COLOMBIERES  (Calvados)

Arrondissement de Bayeux - Canton de Trévières.
Région Basse Normandie.

204 Colombiérois en 2012.

 

Etymologie : Autrefois Colomberia, est formé du nom de personne Colombus

et du suffixe aria, indiquant la présence de pigeons.

 

D'une altitude de 0 à 33 mètres, d'une superficie de 1.064 ha,

le village est traversé par les rivières l'Aure et l'Esque, et le ruisseau de Corainville,

et fait partie du Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin.

 

Avant 1910, vue générale du village, et le bourg.

 

 

Le château de Colombières,

du XI° siècle.

 

 

Dès le XI° siècle, c'était une place forte dont Baudouin, Guillaume et Raoul de Colombières,

compagnons de Guillaume le Conquérant, sont les seigneurs.

 

Cette forteresse médiévale avec quatre grosses tours d'angle reliant les courtines,

était selon les manuscrits du Moyen Age "la capitale marécageuse du Val d'Aure".

C'était la "vigie des marais", une position stratégique dans les marais de la baie d'Isigny.

 

Entrée du domaine et vue d'ensemble.

 

Au centre le corps de logis, dont les fenêtres ont été transformées et sont du XVIII° siècle.

A l'origine, une muraille de 10 m de haut reliait les deux tours,

et elle était surmontée d'un chemin de ronde.

Cette muraille a été démolie au XVIII° siècle, lors des travaux de rénovation.

 

Les tours font 10 m de haut et 2,70 m d'épaisseur.

On y accédait par un pont-levis, dont il reste la trace dans le mur.

 

Les Bacon du Molay édifient la forteresse au XIV° siècle selon l'architecture typique des châteaux forts médiévaux avec quatre tours, des douves et un pont-levis. A la fin de la guerre de Cent Ans (1480), les Bricqueville leur succèdent. L'un d'eux, François, protestant s'illustre pendant les guerres de religion (1562). Après 1750, le château entre dans la famille de Girardin liée aux propriétaires actuels, les Maupeou d'Ableiges.

 

La cour intérieure.

 

La  tour date de la Renaissance et à sa droite, se trouvait la chapelle.

Photo de droite, le poste de garde donnant accès à la tour, et datant du XIV° siècle.

(La porte d'accès a été remplacée par une fenêtre).

 

Escalier d'accès aux étages de la tour Renaissance. Ils sont à vis et en bois d'orme,

(La tour ne pouvant supporter le poids d'un escalier en pierre).

Porte d'entrée de la chapelle.

Linteaux de porte provenant de l'ancienne chapelle, et daté 1631.

 

L'ancienne chapelle.

 

Portrait de Charles de Maupeou, premier Président du Parlement de Paris (1712-1792).

 

La tour de garde.

 

 

Les douves et perspective sur le parc depuis la cour intérieure.

 

 

 

Le quadrilatère, avec ses quatre tours massives percées de meurtrières.

 

A la base de chaque tour deux meurtrières. Entre les deux tours, le corps de logis.

 

Autrefois le jardin au pied des tours n'existait pas et, à marée montante, la mer refluait dans les terres jusqu’au pied de la forteresse, favorisant pendant des siècles, l’invasion répétée de l’arrière-pays par voie « maritime ». La Vigie des marais, puissant et redoutable bastion armé, contrôlait et verrouillait l’accès au pays du Bessin.

 

Les douves en eau entourent la forteresse.

 

Façade du corps de logis, côté parc.

 

 

A l’intérieur du château fort, le four à pain, le puits et la cheminée, nécessaires pour assurer la survie des habitants lors d’un siège, sont encore visibles dans la grande cuisine. « Forteresse imprenable » relate la chronique de l’époque ! Le roi de France, Charles V le Sage, constate lors d’une visite en 1371 que la place forte de Colombières est en état de soutenir attaque et siège.

 

L'étang - La rivière l'Esque qui alimente les douves.

Au XIX° siècle, l’aile abritant les communs est également aménagée en logis pour accueillir famille et amis.

Des jardins agrémentent le pourtour intérieur des douves médiévales.
 

Le 10 juin 1944, l'armée américaine en fait un centre de transmissions,

puis le premier quartier général d'une nouvelle arme : la guerre psychologique.

 

 

L'église Saint Pierre,

des XIII, XV et XIX° siècles.

 

 

Le clocher à deux étages, d'origine romane et coiffé d'un toit pyramidal en pierre,

est restauré en 1691, puis sous Napoléon III.

Il est ensuite largement remanié au XIX° siècle.

 

C'est en 1147 que l'on retrouve mentionnée l'église pour la 1° fois. A cette date, en présence d'Henry, roi d'Angleterre et Duc de Normandie, les revenus de l'église ont été cédés au chapitre de la cathédrale de Bayeux par le seigneur Philippe de Colombières, à titre d'amende. A l'époque, Robert, son neveu, avait tué Béatrix, la nièce de l'évêque de Bayeux.

 

 

 

Modillons sculptés de têtes grimaçantes et feuillages.

La chapelle nord et la sacristie ont été construites à partir de 1887.

 

 

Le porche monumental est bordé de deux voussures chevronnées du XIX° siècle.

On pénètre  curieusement dans l'église par le côté sud de la chapelle Saint Joseph,

côté épître et non par l'ouest comme le veut la liturgie.

Sur le mur extérieur de la nef une plaque rappelle la libération des 8 et 9 juin 1944.

L'horloge du clocher a été mise en place en 1919.

 

Modillons sculptés et le portail d'entrée.

 

On accède à la chaire à prêcher par un escalier en pierre creusé dans le pignon de la chapelle nord.

 

Dans la nef, les fonts baptismaux du XIX° siècle, avec une vasque à deux bassins.

La descente de croix placée au-dessus du porche ouest.

 

L'église a conservé ses stalles et ses bancs fermés de portes et un beau dallage du début du siècle.

Placé au sud de l'église, un grand Christ en croix provenant de l'ex-croix triomphale

qui était suspendue autrefois à la poutre de gloire.

 

Depuis la nef, vue sur le choeur.

 

Statue du Sacré Coeur, Vierge à l'enfant, et Sainte Thérèse.

 

Les chevrons zigzags sur plusieurs voûtes.

 

Chapelle de la Vierge, avec un confessionnal de 1830 et plusieurs petits meubles.

 

Autel latéral néo-gothique.

Statues de la Vierge et de Saint Joseph et l'enfant Jésus, Saint Pierre et Saint Paul.

 

 

Verrières du choeur.

 

Dans le cimetière.

 

L'obélisque de la tombe de Philippe de Granchamp - Monument aux morts.

 

Philippe de Grandchamp est né en décembre 1783 à St Vigor le Grand et meurt à Colombières en août 1867. Officier de l'Empire depuis 1804, il est réformé en 1811, suite à une blessure. Nommé Commandant de la Garde Nationale de Trévières, il est promu le 15 janvier 1839, Chevalier de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur et jure fidélité au roi Louis Philippe.

 

Sources :

https://fr.wikipedia.org

http://www.chateaudecolombieres.com/

"Sites et valeurs de nos marais", Gérard Tapin, Editons Eurocibles, 2007

C.P.A. collection privée, en prêt
Visite guidée et photos Chantal Guyon, 16 juillet 2015

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire

 

50660 - Lingreville