14 - LIVAROT
(Arrondissement de Lisieux -  Canton de Livarot)

Région Basse Normandie

 

 

Ancienne fromagerie BISSON,  (1874-1938),

et la réussite économique au XIX° et début du XX° siècle

des fromages en Pays d'Auge.

 

 

Entrée de la fromagerie avant 1930.

 

Georges Bisson est né à Sainte Marguerite-de-Viette (près de Livarot) en 1874. Il fait ses études au lycée de Caen et à 18 ans, il débute dans l'industrie laitière et fromagère auprès de son père. Il épousera Marguerite Fromage (le hasard fait bien les choses !), fille également de fromagers de Saint Michel de Livet. Ils vont alors assurer la pérennité de l'entreprise et son essor. Une des 3 filles du couple, Marguerite Marie épousera Bernard Leboucher, une autre personnalité industrielle locale.

 

L'usine de camemberts et le château, avant 1920.

 

En 1914, la famille Bisson va acheter la Fromagerie Mignot du Mesnil-Bacley qui sera affectée à la production de camemberts et de livarots. Elle cessera sa production et fermera ses portes vers 1926. L'usine principale, celle du Manoir de l'Isle, qui fabriquait exclusivement du livarot à ses débuts, produisait à la fin des années 1920, environ 4000 fromages/camemberts/jour. En 1936, naîtra la Sarl Etablissements Bisson, constituée par Georges Bisson, Pierre Louis Leboucher et Bernard Leboucher, gendre. En 1950, la Sarl Ets Bisson se porte acquéreur de la fromagerie Pottier au Mesnil-Bacley. La production augmente, mais l'âge d'or des petites fromageries normandes familiales semble déjà s'éloigner. La fromagerie est dirigée par Bernard Leboucher, gendre de M. Bisson, jusqu'en 1970. C'est l'heure des regroupements et la grande majorité des petites fromageries disparaissent. Le groupe Besnier de Laval (Lactalis) rachète la fromagerie Bisson. L'activité sur le site sera maintenue pendant 13 ans et puis, la fermeture définitive des portes en 1983. 35 personnes ont perdu leur emploi, une partie des bâtiments sera détruite, une autre servira au musée du Fer, qui fermera ses portes quelques années plus tard.

 

Un des 4 hâloirs de la fromagerie Bisson qui a été transformé pendant quelques années,

en Musée Ateliers de l'art du fer.

 

 

Le manoir de l'Isle

 

 

 

C'est en 1912, que M. et Mme Georges Bisson

font construire cette grande maison de brique et de pierre blanche,

appelée par les Livarotais, le manoir ou le château de l'Isle, sur un terrain proche de la fromagerie.

 

Façade côté cour d'honneur.

Les deux tours entourant le pavillon central sont totalement différentes, ainsi que les balcons.

 

 

Façade du manoir, côté parc.

Sur la photo de droite, la porte était empruntée chaque jour par les ouvriers

qui prenaient leurs repas sur place,

leur permettant ainsi de bénéficier d'un endroit à l'abri des intempéries et convivial.

 

Le grand hall d'entrée, avec aux fenêtres et sur la double porte, des vitraux.

 

Le salon, cheminée et médaillon peint au-dessus de cette dernière.

 

La salle à manger.

 

Porte sculptée en bois et lambris de mur - Cheminée en bois et sculptée.

Cheminée provenant de l'ancienne cuisine, située à l'entre sol,

en carreaux de mosaïque et laiton.

 

Détails des sculptures autour des poutres.

 

Les dépendances.

 

 

Le pavillon en saillie (à gauche), représentait le centre de l'ensemble des dépendances.

Il y avait sur sa gauche, les mêmes constructions que celles existantes à droite,

et qui ont été détruites pour laisser la place à des pavillons modernes accueillant une maison de retraite.

 

L'écurie.

 

En 1912, une remise et des écuries sont construites. Le maître des lieux est un passionné de chevaux. M. Bisson fut élu conseiller d'arrondissement et maire de Livarot de 1919 à 1938. Pendant la guerre de 1914, le camembert va prendre une notoriété nationale : il est donné à tous les repas des poilus avec le "pinard", terme employé à l'époque, et qui remplacera petit à petit le cidre.

 

Petit pavillon situé dans le parc et qui servait à Mme Bisson,

d'abri pour effectuer ses travaux d'aiguilles.

 

Rivière la Vie.

 

Le manoir est acheté en 1985 par la municipalité et est utilisé comme salle de réception,

et occupé par différents services administratifs.

Le parc est transformé en lieu de promenades pour la population,

à l'ombre de grands arbres centenaires et sur les bords de la rivière la Vie.

 

 

Usine Leroy,

une fabrique de petites boîtes clouées et agrafées

pour les fromages dont le camembert.

 

 

Aujourd’hui, personne n’imagine le camembert, fleuron des fromages français, originaire de Normandie et plus précisément du Pays d’auge, sans sa boîte en peuplier, ornée d’une non moins fameuse étiquette. Celle-ci, dite aussi «tyrosème», fait le bonheur des tyrosémiophiles.

 

Invention de la boîte à camembert en peuplier ou le triomphe de Georges Leroy.

 

Le développement important de l'industrie fromagère et l'utilisation du chemin de fer pour approvisionner les lieux de vente éloignés, vont rapidement poser le problème des conditionnements et de l'emballage des fromages. A la fin du XIX° siècle, Georges Leroy, ancien mécanicien de Lisieux, achète la scierie Ledru à Sainte Marguerite-de-Viette. Il y installe son invention, la "dérouleuse", une sorte de taille-crayon géant qui permet d'obtenir de minces feuilles de bois. En 1905, il achète l'ancienne filature de lin Fournet de Livarot et y installe une machine à vapeur d'occasion ainsi qu'une chaudière. En 1908, l'entreprise prend le nom de Société anonyme par actions des Etablissements Leroy. Cette fabrique de boîtes à fromages s'agrandit par la construction de hangars et d'un réfectoire. L'usine cessera son activité en 1970.

 

La boîte en bois qui, vers 1890, remplace le lit de paille et permet le transport sur de longues distances de ce fromage si fragile a été pensée par l’ingénieur Ridel, fils d’ébéniste et originaire de Vimoutiers en Normandie. C’est lui qui invente la machine à fabriquer des boîtes de fromage en bois de peuplier. La boîte permet aussi la création et la pose de l’étiquette du camembert. Encore aujourd’hui les boites de camembert sont faites de peuplier ou d’épicéa… Il est à noter qu’il existait dans les années 1900, une autre forme de boîtes pour le transport : la boîte de conserve ! En effet pour l’exportation en bateau vers l’Angleterre notamment, les camemberts étaient enfermés dans des boîtes serties en métal.

L'histoire du fromage commence en octobre 1790, lorsque Marie Harel, une habitante de Camembert, aide le prêtre réfractaire Charles-Jean Bonvoust à échapper aux républicains. Ce curé, originaire de Brie, l'aurait alors remerciée en lui révélant le secret de fabrication du fromage briard. Marie Harel, (la fille de Marie Harel) et son époux Thomas Paynel, augmentent peu à peu la production de ce nouveau fromage. Napoléon III, lors d'un séjour effectué à Argentan, le goûte, l'apprécie et se le fait livrer en son Palais des Tuileries à Paris. Le Camembert est lancé. Hors cette belle histoire, il existe des fromages dans cette région bien avant la naissance de cette célèbre Normande en 1761. En 1554 et 1569, le fromage du pays d'Auge est cité. Le premier texte, de 1708, qui cite le camembert est de Thomas Corneille.

 

Sources :

http://www.lepaysdauge.org/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Camembert_(fromage)
http://o.t.s.i.livarot.pagesperso-orange.fr/musee_art_du_fer.htm
http://www.camembert-museum.com/

"Le patrimoine des communes de Calvados", Editions Flohic, Tome II, 2001

C.P.A. collection privée, en prêt

Photos Chantal Guyon,18 avril 2008 et 23 juillet 2014

Visite guidée avec le Pays d'Art et d'Histoire  du Pays d'Auge, 23 juillet 2014

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire

 

50660 - Lingreville