MASSAY  (Cher)
Arrondissement de Vierzon - Canton de Mehun-sur-Yèvre.

Région Centre Val-de-Loire.
 Population : 1.404 Massayais en 2015.

 

D'une superficie de 4.794 hectares, et d'une altitude de 99 à 164 mètres,

la ville est traversée par les rivières l'Arnon et la Neuve.

 

    Vue aérienne de la ville et de l'abbaye, avant 1970.

 

L'actuelle agglomération de cette commune est groupée autour des restes d'une ancienne abbaye bénédictine d'hommes, consacrée en 738. L'ancienne paroisse, consacrée à Saint Paxent, était située à 12 km au nord. Le monastère réformé en 814 par Saint Benoît d'Ariane, fut détruit à deux reprises en 873 par un raid Normands et, en 1128, par un incendie. Il était déjà soumis à la règle bénédictine depuis le milieu du siècle précédent, sous l'obédience directe des abbés de Cluny.

 

 

Ancienne abbaye bénédictine Saint Martin

 

 

L'ensemble des bâtiments de l'abbaye fut reconstruit aux XII et XIII° siècles, mais l'église,

de nouveau dévastée avant 1360, dut être rebâtie.

 

Entrée de l'abbaye, et dans la cour, une pompe à eau, remplaçant sans doute un ancien puits.

 

Ü Plan de l'abbaye de Massay, établi par P. Gauchery.

 

Le tracé de la route de Reuilly est inscrit à travers l'ancien cloître. L'église Saint-Paixent est formée du cœur de l'ancienne abbatiale. La cha-pelle de l’abbé est dans le prolongement de la salle capitulaire.

 

L'abbaye de Massay remon-terait à 738, à la fin de la dynastie mérovingienne. Au cours de son histoire, elle a connu de nombreuses vicis-situdes. Ce qui en reste ne représente qu'une partie de sa splendeur du passé.

 

A l'époque de son plus grand développement, l'abbaye oc-cupait une surface consi-dérable sur le versant du ruisseau de l'Herbon.

 

Le logis du chambrier.

 

A gauche, l'église des XI°-XV° siècles - Au centre, le logis du chambrier,

puis à droite, la chapelle de l'abbé et la salle capitulaire, surmontée du dortoir.

 

Le logis du chambrier (ou économe du monastère) du XVII° siècle est devenu d'abord presbytère, puis mairie.

 

La chapelle de l'abbé, du XII° siècle.

 

La chapelle de l'abbé ou chapelle Saint-Loup a été rattachée au presbytère

qui l'utilisait comme grange, écurie et bûcher.

 

Le logis du chambrier, et la chapelle de l'abbé.

Sobre d'extérieur et bien conservé, son architecture homogène est romane, mais contient déjà des arcs-ogives.

 

Elevée d'un seul jet au XII° siècle, la chapelle n'a subi aucune restauration,

lui donnant ainsi un caractère exceptionnel.

 

Cette chapelle, de petite dimension, se trouvait au centre du petit cloître, aujourd'hui démoli.

Deux travées de la nef sont voûtées de quatre branches d'ogives.

Les chapiteaux dont décorés de palmettes, de feuilles d'acanthe et d'entrelacs.

 

La salle capitulaire du XIII° siècle,  et le dortoir.

 

Situé au Sud de l'église, ce bâtiment du XIII° siècle fait partie de l'édifice qui entourait le cloître.

Il comprend, au rez-de-chaussée, la salle capitulaire, deux autres salles

et un couloir faisant communiquer les deux cloîtres.

 

Des bâtiments réguliers, il ne reste plus que la salle capitulaire datant du début du XIII° siècle.

 

Au-dessus de la salle capitulaire et de ses annexes, on retrouve une grande partie du dortoir.

 

Le dortoir s'allongeait sur une étendue de 50 mètres, et dont 28 m existent encore, avec une charpente en arc brisé, formée de chevrons portant ferme dont l'écartement est maintenu par des fermes maîtresses établies tous les quatre mètres et assemblées avec leurs tirants et leurs poinçons moulurés.

 

 

La salle est divisée en trois travées doubles, séparées, contre le mur, par de petites colonnettes

dressées sur un haut piédestal carré, et au milieu, par deux colonnettes rondes

dont la corbeille est revêtue de feuilles de chêne au-dessous d'un court tailloir polygonal.

Une dernière pièce, composée de deux travées voûtées d'ogives,

était peut-être le parloir des moines ou un magasin.

 

A droite, façade de la salle capitulaire, côté de la chapelle de l'abbé.

 

Les anciennes fortifications, et le château (actuel EHPAD).

 

L'église abbatiale, la route, autrefois occupée par le cloître, puis les jardins,

et la tour des remparts.

 

Une tour ronde, indépendante de l'église, reste le vestige le mieux conservé des fortifications de l'abbaye.

On peut en suivre le tracé en empruntant certaines rues de la ville,

dans lesquelles on aperçoit les ruines d'autres tours.

 

La tour des remparts des XIII° et XIV° siècles.

 

 

En face de la salle capitulaire, intégrés dans les bâtiments, on peut voir un cellier de la même époque,

ainsi qu’une tour ronde avec ses meurtrières, qui assurait la défense de l’Abbaye.

Enfin, le vivier, à 100 m en contrebas sur la route de Reuilly, fait partie de ce qui reste de cette grande abbaye.

 

Les jardins et le château.

 

Vues aériennes avant 1970.

 

L'hostellerie de l'abbaye, occupée aujourd'hui par une maison de retraite.

 

A proximité de l'enceinte, ce lavoir qui a été récemment restauré.

 

L'ancienne abbatiale Saint Martin, des XIV° et XV° siècles.

 

Vues aériennes avant 1970.

Il reste peu de traces de l'église construite après l'incendie de 1128. Après l'invasion anglaise, apparu le large

et unique vaisseau flanqué de chapelles latérales, ajouté par de hautes et larges fenêtres.

 

Massay est détruit pendant la guerre de Cent Ans. L'abbatiale est reconstruite au XIV° siècle à l'emplacement de l'église romane mais n'en n'occupe que l'emplacement de l'ancien chœur et l'ancien transept qui devait se trouver à l'emplacement de la première travée de l'église.

 

La nef primitive s'étendait au-delà de la route actuelle.

Le clocher-porche gothique finement ouvragé, haut de 42 mètres est construit en 1493

pour l'abbé Bertrand de Chamborand. Celui-ci renfermait 7 cloches dont une, datée du 27 mai 1512,

porte ses armoiries. Une prison, dans ses soubassements, existe encore.

 

Le deuxième étage de la tour est ajouré par des fenêtres à meneaux. Le troisième est plus sobre. Le dernier étage est beaucoup plus riche : pinacles ornés d'accolades et de fleurons, fenêtres géminées dont les profondes voussures sont enrichies de choux frisés, balustrade formée d'arcatures trilobées.

 

Des habitations privées envahissent de nos jours, la cour et le petit cloître disparu.

Le clocher-porche est repris en sous-œuvre en 1880 et on a supprimé les onze marches descendant dans la nef

et qui étaient nécessitées par un remblai.

 

La guerre de Cent Ans provoque la destruction partielle de Massay par les troupes anglaises vers 1360. Puis elle est pillée en 1562 et 1567 pendant les guerres de religion. La mise en place du régime de la commende transforme profondément l'abbaye.

 

 

Cette église est un vaste et unique vaisseau terminé à l'est par un chevet à cinq pans coupés.

 

Le cardinal archevêque de Bourges Frédéric Jérôme de La Rochefoucauld (évêque de 1729 à 1757) visite l'abbaye délabrée en 1733 et prononce sa fermeture définitive en 1735. Elle est démantelée en 1736 et l'église abbatiale Saint-Martin est donnée a la commune en remplacement de l'église paroissiale Saint-Paxent en mauvais état.

 

 

A l’extérieur, les contreforts de l’élévation latérale, terminés par une bâtière, et dont le second glacis

soutenait des statues détruites pendant les guerres de religions, sont d’un très beau style.

Une seule statue subsiste sur un contrefort de l’abside. Les contreforts du midi sont traversés

par des passages en arc brisé destinés à permettre la circulation vers le petit cloître.

 

Vue sur la nef et le portail occidental depuis le choeur.

 

 

L’intérieur est un large et unique vaisseau ajouré de hautes fenêtres portant de beaux vitraux.

 

Lors de la reconstruction , les voûtes ont été remplacées par un berceau de bois et une charpente,

dont les entraits et les abouts sont de la fin du XVI° siècle.

 

Panneau rendant hommage aux enfants de la paroisse, morts pour la patrie.

 

Les vitraux furent posés dans les années 1880. L'église contient un vitrail du XVI° siècle des ateliers rhénans,

et un ensemble de vitraux mis en place entre 1880 et 1885 provenant des ateliers parisiens de Gaspard Gsell,

un élève suisse et disciple de Ingres.

 

Depuis la nef, vue sur le choeur.

 

Les 22 stalles, très mutilées par les Protestants (1562-1567), sont des XVI° et XVII° siècles.

 

A proximité du Maître-autel, on remarque une crédence sculptée dans le mur.

Le vitrail central au-dessus du maître-autel date du XVI° siècle.

Statues : une Vierge à l'Enfant en bois polychrome du XVII°-XVIII° siècles, et Saint Benoît.

 

L'abbaye qui avait marqué la vie de la paroisse durant mille ans disparaissait. En effet, depuis dix siècles, seuls les moines avaient assuré l'éducation intellectuelle par leurs écoles. Ils possédaient des librairies et la plupart des renseignements proviennent de leurs manuscrits. Les pauvres étaient secourus par les religieux qui assuraient, en outre, le service médical, car l'abbaye possédait une léproserie.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www2.culture.gouv.fr/

Dépliant 4 pages "L'abbaye de Massay", disponible à l'Office du Tourisme

Dictionnaire des églises de France, "Val-de-Loire, Berry"

Volume IIId, Editions Rober Laffont, 1967

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 20 mai 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville