50 - Régneville, les fours à chaux

(Arrondissement de Coutances - Canton de Montmartin-sur-Mer)

 

Les quatre grands fours à chaux du Rey à Regneville-sur-Mer,

sur la côte occidentale de la presqu'île du Cotentin ont été construits au milieu du XIX° siècle,

 

Vues sur les fours à chaux .

 

Au début du siècle, plus de 35 fours à chaux, installés dans le bassin carbonifère de Montmartin-sur-Mer, marquaient encore les paysages du Coutançais. Traditionnellement, la chaux constitue un liant pour la construction, mais, à partir du milieu du 19° s. la chaux a été produite en grandes quantités, surtout pour amender les terres acides. Son utilisation en agriculture a permis de doubler les rendements en céréales.

 

Coupes d’un des fours de Régneville (Musée du Littoral et de la Chaux)

 

Les fours à chaux du Rey, de Régneville-sur-Mer, ont été construits de 1852 à 1854,

sur la base d’un brevet déposé par un ingénieur nantais, M. Simoneau.

 

Un four traditionnel est une construction sur plan circulaire et de volume tronconique souvent aménagée au pied d’une déclivité  pour permettre le chargement dans la partie haute.

Dans la partie centrale, le chaufournier ménage un espace circulaire, la chambre de chauffe, autour de laquelle il empile les moellons calcaires. L’empilement des pierres va se poursuivre jusqu’au sommet.

Le chaufournier allume et entretient le feu au sein de la chambre de chauffe avec des fagots ou des bourrées d’ajoncs. La cuisson dite intermittente et à longues flammes peut durer 7 jours.

 

Les petits escaliers de chaque côté des fours vous mènent aux foyers secondaires.

 

Vers 1855, les fours à chaux de Régneville employaient :

16 chaufourniers - 8 manœuvres - 2 commis

2 employés à la bascule - 1 garde de nuit.

Les 4 fours produisaient 108 tonnes de chaux par jour, soit 22464 tonnes de chaux par an. Les fours ont fonctionné jusqu’aux années 1880. On ignore la raison exacte de l’arrêt de production.

 

Pour obtenir la chaux, on procédait à l'extraction de roches calcaires, affleurant dans le secteur de Montmartin-sur-Mer, puis on les transportait, comme le charbon anglais débarqué dans le port de Régneville, par voitures à cheval, jusqu'aux fours.

 

Gueulards des fours.

 

De cet endroit on peut voir la paroi en pierre réfractaire qui constitue la paroi intérieure de la cuve.

C’est par cette ouverture que l’on chargeait le four. Des couches de calcaires (pierre à chaux) extrait dans la carrière qui se trouvait sur place, et des couches de charbon qui arrivait par bateaux du Pays de Galles dans le port de Régneville, y étaient déversées alternativement. Le four était rechargé au fur et à mesure que la chaux était défournée. On appelle ce type de four : un four permanent.

 

La mer et le port de Régneville.

 

De cet endroit, on aperçoit au fond le port de Régneville, ou plus exactement, la mer, le port actuellement étant ensablé. C’est de là que l’on embarquait la pierre à chaux locale pour la Bretagne et les îles anglo-normandes.

 

Bureau du commis - La bascule - Rail et wagonnet

 

Cette construction abritait les bureaux du commis, qui était chargé de surveiller l’approvisionnement des fours, la fabrication et la vente de la chaux. Les voitures qui venaient chercher la chaux étaient pesées à vides, puis en charge, avant paiement de leur cargaison au commis. Des wagonnées ont été installées pour le transport de la chaux.

 

Les foyers secondaires

 

Nous sommes maintenant environ à mi-hauteur du four, devant les foyers secondaires qui représentaient 4 ouvertures de chaque côté de la cuve. Ceux-ci permettaient :  De fonctionner au bois en brûlant des fagots et des ajoncs, De relancer le tirage en contrôlant le débit de l’air, De décoller, le cas échéant, la masse de chaux adhérant aux parois de la cuve par suite d’un feu trop violent.

 

Sortie du four et réception de la chaux - Four à chaux expérimental

 

Dans le fond de l’ébrasement, vous distinguez 2 ouvertures : c’est par l’ouverture supérieure qu’après quelques jours de chauffe, on défourne la chaux à l’aide de barres métalliques appelées havets ou ringards.

L’orifice inférieur correspond au cendrier, par lequel on extrait la cendrée ou menue chaux, c’est-à-dire, de la chaux en poudre mélangée à de la cendre de charbon. L’étroitesse des ébrasements ne permet pas de charger directement les voitures, la chaux est donc chargée sur des brouettes ou des brancards.

 

Four à chaux expérimental, construit à l’échelle 1/6ème, qui fonctionne aussi bien au bois qu’au charbon.

Lors d’une chauffe en bois, sa capacité est de 800 litres. Pendant la cuisson, la température à l’intérieur de la cuve est proche de 1200°.

 

Sources :

Photos juin 2007, René BULLE et Chantal GUYON.

Sources : guide du visiteur et cartels du musée.

De forges en poteries, Patrimoine industriel de Basse-Normandie, publication du Conseil Régional.

 

Chantony - Patrimoine et Histoire

 

50660 - Lingreville