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Abbaye Notre-Dame du Voeu

Cherbourg  (Manche) - Ordre des Augustins

 

L'abbaye du Vœu, gravure de 1780 (Photo prise à partir d'un livre A.D. St-Lô)


Erigée sur la croûte du Hommet, l'abbaye du Vœu a été fondée en 1145 par Mathilde, ancienne impératrice du Saint Empire Romain Germanique et petite fille de Guillaume Le Conquérant. Elle accomplissait ainsi un vœu de guérison formulé auprès de la Vierge 80 ans plus tôt par son aïeule, prénommée Mathilde comme elle, en faveur de son époux Guillaume, le futur conquérant de l'Angleterre tombé gravement malade à Cherbourg. Avec son fils Henri II, elle y installe une congrégation de chanoines de l'ordre de Saint-Victor de Paris, qu'elle dote d'importantes prébendes. En 1181, au moment de la consécration de l'abbaye, l'état anglo-normand est à l'apogée de sa puissance. Un peu plus tard, Henri II, ordonne la fusion de l'abbaye du Vœu avec celle de Herm (Jersey)

 

En 1204, la Normandie devient française. L'abbaye jouit à cette époque d'une grande prospérité matérielle.

L'abbé possède le droit de haute justice sur les terres de l'abbaye qui s'étendent sur 77 paroisses,

y compris dans les îles anglo-normandes.

 

Avant d'être détruite en 1944 par un bombardement, l'antique abbaye

était occupée par la caserne Martin des Pallières.

 

Vestiges de l'abbaye en 2008 (à gauche église abbatiale, puis le "château d'Harcourt").

 

En 1450, la ville redevient définitivement française.  Les chanoines se réinstallent dans l'abbaye restaurée grâce à des revenus importants. Les guerres de religion (1562-1598) lui causent d'importants dégâts. En 1582, le régime de commende est institué au profit d'un prince de Matignon et c'est le début de la décadence de l'abbaye. En 1758, le coup de grâce lui est donné : la dernière incursion anglaise décide les autorités à réaliser à Cherbourg un port militaire qui nécessite l'annexion des terrains de l'abbaye. En 1774, la vie régulière est supprimée.

 

Le château d'Harcourt, côté jardin et côté cour

 

Vers 1782, le duc d'Harcourt, gouverneur de Normandie et commandant de Cherbourg  s'installe dans l'hôtel construit dans l'enceinte de l'abbaye, à l'ouest des bâtiments conventuels. Il supervise les travaux de la rade. De 1793 à 1866, les locaux sont utilisés en tant qu'hôpital de la Marine. L'abbaye sert ensuite de magasin pour la Marine, jusqu'au début du XX° siècle.

 

Le réfectoire des moines du XIII° siècle (côté jardin et côté cour).

 

Restauré en 1987, l'ancien réfectoire accueille maintenant des expositions temporaires.

 

Vestiges de l'église abbatiale, XIII° siècle

 

En juin 1944, les troupes allemandes incendient ce qu'il reste des bâtiments.

Il ne subsiste que peu de vestiges de l'ensemble architectural du XVIII° siècle.

 

Le cellier du réfectoire, XII° siècle.

 

La cuisine - chauffoir, XIII° siècle.

 

Chapiteau d'un des piliers de la cuisine, avec tête d'homme.

Trace des colonnes aujourd'hui disparues sur des piliers muraux. Le chauffoir vu de l'extérieur.

 

Entrée de la salle capitulaire.

 

Salle capitulaire, XIII° siècle.

 

Le logis abbatial, reconstruit en 2000. Classement de l'ensemble enregistré en septembre 2002.

 

Cheminée sculptée du logis abbatial, XVI° siècle, installée dans la salle du

Conseil de l'Hôtel de Ville (Photo transmise Service Communication, H. de .V. Cherbourg).

 

Sainte Venice, haut relief en pierre du XV° siècle.

Plate tombe d'un prêtre retrouvé dans la nef de l'église abbatiale,

en terre cuite, fin XIII° siècle Statue d'un évêque.

Divers vestiges et statues de l'abbaye ont été transférés dans l'église du Voeu, XIX° siècle.

Sainte Catherine d'Alexandrie, martyre du IV° s, en pierre fin XIV°-début XV° siècle.

 

Sainte Vénice : toujours représentée dans sa baignoire, implorée pour guérir les troubles des fonctions féminines.

 

Plate tombe : Ces dalles de céramique représentait l'effigie du défunt apparaissant vraisemblablement dans le dernier tiers du XIII° siècle et perdurent jusqu'au milieu du XIV° s. Elles sont fabriquées dans les ateliers du Bessin. Leur présence est attestée sur les cinq départements normands, essentiellement sur les sites d'abbayes. Les plates tombes découvertes appartiennent toutes à la famille Bacon, protectrice des potiers du Molay ou a des familles de leur lignage.  Le marquage des tombes est une pratique très ancienne. Au Moyen Age, les mosaïques ont été utilisée pour cela en France. Les décors évoluent d'une simple emblème de profession à la représentation d'un personnage en pied, mis en scène dans un décor recouvrant tout le monument funéraire.

 

Sainte Catherine d'Alexandrie : elle est souvent représentée avec l'instrument de son supplice, ou encore, en discussion avec des philosophes païens qu'elle confond. Elle est la patronne des philosophes et des jeunes filles dont la beauté commence à se faner.

 

Annexe de l'hôpital de la Marine, construit entre 1793 et 1866.

La petite maison basse a été utilisée lors de l'installation de la caserne dans ces locaux

(au fond, image 3, le logis abbatial.).

 

Sources :

Visite guidée Juillet 2008, avec Office du Tourisme de Cherbourg.

Photos juillet 2008, C.P.A. Chantal Guyon.

Dépliant "Abbaye du Voeu", édité par la ville de Cherbourg-Octeville.

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire

 

50660 - Lingreville