LÉHON  (Côtes d'Armor)
Arrondissement de Dinan - Canton de Dinan.
Région Bretagne
 Population : 3.072 Léhonnais en 2015.

 

D'une superficie de 473 hectares, et d'une altitude de 7 à 132 mètres,

la ville est traversée par le canal d'Ille-et-Rance, alimenté à la hauteur du bourg par un ruisseau.

 

 

Ancienne abbaye bénédictine Saint Magloire

 

 

Vue sur l'abbaye bénédictine Saint Magloire, édifiée au IX° siècle, sur les bords de la Rance,

par le roi de Bretagne Nominoé pour abriter des reliques de saint Magloire volées à l'île de Sercq.

 

L'abbaye devint un lieu de pèlerinage très fréquenté.

Mais elle fut pillée par les Normands en 975, ce qui nécessita une reconstruction totale.

Au XII° siècle, l'abbaye devint un prieuré royal dans la dépendance de Marmoutier.

Au XIII° siècle, on reconstruisit l'église, au XIV° siècle, on édifia le réfectoire.

 

La décadence de Saint Magloire, qui avait commencé au XVI° siècle, fut arrêtée à partir de 1604

 par P. Noël Mars, dont la réputation de sainteté attira de nouveaux pèlerins.

Mais le déclin reprit, à tel point qu'il fallut supprimer l'abbaye.

En 1767, la décision en fut prise par le chapitre de la Congrégation de Saint Maur.

Vendue comme bien national en 1792, l'abbaye fut abandonnée.

L'église a été restaurée à la fin du XIX° siècle pour servir d'église paroissiale.

 

L'ancienne abbatiale.

 

Le mur sud du réfectoire est totalement ajouré, grâce à sept baies en arc brisé

séparées par des colonnettes en délit à chapiteau à feuillage.

Ces baies ouvrent sur le paysage de la vallée de la Rance.

 

Le chevet plat de l'église abbatiale, et sa maîtresse vitre datant de 1490,

à réseau flamboyant qui ajoure le chevet.

 

 

Le pignon ouest offre un beau portail plein cintre orné de colonnettes.

Un bandeau droit, orné de têtes humaines, surmonte le portail,

encadré de chaque côté par une arcature géminée aveugle en arc brisé.

 

L'extérieur de l'église est simple, étayé de contreforts.

 

Depuis le choeur, vue sur le portail occidental.

La nef est longue de 58 m pour 18 m de hauteur sous voûte et 10 m de large.

Elle présente un rectangle parfait où la simplicité

et la rigueur monastique ont manifestement guidé le maître d'oeuvre.

 

Le nef est délimitée en quatre travées par des colonnes engagées dans les murs latéraux. La voûte en croisée d'ogive a été entièrement reconstruite au XIX° siècle à l'identique de la précédente. Les fenêtres qui ajourent les travées se composent de deux lancettes encadrées d'ogives.

 

Sculpture représentant un moine, soutenant le reliquaire de Saint Magloire.

 

La cuve baptismale du XII° siècle est un monolithe de granite

dont le contour est sculpté d'une frise d'arcatures ogivales contenant des palmettes.

 

Des têtes d'hommes reliées par des feuilles de chêne enserrent la partie basse de l'ouvrage,

tandis que l'intérieur est tapissé d'entrelacs en saillie

simulant un filet au fond duquel six poissons convergent vers une cupule.

Le rebord présente des traces d'usure car une vieille coutume du pays voulait qu'avant d'aller couper son foin

ou son blé, le paysan plonge sa faux ou sa faucille dans l'eau bénite et l'aiguise sur le rebord.

 

Les gisants : Typhaine du Guesclin, nièce du connétable, épouse de Jehan de Beaumanoir.

 

Gisant de Jean V de Beaumanoir.

Les gisants des preux chevaliers de Beaumanoir ont quitté leur chapelle attenante

pour être désormais conservés de part et d'autre de la nef.

 

D'autres personnalités figurent à leurs côtés,

dont Gervaise de Dinan, bienfaitrice du monastère au XIII° siècle.

 

Le choeur s'éclaire d'une large baie à meneaux, surmontée d'une rosace.

Les vitraux réalisés par l'atelier de Haute Normandie Dumont-Turmel datent de 1962.

Ils remplacent l'ancienne verrière détruite en 1944 lorsque les Allemands ont fait sauter le pont sur la Rance.

 

Statues de Saint Magloire, la Vierge et l'enfant Jésus et un saint homme.

 

Les huit panneaux peints sur bois à gauche du choeur ornaient jadis le réfectoire.

Ils représentent les fondateurs des principaux ordres religieux, tandis que ceux de droite,

ajoutés au XIX° siècle, représentent les grands saints Bretons.

 

Le cloître.


Le cloître actuel a été rebâti au XVII° siècle par la congrégation de saint Maur.

La contre réforme a imposé le style architectural du cloître : sobriété des matériaux et du décor.

 

 

Quatre galeries formées d'arcades retombent sur de simples piliers carrés reliés entre eux par des murets

au niveau des soubassements moulurés. Les charpentes en bois qui recouvraient les galeries ont disparu.

Les bâtiments monastiques s'ordonnent autour du cloître,

lieu de passage, de méditation et de prière qui constitue le cœur du monastère.

 

Pour soustraire l'ensemble du monastère aux inondations de la Rance, le niveau du sol avait été rehaussé.

Il atteint désormais la base des grandes fenêtres gothiques et enterre sa porte d'entrée d'origine.

 

Les bâtiments conventuels.

 

Accosté à l'abbatiale, se trouve le grand corps de logis comprenant au rez-de-chaussée deux grandes salles séparées par un couloir permettant l'accès au jardin. L'une d'elle était la sacristie devenue salle paroissiale,

l'autre la salle du chapitre qui abrite aujourd'hui le musée.

 

Porte d'entrée de l'abbaye. Depuis la Rance, vue sur les bâtiments monastiques.

A gauche, attenante à l'église abbatiale,

la chapelle sépulcrale des Beaumanoir conservait les tombeaux de cette illustre famille.

 

L'ancien réfectoire des moines du XIII° siècle.

 

 

Situé au nord du cloître, il a été restauré par les Monuments Historiques de 1987 à 1991.

Cette salle accueille de nos jours des expositions temporaires.

 

Gérard Lardeur, maître verrier, a su restituer la lumière subtile semblable à celle que découvraient les moines au Moyen Age, bien qu'en intégrant une œuvre nouvelle dans l'architecture ancienne. Par le jeu de la transparence, les vitraux légèrement grisés ou bleutés filtrent la lumière qui varie avec l'heure du jour, le temps et les saisons.

 

 

Un plafond, soutenu par des solives au niveau des fenêtres assombrissait et écrasait la salle.

Cet étage gagné sur la hauteur abritait la bibliothèque afin de préserver de l'humidité.

 

Parallèlement, l'aménagement d'une cuisine au fond de la salle avait nécessité

le doublement du mur afin d'y accueillir la cheminée. Dans l'angle de droite, un chauffe-plats en granite

à cinq trous, éclairé par une simple fenêtre rectangulaire  désormais obstruée,

voyait défiler les mets destinés aux tables des moines derrière une cloison de bois séparant le coin cuisine.

 

Les dortoirs.

 

Escalier d'accès à l'étage, et les dortoirs, entièrement restaurés.

 

Les combles.

 

Situées au-dessus des dortoirs,

les grandes combles servaient de réserve pour les plantes médicinales et les graines.

La lumière y pénétrait par les lucarnes alternant des frontons rectangulaires et cintrés

des deux côtés des façades, visibles de l'extérieur.

 

Les séparations de bois qui compartimentent l'espace en une suite d'alcôves évoquant des cellules de bois, sont des décors d'une salle hospitalière pour une scène du téléfilm "Les compagnons du Nouveau Monde", d'après le roman de Bernard Clavel, tourné dans l'abbaye en 1984.

 

La charpente en bois est inspirée du modèle des charpentiers de marine, avec sa forme de carène de bateau.

 

Cette petite dépendance, située le long de la Rance ne manque pas de charme.

 

Le musée, situé dans l'ancienne salle du chapître.

 

Le musée a été entièrement refait en 2009.

Le faux plafond a été enlevé, permettant ainsi de mettre en valeur de superbes poutres.

 

La cheminée qui chauffait cette ancienne salle d'étude a été mise à jour.

Les murs ont été recouverts d'un enduit à la chaux et au sable, pratique courante au XVII° siècle.

 

 

Il a été choisi de mettre en valeur la salle du musée en lui redonnant son atmosphère d'antan,

et une place importante a été réservée aux livres. Parmi ceux-ci se trouvent quelques volumes anciens

de la bibliothèque du monastère datant de 1713, et une somme théologique de 1607.

 
L'ensemble des autres livres datent du XIX° siècle et sont des dons, notamment des frères de l'ordre de Saint Jean de Dieu. Sont également conservés une collection d'anciens chapiteaux romans provenant du cloître de l'abbaye primitive. Y figure aussi une statue de Saint Magloire du XIV° siècle.

 

Lithographie vers 1880 : Léhon vue des hauteurs de Beauvais.

 

Sur les murs, une série de lithographies permettant de voir la situation de Léhon et du monastère. Enfin, une vitre a été placée en 2009 dans le sol afin de permettre aux visiteurs de voir l'ancien scriptorium et une tête romane.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.infobretagne.com/

Panneaux explicatifs présentés dans l'église

Dictionnaire des églises de France, Bretagne, Volume IVa

Editions Robert Laffont, 1968

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et organisée par l'université Inter Ages, antenne de Granville

Photos, Chantal Guyon, le 19 avril 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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