35 - VITRE

(Arrondissement de Fougères-Vitré  - Canton de Vitré)

 
 

Château des Rochers-Sévigné

 

 

Madame de Sévigné découvre le château des Rochers, résidence bretonne de son époux, Henri de Sévigné,

quelques jours après son mariage, en août 1644.

Tombée sous le charme de cette propriété, elle y fera seize séjours et y écrira près du quart de son œuvre.

 

"Je vous trouve fort heureuse, ma chère cousine, d'être dans une agréable maison,

à la campagne... Vous ne seriez pas si bien à Paris". 

(Bussy-Rabutin à Madame de Sévigné, 22 juin 1690).

 

Façade côté jardin

 

La tour et la construction jouxtant cette dernière, ont été construites au XV° siècle.

Le bâtiment de droite, un peu plus bas date du XVIII° siècle.

 

La chapelle, et en arrière plan, l'orangerie sont édifiées au XVIII° siècle.

La tour du château.

 

Façade côté cour d'honneur

 

Le château des Rochers est passé par mariage des mains de la famille Mathefelon à celles des Sévigné au XV° siècle.

Le château s'élève sur le rebord d'un plateau dominant,

au sud, une vallée où un étang alimente un moulin.

 

Le château présente un style gothique, avec un plan dessinant deux ailes en équerre.

Une tourelle polygonale abrite un escalier à l'angle.

La tour circulaire donnant à l'arrière du jardin, est plus ancienne.

 

La chapelle, construite par Mme de Sévigné en 1671.

 

Bâtie pour son parent l'abbé Christophe de Coulanges qu'elle baptise le "Bien-Bon".

Il lui tient compagnie et partage ses conversations.

 

De forme octogonale, inspirée des édifices religieux de la Renaissance italienne,

la chapelle est coiffée d'une toiture à l'impériale en forme de carène à lanternon.

Les murs sont en moellons enduits de mortier de chaux

et couronnés d'une fine corniche de tuffeau à modillons.

 

Le décor intérieur du XVII° siècle de la chapelle ayant disparu,

le décor de 1884 le remplace et est en cours de restauration.

 

La coupole de la chapelle et de grandes fenêtres aux vitres claires illuminent l'intérieur.

 

Les communs

 

L'orangerie, les écuries, bâties au XVIII° siècle.

 

Les jardins

 

L'ancien potager et vue sur les jardins.

Le jardin a été restitué en 1980, avec ses parterres à l'anglaise,

en reprenant le plan ancien et l'esprit de l'époque.

 

L'ancienne orangerie, transformée aujourd'hui en salle d'exposition, et accueil du site.

Les portes de fer, toutes placées en demi-lune, permettent l'accès aux allées du parc.

 

Dessiné en s'inspirant des modèles du célèbre jardinier Le Nôtre,

le jardin présente des parterres à l'anglaises : grand tapis de gazon...

coupés et entourés d'une plate bande de fleurs.

 

La tour Mathefelon du XV° siècle.

 

 

Au rez-de-chaussée de la tour, une salle au décor de la fin du XIX° siècle

(Fermée pour restauration lors de ma visite).

 

A l'étage, l'ancienne chambre de Mme de Sévigné.

Photo de droite, portrait en pied, signé d'une main inconnue, la représente à l'époque de son mariage, en 1644.

Cadre ovale, Charles, son fils, et au centre sa fille, Mme de Grignan.

 

Portraits de Mme de Sévigné et de Mme de Grignan, sa fille,

(Par Louis Edouard Rioult, huile sur toile, 1839).

 

Lors de ses séjours aux Rochers, pour se reposer de la vie parisienne et de ses dépenses,

Madame de Sévigné aime se promener dans le jardin alors en création

et méditer dans la vallée ou autour de l'étang.

Elle écrit longuement à sa fille, la comtesse de Grignan, partie vivre dans la Drôme.

Ses lettres traverseront les siècles en éveillant les mêmes émotions.

 

 

Marie de Rabutin-Chantal (marquise de Sévigné)

(1626-1696)
 

 

La marquise de Sévigné est née le 5 février 1626 à Paris

et morte le 17 avril 1696 au château de Grignan. C'est une épistolière française.

 

Issue de l'union de Marie de Coulanges et de Celse Bénigne de Rabutin, baron de Chantal. Combattant les Anglais, il meurt à l'île de Ré en 1627. Son épouse décède six ans plus tard, le 21 août 1633, laissant sa fille unique de 7 ans orpheline. Marie de Rabutin passe sous la tutelle de ses grands-parents maternels, puis, à partir de 1636, sous celle de son oncle, Philippe II de Coulanges. Elle reçoit une éducation soignée et est initiée à l'art de la conversation par sa tante, Mme Lefebre d'Ormesson.



La marquise de Sévigné, peinte par Claude Lefèbvre

 

En 1644 elle épouse le marquis Henri de Sévigné (1623-1651) et devient veuve à vingt-cinq ans en 1651, quand son époux est tué lors d’un duel contre François Amanieu, seigneur d'Ambleville, chevalier d'Albret, pour les beaux yeux de Mme de Gondran, sa maîtresse.

Son époux est inhumé dans l'église du couvent des Filles de la Visitation Sainte-Marie, rue Saint-Antoine à Paris, de nos jours Temple du Marais. Elle en a un fils, Charles (12 mars 1648 au château des Rochers - 26 mars 1713 à Paris), baron de Sévigné, dit le marquis de Sévigné, et une fille, Françoise de Sévigné (10 octobre 1646 - 13 août 1705). Charles de Sévigné épousa Jeanne Marguerite de Mauron, mais le couple resta sans postérité. Elle a pour cousin germain le chansonnier Philippe-Emmanuel Coulanges, époux de Marie-Angélique de Coulanges, également épistolière de renom. Sa grand-mère paternelle Jeanne de Chantal est fondatrice de l’ordre de la Visitation.

La correspondance de Mme de Sévigné avec sa fille, Françoise-Marguerite de Sévigné, comtesse de Grignan, s’effectua à peu près pendant vingt-cinq ans au rythme de deux ou trois lettres par semaine. Les lettres de Mme de Sévigné firent d’abord l’objet d’une première édition clandestine en 1725, comprenant 28 lettres ou extraits de lettres.

Cette première édition fut suivie de deux autres, en 1726. Pauline de Grignan, marquise de Simiane, petite-fille de l’intéressée, décida alors de proposer une publication de la correspondance de sa grand-mère. Elle confie ce soin à un éditeur d’Aix-en-Provence, Denis-Marius Perrin, qui publie 614 lettres en 1734-1737, puis 1772 en 1754. Les lettres ont été remaniées et sélectionnées suivant les instructions de Mme de Simiane : toutes celles touchant de trop près à la famille, ou celles dont le niveau littéraire paraissait médiocre, furent supprimées. Les lettres restantes ont souvent fait l’objet de réécritures pour suivre le goût du jour.

Le statut de la lettre au XVII° siècle est tout à fait particulier. Si notre classification moderne de « genre épistolaire » n’existait pas, il y avait en revanche toute une série de manuels qui cherchaient à codifier la lettre : le début, la longueur, les compliments, la formule finale, donnaient à la lettre finalement bien peu de liberté. Cela n’était pas du goût des lettrés aristocrates et mondains, qui vont au contraire détourner ces règles épistolaires et les accommoder à leurs ambitions littéraires dans le cadre des valeurs mondaines de la négligence et du divertissement.

Mme de Sévigné se pliait aux conventions de la lettre lorsqu’elle écrivait à des personnes qui lui étaient supérieures en rang ou lorsqu’elle rappelait – à sa fille notamment – de ne pas oublier d’écrire à des moments particuliers de la vie comme une naissance, un mariage ou un décès. Mais si Mme de Sévigné respecte ces règles de sociabilité, elle avoue que « c’est une chose plaisante à observer que le plaisir qu’on prend à parler, quoique de loin, à une personne que l’on aime, et l’étrange pesanteur qu’on trouve à écrire aux autres ». Car c’est surtout dans les lettres à sa fille, une fois libérée des carcans des règles, que Mme de Sévigné peut déployer tout le talent de "sa" plume qui va comme une étourdie ». Mais si le but premier de la lettre était de communiquer avec un absent, elle remplaçait bien souvent la conversation et devenait un moyen d’apprécier des qualités littéraires.

 
 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_de_Rabutin-Chantal

Dépliant 3 volets "Laissez-vous conter Mme de Sévigné", O.T. Vitré

Dépliant 3 volets "Les musées de Vitré", O.T. Vitré

Visite guidée "Château des Rochers" avec O.T. de Vitré, le 1 juin 2014

Photos Chantal Guyon, 1 juin 2014 2014

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire

 

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