14 - DOUVRES LA DELIVRANDE
(Arrondissement de Caen -  Canton de Douvres la Délivrande)

Région Basse Normandie.

 

 

Chapelle Notre-Dame de Fidélité

ou Chapelle Lalique.

 

 

La parure de verre dans un ensemble architectural est l'oeuvre de René Lalique la plus importante au monde.

 

La chapelle se trouve dans le couvent de la seconde communauté de la Délivrande :

le monastère des religieuses dites couramment de la Vierge Fidèle et désormais Notre-Dame de Fidélité.

 

Cette maison est en pierre de taille et moellons et était la demeure de Mathieu Boullée, ancien maire de Luc, devenu juge de Paix du canton de Douvres. Elle est typique de l'architecture en vogue sous Louis XIV. L'arc boutant de l'escalier porte la date de 1703. Les nouveaux bâtiments ont été construits à partir de 1830 : la communauté, la chapelle et l'orphelinat et ont la simplicité du style néo-classique de cette époque.

 

La nef.

 

Dès 1866, la chapelle fut agrandie, mais ce nouveau sanctuaire n'a été utilisé qu'en 1929. L'année suivante, pour marquer le centenaire de la congrégation, les religieuses ont souhaité faire réaliser un grand crucifix de verre. Elles firent appel au maitre-verrier René Lalique.

 

Le chemin de croix, réalisé en 1948, en laque sur fond d'or et d'argent,

pour le jubilé d'or de la supérieure générale, est l'oeuvre de Alix Aymé.

 

Alix Aymé

 

Alix Aymé, née en 1894 à Marseille, morte en 1989, est une artiste peintre française qui a vécu en Chine et au Viêt Nam. Professeur à l'École des beaux-arts de l'Indochine, elle a contribué à y relancer l'art de la laque.

 

Alix Aymé étudie la musique et le dessin à Toulouse, puis est l'élève du peintre Maurice Denis, qu'elle assiste dans la décoration de la coupole du Théâtre des Champs-Élysées à Paris. En 1920, elle épouse le professeur de lettres Paul de Fautereau-Vassel et l'accompagne à Shanghai, puis à Hanoï. En 1925-1926, elle enseigne le dessin au lycée français de Hanoï. Le couple revint en France, où il vit de 1926 à 1928, et a un fils. Elle se sépare ensuite de son mari et repart avec son enfant en Indochine, chargé d'une mission par le gouvernement français, en rapport avec la préparation de l'Exposition coloniale internationale de 1931. En 1931, elle épouse le colonel Georges Aymé. Elle voyage et peint au Laos, où elle devient proche de la famille du roi Sisavang Vong, pour lequel elle réalise de grandes fresques au Palais royal de Luang Prabang. Elle devient professeur à l'École des beaux-arts de l'Indochine, où elle contribua au réveil de l'intérêt pour la laque, aux côtés de Joseph Inguimberty à partir de 1934. Après la Seconde Guerre mondiale, elle réalise notamment le chemin de croix en laque de la chapelle du couvent Notre-Dame-de-Fidélité à Douvres-la-Délivrande, classé en 2010 Monument historique à titre d'objet.

 

Le choeur et vue sur le sanctuaire.

René Lalique qui venait de déposer un brevet d'invention, inspiré par la lumière qui baigne

le choeur, proposa non seulement le grand crucifix mais aussi tous les autres objets cultuels.

 

 

 

 

En 1865 pour agrandir la chapelle, fut commencée en pierre de Caen la construction du transept sur les plans de l'architecte Caennais Lavalley- Duperroux. La guerre de 1870 arrête les travaux qui ne furent pas repris. En 1929, en vue de la célébration du centenaire de la fondation de la congrégation, il fut décidé de l'aménager.

 

Le retable, le tabernacle, les trois verrières et deux colonnes lumineuses.

 

La table de communion.

 

Le maître autel, retable et crucifix.

 

Le crucifix et le tabernacle sont des oeuvres indépendantes. On y retrouve derrière le Christ et derrière la colombe du Saint Esprit, la même gloire rayonnante. Toutes les autres oeuvres sont décorées de tiges et de fleurs de lys. La lampe de sanctuaire mise à part, tous les autres éléments ont été réalisés à partir de pavés de verre moulé et dépoli, fabriqués par quatre moules différents. Ces pavés enfilés dans des tiges verticales en métal chromé finissent par former des décors légèrement différents.

 

L'autel est un bloc de calcaire de Chauvigny posé sur 2 piliers,

dont les colonnettes présentent des volutes différentes.

 

Le retable et les trois verrières.

Les trois verrières captent la lumière du soleil du lever au coucher par 540 dalles

(154 en relief et 26 unies). Elles sont constituées de 4 motifs différents.

 

La lampe de sanctuaire et les trois verrières.

La lampe est une vasque demi-sphérique de 42 cm de diamètre

portant un fort relief de deux fleurs de lys épanouies et de deux paires de feuilles.

 

Exposition l'art de la broderie religieuse au XIX° siècle.

 

Les vitrines regroupent des pièces liturgiques utilisées dans les cérémonies religieuses au XIX° siècle. Dans toutes les religions l'or, l'argent et les matières précieuses sont utilisées pour signifier la divinité. Dans la religion catholique leur mission est d'honorer le Christ dans les célébrations liturgiques. Les pièces présentées sont un travail de précision, de finesse et de beauté.

 

René Lalique.

 

René Jules Lalique est né le 6 avril 1860 à Aÿ dans la Marne et mort le 1er mai 1945 et est enterré dans le cimetière du Père-Lachaise à Paris. Il est un maître verrier et bijoutier.

Il s'est rendu célèbre par ses créations étonnantes de bijoux, puis de flacons de parfum, de vases, chandeliers, horloges et, à la fin de sa vie, de cabochons de voitures. L'entreprise qu'il a fondée fonctionne toujours. Son nom est resté attaché à la créativité et la qualité, car il a toujours su dessiner des objets fastueux mais restant discrets.

 

René Lalique s'intéresse tôt au verre comme matière artistique et il installe dès 1890 un atelier de verrerie où il commence à expérimenter ses possibilités, dans un premier temps dans la bijouterie. Il en effectue des moulages et apprivoise la liaison verre-métaux. Ses premiers bijoux comportant cette matière sont exposés en 1895.

Après avoir ouvert une boutique place Vendôme à Paris, il commence à concevoir en 1895 des flacons de parfums en verre, étant ainsi le premier à imaginer de commercialiser cet emblème du luxe et du raffinement dans un emballage tout aussi splendide. Il le fait aussi dans le but de produire de beaux objets en séries importantes, et donc de rendre son art accessible à un nombre croissant de personnes. Cette même année 1895, le musée des arts décoratifs de Paris fait entrer Lalique dans ses collections.

En 1898, il installe un atelier de verrerie dans la propriété de Clairefontaine (Yvelines), lui permettant, en particulier, de mieux maîtriser le verre soufflé.

En 1900, Lalique triomphe à l'Exposition universelle de Paris et en 1905 il ouvre un magasin, place Vendôme. En 1910, il crée pour le parfumeur François Coty, qu'il a rencontré en 1908, le flacon pour Ambre antique.

 

En 1913, il rachète une verrerie à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) et dès 1914,

il convertit son usine à la fabrication d'objets médicaux destinés aux hôpitaux et aux pharmacies.

 

En 1921, il construit une usine de verre en Alsace à Wingen-sur-Moder. Après la fin de la Première Guerre mondiale, les bijoux très colorés, très fantastiques de Lalique n'étaient plus dans l'air du temps. Le créateur le sent et décide de se reconvertir, et dès 1920, il se tourne vers l'Art déco. Ainsi le succédané néo-classique et géométrique Art déco remplace l'Art nouveau. Cependant, selon Olivier Mauny, le PDG de Lalique, ses créations vont ouvrir la voie à une industrialisation des objets d'arts, car une des meilleures manières d'inscrire le luxe et l'esthétisme au quotidien est d'en faire des objets usuels. Il va ainsi créer de nombreux objets tels que vases, coupes, chandeliers, flacons à parfum, bouchons de radiateurs pour la 5 CV Citroën (1925), décorations des wagons-restaurants de l'Orient Express (1929), décorations de la salle à manger des premières classes du paquebot Normandie (1936), fontaines des Champs-Élysées. En 1933, la première rétrospective est organisée au Musée des arts décoratifs de Paris.


En 1934/1935, réalisation du retable et autres chefs d'œuvre dans l'église Saint-Matthieu, de la paroisse Saint-Laurent à (Jersey). En 1945, année de sa mort, son fils Marc Lalique démarre le travail du cristal.

 

Sources :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alix_Aym%C3%A9

Brochure de 12 pages "Pèlerinage et Communautés à la Délivrande

C.P.A. Collection privée, en prêt

Circuit n° 3, édité par les services municipaux de Douvres

Visite et photos Chantal Guyon, 20 septembre 2014

 

 

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