HAUTVILLERS  (Marne)
Arrondissement d'Épernay - Canton d'Épernay.
Région du Grand Est.
 Population : 738 Altavillois en 2015.

 

D'une superficie de 1.177 hectares, et d'une altitude de 68 à 275 mètres,

le village surplombe les boucles de la rivière la Marne,

et est situé sur le côté Sud de la Montage de Reims.

 

Ce village viticole, fondé en 658, est le berceau du Champagne.

 

 

L'ancienne abbaye bénédictine Saint Pierre

 

 

Saint Nivard, neveu de Dagobert et beau frère de Sainte Berthe, fondatrice de l'abbaye d'Avenay,

établit en 650 des moines à Hautvillers, et les soumit à la règle de Saint Maur.

 

Vues aériennes, avant 1970.

 

Son ami Saint Berchaire devint le premier abbé et l'église fut dédiée à Saint Pierre et aux Saints Apôtres. Le rayonnement artistique et moral de l'abbaye se développa aux temps carolingiens. C'est sous l'abbatiat d'Halduin, 9° abbé selon la liste, qu'arrivèrent en 841, les reliques de Sainte Hélène, mère de l'Empereur Constantin, dérobées à Rome par un certain Teutgise.

 

Le cloître actuellement compris, ainsi que le portail occidental,

dans la propriété de la maison Moët et Chandon, fut rebâti en 1672

 

L'abbaye souffrit par la suite bien des dommages. Très détériorée par les Normands, elle fut reconstruite par Rotmar au X° siècle. Incendiée par les Anglais sous Charles VII, c'est l'abbé Jean Royer qui la restaura de 1507 à 1537. L'église nouvelle fut consacrée en 1518. L'établissement à nouveau endommagé lorsque François 1er, en guerre contre Charles Quint, ravagea les environs d'Epernay, en 1544, et fut dévasté par les Réformés en 1562. L'église put être réédifiée en 1603, grâce à un don de Catherine de Médicis.

 

Le cloître et le clocher, placé au flanc sud de l'édifice, qui avait été détruit en 1664, fut exhaussé d'un étage.

Depuis 1668, l'arrivée de Dom Pérignon avait ouvert pour l'abbaye une ère de prospérité.

 

Les trois entrées de l'abbaye. Au centre, l'entrée réservée aux clients de la célèbre maison de Champagne,

et à droite, porte de l'ancienne entrée principale de l'abbaye.

 

En 1823, l'abbaye est rachetée par Pierre Gabriel Chandon (gendre de Jean-Rémy Moët).

Elle est depuis privée et appartient à la maison Moët et Chandon.

 

 

L'église abbatiale Saint Sindulphe

 

 

En 1790 les religieux quittèrent l'abbaye Saint Pierre, dont l'église devint paroissiale

sous le vocable de Saint Sindulphe en remplacement de celle du village qui tombait en ruine.

 

Saint Sindulphe, est un saint catholique et orthodoxe du VI° siècle, ermite et évangélisateur de la Champagne,  Il s'installe dans la forêt des Ardennes, au nord de Reims pour y vivre en ermite. La tradition indique qu'il donne des enseignements sur l'interprétation des écritures aux personnes des alentours. Il est ordonné prêtre et à sa mort, vers l'an 600, il est enterré dans le village d'Aussonce. Sur sa sépulture il y eut de nombreux miracles et Hincmar fit transférer son corps au village d'Hautvillers.

 

Vues aériennes de l'abbatiale, avant 1970.

L'édifice qui nous est parvenu est en grande partie celui de Dom Pérignon.

 

 

Porte d'entrée actuelle de l'église (l'entrée Ouest étant de nos jours,

incluse dans la propriété privée de la Société Moët et Chandon).

 

 

La nef comporte quatre travées. Elle est couverte d'un plafond profilé en anse de panier datant du XVII° siècle,

et qui remplaça l'ancienne voûte, encore attestée par les colonnettes engagées qui flanquent les piles octogonales, ainsi que par les culées d'arcs-boutants qui subsistent à l'extérieur.

 

Les grandes orgues (40 jeux) et leur tribune, sont du XVII° siècle.

 

Au-dessus des moulures prismatiques des arcades s'ouvrent des fenêtres légèrement ébrasées.

 

Les bandeaux sculptés servant de chapiteaux s'ornent de végétaux profondément creusés

où jouent des griffons, des monstres divers.

 

Série de tableaux des XVII° et XVIII° siècles.

▪ Deux épisodes de la vie de Sainte Hélène, par Simon Boullard (1695),

▪ Deux scènes de la Passion par Jean Langlois (1642-1712),

▪ La guérison d'un paralytique par Saint Pierre, de Claude Charles (1715),

▪ Saint Nivard recevant les plans de l'abbaye d'Hautvillers (XVII° siècle),

▪ Saint Benoît et Sainte Scolastique (XVII° siècle).

 

Retable du XVII° siècle.

Chapelle Sainte Jeanne d'Arc, renfermant des reliquaires, dont celui de Sainte Hélène, et de Nivard de Reims.

 

Les bas-côtés, en l'absence de transept, s'achèvent pas deux chapelles ouvrant sur le choeur

par une large arcade en plein cintre faisant suite à un mur de séparation auquel s'adossent les stalles.

 

Les stalles auraient été exécutées à Signy-l'Abbaye, sous la direction du sculpteur ardennais Cury,

dans un style à la fois équilibré et vigoureux.

 

Les portes sculptées du choeur.

 

 

Le choeur et l'abside à cinq pans, dont les fenêtres gardent encore les restes de leur remplage flamboyant,

sont revêtus d'un riche décor de bois sculpté mis en place en 1780.

 

Chaque stalle dispose d'une miséricorde sculptée et différente.

 

Devant l'autel et dans l'allée centrale, les dalles funéraires en marbre noir :

à gauche, Dom Pérignon (1638-1715), inventeur du traitement du vin de Champagne,

et à droite, l'érudit Dom Ruinart (1657-1709).

 

 

Le grand lustre de 1950 qui devant l'autel est formé de quatre roues de pressoir.

Le maître autel de marbre date de 1691.

 

Dom Pérignon.

 

Dom Pérignon reste, pour les vignerons champenois, le modèle d'une exigence de perfection grâce à qui

"il n'est champagne que la Champagne".

 

Dom Pérignon était un moine bénédictin de l'abbaye Saint Pierre d'Hautvillers. La légende a fait de lui, celui qui fit pour la 1° fois, mousser les vins de Champagne. Né à Sainte Ménéhould dans une famille aisée de 7 enfants, il est admis au collège des Jésuites de Châlons-en-Champagne. Il rentre en 1656 au monastère Ste Anne de Verdun où il prononce ses voeux de moine. Il est ordonné prêtre en 1667.

 

Dom Pérignon découvrant "la mousse",

carte postale d’un tableau d'Armand Guery Þ

 

Dom Pérignon est affecté à l'abbaye d'Hautvillers en 1668, où il reste 47 ans, jusqu'à sa mort en 1715. Il est nommé procureur et cellérier, il est en charge de l'exploitation du vignoble et de la production du vin. Lors de son passage à Hautvillers, il prouve ses talents d'oenologue, remet à flot les finances de l'abbaye et permet de donner au vin et à l'abbaye d'Hautvillers une réputation importante.

 

On lui attribue entre autres l'assemblage de raisins de différents crus, une technique de pressurage permettant d'obtenir du jus blanc à partir de raisins noirs, l'utilisation des bouchons de liège et des bouteilles en verre épais et résistant qui permettent la prise de mousse (2° fermentation).

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.hautvillers.fr/
Dépliant 3 volets "Hauvillers, berceau du Champagne", O.T. Hautvillers

Dépliant 3 volets "Hauvillers, Plan du circuit touristique", O.T. Hautvillers

Dictionnaire des églises de France, "Champagne, Artois, Flandres, Picardie"

Volume Vb, Editions Robert Laffont, 1969

Panneaux explicatifs présentés sur les sites

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 6 septembre 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville