AUBETERRE-SUR-DRONNE  (Charente)
Arrondissement d'Angoulême - Canton de Tude-en-Lavalette.
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 391 Aubeterriens en 2015.

 

D'une superficie de 239 hectares, et d'une altitude de 38 à 111 mètres,

le village est traversé par la rivière la Dronne,

un affluent de l'Isle et sous-affluent de la Dordogne.

 

 

Le village : labellisé "Plus beaux villages de France", depuis 1993.

 

 

Le village et la rivière Dronne, avant 1970

La ville est bâtie sur un coteau de craie blanche qui lui a donné son nom "Alba terra"

et que baigne une boucle de la Dronne.

Située à la limite de l'Angoumois et du Périgord, cette petite cité est chantée

par ce vers de Clément Marot : "Aubeterre amour ressemble Ce me semble"...

 

Le château.

 

L'église primitive, antérieure au VIII° siècle, et la présence d'un château avant 1050

témoignent de l'ancienneté d'Aubeterre. Ce fut une vicomté érigée plus tard en marquisat.

 

Du château d'Aubeterre, il reste seulement : les bases des quatre tours rondes, une tour carrée du XVI° siècle

qui était la poterne et une aile de communs. Le corps de logis a été complètement démantelé

quand son dernier propriétaire l’a vendu pierre par pierre en 1820.

 

Place forte entre Périgord et Angoumois, proche de la puissante Aquitaine,

la cité d’Aubeterre fut par le passé longtemps convoitée.

 

La place Ludovic Trarieux est la plus animée du village avec ses commerces,

ses terrasses de restaurants et le marché du dimanche matin.

 

Le quartier populaire de la ville basse, qui fait aujourd’hui le charme d’Aubeterre est depuis toujours le quartier des artisans et des commerçants. C'est le cœur du village qui rayonne autour de la place Trarieux et descend rue St-Jean jusqu’à l’église souterraine. Cette place arborée porte le nom d’un Aubeterrien célèbre, Ludovic Trarieux, né ici même en 1840.

 

Ludovic TRARIEUX

 

Jacques Ludovic Trarieux, est né à Aubeterre-sur-Dronne le 30 novembre 1840, et mort à Paris le 13 mars 1904. Issu d'une une famille aisée, il fait des études de droit et devient avocat. Il est député de la Gironde à la Chambre des députés (1879-1881), puis sénateur (1888-1903).

 

Il est républicain libéral, hostile notamment à la création des écoles publiques et très critique contre la loi Waldeck-Rousseau de 1884 sur les syndicats. Il est notamment rapporteur devant le Sénat des « lois scélérates » de 1894, qui limitent la liberté de la presse.

Il devient garde des Sceaux dans le cabinet d'Alexandre Ribot durant la majeure partie de l'année 1895, s'opposant notamment à Jean Jaurès pendant les grèves de Carmaux de 1892-1895.

 

Ü Ludovic Trarieux, vers 1894 (photographie reproduite dans un album de portraits photographiques de personnages politiques, écrivains ou magistrats en relation avec l'Affaire Dreyfus)

 

C'est donc un homme de droite modérée qui fonde la Ligue des droits de l'homme, celle-ci se préoccupant principalement alors du droit de la personne, dans la perspective de la bourgeoisie libérale de l'époque qui était hostile aux abus de droits sociaux. Aucun élément n'a été apporté démontrant que Trarieux eut été franc-maçon.

 

L'Affaire Dreyfus et la création de la Ligue des droits de l'homme

 

Artisan actif de la révision du procès Dreyfus, Ludovic Trarieux doute dès 1895 de la culpabilité du capitaine Alfred Dreyfus dont le cas déchire la III° République. Il doute notamment de la régularité du procès au Conseil de guerre, qui s'est déroulé en décembre 1894. Ses doutes sont réalimentés par Auguste Scheurer-Kestner ; le 7 décembre 1897, il est le seul à le soutenir quand il interpelle Jules Méline. Les 9 et 10 février 1898, il dépose longuement et fermement en faveur d’Émile Zola, poursuivi en diffamation, à la suite de la publication de « J'accuse » le 13 janvier de la même année.

 

Créée la même année, la Ligue des droits de l'homme, dont il devient le premier président regroupe des hommes politiques, des savants et de nombreux intellectuels républicains, parmi lesquels Victor Basch, Ferdinand Buisson, Lucien Herr ou encore Francis de Pressensé, favorables à la révision du procès du capitaine Dreyfus. Gravement malade, il quitte la présidence de la Ligue, le 19 octobre 1903, peu avant sa mort en 1904.

 

 

Les venelles au charme méridional serpentent entre les maisons de pierre blanche.

 

L'étagement des maisons à pans de bois, la fontaine, et la Tour des Apôtres,

ou tour Henri IV : c'est dans cette tour qu'Henri IV aurait dormi la veille de la bataille de Coutras.

Le village déploie ses maisons blanches aux toits de tuile couleur de miel dans un écrin de verdure.

 

Le couvent des Minimes,

 

Fondé en 1617 par le marquis d’Aubeterre François d’Esparbès de Lussan et sa femme,

le couvent est aujourd’hui une propriété privée (Maison de Retraite).

 

Une dizaine de moines venus de la maison-mère de Blaye en Gironde s’installèrent à Aubeterre au début du XVII° siècle. Les Minimes font partie des grands ordres mendiants, comme les Franciscains (Cordeliers) dont ils sont issus. Arrivés à Aubeterre suite à la Contre-Réforme, ils vont reprendre en main l’autorité religieuse. Architecture classique début XVII° dans la structure d’ensemble, mais mélange des styles : gothique tardif pour les baies, les voûtes d’ogives retombent sur des consoles baroques. A l’origine, le plan intérieur se composait de quatre travées, d’une nef unique avec deux chapelles latérales et d’un chevet plat.

 

Cette tour, surmontée de mâchicoulis sur consoles et d’un chemin de ronde,

témoigne du passé militaire du bâtiment : Avant d’être un couvent de nonnes, c’était un bastion

qui protégeait le haut de la cité, faisant face au château dominant également la vallée de la Dronne.

 

Etablis à Aubeterre depuis le XIII° siècle, les Cordeliers étaient puissants et possédaient de nombreuses terres et dépendances. Ils avaient aussi en charge l’Hôpital dans le bas du village : ils accueillaient et soignaient les pèlerins de Compostelle.


Aujourd’hui, sur un mur d’une maison particulière, seules une arcade visible et trois baies aveugles ornées d’une coquille Saint-Jacques (ici motif ornemental de la Renaissance italienne repris dans l’architecture classique à la française) sont tout ce qu’il reste de la chapelle du monastère des Cordeliers. Leur monastère détruit pendant les guerres de Religion, eux-mêmes chassés, les Cordeliers seront remplacés à Aubeterre par les moines Minimes.

 

Le cloître aux lignes pures, atmosphère minérale et lumineuse,

ressemble fortement à celui de Blaye, maison-mère des Minimes d’Aubeterre.

 

A partir de 1620, la congrégation des Sœurs de Sainte-Claire s’installe dans le village. Elles accueillaient les filles de bonne famille venues se retirer dans ce couvent. Après la Révolution, l’ancien couvent comme les autres biens religieux sont vendus en biens nationaux. Depuis ce jour, l’ancien couvent des Clarisses est une grande propriété privée dont la façade s’ouvre par un porche surmonté d’une tour début XVII°.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.aubeterresurdronne.com/
http://www2.culture.gouv.fr/

https://criminocorpus.org/

Dépliant 3 volets "Aubeterre-sur-Dronne, Sud Charente", O.T.

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 4 juillet 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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