Le chevet se distribue en chapelles rayonnantes étayées de contreforts-colonnes

aux chapiteaux feuillus. Modillons à copeaux et cordon de billettes ornent l'ensemble.

 

Bâtie dans sa première partie, appelée narthex ou vieille église, au IX° ou X° siècle, pour recevoir les restes précieux du saint évêque, lorsqu'ils furent relevés de l'antique cimetière de Saint-Germain, elle fut agrandie, au XI° siècle, de toute la partie qui s'étend jusqu'au clocher. Puis, au XII° siècle, on ajouta cette riche construction de l'art roman secondaire.

 

La façade est du XI° siècle avec seulement quelques fragments du petit appareil primitif.

Derrière s'élève le pignon de la nef percé d'un oculus.

Les contreforts au nord sont du XVI° siècle.

 

 

Le clocher carré du XIII° siècle est surmonté aujourd'hui par une charpente.

 

Dans la première moitié du XIII° siècle, on éleva, sur la croisée de l'église, une haute tour, remarquable à l'intérieur par sa voûte en forme de lanterne, et à l'extérieur par ses deux étages, dont l'un est décoré d'une arcature aveugle très riche, et l'autre est percé d'arcades pour laisser passer le son des cloches. Au commencement du siècle dernier, on voyait encore, sur ces deux étages, une flèche en pierre à base octogonale, avec quatre pinacles sur les angles du carré. Enfin, au XV° siècle, une partie de la vieille construction du XI° siècle s'étant affaissée, on la releva dans le style alors en usage.

 

Appliquée au XII° siècle au narthex, la nef, peu étendue (20 mètres),

reprise au XV° siècle et munie de voûtes sur croisées d'ogives,

est divisée en trois vaisseaux de trois travées chacun.

Le bas-côté nord a conservé son berceau primitif en plein cintre, sur doubleaux.

 

 

La partie centrale est séparée des collatéraux par des arcades en plein cintre

reposant sur quatre grosses colonnes cylindriques ornées de chapiteaux.

 

Partie la plus ancienne, le narthex qui forme une vaste salle en trapèze divisée en trois vaisseaux de trois travées par des colonnes appareillées en tambour. Le décor est assez fruste : chapiteaux à têtes humaines, chevrons (ou zigzag), entrelacs, lions monocéphales ou crosses de fougères.

 

Retable d’autel en albâtre et en marbre noir, du XV° siècle,

dans le goût de ceux d’Anvers, de Gand et de Bruges.

 

Le déambulatoire est voûté d'arêtes

retombant vers l'extérieur sur des pilastres engagés.

Il s'ouvre sur quatre absides rayonnantes et une chapelle d'axe.

 

 

Bas-relief figurant la maison de Lorette du XVI° siècle.

Fonts baptismaux du XII° siècle.

 

 

Des arcs de décharge sont plaqués contre les murs gouttereaux

et retombent sur des colonnes engagées à chapiteaux de feuilles.

 

Dans le narthex sont déposés de beaux fragments lapidaires dont un bas-relief

représentant le Christ en majesté dans une mandorle.

Le Christ est surmonté de l'Agneau pascal.

Il est entouré des symboles des quatre évangélistes.

 

Ensemble de 2 tableaux illustrant les miracles de Saint Menoux

par des peintres locaux, fin  XVII° siècle.

 

Autel de la chapelle de la Vierge, fin du XVIII° siècle.

 

Tous les chapiteaux, de style bourguignon,

présentent des sculptures très élégantes et variées. Profusion de feuillages, palmettes, acanthes, masques vomissant des rinceaux, griffons buvant au même calice...

 

Le choeur est formé de deux travées droites voûtées en berceau brisé.

 

Le plan du choeur est celui des grands édifices romans,

avec quelques éléments originaux, abside semi-circulaire,

encadrée d'un déambulatoire

ouvert sur cinq chapelles rayonnantes

et précédée de deux travées droites, chapelle d'axe.

 

L'abside est éclairée par des fenêtres plein cintre sous une arcature supportée

par des colonnettes jumelées. Elle est décorée de frises.

Elle s'ouvre sur le déambulatoire par des arcs plein cintre

retombant sur des colonnes cylindriques.

 

Stalles des XV° et XVI° siècles.

Grille de clôture du choeur médiéval réservé aux religieuses (2° moitié du XV° siècle).

 

Dans le choeur, on peut voir un "débredinoir",

un sarcophage de pierre sur colonnettes du XIII° siècle,

muni d'ouvertures permettant de voir les reliques du saint qu'il renferme.

(Une tradition populaire voulait que l'on guérisse les simples d'esprits

en leur passant la tête par les ouvertures de ce tombeau).

 

Les agrandissements successifs que reçut l'abbatiale, du X° au XIII° siècle, marquent l'accroissement que prenait le culte de saint Menoux. Les foules qui affluaient à son tombeau devenaient de plus en plus nombreuses, et il fallait une vaste église pour les recevoir. D'autre part, comme on y amenait beaucoup de malades et d'infirmes, on dut construire plusieurs maisons ou refuges pour les héberger jusqu'à leur complète guérison, et c'est ainsi que se forma peu à peu le bourg ancien.

 

Vestiges du cloître.

 

 

Au sud de l'abbatiale se dessinent les vestiges d'un cloître de la fin de l'époque gothique.

Une épitaphe de sépulture de 1500 mentionne la reconstruction du cloître

et celle, partielle, de l'église.

La révolution détruisit les bâtiments et la tempête de 1806 emporta le clocher.

 

Maison des vertus cardinales, du XVII° siècle.

 

Cette maison datée de 1694 pourrait avoir appartenu au couvent de bénédictins

qui vit le passage de Madame de Montespan en 1700.

 Sur la façade, une porte surmontée d'un tympan sculpté en bas-relief,

représente quatre femmes, allégories des vertus cardinales.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://patrimoine-de-france.com/
http://medieval.mrugala.net/

http://gallica.bnf.fr/

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée de l'édifice

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 14 juin 2017 

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville