14 - NEUILLY-LA-FORET
(Arrondissement de Bayeux -  Canton de Isigny-sur-Mer)

Région Basse Normandie.

 

La découverte d'objets polis et de haches fait remonter au Néolithique l'occupation humaine du site de Neuilly.

Les Saxons sont, au début du Moyen Age, les premiers à envahir la région, suivis des Vikings dès le IX° siècle.

 

 

Château des évêques

du XI° au XV° siècle.

 

 

A partir de l'an 1000, le village de Neuilly connait la prospérité avec la fondation,

par Odon de Conteville, demi-frère de Guillaume le Conquérant,

du château qui devient jusqu'en 1790, la résidence des évêques de Bayeux.

(D'où le nom de Neuilly l'Evêque que prendra alors la cité et elle reprendra son nom actuel en 1899).

 

Vue d'ensemble du domaine, avant 1920 et en 2013,

(grange, chapelle et logis)

 

Le château est à l'origine le chef-lieu d'une baronnie appartenant aux évêques de Bayeux, auxquels il sert à la fois de retraite en période de guerre ou de trouble et de maison de campagne en temps ordinaires. Une forêt de 325 arpents sert de parc aux prêlats.

 

Le logis

 

Entrée du logis

 

Le château fut au Moyen Age une forteresse importante. Aujourd'hui, ne subsistent que trois corps de bâtiments et une cour fermée : le logis, face à la porte d'entrée; la chapelle, à droite, la grange, plus loin encore à droite, à l'extérieur de la cour.

 

 

 

Seul le logis a bénéficié de travaux de restauration depuis une vingtaine d'années.

Le sol de la cour est recouvert de galets.

 

Pour limiter les frais d'entretien, on abattit vers 1845 les deux tiers de la galerie ouest. Le bâtiment a donc depuis une forme de T, les murs et les ornements subsistant peuvent être datés du XI° au XV° siècle - portions de parement en arête de poisson, cave voûtée avec une porte en anse de panier, grande fenêtre donnant sur le marais, de style gothique flamboyant, linteau orné des armes de Louis d'Harcourt, évêque de Bayeux.

 

 

 

Mur avec maçonnerie en arête de poisson (opus spicatum).

 

Le logis et la chapelle

 

 

En 1088, l'évêque Odon y retient prisonnier le comte de Bellême. A deux reprises, Geoffroy d'Harcourt, sire de St Sauveur-le-Vicomte, tente de s'en emparer. La 2° fois, en 1346 il y parvient et brûle le château. Le corps de Pierre de Vilaines, évêque de Bayeux, reste 70 ans dans ces murs reconstruits sans être inhumé, faute d'avoir payé un droit au Pape.

 

La chapelle Sainte Marguerite.

 

En 1300, Pierre de Benais fait construire la chapelle, sous le patronage de Sainte Marguerite.

 

La chapelle conserve quelques ouvertures en arc brisé aux voussures moulurées retombant

de chaque côté sur une colonnette surmontée d'un chapiteau sculpté de tiges tréflées

ou de feuilles triangulaires à la pointe saillante.

 

Un oculus est obturé sur le pignon est.

 

 

Charpente de la chapelle.

 

Durant les invasions anglaises de la guerre de Cent Ans, les évêques doivent y soutenir plusieurs sièges. Pendant les guerres de religion, Jean de Dampierre pille le château et le duc de Montpensier le bombarde. Dès lors, la résidence se détériore. Le dernier seigneur à y séjourner est Mgr de Nesmond, en 1708.

 

La grange des XIII° - XIV° siècles.

 

 

 

La grange présente une façade monumentale, épaulée de trois contreforts

et percée de deux grandes ouvertures en arc brisé à double rouleau

et à l'intérieur deux ouvertures en plein cintre.

 

Le four à pain et la boulangerie - Les douves.

 

Au XVIII° siècle, l'évêque Robert des Ablèges donne au chapitre de Bayeux

la dîme des saumons péchés très abondamment autour du château.

 

En 1793 le château est vendu et les sans-culottes brûlent les archives de l'évêché qui y sont déposées sous scellés, tandis que les marais sont partagés entre les habitants, à raison de 16 ares chacun. Vers 1970, une famille des Yvelines s'attelle à une longue et coûteuse restauration du logis, et en 2013, ironie de l'histoire, l'antique demeure des évêques de Bayeux, si souvent convoitée par les Anglais, a été vendue à un couple franco-anglais !

 

Sources :

Notes de M. Christian Vallée, Agrégé d'Histoire,

Président de l'Association pour l'Histoire de Neuilly-la-Forêt

Le patrimoine des Communes du Calvados, Tome II, Editions Flohic, 2001

C.P.A. Collection privée, en prêt

Visite conférence de l'Ecritoire, 10 février 2013

Photos Chantal Guyon, 10 février 2013

 

 

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