LANLEFF   (Côtes d'Armor)
Arrondissement de Guingamp - Canton de Paimpol.
Région Bretagne
 Population : 121 Lanleffois en 2015.

 

Etymologie : le nom vient du breton lann qui signifie ermitage et du nom de la rivière le Leff.

 

Vue aérienne avant 1970.

Cette église est à plan centré, et c'est le seul exemple existant en Bretagne.

Dans toute la France, il n'en existe pas plus d'une douzaine de l'époque romane.

 

 

Le temple

 

 

Une église romane circulaire de la fin du XI° siècle, début XII° siècle.

Fautes d'archives connues, cet édifice en ruine a été l'objet d'interprétations fantaisistes :

les anciens archéologues, intrigués par sa forme circulaire,

l'ont pris pour un temple antique élevé à la gloire des idoles ou du soleil.

La construction a parfois été attribuée aux Templiers,

mais leur présence en ce lieu est nullement attestée.

 

En fait, c'était une église romane dédiée à la Vierge.

Une charte de 1148 retrouvée au XIX° siècle rappelle la donation de l'église Sainte Marie de Lanlem

aux moines bénédictins. (Lem, est l'ancien nom de la rivière le Leff).

 

Cette église a subi plusieurs transformations au cours des siècles,

mais les travaux de restauration ont permis de restituer en partie son aspect d'origine.

 

La fontaine.

 

Les arcades sont surmontées d'un oculus.

 

A l'est, les trois chapelles semi-circulaires, voûtées en cul-de-four, ouvraient sur le collatéral.

Une seule absidiole subsiste dans son état primitif.

 

L'absence de contreforts et les difficultés de construction

rendent peu probable l'existence d'une voûte ou d'une coupole.

L'absence d'éclairage de la portion de mur restante favoriserait l'hypothèse d'un lanternon central.

 

Le collatéral.

 

Le collatéral est divisé en travées par de gros doubleaux retombant sur des colonnes rondes à base tronconique.

 

L'éclairage était réduit à quelques meurtrières à très large ébrasement, disposées irrégulièrement.

 

Chaque travée se compose de deux arcs en plein cintre géminés réunis par une colonnette médiane

encadrant deux étroites ouvertures verticales à épais ébrasement évasé.

 

La rotonde centrale.

 

La rotonde est très élevée ouvrant par douze arcades plein cintre à double rouleau

sur un collatéral plus bas, voûté en blocage.

 

Les travées sont indiquées par des pilastres arrondis retombant sur le haut des piles.

Ces piles sont constituées d'un massif rectangulaire cantonné de quatre colonnes rondes

adossées réunies par un tailloir continu.

 

Les bases tronconiques et les chapiteaux sont décorés de motif particulier à la Bretagne romane,

spirales doubles, losanges, animaux et personnages stylisés grossièrement.

 

 

Aujourd'hui, au vu de certains détails de l'architecture et du décor sculpté,

les spécialistes pensent qu'elle a été bâtie à la fin du XI° siècle, ou au début du XII° siècle

à l'imitation de la rotonde du Saint Sépulcre de Jérusalem.

 

Reproduction des chapiteaux les mieux conservés, réalisée en 2011.

De gauche à droite : Naissance d'Eve - Pariade - Adam pudique - La saillie - Adam et Eve.

 

 

Les églises à plan centré

 

 

Une église à plan centré est un type d'église dont le plan est massé (circulaire ou polygonal) par opposition

à l'église à plan basilical. Ce type de plan s'accompagne souvent d'une coupole.

Le plan centré est courant dans l'architecture carolingienne au X° siècle

et est moins fréquent dans l'architecture ottonienne au X° siècle.

Le plan centré est remis au goût du jour en Occident par l'architecture baroque.

 

Les églises à plan central trouvent leur origine dans les palais romains. Il s'agit d'édifices polygonaux entourés de niches, d'exèdres et de vestibules et surmontés d'une coupole. Le plan centré sera repris par les mausolées païens.

 

Les premières églises chrétiennes à plan centré apparaissent en Italie dès les débuts de l'architecture chrétienne sous le Bas Empire Romain aux IV° et V° siècles. Dans un premier temps il s'agit le plus souvent de martyriums qui s'inspirent des mausolées.

 

Les baptistères ne sont pas des églises proprement dit mais leur plan traditionnellement centré doit être mentionné, ils n'ont pas été sans influence sur l'architecture des églises. Le baptistère du Latran à Rome est considéré comme le modèle de tous les baptistères construits par la suite, qui se répandront en nombre dans tout le Bassin méditerranéen.

 

Le plan centré à coupole se répand alors dans l'Empire byzantin, pour deux raisons :
▪ Contrairement aux basiliques, il comporte un espace central propice à la célébration du culte impérial, que les empereurs cherchaient à introduire dans la liturgie chrétienne;
▪ Il était perçu comme un symbole du pouvoir impérial : la terre carrée est dominée par la voûte céleste.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée du site

Dictionnaire des églises de France, Bretagne, Volume IVa

Editions Robert Laffont, 1968

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 23 octobre 2017

 

 

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