EVRON  (Mayenne)
Arrondissement de Laval - Canton d'Evron.
Région Pays de la Loire.
7.121 Evronnais en 2012.

 

Evron est la capitale des Coëvrons.

La chaîne de collines des Coëvrons, dépendant du Massif armoricain, sépare les régions de Laval et de Mayenne.

Son point culminant, le mont Rochard, entre Évron et Bais, atteint 357 m.

C'est de cette chaîne que Paris tira en partie le porphyre de ses pavés.

 

Etymologie : toponyme celtique (gaulois) composé des éléments eburo «if» ou «sanglier»,

suivi du suffixe -o de localisation ou de -duno «village fortifié» ou plutôt (-ó)-magos « plaine, marché ».

 

Vues sur la ville et l'abbaye avant 1915 et vers 1960.

 

D'une altitude de 82 à 200 mètres, d'une superficie de 3.552 ha,

la ville est traversée par la rivière la Jouanne, longue de 67,8 km,

et traversant 16 communes du département de la Mayenne.

 

Après avoir été occupée par des hommes depuis au moins le V° siècle avant Jésus Christ, Evron n’est devenu ville qu’à partir du VII° siècle après Jésus-Christ. L’espace s’est structuré autour d’une abbaye bénédictine fondée suite à une légende. Grand centre religieux, ce monastère va attirer de nombreux pèlerins qui permettront à la ville de se développer. Petit à petit, marchands et artisans vont s’installer.

 

Un premier monastère fut construit au VII° siècle puis détruit par les Normands. L’abbaye rétablie en 981 fut prestigieuse et sa grandeur attira de nombreux pèlerins. La ville fut envahie par les Anglais en 1418, pillée par les huguenots durant les guerres de religion en 1577. Des fortifications furent construites au XVIII° siècle.

 

 

Basilique Notre-Dame d'Evron

 

 

La basilique présente trois parties distinctes :

la tour et l'église romane édifiées aux XI° et XII° siècles,

l'église gothique du XIV° siècle et la chapelle Notre-Dame de l'Epine du XII° siècle.

 

Les vieilles maisons qui bordent la place de la basilique

ont été bâties sur l'emplacement des murs d'enceintes de la ville.

 

Le chœur, édifié au XIII° siècle, célèbre l'avènement du gothique.

 

Du XI° siècle, la basilique a conservé sa tour carrée évoquant les châteaux forts moyenâgeux,

son étonnante crypte et sa nef puissante et trapue.

L'ensemble de la basilique, construit en pierre blanche (calcaire de Bernay)

et en granit de Montourtier, est soudé à l'ancienne abbaye.

 

La tour romane est la partie la plus ancienne. Elle ressemble plus à un donjon qu'à un clocher.

Elle a conservé ses contreforts d'angle, des mâchicoulis et de nombreux hourds.

Les arcatures à droite de l'entrée sont les restes d'un porche du milieu du XII° siècle.

Le portail lui-même a été refait vers 1515.

 

La nef est des XI°-XII° siècles.

La partie gothique présente une courte nef élevée au XVI° siècle consolidée par des arcs-boutants légers.

 

La nef

 

Au mur nord, une peinture à fresque du XIV° siècle, présentant une Vierge à l'enfant.

 

Bas-relief de la Confession. La nef est dotée de quatre travées.

La partie gothique présente une courte nef élevée au XVI° siècle avec deux travées.

La nef n'a plus qu'un lambris mais elle devait comporter une voûte en berceau.

 

Les grandes orgues de la fin du XVI° siècle conservent un buffet de chêne sculpté style Louis XIII.

 

Le transept.

 

 

Le transept nord.

La voûte du transept s'élève à 23,5 mètres.

Le mur nord possède un bel ensemble de moulures et de sculptures avec trois enfeus à la base.

 

 

La basse nef est aménagée en chapelle baptismale, et le baptistère est en pierre.

Tapisserie de Bruges : le baptême du Christ.

 

Transept sud - Piéta en pierre polychrome du XIV° siècle.

 

Les chapelles rayonnantes.

 

Les sept chapelles rayonnantes qui ouvrent sur le déambulatoire furent édifiées avant 1332.

 

Chapelle Saint Sébastien.

 

Chapelle Saint Martin évêque de Tours - Statue, éducation de la Vierge.

 

Chapelle Saint Joseph.

 

Chapelle dédiée à Saint Etienne.

Sous l'autel se trouve la statue couchée de Saint Marcellin, martyr.

 

 

Cette chapelle fut pendant des siècles celle de Notre-Dame de l'Epine.

Elle contient le gisant de Jean IV de Favières, dernier abbé régulier d'Evron.

Les vitraux datent du XIX° siècle où figurent 4 évêques ayant favorisé la dévotion à Marie.

 

Chapelle du Sacré Coeur.

 

Gisant de Jean IV de Favières.

 

Chapelle Notre-Dame de l'Epine.

 

La chapelle Notre-Dame de l'épine a pu être l'église paroissiale édifiée après les invasions normandes.

Les ornements en forme de semelles de chaussures (influence arabo-byzantine)

ont donné à ce sanctuaire le nom de Saint Crépin, le patron des cordonniers.

 

La chapelle est divisée en quatre travées par des doubleaux.

Sa voûte est en berceau brisé.

 

Entièrement peinte au XII° siècle, elle conserve un peu partout des souvenirs de sa décoration primitive.

 

Colonnes et chapiteaux sculptés.

 

Sur les murs, des tapisseries d'Aubusson du XVII° siècle, deux bas-reliefs en bois du XV° siècle

sur la légende du Pèlerin, deux grands bustes reliquaires en cuivre argenté du XVII° siècle.

 

 

La statue Notre-Dame de l'Epine, de taille humaine, en bois lamé d'argent, qui tient une fleur d'épine,

est la plus précieuse des Vierges en majesté, héritée de l'époque romaine.

 

 

 

En 1236, Notre-Dame de l'Epine reçut un illustre visiteur en la personne de Saint Louis. Séjournant à Evron, ce monarque confirmait, à la demande de Raoul, vicomte de Beaumont, la fondation de la chartreuse du Parc. Le sanctuaire, transformé en grange à dimes en 1614, devint un magasin de dépôt en 1792. Sous la Terreur, la précieuse statue Notre-Dame de l'Epine fut cachée dans le foin que l'on entassait dans les chapelles de l'église d'Evron afin de nourrir les chevaux de la 76° demi-brigade cantonnée dans le pourtour du choeur. L'Etat racheta la chapelle en 1843. Elle put être réaffectée au culte grâce à l'intervention de Prosper Mérimée qui la visita en 1841.

 

Le choeur et le déambulatoire

 

Neuf grandes grilles en fer forgé du XVIII° siècle ferment le choeur.

 

 

Le choeur est éclairé par cinq verrières du XIV° siècle.

 

Maître autel en marbre blanc et bleu turquin du XVIII° siècle.

 

 

 

Les stalles sculptées du XVIII° siècle sont en chêne, ainsi que le trône abbatial.

 

La crypte.

 

 

Le plan de la crypte est en parfaite cohérence avec celui de la basse-nef

du point de vue du rythme des supports.

(La conception générale de cette vaste église de pèlerinage existait à la fin du X° siècle,

ce qui en fait l'un des plus grands édifices romans en France).

 

 

L'ancienne abbaye

 

 

Notre-Dame d'Évron est une très belle abbaye bénédictine du XVIII° siècle,

et abbatiale pour partie romane et pour partie gothique (basilique Notre-Dame de l'Épine).

Elle est édifiée en granit de Montourtier.

 

C’est à la fin du X° siècle, que fut construite une puissante abbaye à l’emplacement d’un ancien monastère bénédictin.

 

Vue aérienne vers 1960 de la basilique et les bâtiments conventuels.

 

Le vieux porche du XVI° siècle qui donne sur la rue, était autrefois fermé par de puissantes portes.

 

 

Son portail est composé de vantaux sculptés, et permet de découvrir la façade intérieure.

 

 

 

La façade intérieure aligne 60 m de longueur en bordure d'une large terrasse

où l'on domine un ensemble de vaste jardins entourés de charmilles.

 

Les jardins.

 

La grotte.

 

 

Au fond des jardins est installée une grotte.

 

La légende du pèlerin

 

Un pèlerin, rapportant de Terre Sainte du "lait de la Vierge" s'arrêta au pays d'Aurion (Evron) vers l'an 630, pour boire à une fontaine (qui existe toujours sous le choeur actuel de la basilique). Désaltéré, il s'endormit après avoir accroché sa besace à la branche d'une aubépine. A son réveil, l'arbuste avait tellement grandi qu'il ne put récupérer son précieux bien. Prévenu, l'évêque Hadouin qui se trouvait dans les parages accourut, vit le prodige et, par la prière, obtint que l'arbre s'inclinât en permettant ainsi au pèlerin de récupérer la besace et la relique qu'elle contenait. Ce pèlerin fit don de ce trésor à Saint Hadouin qui rêvait de fonder un monastère en cette région. L'évêque appela les moines de Diergé, petit village à 500 m à l'est de l'église, et les aida à construire l'église et le monastère qu'il dédia à Notre-Dame de l'Epine.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/
http://www.mayenne-tourisme.com
" Notice historique sur Evron, son abbaye, ses monuments" par l'abbé Gérault

Editions Le Livre d'Histoire, 1989

"Le patrimoine de la Mayenne", Jacques Naveau,

Société d'Archéologie et d'Histoire de la Mayenne, 2013

C.P.A. collection privée, en prêt
Visite et photos Chantal Guyon, 26 juillet 2015

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire

 

50660 - Lingreville