GUINGAMP   (Côtes d'Armor)
Arrondissement de Guingamp - Canton de Guingamp.
Région Bretagne
 Population : 6.900 Guingampais en 2015.

 

D'une superficie de 341 hectares et d'une altitude de 62 à 126 mètres,

la ville est traversée par le petit fleuve côtier, le Trieux.

 

Au XVII° siècle (période au cours de laquelle le clergé entreprit en France la mise en application active des décrets du Concile de Trente) quatre ordres religieux féminins s’implantèrent à Guingamp. Les premières, les Carmélites, furent les seules à s’installer intra-muros. Elles construisirent leur couvent autour de la chapelle Saint-Yves.  Ensuite ce fut le tour des Ursulines.

 

 

L'ancien couvent des Ursulines,

du XVII° siècle.

 

 

Créé à Brescia (Italie) en 1535 par Angèle de Mérici, l’ordre des Ursulines a pour but l’enseignement

des jeunes filles. Introduit à Paris en 1610, il se répand rapidement puisqu’à la veille de la Révolution.

Il compte 300 couvents en France. Une trentaine est en Bretagne, presque tous créés avant 1667.

 

Ce monastère fut construit en 1668 par les Ursulines, en charge de l’éducation des jeunes filles.

 

En arrivant à Guingamp, les religieuses habitent, faubourg de la Trinité, un ancien hôpital mis à leur disposition, dit-on, par Messire Pierre Le Bricquir, vicaire de Notre-Dame, qui était le propriétaire. Une autre source veut qu’elles aient acheté la maison et du terrain pour construire un monastère en juillet 1654.

 

Chapelle Saint Joseph.

 

Les Ursulines vinrent à Guingamp en 1654 et la bénédiction de leur couvent eut lieu en septembre 1666.

Les 32 religieuses présentent en 1792 sont expulsées et l'Ordre ne revint jamais à Guingamp.

 

La chapelle est la première façade renaissance d’un monastère féminin à Guingamp.

 

La façade est percée d'un portail en plein cintre sous linteau surmonté d'un oculus

et encadré de chaque côté de pilastres. Deux pilastres flanquent les côtés au Nord et au Sud.

A la base du toit, on peut voir une galerie à balustres, dominée jadis par une lucarne à fronton triangulaire.

 

Désaffectée à la Révolution, la chapelle fut d’abord utilisée pour abriter les statues des saints

saisies dans les églises et chapelles de la région et mises en état d’arrestation.

Puis on y installa un atelier de salpêtre et, comme dans les autres bâtiments,

on logea des troupes à différentes reprises ; elle servit aussi de grenier à foin.

 

Les bâtiments conventuels.

 

En 1705,  il n’y a encore que la moitié du couvent de construit, les archives soulignent constamment

le peu de revenus, le poids des dettes et les multiples demandes d’aides et de subventions.

 

L’une de leurs ressources, les plus importantes, résidait dans les contrats de dots des religieuses consistant en quelques terrains, métairies, maisons rapportant des rentes plus souvent viagères que perpétuelles. Encore faut-il que les familles en aient les moyens. À Tréguier ou à Lannion, la proportion des jeunes filles de familles nobles est, respectivement, de 52 % et 27,6 %. À Guingamp, elle tombe à 19 %, donc la majorité vient de familles bourgeoises aux revenus plus modestes.

 

Le couvent devint important, le nombre maximum de religieuses fut de 79, en 1722. Ensuite,

comme dans d’autres monastères, l’effectif se réduisit : elles ne sont plus que 35 en 1790.

 

Le cloître.

 

La cour intérieure et le cloître.

 

Les Ursulines de Guingamp semblent donc avoir été, du fait de leur recrutement, les parentes pauvres

des couvents de leur ordre dans le diocèse de Tréguier.

Elles disposaient, cependant, d’une autre source de revenus : les écoles.

 

Le but de leur ordre était l’éducation des filles et le pensionnat était installé dans les bâtiments de 1681. Elles accueillaient donc, en tant que pensionnaires, des jeunes filles pour leur éducation et leur instruction. Les parents de ces élèves payaient une pension. Sans doute ce pensionnat de Guingamp était moins coté que ceux de Lannion et Tréguier, probablement du fait d’un recrutement moins noble des religieuses.

Le nombre des élèves fut en augmentation constante, même si le nombre des religieuses était en déclin. Cela semble indiquer que la société, noble ou citadine, a un plus grand souci de l’éducation des filles. En plus de ces pensionnaires payantes, les Ursulines de Guingamp avaient ouvert de petites écoles gratuites pour les enfants du peuple. Ces écoles occupaient, en 1760, 15 religieuses à plein temps.

 

Les anciens bâtiments conventuels sont surmontés de lucarnes à frontons triangulaires.

 

La tourmente révolutionnaire va mettre fin aux activités du couvent qui abritera successivement une caserne, un dépôt de remonte, une caserne des pompiers, le centre technique municipal et enfin une caserne de gendarmerie. Aujourd’hui le bâtiment conventuel est le siège de Guingamp Communauté.

 

Le plan de Guingamp, publié en 1778, permet de repérer l’enclos des Ursulines : il occupe à peu près en totalité

un vaste quadrilatère limité par la rue de la Trinité, l’église et le cimetière de la Trinité, la rue de Pors-an-Quen

et un chemin reliant la chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle au couvent des Capucins.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://patrimoine-guingamp.net/

Guide 2017 du territoire de Guingamp, O.T. de Guingamp

"A la découverte de Guingamp, histoire et patrimoine"

12 pages, Office de Tourisme de Guingamp

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 22 octobre 2017

 

 

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