BOURGES  (Cher)
Arrondissement de Bourges - Canton de Bourges.
Région Centre Val de Loire
 Population : 66.071 Berruyers en 2015.

 

D'une superficie de 6.874 hectares, et d'une altitude de 120 à 169 mètres,

la ville est la capitale historique du Berry, et arrosée par les rivières l'yèvre et l'Auron.

 

Maurice Estève.

 

C'est l'un des peintres majeurs de la nouvelle école de Paris. Coloriste, son style se caractérise

par un entrelacement de formes dont les qualités sont naturelles, voire organiques.

 

Maurice Estève est né le 2 mai 1904 à Culan et décédé le 29 juin 2001 à Culan. C'est une figure centrale du tachisme, mouvement créé par un groupe de peintres modernes abstraits européens qui se forme pendant les dernières années de la Seconde Guerre mondiale. Estève est connu pour ses expériences lyriques et poétiques avec la couleur mêlée à des formes organiques qui se retrouvent dans des œuvres qui évoquent une sorte de fauvisme cubiste.

 

Ü Maurice Estève dans son atelier, (Photo Jean-François Bauret (1960)

 

Fils d'une couturière modéliste travaillant pour la haute couture et d'un cordonnier syndicaliste, Maurice Estève passe son enfance à Culan (Cher) auprès de ses grands parents. Il les rejoint en 1913 à Paris, où il découvre le musée du Louvre. Revenu à Culan pour l'été, il y reste durant les années de guerre, et commence à peindre dès 1915. Il vit de nouveau à Paris à partir de 1918.

 

Apprenti chez un typographe puis dans un atelier de dessin de mobilier moderne, il suit des cours du soir de dessin, découvre en 1919 la peinture de Cézanne puis, rencontrant l'opposition inquiète de son père à sa vocation, dirige en 1923 à Barcelone, pendant un an, un atelier de dessin de châles et de tissus. De retour en France, il se consacre à la peinture tout en vivant de « petits boulots » et installe, en 1930, son premier véritable atelier. La même année, une première exposition n’aura aucun succès. Estève devra attendre presque 20 ans pour exposer de nouveau.

 
Peintre autodidacte, plongé un temps dans l’influence du Paris des surréalistes (1927-29), admirateur de Braque, vouant une véritable passion pour Cézanne (il peindra en 1942 un « Hommage » à ce peintre), l’artiste hésitera longtemps entre art figuratif et art abstrait. Sous l'influence d'un Matisse, Bonnard, ou Jacques Villon, Maurice Estève trouva rapidement sa palette. Il optera pour l’abstrait - tout en ayant toujours réfuté cette appellation pour son art -, faisant vibrer les formes équilibrées par des couleurs qui éclatent.

 

Son goût pour les grands maîtres comme Fouquet, Uccello, Poussin et surtout Cézanne a compté dans sa réflexion et ses questionnements sur l’interprétation qu’il faisait de son univers, parfois traduit avec espièglerie, humour et amusement.


Estève a reçu la reconnaissance du monde entier à travers de nombreuses expositions. Son œuvre, très tôt dans son parcours, fût remarquée par ses aînés : Braque, Matisse, Delaunay ou Picasso.

 

 

Le musée Maurice Estève à Bourges

 

 

Fruit d'une donation de Monique et Maurice Estève, le musée offre un parcours chronologique

établi sur trois étages que relie l'escalier à vis de cet écrin de pierre.

 

Le musée dédié à Maurice Estève est installé depuis 1987 dans l'hôtel des Échevins construit en 1489,

qui fut le siège de la municipalité pendant trois siècles.

En 1624, un nouveau corps de galerie de style classique vint s'ajouter à l'édifice gothique.

 

La donation faite à la ville de Bourges en 1985 comprend 125 oeuvres : huile, sur toile, aquarelles, dessins, papiers collés, tapisseries, de 1919 à 1980. Ses dessins, ses aquarelles et ses papiers collés sont présentés dans la galerie Lejuge en lumière tamisée et, dans un souci de conservation, sont renouvelés tous les trois mois.

 

Tableau "Nature morte au pichet", de Maurice Estève, 1942, style Fauvisme.
La cheminée de l'hôtel des Echevins, et une toile de Maurice Estève.

Aujourd'hui la collection du musée comprend 216 oeuvres d'Estève :

60 peintures à l'huile, 35 dessins, 21 aquarelles, 14 collages, 3 tapisseries,

82 lithographies, un ensemble d'albums de linogravure.

 

La présentation permet de suivre l'itinéraire pictural d'un artiste contemporain depuis ses débuts figuratifs jusqu'aux compositions colorées qui font son originalité. Un audiovisuel de 8 minutes, dans la salle voûtée "du Trésor", sert d'introduction à la visite : on y découvre Maurice Estève chez lui à Culan, on le voit travailler et expliquer sa technique de l'aquarelle.

 

Le Tachisme

 

Le tachisme est un style de peinture abstraite répandu en France dans les années quarante et cinquante. Ce mouvement est souvent considéré comme l'équivalent européen de la tendance de l'expressionnisme abstrait américain représentée par l'Action Painting.

 

Il désigne l'un des aspects de l'art informel, au sein de l'une de ses composantes dénommée abstraction lyrique. Le terme « tachisme » a d'abord été employé péjorativement par le critique Pierre Guéguen en 1951. Il avait été utilisé dès 1889 par le critique Félix Fénéon pour décrire la technique impressionniste, et surtout celle qui, en 1862, valut leur nom aux macchiaioli italiens, dont une toile de Giovanni Fattori fut exposée en 1867 à Florence sous le titre Le macchiaiole. Puis il sera à nouveau employé en 1909 par Maurice Denis pour les fauves. Il a ensuite été réutilisé en 1952 sur l'initiative du critique Michel Tapié dans son livre Un Art autre pour...

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Tableau : https://www.wikiart.org/en/maurice-esteve/

http://www.artnet.fr/

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 21 mai 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville