14 - CREVECOEUR-EN-AUGE

(Arrondissement de Lisieux- Canton de Mézidon-Canon)
 

Etymologie :

Crèvecœur : composé du verbe "crever" et de "cœur",

le nom désigne un terrain infertile qui crève le cœur des paysans.
Auge : du latin algia, lieu bas, marécageux, où l'eau sort de partout.

 

Le château des XI° - XIV° - XV° et XVI° siècles.

 

Situé sur la principale voie de communication entre Lisieux et Caen,

le château a été une importante place forte pour le pays d'Auge durant le Moyen Âge

et fut très disputé pendant la guerre de Cent Ans.

 

 

L'ancienne poterne du XVI° siècle du château de Beuvilliers (près de Lisieux)

a été sauvée de la destruction et remontée en 1973 à l'entrée du domaine médiéval.

Elle sert aujourd’hui de lieu d’accueil et de boutique.
 

La porterie est constituée de deux tourelles circulaires surmontées d’un toit en poivrière. Percé d’une porte charretière, le rez-de-chaussée est construit en damier de brique et de pierre. L’étage est en pan de bois dont le colombage est constitué de croisillons et de feuilles de fougère.

 

La Basse-cour

 

Les douves, et l'unique pont donnant accès à la basse-cour.

 

La ferme du XV° siècle.

Elle a gardé sa vocation agricole jusque dans les années 1970.

 

 

Le bâtiment, percé d'un porche constituant l'accès unique à la basse-cour, est construit sur un mur solin en pierre.

Les étages sont en pan de bois vertical avec des écharpes obliques.

Le massif de cheminée en pierre constitue une partie du mur-pignon.

 

L'ensemble du bâtiment est consacré la présentation d'une exposition temporaire.

Cette collection, accompagnée d’un film, permet d’appréhender les techniques utilisées et le savoir-faire augeron,

ainsi que l’évolution des bâtis depuis le Moyen Age jusqu’au XXI° siècle.

 

La collection Maupin : les objets possèdent encore leurs étiquettes d'origine.

Ils sont accompagnés de nombreuses lettres, photographies et d'un carnet de croquis.
Le professeur préfigure la photocopieuse avec son électromorphographe.

On y trouve également de nombreux objets et outils du quotidien.

 

 

A l'origine, une partie du bâtiment (côté cheminée) est réservée à l'habitat du fermier.

L'autre partie est occupée par des étables surmontées par un grand comble pour le stockage des fourrages.

 

Le colombier du XV° siècle.

 

Symbole de pouvoir féodal et de richesse, le droit de colombier est réservé aux tenants de fiefs.

Ce droit a été aboli à la révolution française.

 

 

Le colombier, côté basse-cour et le long des douves.

 

A l’intérieur, chacun des 1500 boulins peut accueillir un couple de pigeons.

Le colombier constitue une réserve de nourriture pour la table seigneuriale.


Construit en pan de bois vertical avec un essentage de tuiles et une lucarne d'envol,

c’est le bâtiment le plus soigné du site.

Sa forme carrée le distingue des colombiers normands généralement de plan circulaire ou hexagonal.

 

Le colombier et la ferme.

 

La grange du XVI° siècle.

 

Grange dîmière réimplantée dans les années 1970.

Le bâtiment d’origine, détruit à la fin du XIXème siècle, avait une vocation de grange et d'étable.

Le retour d’équerre abritait le pressoir à longue étreinte.
Le bâtiment actuel est construit sur un haut mur solin en pierre, surmonté d’un pan de bois strictement vertical.

 

Après la restauration, la grange est aménagée en Musée et inaugurée le 17 août 1973.

Le musée présente la collection Schlumberger, réunie par Roger Jost,

ancien prospecteur et premier conservateur du musée.

 

L'exposition est composée d'objets issus de la prospection pétrolière. La muséologie est moderne et innovante,

accompagnée de maquettes automatisées, de projections d'images et d'outils pédagogiques.

 

 

La cabine de commandes et de mesures, installée à l'intérieur d'un camion qui intègre

les composants essentiels nécessaires au logging.

 

Dans la grange, on découvre une épopée scientifique, technique et humaine : l'aventure des frères Schlumberger. Conrad Schlumberger, brillant polytechnicien, a mis au point une méthode électrique de prospection minière. Après les premiers essais en laboratoire, les expérimentations sur le terrain commencent... En 1912, les premières sont conduites dans la propriété familiale du Val Richer, non loin de Crèvecœur. Elles sont encourageantes. Conrad poursuit ses investigations dans les bassins miniers de la région.
Paul Schlumberger comprend très vite la complémentarité de ses deux fils, de Conrad, l’aîné, et de son cadet, Marcel, ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris. En 1919, après la Première Guerre Mondiale durant laquelle Conrad interrompt ses recherches, Paul Schlumberger alloue à ses fils la somme importante pour l’époque de 500 000 francs dans le cadre d’une convention. Un seul extrait de ladite convention résume l’état d’esprit paternel : « Les sommes versées par moi sont une contribution de ma part à une œuvre scientifique et accessoirement pratique, que je considère comme de toute première valeur et à laquelle je m’intéresse. Marcel apportera à Conrad ses qualités remarquables d’ingénieur, son sens des réalités. Conrad, lui, sera le savant physicien. Portés par l’esprit d’entreprise de la famille, Conrad et Marcel créent en 1926 la Société de Prospection Electrique. Le 5 septembre 1927, un essai historique de mesure est effectué dans un puits du gisement pétrolier de Pechelbronn. Il aboutit à la naissance du carottage électrique, qui devient célèbre dans l’industrie pétrolière mondiale.

 

Le four à pain et le four potier.

 

Depuis le pont d'accès au logis, vue d'ensemble sur la basse-cour.

 

Le puits et le bateau

 

Enclos de la bergerie

 

Les enclos, et au fond, la grange.

 

La chapelle du XII° siècle, désaffectée dans les années 1930.

 

La chapelle du seigneur, dite chapelle castrale, située habituellement sur la haute cour,

est ici construite sur une cour intermédiaire.

 

 

Son architecture présente des caractéristiques de l’art roman : forte épaisseur des murs renforcés par des contreforts, ouvertures étroites et peu nombreuses, arc en plein cintre à décor en dents de scie.

Jouxtant la chapelle, un jardin de simples a été reconstitué. Des plantes médicinales y sont cultivées.

 

Charpente en berceau - Stalles.

 

Vestiges de peintures murales.

 

La Haute-cour

 

Les douves

 

Le logis seigneurial, du XV° siècle, habité jusqu’en 1970.

 

 

 

Sur une motte entourée d'eau, la forteresse de pierre et son donjon datent des XI°-XII° siècles.

 

 

A l'origine, un escalier extérieur menait directement au premier étage.

Construit à même la muraille, le logis est au centre de la seigneurie et du système de fortification du château.

Le bâtiment est construit sur un mur solin en pierre,

les étages sont en pan de bois vertical avec des grandes écharpes obliques.

 

Le puits et des éléments défensifs de la muraille.

 

Le logis seigneurial comporte trois niveaux :

au rez-de-chaussée, espace de service - Au 1er étage, espace de réception et au 2° étage, l'espace de vie privée.

 

 

Maquette reconstituant le château a son origine. (en gris, éléments disparus de nos jours.

 

 

 

A l'intérieur, reconstitution de la vie quotidienne au château :

lit, table, tréteaux, coffres, dressoirs : des meubles fastueux réservés aux seigneurs.

Les tissus aux murs servent à se protéger du froid et de l'humidité.

 

Sources :

http://www.chateau-de-crevecoeur.com

Photos Chantal Guyon, 26 avril 2014

Château : visite avec audio-guide, le 26 avril 2014

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire

 

50660 - Lingreville