BEAUMONT-EN-AUGE  (Calvados)
Arrondissement de Lisieux - Canton de Pont-l'Evêque

Région Normandie.
 Population : 413 Beaumontais en 2015.

 

D'une superficie de 798 hectares, et d'une altitude de 29 à 146 mètres,

la commune domine à 93 mètres d'altitude un large panorama sur la vallée de la Touques.

Etymologie : le nom provient de "beau mont" et du Pays d'Auge.

 

Vue aérienne avant 1970.

Situé sur le plateau, son territoire est entaillé par la vallée du douet du Moulin.

Le bourg appartient en grande partie au domaine de Robert Bertran de Roncheville,

fondateur du prieuré de Beaumont en 1060.

 

 

Eglise romane Saint Sauveur

 

 

L'église Saint-Sauveur de Beaumont remonte à l'époque carolingienne, en 847.

Les guerres, la Révolution, l'abandon et de multiples destructions ont marqué son histoire.

 

Cette ancienne église du prieuré se caractérise par un mélange de styles architecturaux.

Hormis la tour qui a conservé son style roman, la nef et le coeur partiellement ravagés en 1612 ont été remaniés.

 

Le village devint ainsi un important lieu de pèlerinage, ce qui permit de développer le commerce, l’artisanat, les échanges. Or, les invasions des Vikings "les hommes du Nord" sont de plus en plus importantes dans la région et dans tout l’Ouest de la France. De nombreux bâtiments sont détruits, ce fut le sort de l’église et du monastère. Au X° siècle, la paix est rétablie grâce à Charles le simple (Roi de France). Ce dernier cède à Rollon la Neustrie, qui devint la Normandie.

 

La construction de l’église paraît massive avec des murs épais et de lourds contreforts.

La tour au centre du transept est couverte d'une pyramide en ardoise

et montre des fenêtres en plein cintre en parties murées.

Le clocher fut récemment restauré comme à son origine, avec des couleurs vives.

La tourelle romane abrite un escalier à vis.

 

De pilleur, Rollon devient protecteur de la région, les guerriers anoblis prennent possession des terres, les chefs créaient des comtés, des baronnies. Robert Bertran, un puissant seigneur de la Baronnie se voit administrer cette dernière sous les ordres de Guillaume le Conquérant. Robert Bertran ayant détruit plusieurs couvents pour reconstruire les murs de Notre Dame de Rouen, culpabilise et décide de faire reconstruire au XI° siècle une église et un prieuré ici même.

 

Sur le portail Sud, une représentation gravée du Bon Pasteur.

 

Passage permettant l'accès au jardin du cloître et à la terrasse.

 

Jardin de la terrasse avant 1970 et en 2018.

 

Il y avait des vergers sur les coteaux, les moines fabriquaient leur propre cidre, il y avait aussi des vignes pour l’eucharistie. La vue en contre bas offrait autrefois un jardin dit "à la Française." Ce dernier abritait deux pavillons destinés aux malades et au laboratoire.

 

 

Façade côté jardin intérieur, et vestiges de la salle capitulaire.

Les différentes phases de reconstruction ont progressivement transformé les dispositions originelles,

sans tenir compte de l'harmonie de l'ensemble. Toutefois, l'aspect monumental demeure.

 

Au XI° siècle, l’ordre Bénédictin s’installe dans le village (ordre puissant en Normandie avec 39 abbayes d’hommes et 7 abbayes de femmes). A l’époque, 12 religieux et 1 prieur habitaient les lieux. Une salle capitulaire existait, on peut apercevoir des traces d’arcatures du XII° siècle sur le mur du transept. Le bâtiment était relié à l’église réservée aux moines.

 

La nef du XVII° siècle

 

La nef a été en grande partie démolie en 1612.

Elle servait autrefois d'église paroissiale, tandis que le choeur et les transepts étaient réservés aux moines.

 

Statues : Saint Nicolas, Saint Vincent de Paul et Saint Rémi.

Chapelle des fonts baptismaux.

 

Les stalles situées dans l'ancien choeur.

 

Cette nef devait être plus basse que la nef actuelle, qui a dû être rehaussée pour être à la hauteur des transepts.

Elle est décorée par quatre peintures : une Crucifixion, une Descente de croix, une Annonciation et un Ecce homo

 

Les piliers ont conservé leurs chapiteaux,

parmi lesquels ceux de la partie occidentale qui possèdent toujours leurs petits personnages.

Le transept offre à chacune de ses extrémités une fenêtre flamboyante de grande dimension,

ses murs sont en partie du XIII° siècle.

 

La poutre de gloire porte une statue du Christ du XIV° siècle, présence d’un Golgotha (crâne).
Golgotha est le nom de la colline où Jésus à été crucifié,

elle se trouve à Jérusalem, mais l’endroit précis est inconnu.

 

Les vitraux datent d’après guerre et portent le nom des familles

qui ont versés des dons pour le rétablissement de l’édifice. Les fenêtres sont flamboyantes.

 

Depuis l'entrée, vue sur le choeur.

Le chœur est du XIII° siècle et se compose de trois travées avec au-dessus des grandes arches, un triforium.

 

Maître autel et la pierre tombale de Robert Bertran, reposant près de sa femme Suzanne près du chœur .

 

L'ancien prieuré.

 

Le prieuré de Beaumont a été fondé en 1060 donnant au village une stature régionale.

Les bâtiments du prieuré sont réaménagés en 1731 pour accueillir un Collège,

puis en 1776 une Ecole Royale Militaire.

 

Planche gravée du XVII° siècle représentant le prieuré de Beaumont-en-Auge,

dans le livre Monasticon Gallicanum.

Prieuré bénédictin fondé au XI° siècle et dépendant de l'Abbaye Saint-Ouen de Rouen,

abbaye confiée en 1660 à la Congrégation de Saint-Maur.

 

Le prieuré avant 1950 et l'entrée en 2018.

 

L'école militaire.

 

Le Collège Militaire Royal du XVIII° siècle. Par un mariage de terre, Beaumont-en-Auge

se trouve annexé au domaine royal sous l’influence du duc d’Orléans (frère de Louis XIV),

c’est ainsi que le Collège Royal vit le jour.

 

Plan du prieuré et école militaire en 1791.

 

L’enseignement dans cette école était dispensé par les Mauristes. L’établissement accueillait la haute lignée noble et les enfants du village. Plus tard, le bâtiment subit un agrandissement afin d’accueillir les chambres et les classes des élèves, cela correspond à l’Ecole Militaire Royale. En effet, sous Louis XV, la petite noblesse de province, faute de moyens, ne fournit plus l’armée en officier. Les dépenses pour l’instruction aux Invalides étant trop élevées, les jeunes gens sont donc envoyés dans les collèges de provinces pour se destiner ensuite à une carrière militaire. Les élèves célèbres de cette école : Pierre Simon Laplace (mathématicien), Jacques-François-Alexis de Corday d’Armont (frère de Charlotte Corday), Edouard Krüg (artiste peintre).

 

 

Aujourd’hui, ces bâtiments du 18° siècle abritent logements et galeries de peinture.

 

Passage cocher donnant accès à l’entrée principale du Collège Militaire Royal.

 

Le village et ses maisons à pans de bois.

 

Le bourg typiquement Augeron est réputé pour ses traditionnelles maisons en pans de bois,

qui servent d’écrin aux vestiges du prieuré et aux bâtiments du collège créé en 1741.

Ceux-ci rappellent le souvenir du mathématicien Laplace,

tandis que l’ancienne fontaine évoque le peintre Colonel Langlois.

 

L'hôtel de ville, et la poste située à proximité de l'église prieurale.

Statue de Pierre-Simon Laplace (1749-1827), né à Beaumont-en-Auge.

 

Pierre-Simon Laplace était fils d’aubergistes. Après l’école militaire qu’il quitte à 16 ans, il poursuit ses études à Caen (destiné aux ordres, il choisit finalement de s’orienter vers les sciences, il part donc à l’Université). Il excelle en mathématiques et devient l’un des plus grands géomètres du XIX° siècle. il a apporté des contributions fondamentales dans différents champs des mathématiques, de l’astronomie et de la théorie des probabilités. Il a été l'un des scientifiques les plus influents de son temps.

 

Pierre Simon Laplace fut président de l’Institut des Sciences et des Arts, il a créé une méthode pour calculer le mouvement des planètes, a réalisé des travaux sur les probabilités, étudia la stabilité du système solaire. En 1799, il est nommé ministre de l'Intérieur sous le Consulat. Napoléon 1er lui confère le titre de comte de l'Empire en 1808. Il est nommé marquis en 1817, après la restauration des Bourbons.

 

La salle paroissiale Laplace, 1933.

 

La place du Marché avant 1920 et en 2018.

 

Au XIX° siècle, Beaumont-en-Auge est un bourg prospère : la vie quotidienne est rythmée par l'artisanat, le commerce et l'agriculture. Dans ce domaine, le marché aux bovins vient en deuxième place au niveau national, juste derrière celui de la Villette.

 

Beaumont-en-Auge possède un très bel ensemble de maisons, en pierre de taille,
en polychromie de briques, mais surtout en pans de bois restaurés et, pour certains, mis en couleur,

caractéristique des constructions augeronnes.

 

Cette technique d'édification des murs met en oeuvre deux composantes principales :

l'ossature et le colombage, auxquelles s'ajoutent les éléments complémentaires et indispensables,

le hourdis et le soubassement.

 

La rue principale et ses nombreuses maisons en pans de bois.

 

Chaque élément exerce une fonction spécifique. L'ossature, faite généralement en chêne, forme l'armature de la construction. Le colombage est destiné à maintenir le matériau de remplissage appelé "hourdis" et qui permet de clore le bâtiment. Les matériaux les plus utilisés sont le torchis, amalgame de paille et d'argile, et le tuileau, à base de terre cuite. Pour lutter contre l'humidité, l'ensemble de la construction repose sur un soubassement en pierre.

 

 

Cette architecture à pans de bois présente différents décors et moulurations qui varient selon les époques :

c'est ainsi que l'encorbellement a disparu dès le XVII° siècle.

 

Le lavoir.

 

 

Au XIX° siècle, afin de limiter les épidémies de choléra, et de typhoïde, les villes et villages de France perçoivent une subvention à hauteur de 30 % pour construire un endroit abrité afin d’inciter les habitants à s’investir dans l’hygiénisme. C’est au lavoir que les femmes du village venait nettoyer leur linge, armées de leur brouette, leur auget, leur battoir et leur brosse en poils de chiendent.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.beaumontenauge.fr/

https://fr.pontleveque-tourisme.com/
Le patrimoine des communes du Calvados, Tome II

Editions Flohic, 2001

Dépliant 3 volets "Je découvre Beaumont-sur-Auge", O.T. de Pont l'Evêque.

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 30 août 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville