CUFFY  (Cher)
Arrondissement de Saint Amand-Montrond

Canton de La Guerche-sur-l'Aubois
Région Centre Val de Loire
 Population : 1.099 Cuffyçois en 2014.

 

D'une superficie de 3.457 ha, et d'une altitude de 166 à 210 mètres,

le village est irrigué par le canal latéral à la Loire.

L'Allier au sud et la Loire au nord marquent la limite entre

les départements du Cher et de la Nièvre.

 

Sur le territoire de la commune de Cuffy

se trouve le confluent de la Loire et de l'Allier : le Bec d'Allier.

▪ L'Allier est une rivière du centre de la France et un affluent de la Loire,

longue de 450,9 km. Elle reste l’une des dernières rivières encore sauvages d'Europe

et recèle une faune unique, notamment les oiseaux.

▪ La Loire est le plus long fleuve de France, avec une longueur de 1 013 kilomètres.

Sa confluence avec l’Allier à Nevers double sa taille.

 

 

Le bec d'Allier : un paysage exceptionnel

 

 

Vue aérienne du village et du Bec d'Allier, avant 1970.

Située rive gauche, la commune de Cuffy possède un port sur la Loire

à la confluence de l'Allier et du fleuve : le port du Bec d'Allier.

 

Le Bec d'Allier est au confluent des rivières "sauvages" de Loire et d'Allier.

La dynamique fluviale, cette capacité d'un cours d'eau

a déplacer ses sédiments par la force du courant, modèle le paysage.

 

L'Allier plus pentu venant du sud déploie un lit en tresses où apparaissent quelques îles. Il y a plus d'un siècle son lit longeait encore la levée au hameau du Bec. Aujourd'hui il s'est déplacé vers l'Est. Les falaises ainsi crées, offrent un refuge aux oiseaux comme les hirondelles de rivage et les guêpiers.

 

 

La Loire, plus calme arrive par l'est, longeant la côte du village de Marzyn autrefois couverte de vignes. Le mélange des eaux donne place à un fleuve plus ample qui s'étale dans sa plaine alluviale vers l'ouest. Il dépose des sédiments au passage et forme de nombreuses îles abritant quelques mammifères comme le Castor d'Europe. L'alternance d'étiages (basses eaux) et de crues entraîne une modification permanente du lit, mettant ainsi les grèves à nu. Celles-ci sont propices à la reproduction des sternes qui nichent à même le sable.

 

 

Le paysage a été longtemps façonné par l'homme : jusqu'à la fin du XIX° siècle par la batellerie et jusqu'au milieu du XX° siècle par le pastoralisme et par l'exploitation du bois de la ripisylve (forêt alluviale). Il a aujourd'hui tendance à se refermer sur une végétation de saules et de peupliers en croissance invasive. Le Plan Loire Grandeur Nature cherche à remonter la ligne d'eau à l'étiage. Cela permettrait au fleuve de recharger sa nappe alluviale qui s'écoule sur une dizaine de mètres de profondeur et sur quelques kilomètres de large, afin de reconstituer les bras secondaires vitaux pour la vie aquatique, notamment sous forme de frayères.

 

Le village du Bec d'Allier.

 

On a du mal aujourd'hui en regardant le site naturel du Bec d'Allier, de s'imaginer

que depuis le sommet de la levée, une intense activité animait le fleuve et ses berges.

La Loire, avant d'être ce fleuve "sauvage"

fut l'axe de communication et d'échanges principal du royaume de France.

 

Le village du Bec avant 1920.

 

 

La navigation sur le cours de la Loire était de deux natures :

▪ celle à "l'avalaison" descendait le fleuve en provenance du Massif Central, transportant la pierre, la houille, le bois dont la vieille montagne regorge. Les "sapines" ainsi nommées à cause du bois résineux utilisé pour les fabriquer, étaient de construction à destination de Paris-Orléans-Tours. Elles étaient déchirées et le bois était revendu comme bois d'oeuvre.

▪ La navigation à "la remonte" devait affronter le courant. Cette remontée laborieuse complexe utilisait deux principaux moyens de propulsion ou de traction : de Nantes à Orléans les vents dominants d'Ouest permettaient de naviguer, le halage prenait le relais.

 

La marine de Loire.

 

Le village du Bec d'Allier est protégé de la Loire par une levée dont les perrés

recouverts de terre et d'herbe sont équipés

de deux escaliers étroits, et de trois tourets.

 

Briare, au tournant du fleuve, était la cité des haleurs qui se tenaient à disposition des bateaux. Par équipe d'une vingtaine d'hommes, ces forçats du fleuve utilisaient un chemin de halage provisoire, restauré chaque année après les crues : le "hausseret". A Cuffy, la Loire et l'Allier étaient essentiellement fréquentées par des bateaux naviguant vers l'aval. La difficulté et la durée du voyage depuis les "pays d'en bas" limitait la rentabilité du transport. Le sel, de grande valeur, véritable monnaie destinée à alimenter les greniers des pays de gabelle, resta donc, avec la morue et les produits des colonies, le fret principal à la remonte jusqu'au XVIII° siècle.

 

 Les trois tourets (ouvrages en pierre et fonte

conçus pour l'aide au halage à la remonte) et d'organeaux encastrés.

 

Ces trois colonnes intriguent. Souvent considérées à tort comme de simples bittes d'amarrage, elles sont en fait destinées au halage des bateaux qui remontaient l'Allier. Après l'arrêt de la navigation au long cours sur la Loire, il va subsister une navigation locale, avec le transport du sable. Des péniches berrichonnes descendaient au Bec d'Allier recevoir leur chargement. Elles étaient ensuite halées jusqu'à l'écluse circulaire des Lorrains où elles rejoignaient la "rigole", puis le canal latéral de la Loire. Les tourets évitaient que la corde qui tirait le bateau ne "coupe le virage" et ramène l'embarcation contre la levée. La corde était guidée en roulant sur des cylindres de fonte et suivait ainsi la courbe de la levée.

 

L'écluse circulaire des Lorrains, située sur la commune d'Apremont-sur-Allier.

 

Cette écluse était alimentée en eau par une prise d'eau située dans l'Allier. Un chenal permettait aux bateaux plats transportant le sable, de pénétrer dans l'écluse. Par rotation, ils étaient orientés vers le canal latéral, par des attelages de chevaux et, à la fin du XIX° siècle, par un tracteur.

 

Les passeurs, avant 1915.

Cette barque était le lien entre les populations, entre les deux rives.

Elle représente également un enjeu économique, aux époques

où les moyens de transport n'étaient pas aussi modernes qu'aujourd'hui,

et où les ponts n'étaient pas aussi régulièrement implantés sur les cours d'eau.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://patrimoine.regioncentre.fr/
"Histoire des levées de la Loire", Roger Dion, Editions du CNRS, 2017

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 11 juin 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville