REDON (Ille-et-Vilaine)
Arrondissement de Redon - Canton de Redon.
Région Bretagne.
 Population : 8.921 Redonnais en 2014.

 

D'une superficie de 1.509 hectares et d'une altitude de 0 à 73 mètres,

la ville est traversée par le fleuve la Vilaine et la rivière l'Oust.

 

Etymologie : L'étymologie de Redon reste obscure et discutée.
▪ Albert Dauzat et Charles Rostaing proposent une évolution phonétique à partir du latin rotondus « rond » (comprendre le gallo-roman ROTONDU) et qui a donné le mot français rond.
▪ Hervé Abalain reprend une autre hypothèse formulée anciennement à partir du breton [rodo] « gué », « tire son nom de sa situation sur un gué de l'Oust ».

 

 

La ville, son patrimoine et ses voies navigables

 

 

Vues aériennes avant 1970 : la ville, la Vilaine et le canal de Brest à Nantes.

 

Les remparts.

 

L'abbé Jean de Tréal fit édifier les remparts en 1350.

La ville close s'étendait sur 9 hectares, entourée par 960 mètres de murailles.

 

Statue de Nominoë, premier roi de Bretagne, fondateur de la ville de Redon

avec Saint Convoyon (832-834), vainqueur des Francs à Ballon en 845.

 

L'hôtel de ville.

 

L'hôtel de ville et la tour gothique de l'ancienne abbatiale Saint Sauveur.

 

L'ancienne mairie était aménagée dans un hôtel abbatial, aussi appelé "maison de la Béguine". Ce nom fait référence à Ermenengarde, femme d'Alain IV dit «Fergent» ou «le Juste», duc de Bretagne, qui s'est retiré à l'abbaye de Redon après son retour de la première croisade. Après la mort de son mari, Ermenengarde mène la vie d'une moniale durant de longues années. Entre étude et prière, elle entretient une correspondance abondante avec les grands de l'Église.

 

Cet édifice est acheté par la ville en 1765 et reconstruit en 1903,

en style néo-gothique par l'architecte nantais Francis Le Ray.

 

L'architecte Le Ray avait été contacté dès 1895 pour construire le nouvel hôtel de ville. Sa masse imposante masque l'abbatiale. Les délibérations du conseil témoignent d'une réelle volonté de grandeur plutôt que d'un vœu anticlérical des conseillers radicaux de 1895.

 

Le monument aux morts.

 

Du sculpteur Éric de Nussy, ce monument n'est pas sans rappeler certains monuments anti militaristes picards ou berrichons. Cette femme aux bras tendus exprime toute la douleur de la perte de ses enfants, et elle évoque particulièrement la Picardie maudissant la guerre de Perrone.

 

Les maisons à pans de bois et le centre historique.

 

 

La Grande Rue, aujourd'hui piétonne était au XIX° siècle le principal axe de circulation

et le siège d'une activité commerciale et artisanale importante.

 

Maisons à pans de bois des XVI°, XVII° et XVIII° siècles.

 

Au XIX° siècle cohabitait dans cette rue une population très hétéroclite : notaires, avocats, médecins, aubergistes, débitants de boissons, boulangers, bouchers, marchands de draps et de toiles...  sans oublier les commis et les domestiques.

 

Château du Mail.

 

 

C'est François Menand, un riche marchand dans le négoce maritime qui fait édifier

le château sur les quais Duguay-Trouin.

 

Au lieu de s'élever dans la hauteur sur une parcelle étroite, il présente un développement en largeur, perpendiculairement à la Vilaine. Les magasins et les bureaux nécessaires aux activités maritimes et commerciales comprenaient également une large cale au-devant de l'aile basse à l'est. Il a appartenu à l'industriel Garnier, avant d'être acheté par la municipalité. Il a été restauré en 1988.

 

La tour Richelieu.

 

Le château  du Mail et à droite, la tour Richelieu.

 

Hôtel particulier du XVII° siècle.

Son nom lui vient de l'époque où le cardinal de Richelieu est abbé commendataire à Redon.

 

L'hôtel Carmoy.

 

Cet hôtel a été construit pour René Chaillou, sieur de l'Etang,

mais il porte le nom de ses premiers propriétaires, Michel de Carmoy.

De style Louis XIII, il se distingue par sa maçonnerie en grand appareil à points ouverts

et par la trompe au-dessus de l'entrée.

De nos jours, l'intérieur de l'hôtel est divisé en plusieurs appartements.

 

Les greniers à sel.

 

 

Dans ces trois bâtiments du XVII° siècle, on entreposait le précieux sel de Guérande et d'Ambon.

Redon était alors la plaque tournante du commerce du sel pour toute la Haute Bretagne.

 

Le quai Duguay-Trouin.

 

Les très belles demeures d'armateurs des XVII° et XVIII° siècles s'alignent le long du quai.

Les façades sont ornées de tuffeau et de fer forgé au niveau des étages

où sont les appartements, tandis qu'au rez-de-chaussée, les magasins s'ouvrent largement sur le quai.

 

Photo du centre, le tribunal avec sa façade néo-dorique.

 

Sur les bords de la Vilaine.

 

Le moulin de Pornihan.

Propriété des moines, le moulin à rivière et à marée se situait

sur la Vilaine, au pied de l'abbaye.

 

Les moines de Saint Sauveur ont la propriété de plusieurs moulins à vent sur les hauteurs aux abords de la ville. Ils possèdent également le moulin dit de Pornihan établi sur la Vilaine. Ce moulin remontait bien en amont et apportait ainsi de l'eau à son bief. Comme les autres biens de l'abbaye, les moulins sont vendus comme biens nationaux pendant la Révolution. Menaçant ruine, le moulin à marée est détruit en 1865.

 

L'ancien port.

 

Gravure du quai Saint-Jacques au XVIII° siècle. (Musée de la Batellerie, Redon).

 

Redon a vu passer de nombreux pèlerins en route vers Saint Jacques de Compostelle. Les plus démunis franchissement le pont de la Mée, en Saint Nicolas, et poursuivent leur chemin. Les pèlerins les plus aisés prennent le bateau à Redon. Le navire rejoint l'océan, et dépose les pèlerins à l'embouchure de la Gironde.

 

Le long du quai s'alignent les superbes maisons d'armateurs et négociants.

L'activité y est importante mais décroit au XVIII° siècle en raison d'un envasement

continu de la Vilaine, malgré des investissements conséquents.

 

Le long des quais, vestiges de l'ancienne usine de machines agricoles Garnier.

 

L'usine a été fondée en 1863. Un incendie détruisit l'ensemble des installations en 1881. Les bâtiments industriels sont reconstruits sur les anciens jardins à la française du château du Mail, qui avait été acheté par le fondateur. Après la Seconde guerre mondiale, ils occupent une surface équivalente au quartier du port lui-même. Fermées en 1974, les usines ont employé jusqu'à un millier d'ouvriers.

 

Marquant l'entrée du port, la croix des marins est un lieu de promenade,

offrant une vue imprenable sur le marais.

 

Il y a des millions d'années, Redon était au bord de la mer, qui peu à peu à laisser la place à la terre. Les marais deviennent des habitats pour de nombreuses espèces animales. Chaque marée soulignait les dangers de la Vilaine et des marais qui s'enlacent. Aujourd'hui, les marais de Redon se situent à la confluence de la Vilaine et de l'Oust. Ils s'étendent sur 10.965 hectares autour de Redon jusqu'à l'estuaire de la Vilaine.

 

Les bords du bassin à flot.

 

Fréquentée de tous temps par l'homme, la Vilaine, prit encore plus d'importance au XVI° siècle avec la décision de François 1er de la faire canaliser entre Redon et Rennes. Cette décision donna une nouvelle impulsion à l'activité portuaire transformant de ce fait le port de Redon en véritable port de Rennes, les bateaux sont alors chargés de vin, de sel, de poissons, mais aussi de fer d'Espagne, de charbon, de matériaux de construction... Et on exporte le cidre, les ardoises, le seigle et le bois...

 

Musée de la batellerie.

Ce musée retrace la vie des mariniers et le riche passé fluvio-maritime de Redon.


Au XIX° siècle, la canalisation de la Bretagne transforme Redon en véritable carrefour des voies navigables de l'Ouest et le port est alors rythmé par la navigation de labeur, les mariniers, voyageurs aux longs cours animent les quais et transportent leur fret tout au long des canaux. Dans cette profession, bateau, travail et vie familiale ne font qu'un.

 

Les canaux bretons favorisent les échanges des côtes vers les terres grâce aux mariniers

et leurs embarcations, qui sont aujourd'hui relayées par des bateaux de plaisance.

 

Le pont de la ville surplombe le carrefour des voies navigables de l'Oust.

Le canal de Nantes à Brest y croise la Vilaine par une combinaison d'écluses.

 

Le canal de Nantes à Brest prévu pour des raisons stratégiques, permet à la batellerie d'acheminer au coeur de la Bretagne amendements calcaires et engrais, contribuant à la transformation de l'agriculture. Les patrons mariniers acheminent de l'intérieur des terres les produits destinés à l'exportation : blé, seigle, froment, châtaignes, poteaux de mines...

 

L'écluse d'Oust est une écluse à marée comportant un double système de portes

en raison des différences de hauteur d'eau entre la Vilaine et le canal.

 

Redon, carrefour des voies navigables.

 

La jonction de la liaison Manche-Océan, par le canal d'Ille-et-Rance et la Vilaine,

avec le canal de Nantes à Brest, fait de Redon le carrefour des voies navigables de Bretagne.

 

▪ En 1783, les Etats de Bretagne adoptent un projet de navigation intérieure présentée par Pierre Marie de Rosnyvinen, comte de Piré. En 1784-85 sont lancés les premiers travaux d'aménagement du cours de la Vilaine en amont de Redon, bientôt interrompus par la Révolution.

▪ En 1803, pour des raisons stratégiques, Napoléon relance le projet d'un canal reliant entre eux les arsenaux bretons qui sont Indret, Lorient et Brest. Les travaux débutent en 1814. Interrompu à la chute de l'Empire, le projet est repris en 1820. En 1842, le canal de Nantes à Brest est ouvert à la navigation.

 

Cette voie navigable de 360 km, réalisée au prix de grandes souffrances et de nombreuses vies humaines, a nécessité la construction de 236 écluses. En 1854, les deux dérivations de l'Isac et de l'Oust sont mises en service pour éviter aux chalands de remonter la Vilaine depuis Bellions ou Goule d'eau.

 

Les bateaux du canal, en bois ou en métal, sont conçus en fonction des dimensions des écluses, et peuvent transporter 110 à 150 tonnes de marchandises. Pour tirer une telle charge, il faut un seul cheval (ou un seul homme). Comparé à la route, la voie d'eau est alors le moyen de transport le plus économique. En 1930, apparaît et se développe la motorisation qui permet une navigation trois fois plus rapide.

 

Si la période faste de la batellerie se situe entre 1880 et 1914, son déclin s'amorce après la Première Guerre mondiale et s'amplifie après la Seconde. Le nombre considérable d'écluses ralentit la navigation, leur gabarit est insuffisant, la concurrence du rail et de la route est sévère. Le sable dont la demande est grande pendant la période de reconstruction qui suit la guerre 39-45, sera le dernier fret de la batellerie. Le dernier automoteur s'arrête en 1977, et le tourisme fluvial se développe.

 

Le monastère des Calvairiennes.

 

Les bénédictines du Calvaire étaient un ordre féminin du XVII° siècle.

 

Vue extérieure de l'ancien monastère, et l'école Saint Michel.

 

L'ancien couvent s'ordonne en quadrilatère autour du cloître qui jouxte le mur sud de la chapelle.

 

Ce couvent des Calvairiennes, aujourd’hui désaffecté, a été fondé en 1635. Les Calvairiennes s’installent dans le monastère en cours d’achèvement en 1637, sous la houlette de la mère Vérane de Saint-Joseph dite « Couplier ». Entrée six ans auparavant dans l’ordre, elle s’est distinguée par ses mérites, qui l’ont rapidement fait désigner comme fondatrice du nouveau monastère.

 

Les bâtiments conventuels ont connu de nombreuses affectations successives. Ils sont en effet aménagés en prison sous la Révolution, puis en école, en maison pour les retraites spirituelles, et en hôpital auxiliaire pendant la Première Guerre mondiale. Les Dames de la Retraite remplacent les calvairiennes en 1820. Le siège de la Clarté, qui dépend de l'Association des paralysés de France, y est désormais établi.

 

 

 

La chapelle comporte trois absidioles à pan coupé au flanc nord. L'une d'elles abrite la chapelle Notre-Dame, et une deuxième la chapelle du Sacré-Cœur, munie d'un hagioscope, c'est-à-dire un regard biais ménagé dans le mur afin de faciliter aux moniales l'adoration du saint sacrement présenté devant le tabernacle du grand retable. La troisième absidiole est occupée par une sacristie, située perpendiculairement au mur du retable et donnant accès à la chapelle de l'Adoration, au chœur public et au chœur des moniales.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.redon.fr/

Dépliant 3 volets "Redon, Bretagne sud", Maison du tourisme, Redon

Panneaux explicatifs répartis à travers la ville

"Patrimoine des communes de l'Ille-et-Vilaine, Editions Flohic, Tome 2, 2000

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 21 février 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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