ARGY (Indre)
Arrondissement de Châteauroux - Canton de Buzançais
Région Centre Val de Loire.
 625 Argyciens en 2013.

 

D'une altitude de 106 à 182 mètres, et d'une superficie de 3.889 hectares,

le village est arrosé par la rivière Cité, longue de 13,8 km,

et est situé dans la région naturelle de la Champagne Berrichonne, à l'ouest du département.

 

Avant 1970, vues aériennes et l'église Saint Martin.

 

 

Château Renaissance d'Argy

 

 

Le domaine du Château d’Argy propose une vue historique et architecturale

d’un site militaire de plaine au Moyen Age jusqu’à l’aménagement d’une demeure bourgeoise au XIX° siècle.

 

Vue aérienne avant 1960.

 

La construction forme un quadrilatère compris entre quatre tours inégales, et était entourée de douves aujourd'hui comblées. La tour ouest, ou donjon, est munie de mâchicoulis. Un ancien pont-levis, muré, formait l'accès principal de la grande cour.

 

Les grilles et la cour d'honneur.

 

Un parc a été recréé en 1976 sous forme d'un parc à l'anglaise, un jardin naturel dont les allées serpentent entre ruisseau et bassins, site protégé où la végétation abrite en particulier de nombreux oiseaux migrateurs et nicheurs. On peut y trouver des animaux de basse-cour ou des animaux sauvages de nos campagnes.

 

Le corps de logis, côté cour d'honneur, du XIX° siècle.

L'ancienne fontaine est transformée aujourd'hui en massif de fleurs.

 

Les premiers seigneurs d'Argy apparaissent lors de l'établissement de bâtiments religieux dès le XI° siècle. Ils dépendent alors du seigneur de Buzançais, distant de quelques kilomètres. Un cadet de la famille de Brillac, originaire du Poitou, épouse au XIII° siècle l'héritière de la seigneurie d'Argy.

 

Avant 1970, la tour carrée, la galerie Renaissance et le corps de logis.

Corps de logis du XIX° siècle, côté cour intérieure.

 

Le manoir fortifié au XII° siècle, fut remanié au XV° siècle, par Pierre de Brillac, puis au début du XVI° siècle, par Charles de Brillac avant sa mort en Italie, en 1509. Il était chevalier et compagnon d’arme et chambellan de Charles VIII. Le château est donc le reflet des goûts de cette vieille famille au début de la Renaissance française.

 

Au début du XIX° siècle, le domaine d'Argy passa à la famille De Lamotte qui s'occupa aussi avec intérêt du domaine et résida au château. C'est probablement cette famille qui a fait construire l'aile (XIX° siècle) à la place du corps de logis primitif.

 

Intérieur du corps de logis.

 

Le rez-de-chaussée est dévolu aux pièces de service, le 1° étage noble pour les réceptions

et le dernier étage, reçoit les chambres et les salles de bains.

 

 

La cuisine.

 

 

 

 

A l'étage, cette partie présente un intérieur bourgeois du second Empire.

 

La galerie Renaissance.

 

Accolées au donjon, les galeries Renaissance forment un contraste saisissant ! En effet,

le style italien d’une des galeries à double étagement est précurseur des grands châteaux de la Loire.

 

La grosse tour ronde couronnée de mâchicoulis, dite Tour de Brillac, élevée à l'angle nord du quadrilatère,

est également flanquée côté cour d'une tourelle d'escalier polygonale, qui marque l'intersection des deux ailes,

formées à l'ouest d'une double galerie ouverte à la manière d'un cortile italien,

et à l'est d'une galerie ouverte surmonté d'une autre fermée.

 

Entre le donjon et la tour nord se trouve un logis à galeries d'époque Louis XII, richement sculpté.

Au nord-ouest et nord-est, les galeries sont percées d'arcades accoladées à crochets

et fleurons, et voûtées d'arêtes.

 

 

Les arcs en anse de panier soulignant le 1° étage de la galerie, les piliers torsadés la soutenant

et la débauche d'éléments décoratifs sont les signes évidents d'une inspiration italienne.

 

Au premier étage, le front nord-ouest possède également une galerie à jour surmontée d'un plancher

à fines solives moulurées. Plusieurs assises de la tour nord et tous les parements de la cour intérieure

sont ornés de semis composés de monogrammes, d'initiales, de fleurs de lys et d'hermines.

La galerie sud date du XVIII° siècle.

 

Le 1er étage, reliant la grosse tour au corps de logis.

 

La cheminée Renaissance s’orne des initiales des prénoms des membres de la famille de Brillac.

 

La salle d'armes.

 

 

 

La salle à manger de la tour de Brillac du XVI° siècle.

Les intérieurs montrent qu'un certain confort était recherché, notamment dans les
pièces avec cheminées.

 

La tour carrée.

 

Le Donjon de la fin du Moyen Age domine tout le site du haut de ses 35 mètres.

 

Le donjon, la galerie et le logis bâti en 1820.

 

Le donjon d'entrée carrée à quatre niveaux, flanqué côté cour d'une tourelle d'escalier polygonale.

 

La tour carrée et la galerie Renaissance.

 

A l'intérieur de la tour carrée.

 

Porte et escalier d'accès aux salles de la tour carrée.

 

Statue de Vishnu, Dieu indou qui s'incarne afin d'interférer dans le monde de l'homme.

Il représente la préservation, la conservation, la continuité, la permanence et la fidélité.

Il est paré d'un disque et d'une massue.

 

Statue de Sarasvati, déesse indou. Elle possède entre 2 à 4 bras et est particulièrement belle.

Le Veena est son instrument de musique, elle est parée d'un aiguillon,

et d'un collier de perles et de la fleur de lotus. C'est la déesse de la connaissance,

de l'enseignement, des Arts et des Lettres.

 

 

Dans les vitrines, expositions de sabres anciens et divers objets.

 

Dans l'angle de la grosse tour, l'oratoire conserve les vestiges d'un carrelage formé de carreaux émaillés,

reproduisant les armes des châtelains du XV° siècle.

 

Les premiers seigneurs d'Argy nous sont connus par les cartulaires : ceux de l'abbaye du Landais, de Beaugerais et de Villeloin. Au XIII° siècle, les seigneurs d'Argy sont vassaux de ceux de Buzançais, et sont aussi seigneurs de Palluau sur Indre. Cette première lignée s'éteint à la fin du XIII° siècle. La châtellenie d'Argy passe ensuite aux seigneurs de Prunge, puis à la famille de Brillac.

 

C'est cette dernière qui bâtit le château que l'on connait aujourd'hui, dominé par le donjon de base carrée, qui est l'édifice le plus haut de tout le domaine d'Argy. L'ensemble a été construit avec le même matériau qui a servi aux célèbres châteaux de la Loire c'est-à-dire le tuffeau. Datant du XV° siècle, l'édifice, dans sa structure, n'a subi que de très légères modifications au XVIII° siècle.

 

Les anciennes douves et le moulin.

 

 

 

Le moulin du château d'Argy possédait un mécanisme hydroélectrique qui permettait dès le XIX° siècle

de desservir de l'eau courante dans les étages du château grâce à une pompe et de produire de l'électricité.

 

Les vannes et les vestiges de la roue.

 

Les communs.

 

Dans la basse-cour, l'ancienne ferme fortifiée, dont les communs ont été édifiés vers 1630,

abritent aujourd'hui un musée d'arts et de traditions paysannes.

 

Les granges et écuries du XIX° siècle.

 

Vues sur les granges, depuis le moulin.

 

 

Exposition sur le thème des pompiers.

 

Le Columbarium des Archives Nationales, installé dans la grange à porteau.

 

A l'origine, le columbarium était constitué de 13 modules identiques à celui présenté ci-dessous.

Les douze autres ont été entièrement détruits.

Ensemble mobilier monumental en chêne et fonte mesurant 5 m de haut, 13 m de long et 9 m de large.

Il fut construit pour les Archives Nationales Françaises en 1862 sous le règne de Napoléon III.

Ses boiseries forment un ensemble impressionnant de petites niches très profondes

dans lesquelles étaient rangés, non des urnes ni des colombes,

mais des cartes et plans roulés de plus de 2 mètres de long.

 

Menacé de destruction lors de la modernisation des Archives Nationales en 1984,

c'est le C.V.M. (Club du Vieux Manoir) qui le sauve, en le transportant à Argy,

et en le restituant dans la grange à porteau du XIX° siècle.

Il faudra plus d'un an de travail aux bénévoles pour le remonter.

 

Cette ancienne grange à foin, très saine, est idéale pour conserver le columbarium. De plus, les chauves-souris qui vivent dans cette grange préservent ainsi à leur manière le columbarium en mangeant les insectes qui pourraient s'attaquer au bois.

 

Exposition sur les machines de guerre utilisées au Moyen Age.

 

Les écuries.

 

 

Les écuries et les boxes du XVII° siècle. Escalier d'accès aux combles.

 

Le cheval de trait berrichon - L'âne grand noir de Berry.

 

* Le cheval de trait berrichon : Il était réputé pour être le meilleur et possédait une morphologie différente des autres chevaux : court sur pattes, trapu avec des formes amples. Il pouvait tracter des diligences et des voitures postales. Ce n'est qu'au XIX° siècle que ces chevaux seront employés pour les travaux de traction dans les champs. L'élevage était effectué par les paysans qui se partageaient la production. Certains s'occupaient des naissances et les autres de l'élevage. Il fut ensuite croisé avec le cheval percheron, ce qui, en plus de la modernisation, participa à la disparition de la race.

 

* L'âne grand noir de Berry : d'origine incertaine il a cependant son berceau dans la région du Berry. Moins coûteux qu'un boeuf pour les paysans, il était apprécié pour ses qualités : grand, fort, docile mais toujours vif. Il était utilisé pour les travaux des champs, des vignes et la traction des péniches sur le canal du Berry. Aujourd'hui, il est reconverti dans le tourisme et les loisirs.

 

La sellerie.

 

La sellerie contenait tous les attelages qui étaient nécessaires

aux chevaux et au bétail pour les travaux des champs.

 

A l'époque, on trouvait beaucoup de chevaux de trait berrichons disparus en raison des croisements.

Les chevaux et les ânes servaient au travail des champs et des vignes.

La fonction agricole en ces lieux perdurera jusqu'en 1975.

 

Entourant le château, les communs du XVII° et XIX° siècles montrent l’importance de l’agriculture

depuis la nuit des temps. Aujourd’hui transformés en gîte de groupe

et en salle de réception, ces espaces vivent au rythme des moments conviviaux.

 

Le meuble de pharmacie du XIX° siècle.

 

 

 

Officine de pharmacie du XIX° siècle, réalisée par le menuisier ébéniste alsacien Auguste Haensler.

 

L'officine est un don de la famille d'Yvonne et de Pierre Rapeaud, industriels dans la verrerie, le flaconnage et la poterie pharmaceutique. Son état de conservation en fait un témoignage rare des pharmacies de cette époque. Elle a pu être remontée grâce au concours de bénévoles de l'association du Club du Vieux Manoir.

 

Entrée de la ferme et le grand abreuvoir.

 

Vue aérienne avant 1970 sur les communs du XVI° siècle.

 

 

Les murs extérieurs, les tours et les nombreuses archères nous rappellent

l'architecture militaire de plaine au Moyen Age.

 

A l'origine, l'entrée dans la cour se faisait par cette porte charretière.

 

Le château, les communs du XVII° et le parc de 40 hectares composent un patrimoine dont l'unité a été reconstituée par le Club du Vieux Manoir depuis 1966, puis agrandi du Columbarium des Archives Nationales de 1862 (sauvé puis reconstitué intégralement) et d'un musée sur la vie paysanne en Berry au XIX° siècle.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/
http://www.berryprovince.com/
http://www.clubduvieuxmanoir.fr/

"Château d'Argy", dépliant 3 volets, remis à l'accueil

"Château d'Argy", ouvrage collectif, 32 pages, Nelles Editions Latines,

C.P.A. collection privée, en prêt
Visite et photos, Chantal Guyon, 6 juin 2016

 

 

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