QUIMPERLÉ (Finistère)
Arrondissement de Quimper - Canton de Quimperlé.
Région Bretagne
 Population : 1205 Quimperlois en 2014.

 

D'une superficie de 3.173 hectares et d'une altitude de 2 à 83 mètres,

la ville est traversée par l'Ellé, l'Isole, la Laïta et le Dourdu.

 

 

Ancienne abbaye bénédictine Sainte Croix

 

 

Chef d'oeuvre de l'art roman et une des plus puissantes abbayes de Bretagne.

 

Le Gallois Gurthiern crée vers 880 un premier monastère que les Vikings détruisent en 878. Selon son cartulaire, l'abbaye bénédictine de Sainte Croix, fille de Redon, est fondée en 1029 par le Comte de Cornouaille Alain Canhiart en remerciement d'une guérison miraculeuse, alors qu'il était atteint d'une maladie oculaire.

 

Vue d'ensemble de Quimperlé et de l'église abbatiale Sainte-Croix

avant son effondrement en 1862 (Photo BnF).

 

Vues aériennes avant 1950 : l'église et les bâtiments conventuels.

 

L'église Sainte Croix a un plan centré, et épouse la forme d'un trèfle, avec une rotonde centrale de 30 m de diamètre et deux absides à l'est (le chevet) et au sud. La 3° abside, au nord, fut modifiée au XV° siècle, puis au XIX° siècle. L'ouest de l'édifice se présente sous la forme d'un rectangle, et fait ainsi office de nef. Cette disposition tréflée est à rechercher au Moyen-Orient, à Jérusalem et à Bethléem, à la suite de la multiplication des pèlerinages vers la Terre Sainte, aux IX° et X° siècles.

 

Eglise abbatiale Sainte Croix,

dont l'église actuelle est édifiée à partir de la fin du XI° siècle.

 

Le clocher peigne, construit entre 1864 et 1868, par Joseph Bigot.

 

Pendant le Moyen Age, l'abbaye est l'une des plus riches de Bretagne, dont les domaines jalonnent le territoire compris entre Locronan et Nantes. Au XII° siècle, la possession contestée de Belle-Ile entraîne un long conflit entre les abbayes de Quimperlé et de Redon. Seigneur temporel de Quimperlé, l'abbé voit ses prérogatives attaquées par les ducs de Bretagne et leurs successeurs, les rois de France.

 

Le chevet roman, et la partie ouest, sous forme d'un rectangle, représentant la nef.

 

Le campanile du XIX° siècle et le chevet roman.

De 1679 à 1681 est édifié à l'emplacement du clocher médiéval, au-dessus de 4 piliers,

une tour qui compromet la solidité de l'édifice roman.

Après d'ultimes réparations, il s'effondre le 21 mars 1862,

entraînant la ruine de la rotonde.

La restauration est conduite de 1864 à 1868 par l'architecte Joseph Bigot.

Elle restitue l'absidiole nord qui avait été remplacée

au XV° siècle par une façade ogivale.

Un nouveau clocher est édifié en 1903 suivant les plans de Jean Marie Abgrall,

dans l'axe mais à l'extérieur du chevet.

 

En 1553, l'abbaye de Quimperlé subit le système de la commende et tombe également en décadence. En 1665, l'introduction de la réforme de Saint Maur rétablit la discipline. De 1668 à 1717, l'abbé Guillaume Charrier tente de redonner du lustre à une institution devenue impopulaire dans la ville.

 

 

Photos de droite, façade nord de l'abbatiale.

La rotonde est couverte d’un toit conique à deux étages.

Quatre chapelles sont accolées au mur circulaire, justifiant le titre d’église.

 

En 1790, la disparition de l'abbaye ne laisse aucun regret et les cinq moines qui y demeurent déclarent se retirer dans leur famille. En 1792, l'ancienne église abbatiale remplace Saint Colomban comme église paroissiale de la Basse-ville.

 

Accès aux cryptes.

 

La crypte du XI° siècle et les gisants.

 

 

A l'entrée de la crypte, la mise au tombeau du XVI° siècle.

Neuf personnages entourent le Christ gisant : Joseph d'Arimathie, Abidon, Saint Jean,

la Vierge, Marie Madeleine, les deux Saintes Marie, Gamaliel et Nicodème.

 

Le trésor et les fonts baptismaux.

Le trésor est un ensemble d'objets cultuels : reliquaires, ostensoirs, ciboires ou patènes

d'une rare qualité de réalisation et de conservation.

 

 

La crypte se présente sous la forme d'un petit sanctuaire à trois nefs

et à quatre travées voûtées d'arêtes, qui se termine en hémicycle.

 

Les nombreux chapiteaux sont recouverts de motifs végétaux et ornementaux,

de formes fantastiques.

 

 

Deux tombeaux occupent la nef centrale :

le gisant de Saint Gurloës, saint guérisseur breton

prié pour la guérison des rhumatismes,

et le tombeau de l'abbé de Lespervez, primitivement inhumé

dans le choeur de la chapelle Notre-Dame, et transféré ici au XVII° siècle.

 

 

Abside nord, la chapelle restituée par l'architecte Bigot.

Les autels latéraux ont été posés en 1872.

 

Statues : Saint Joseph, XVIII° - Père éternel, XVII° - Notre-Dame de vérité, XVIII°

 Saint évêque - Christ aux liens, du XVII° siècle.

 

Les confessionnaux achetés en 1885.

 

 

Abside sud, avec les statues des XVI°, XVII° et XVIII° siècles : Vierge à l'enfant,

Sainte Marguerite, Notre-Dame des fleurs, Notre-Dame de Bonne Nouvelle,

Saint Jacques, Saint Roch.

 

Le retable, de pierre de Taillebourg,  réalisé en 1541,

illustre le thème de l'église enseignante,

le Christ figurant au milieu. Riche décoration avec une profusion de pilastres,

de cartouches, de niches, de dais, de statues. Les personnages de l'Ancien

et du Nouveau Testament se mêlent aux Saints et à des héros.

 

Le tableau "Adoration des Bergers" de Bizien,

très influencé par la peinture italienne, date de 1635.

 

Le choeur surélevé de l'abbatiale.

 

A l’étage, est situé le chœur des moines aux arcatures basses, éclairé par onze fenêtres

largement ébrasées à colonnettes, volutes rosaces et entrelacs, feuilles enroulées,

oiseaux adossés et quelques animaux et de rares figures humaines.

 

Statues de Saint Gunthiern et Saint Gurldes.

Chaire à prêcher du XVII° siècle,

comprenant 4 panneaux représentant les évangélistes.

La décoration végétale est agrémentée d'angelots, d'ornements liturgiques.

Le dais, soutenu par deux anges, porte une colombe.

 

La coupole centrale s'élève à 19 m au-dessus du sol.

Elle est soutenue par 4 piliers d'une dizaine de mètres, sur lesquels sont plaquées

15 colonnettes. Les colonnes supportant la rotonde extérieure mesurent plus de 12 m.

Le chevet, percé de 11 fenêtres en plein cintre

est surélevé à cause de la présence de la crypte.

 

Le Christ habillé, statue de bois haute de 1,40 m, influencée par la Renaissance.

 

Le maître autel du XIX° siècle, de style néo-roman.

 

Le choeur des moines : la partie haute d'un précieux reliquaire élevé au-dessus

du tombeau du fondateur, centre isolé de l'abbaye médiévale, ce chef d'oeuvre

surprend tant par la qualité de son élaboration que par son état de conservation.

 

 

La largeur des 22 arcades du registre inférieur de son mur extérieur se réduit

vers l'abside pour donner l'impression d'une plus grande profondeur.

Ses 49 chapiteaux sont authentiques et présentent une majorité de motifs végétaux

et ornementaux, à l'exception de quelques figures humaines.

 

Les bâtiments conventuels.

 

Vue sur les bâtiments conventuels du XVII° siècle de l'abbaye Sainte Croix,

depuis les bords de l'Ellé.

 

 

Il ne reste plus de l’abbatiale fondée en l’honneur de la Sainte-Croix, que les bâtiments

monastiques refaits au XVII° siècle, servant de locaux administratifs.

 

Le cloître avant 1920.

Les bâtiments conventuels et le cloître sont aujourd’hui occupés par la gendarmerie.

 

L'ancien pigeonnier de l'abbaye avant 1910.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.sprev.org/
Dépliant 4 pages "Abbaye Ste Croix, O.T. Quimperlé

Dépliants 8 volets "Eglise abbatiale", Association

des Amis de l'Abbaye Sainte Croix, 2012

"Le Trésor de Sainte Croix", dépliant de 8 pages

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 19 avril 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville