SAINT AMAND-MONTROND  (Cher)
Arrondissement de Saint Amand-Montrond - Canton de Saint Amand-Montrond.
Région Centre Val-de-Loire
 Population : 9.919 Saint-Amandois en 2015.

 

D'une superficie de 2.017 hectares, et d'une altitude de 148 à 312 mètres,

la ville est traversée par les rivières le Cher, la Marmande, et le canal de Berry.

C'est l'ancienne capitale du Boischaut-Sud, une zone de bocage et d'élevage.

 

Dès l'époque gallo-romaine, l'occupation humaine est attestée par un bassin datant du 1° siècle. Vers 620, le moine Théodulfe fonde un couvent soumis à la règle de Saint Colomban. L'abbaye possède bientôt un sanctuaire placé sous le vocable de Saint Amand.

 

Vue aérienne avant 1970.

 

Au XII° siècle, Ebbes VI de Charenton accorde une charte de franchise aux habitants de la cité

(l'original est aujourd'hui conservé aux Archives départementales du Cher, sous la cote E 205).

 

La franchise établit la libre circulation des bourgeois de la ville. Ils sont dispensés des péages. Cette charte de franchise, confirmée au XIV° siècle, marque le véritable démarrage de la ville, les avantages attirant les populations alentours. Bientôt la population déborde vers l'est et vers l'ouest en dehors des fortifications.

 

 

Chapelle de l'ancien couvent des Carmes,

aménagée en hôtel de ville.

 

 

Au fil des ans, les Carmes (Ordre mendiant) possèderont des prés, des vignes, des maisons et bénéficient

de revenus réguliers, ce qui leur permet d'entreprendre régulièrement des travaux d'embellissement.

 

Actuellement aménagée en hôtel de ville, cette chapelle date de la première Renaissance.

Edifié en 1484, le couvent servait d'étape aux pèlerins de Saint Jacques de Compostelle

qui se rendaient de Vézelay à Limoges.

 

Dans le mur nord de la mairie, on peut encore voir les piliers qui soutenaient une seconde nef construite

pour permettre aux habitants de Saint Amand-le-Marché d'assister à la messe.

 

Le portail de la façade du 2° quart du XVI° siècle est une des réalisations architecturales majeures de la ville :

Renaissance par l'emploi d'un vocabulaire nouveau, mais encore gothique dans sa composition.

Petit lanternon de même époque évoquant les belvédères italiens.

 

Traces du cloître dans la cour du tribunal d'instance.

 

Le berceau lambrissé à charpente apparente sculptée qui couvrait la nef a été conservé.

Les entraits sont sculptés d'engoulants.

 

La fondation du couvent est due à l'initiative et à la générosité d'Isabeau Marie Amenjeu d'Albret, dame d'Orval et de Montrond, et de Pierre Pélerin, bourgeois de la ville, qui offre le terrain. Au début du XVI° siècle, le couvent des Carmes compte treize religieux. Une statue de la "benoîte glorieuse Vierge Marie" y est alors très vénérée sous le titre de Notre-Dame de Recouvrance.

 

L'aménagement des bâtiments conventuels s'est fait au XVII° siècle.

 

 

Le couvent a été désaffecté en 1791. La mairie s'est installée en 1806, et le tribunal en 1808.

 

En 1790, il reste six religieux. Ils quitteront le couvent le 15 mars 1791 et prêteront tous serment de la Constitution Civile du Clergé. L'église des Carmes est alors désaffectée. Mise aux enchères, elle est acquise par  la municipalité qui y loge le tirage au sort de la conscription, les marchands forains des foires d'Orval et les bouchers et charcutiers dans le bas-côté nord. On y organise également le banquet. 

 

Dépôt de grains lors des années de disette de 1846-1847, elle devient casernement en 1870. En 1891, faute de pouvoir entretenir le bas-côté nord en mauvais état, la municipalité le fait abattre. La transformation de l'ensemble en centre administratif (hôtel de ville, tribunal, greffe et anciennement collège) imposera de nombreuses modifications tout au long du XX° siècle.

 

Aux origines de la ville.

 

Depuis le Moyen Age, la structure urbaine n'a guère changé : l'axe principal sectionne la cité en son milieu. Au Sud, s'étendent les bâtiments religieux, et au Nord, les bâtiments laïques. L'agglomération n'a gardé qu'un fragment de son rempart.

 

Dès 1434, la réalisation d'une enceinte que défendent plusieurs portes fortifiées est terminée.

L'une d'elle se trouvait à cet endroit et ouvrait face à Saint Amand-le-Chastel.

 

Au début du XV° siècle, Charles d'Albret, Connétable de France et cousin germain du roi Charles VI, devient seigneur de Montrond et d'Orval par son mariage avec Marie de Seuly. Mêlé aux troubles politiques et dynastiques de la guerre de Cent Ans qui secouent le pays, ce puissant baron voit son fief brûlé et pillé en 1412 par ses anciens alliés, les Anglais. Les survivants du massacre vinrent grossir un noyau urbain situé en la seigneurie de Montrond. Une ville nouvelle va naître : Saint Amand-sous-Montrond. Les nouveaux habitants y perpétuent leurs foires annuelles dites "foires d'Orval".

 

Les hôtels particuliers de la ville.

 

Bénéficiant de l'influence des seigneurs de Montrond (les d'Albret, Clèves, Sully et Condé)

la cité connaît une prospérité jusqu'à la fin du XVII°, début XVIII° siècle.

 

L'hôtel Saint Georges  du XVII° siècle.

Ancienne résidence des familles Bezard de la Maindre, Neyret de la Ravoie et Blotyère de Saint Georges.

C'est le plus imposant de tous les hôtels de la ville.

 

Le logis, à étage, en retour d'équerre sur la cour d'honneur respecte une ordonnance symétrique. Porte d'entrée et travée centrale d'inspiration baroque et classique : frises sculptées, ailerons à volutes, pilastres ioniques, acrotères (supports décoratifs au sommet du fronton).

 

La maison de l'Angle, des XV° et XVIII° siècles, et cette jolie demeure située à proximité.

Ancienne habitation longtemps reconvertie en grange.

Elle épouse l'angle de deux rues (de la Tour et des Vielles Prisons).

Ayant très certainement subi de graves détériorations lors des sièges de Montrond (1651-1652),

son pignon Est ne présente qu'un simple colombage.

 

Hôtel Godin des Odonais, du XVIII° siècle.

Statue d'Isabel Godin (1728-1792),

en témoignage des liens historiques entre Riobamba, (Equateur) et Saint Amand. (14 mai 1988).

 

Neveu du mathématicien Louis Godin (1704-1760), chef désigné de l'expédition de la Condamine, Jean Godin des Odonais (1713-1792) gagne le Nouveau Monde en 1738. Trois ans plus tard, il épouse à Riobamba (actuel Equateur) Isabel de Casamayor-Y-Bruno (1728-1792), fille du gouverneur de la province de Quito. A l'annonce de la disparition de son père, Jean décide de rentrer en France mais, retenu en Guyane, faute d'autorisation, il se consacre à la botanique. Après 19 années d'éloignement, Isabel traverse la forêt amazonienne dans l'espoir de le retrouver. Son aventure laisse l'image d'une héroïne romantique... De retour dans leur demeure Saint Amandoise en 1773, ils y décèdent sous l'époque Révolutionnaire.

 

Jacques Le Boys des Guays (1794-1864) initiateur du culte de la nouvelle Jérusalem en France et disciple du théosophe suédois Emmanuel Swedenborg (1688-1775) prêchant la renaissance de l'homme, occupa ce lieu.

 

A la Belle Epoque, Jean Giraudoux (1882-1944) fréquente la maison voisine, propriété de ses amis les frères Bailly. Dans "Siegfried et le Limousin" ou "les Provinciales", l'écrivain restitue l'atmosphère de la ville :

"C'est sur le Mont-Rond qu'étaient brûlées les sorcières, c'est au centre de la ville en l'endroit nommé Eldorado que confluent la rivière la plus froide de France, la Marmande, la plus chaude, le Cher, le confluent si tu veux, du diable et de Vénus..." (Sigfried et le Limousin).

 

Sur la façade de cette maison, une statue de Saint Jean - Ancienne fontaine,

et encadrement de fenêtre de la fin du XVI° siècle.

 

Elément de cheminée supposé provenir d'un salon du château de Montrond. Jambages supportant des guirlandes de fruits, linteau avec un angelot drapé, fronton armorié, avec au sommet, une tête de lion grimaçant, constituent les éléments décoratifs de cet encadrement.

 

En 1735, Mademoiselle de Charolais (1695-1758), descendante du Grand Condé (1621-1686) prive la forteresse de Montrond de sa charpente et de sa couverture qu'elle vend ou réemploie à la restauration d'autres domaines. Ouvert à tout vent, le château tombe en ruine et devient une carrière de pierres.

 

Les hôtels dit du Portail et de Sarzay, du XVII° siècle.

 

▪ L'hôtel dit du portail : le logis en équerre sur la cour est surélevé. Un simple fossé permet la diffusion de la lumière en sous-sol. Les combles mansardées disposent de lucarnes ornées de pots à feu et d'ailerons à volutes. L'entrée encadrée de pilastres est surmontée d'un fronton triangulaire armorié.

▪ Hôtel de Sarzay est l'ancienne demeure des familles Josset et Bonnet de Sarzay. On attribue à Jules Hardouin Mansart (1646-1708), seigneur de Sagonne, la réalisation des plans de cet hôtel particulier partiellement transformé au XIX° siècle. Une construction aujourd'hui disparue fermait la cour. L'aile Est abrite un escalier dont la rampe en fer forgé date de la fin du XVIII° siècle. Des aménagements du parc, subsiste une orangerie du XVII° siècle.

 

Hôtel de Beuvron, des XVII et XVIII° siècles.

 

Le portail monumental ouvre sur la cour d'honneur. C'est l'ancienne résidence de la famille Ragon et de ses descendants. Venu de Paris, Jean Baptiste Ragon s'installe à Saint Armand en 1608 et devient le receveur de Monseigneur le Prince de Condé. Son frère Charles s'enrichit rapidement grâce aux revenus que lui procure sa fonction de fermier des terres de Saint Armand, Montrond et Bruère.

 

La maison de ville des abbés commendataires de Noirlac,

actuel musée Saint Vic.

 

Cette ancienne maison de ville est bâtie au début du XVI° siècle,

 et possède une belle tourelle d'escalier octogonale

Couvent de femmes et prison, elle est située en limite des remparts sud de Saint Amand-le-Marché,

et nichée au fond d'un jardin public.

 

Le musée a été créé en 1920 et se compose d'une salle d'exposition et de huit salles d'expositions permanentes. Elles évoquent l'histoire du Saint Amandois depuis le Paléolithique jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale. Les arts et traditions populaires dans le Bas Berry sont illustrés par une collection de bâtons de confréries du XVIII° siècle et par la production du sabotier Saint Amandois, dont l'étonnant arbre aux sabots qui n'a qu'un double au musée des Arts et Traditions Populaires à Paris.

 

Le canal de Berry,

construit pour le transport du charbon, du bois et du minerai de fer.

 

La construction du canal dura de 1808 à 1840.

Il possède trois branches d'une longueur de 320 km (Montluçon à Fontblisse,

Fontblisse à Noyers-sur-Cher, et Fontblisse à Marseilles-les-Aubigny).

 

D'une largeur de 7 m et de 15 m de profondeur, il fut alimenté en eau par des étangs construits à cette occasion (étangs de Goule, Pirot, le Pondy). Le manque d'eau, la lenteur et la concurrence du chemin de fer mènent en 1955 au déclassement du canal. Aujourd'hui, il est devenu un atout touristique.

                                                                                                        

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.archives18.fr/

http://www.ville-saint-amand-montrond.fr/
http://www2.culture.gouv.fr/public/

Dictionnaire des églises de France, Val de Loire-Berry

Volume IIId, Editions Robert Laffont, 1967

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 24 mai 2018

 

 

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