TROARN  (Calvados)

Troarn est une ancienne commune, devenue le 1er janvier 2017 une commune déléguée

au sein de la commune nouvelle de Saline.
Arrondissement de Caen - Canton de Troarn.

Région Normandie.
 Population : 3.574 Troarnais en 2015.

 

D'une superficie de 1.153 hectares, et d'une altitude de 2 à 61 mètres,

la commune est située aux confins de la Plaine de Caen et du Pays d'Auge,

et traversée par le fleuve la Dives et les rivières la Muance et la Tranchée

 

 

Ancienne abbaye bénédictine Saint Martin,

des XI°, XIII°, XIV° et XX° siècles.

 

 

Fondée en 1059 par Roger II de Montgomery, vicomte d’Hiémois et comte de Shrewsbury,

l’abbaye de Troarn, était un vaste ensemble architectural, comprenant l’église gothique,

les bâtiments conventuels et administratifs (salle capitulaire, cloître, réfectoire, dortoir, cellier,

cuisines, chauffoir, infirmerie…) entourés de jardins

et les bâtiments à usage économique et agricole, granges, celliers, pressoirs, écuries, bergeries et poulaillers.

 

Vues aériennes avant 1970.

Les bâtiments agricoles encore visibles sur les cartes postales du début du XX° siècle ont tous disparu

et il ne reste plus que l’infirmerie devenue maison d’habitation

et le magnifique bâtiment qui abritait la cuisine, des appartements et la bibliothèque.

 

Les marais de la Dives, dits "de la vallée d'Auge".

De plus de 7.000 hectares, situés sous le niveau des grandes marées de la mer de la Manche

ces marais sont l'aboutissement de 700 ans de travail assidu

de la part des moines bénédictins de l'abbaye Saint Martin.

 

Après avoir défriché la partie de la forêt de Troarn entre Argences et la mer, les moines procédèrent à des travaux d'assèchement des marais. Ils creusent un complexe réseau de rivières et de canaux, endiguent la Dives, fertilisent les terres et ouvrent des chemins et des ponts afin de parcourir les marais. Des pêcheries et des élevages de cygnes, appelés "garennes" y sont également installés, de même que des moulins.

 

Dès le XVIII° siècle, des marchands herbagés y engraissent leurs bovins et ovins avant de les vendre sur les marchés locaux et parisiens. A la fin du XX° siècle, ces activités demeurent, mais moins florissantes qu'auparavant à l'exception de l'élevage des chevaux.

 

Le portail qui servait d’entrée à l’abbaye est aujourd’hui situé à l’entrée du bourg de Sannerville.

 

Le rayonnement du bourg, qui dure sept siècles, commence avec Roger 1er de Montgomery, seigneurs de Bures et des environs, et qui possède des biens hérités d'une nièce de Gonnor, épouse de Richard 1er. Il fait venir en 1022, des chanoines de Conches (Eure) et construit une collégiale.

 

Entrée principale de l'abbaye, et la cour intérieure, avant 1930.

En 1210, le pape Innocent III a confirmé la création de l‘abbaye de Bénédictins.
Une bulle de sécularisation a été émise le 18 décembre 1785,

ordonnant le remplacement de l’abbaye par un chapitre de chanoinesses.

 

Succédant à son père disgracié, Roger II de Montgomery fonde en 1048 l'abbaye Saint Martin, encouragé par Guillaume le Conquérant et appelle un théologien de Fécamp, l'abbé Durand. Dès le XV° siècle, l'abbaye fait l'objet de confiscations de biens, de saccages et de pillages, notamment lors du siège anglais de 1418 et durant les guerres de Religion, en 1562.

 

Sur la façade sud, une tour abrite un escalier auquel une porte ogivale surmontée d'un écusson donne accès.

 

A la fin du XV°, l’abbaye, mise en commende, décline. Dévastée, elle fut réparée aux XVII° et XVIII° siècles et agrandie d’un logement pour le prieur, d’une grange et d’un pressoir. En 1786 l’abbaye est démembrée, puis vendue comme bien national en 1792, et utilisée pour empierrer la route entre Troarn et Saint-Samson.

 

La façade nord, d'architecture gothique,

c'est l'un des seuls éléments ayant subsisté au démantèlement réalisé durant la Révolution.

Aux XIII° et XIV° siècles, il abrite les cuisines, le réfectoire et le cellier.

Les restes de l’ancienne abbaye consistent en un bâtiment rectangulaire de plan allongé,

composé de quatre travées.

 

Le vieux puits, donnant sur la vallée.

Au-dessus du soubassement de l'édifice, on trouve deux niveaux d’élévation.

 

 Les façades occidentale et orientale sont symétriques et sont chacune soutenues par deux contreforts à ressaut.

Ces façades sont rythmées par des fenêtres : il s’agit de baies jumelées à remplage,

surmontées d’un arc brisé. L’ancienne abbaye possède un toit en bâtière.

 

L’abbaye connut son apogée du XI° au XIV° siècles, avec 44 moines. Elle était la plus riche du diocèse de Bayeux après Saint-Etienne de Caen. L’abbaye tirait ses ressources des dimes, dons, aumônes et profits des marais, des moulins, des pêcheries, des foires, du marché, des halles…

 

L'ancienne aumônerie, du XVIII° siècle.

 

Construite à l'ouest de l'église abbatiale, elle était destinée à accueillir les bureaux de l'aumônier,

moine qui avait la charge de distribuer les aumônes.

 

La porte possède encore ses ferronneries, et un fronton avec encadrement sculpté de motifs religieux.

Au-dessus de la porte, l'œil-de-bœuf est surmonté d'un léopard couché.

 

Vers 1925, l'édifice, qui menace ruine, est acheté par Melle Adelus, fille d'un banquier caennais. Celle-ci fait démonter, puis remonter le bâtiment pierre par pierre de son site d'origine, pour en faire sa résidence. L’aumônerie se trouve maintenant à l‘entrée du bourg. A l'intérieur, un escalier avec sa main courante en ferronnerie d'origine a été conservé.

 

 

Eglise néo-romane Sainte Croix

 

 

L'église succède à une église implantée au sein de l'ancien château et dont il ne reste aucun vestige.

Lors des bombardements de 1944, l'église perd son clocher et une travée de la nef.

 

 

Chevet de l'église.

Dédiée à Saint Ouen, évêque de Rouen au VII° siècle.

Le site serait l'un des anciens lieux de christianisation de la région des marais.

 

Le clocher néo-roman est élevé dans le transept sud.

 

Façade occidentale. L'édifice est entièrement construit dans un style classique.

Le porche a été restauré après la guerre et reçoit un nouveau portail réalisé dans le style roman.

L'édifice est entièrement reconstruit vers 1750 et seconde moitié du XX° siècle, en pierre de Caen.

 

Sur le parvis de l'église, cette ancienne croix de pierre.

 

 

Depuis le choeur, vue sur le portail occidental et la tribune.

 

Vitrail de Georges Gross, Nancy, 1953.

 

Fonts baptismaux, chaire à prêcher, du XIX° siècle. Statue d'une Vierge à l'enfant.

 

L'ensemble des vitraux ont été exécutés par le maitre verrier Georges Gross de Nancy, en 1953.

 

Autel latéral du XIX° siècle.

 

 

Fresque moderne présentant l'entrée de l'abbaye Saint Martin et son environnement.

 

L’abbaye Saint-Martin a abrité le tombeau du Chevalier Hugues, compagnon de Guillaume le conquérant.

Ce tombeau a été transporté dans l’église paroissiale de Saint-Martin-de-Marais.

 

Le tombeau du chevalier Hugues, du XI° siècle.

Ce sarcophage, richement sculpté est l'un des plus beaux exemples de sculpture funéraire romane normande.

 

Le 2 décembre 1909, deux sarcophages sont découverts dans une fosse maçonnée dans le croisillon droit du transept de l'église abbatiale, alors vétuste. L'un d'eux est abondamment sculpté de motifs floraux et géométriques. Selon le CNRS,  il serait antérieur aux années 1040. Une inscription en latin y est gravée.

 

Depuis le portail occidental, vue sur le choeur, et l'autel face au peuple.

 

Le maître autel du XIX° siècle.

 

 

La ville

 

 

Vue aérienne, avant 1970.

Des traces d'occupation sont anciennes et des vestiges néolithiques ont été trouvés.

 

L'ancienne mairie, avec sa façade néo-classique, bâtie 1830 et 1848.

est surmontée d'un clocheton à bois, à l'aplomb de la travée centrale.

Le monument aux morts de la 1° Guerre Mondiale comporte une statue du "poilu" victorieux

avec la palme funéraire, symbole de la paix, et la couronne de laurier, symbole de la victoire.

La liste des morts a été apposée sur le mur de l'ancienne mairie.

 

La construction de cette ancienne mairie remonte, comme de nombreuses autres constructions dans la région à la monarchie de Juillet. Depuis 1979, épargnée lors du Débarquement, elle est occupée par l'Office de Tourisme, la Police municipale et l'école de musique intercommunale.

 

Le nouvel hôtel de ville.

 

La seconde Guerre Mondiale et en particulier la bataille de Normandie, marque profondément le village. En effet, après le dynamitage du pont de Troarn par le major Roseveare et ses hommes, des troupes britanniques et allemandes s'affrontent dès les premiers jours du Débarquement dans les bois de Bures-sur-Dives.

 

En juillet 1972, Troarn et Bures-sur-Dives s'associent dans le cadre de la loi Marcelin et étendent ainsi les limites du territoire communal.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.lepaysdauge.org/
"Patrimoine des communes du Calvados, Tome II

Editions Flohic, 2001

Feuillet "Troarn à travers l'histoire", remis par l'Office de Tourisme, Troarn

"Guide touristique "Entre Bois et Marais", Office de Tourisme, Troarn

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 juillet 2017

 

Chantony - Patrimoine et Histoire

 

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