LA ROCHE-BERNARD (Morbihan)
Arrondissement de Vannes - Canton de Muzillac
Région Bretagne
 Population : 660 Rochois en 2014.

 

Etymologie : de l'anthroponyme viking Bjarnhard et du breton Roc'h, « roche »

ou par extension "une forteresse édifiée sur un promontoire rocheux".

Les premières mentions de La Roche-Bernard dans les textes datent du XI° siècle.

 

Le bourg prend forme lorsque Bernard II concède, en 1095, un terrain autour de son château pour construire un burgum. Des marchands s'installent, et le port, peu à peu, se développe. La vocation commerciale du lieu se conforte au XV° siècle avec la construction de halles démolies en 1877, qui accueillent deux marchés par semaine et six foires par an. En 1544, l'agglomération compte 130 feux imposables, dépendants du seigneur et baron de La Roche-Bernard.

 

Vues aériennes sur la ville et le port, avant 1970.

 

Au XVII° siècle, Richelieu y fait construire le célèbre vaisseau La Couronne, considéré comme le prototype des navires de guerre de la flotte royale. La Roche-Bernard, trève de Nivillac, devient communauté de ville en 1666, mais n'obtient le statut de paroisse autonome qu'au Concordat, en 1802. À la Révolution, en mars 1793, La Roche-Bernard, promu chef-lieu de district, est le théâtre d'affrontements entre royalistes et républicains. C'est en l'honneur d'un de ces derniers, assassiné au cours du conflit, que la ville se nomme Roche-Sauveur de 1793 à 1802.

 

 

La ville et son port fluvial

 

 

L'hôtel de ville, dit "Maison du Canon".

Demeure représentant une tradition entre le gothique et l'apparition de la Renaissance en Bretagne.

Les quatre fenêtres centrales sont de style XVIII° siècle. Rampants de pignons décorés de choux.

Cadran solaire installé au début du XX° siècle, en remplacement d'un plus ancien.

Devise latine "C'est moi le soleil : ce qui me gouverne, c'est mon ombre".

 

Faite du pignon décoré d'un petit personnage.

 

Le sieur d'Apuril, seigneur de Lourmois, fait construite l'édifice en 1599. Trésorier des états de Bretagne, protestant convaincu, il reçoit les réformés dès 1558, en son domaine de Lourmois, en Nissillac.

 

Horloge et campanile abritant une cloche du XIX° siècle.

 

En 1793, le futur Hôtel de ville appartenant à Louis Levesque, négociant et officier municipal. Il abrite le général Avril qui était chargé de réprimer la chouannerie dans la région. (C'est lui qui fera brûler le château de La Bretesche). En 1849, Prosper Levesque rachète la maison de ses ancêtres et la donne à la ville.

 

Le vieux quartier.

 

La Place du Bouffay.

 

C'est probablement sur cette place, ou aux alentours immédiats, que s'élevait un bouffay, ou beffroi, élément typique de l'urbanisme médiéval. Elle est, dès le XV° siècle et jusqu'en 1877, occupée par les halles de la ville. Pendant la Révolution, la place est aussi le lieu où l'on guillotina trois contre-révolutionnaires. Une maison, abritant aujourd'hui l'hôtel des Deux Magots, possède sur son pignon des sculptures représentant des singes.

 

Rue de la Quenelle.

 

Cette rue est en fait le prolongement de l'ancienne route de Guérande, la route actuelle

qui contourne le haut du rocher n'étant ouverte qu'en 1847.

 

Avant 1847, il y avait que 2 accès pour se rendre au port et à la Vilaine.

 

Les jours de foires, la foule empruntait cette ruelle très raide. Les larges marches permettaient aux mules des sauniers, et autres animaux de grimper ce raidillon sans trop de difficultés. A l'origine une large rigole centrale facilite l'écoulement des eaux fluviales et ménagères.

 

Cette rue est bordée de hautes maisons avec fenêtres de style Henri IV

taillées dans le tuffeau, et abrite une échoppe ancienne avec son étal. En 1902,

afin de lutter contre le chômage, la municipalité confie la réfection de la chaussée

aux travailleurs rochois privés d'emploi.

 

La maison des Basses Fosses, dite "le château".

 

Cinq niveaux accrochés sur le rocher surplombent l'étier.

Le bâtiment a été construit en deux époques : XVI° et XVII° siècles.

 

Cette imposante demeure en pierre semble devoir son nom à la prison

et à l'auditoire de justice qui lui sont à l'origine accolés.

 

 Connue par ailleurs sous l'appellation de « château », elle accueille, dit-on, de nombreuses personnalités telles qu'Henriette de France, fille d'Henri IV, en 1644. Un remarquable escalier à vis, en bois, dessert les cinq niveaux du bâtiment, qui abrite, depuis 1986, les collections du musée de la Vilaine maritime.

 

La date de 1603 est gravée sur une pièce du grenier, dans la partie la plus récente.

Escalier à vis en bois de chêne avec poteau central du XVII° siècle.

Deux autres escaliers du même type, ainsi que des escaliers à vis en pierre  taillée sont encore conservés dans des maisons du quartier.

 

 

 

 

D'anciens hôtels particuliers d'époque Henri IV  présentent de belles lucarnes en tuffeau à fronton ouvragé. La pierre calcaire, très friable, venant de la Loire, a subi l'usure du temps. Son emploi est significatif de la fortune des propriétaires. D'anciens ateliers d'artisans jalonnent la rue : porte et fenêtre sont accolées sous un même linteau, de bois ou de pierre, et séparées par un unique piédroit.

 

L'hôtel de Coligny, des XVI° et XX° siècles.

 

Façade côté rue.

Cette façade est restaurée en 1960, et ne conserve de son aspect initial que les frontons en coquille.

 

Façade côté jardin.

 

Cette imposante demeure est construite vers 1555 pour le cardinal Odet de Châtillon Coligny, frère du baron de La Roche-Bernard et du célèbre amiral de Coligny. Côté jardin, on remarque une tour, les huisseries ornées de tuffeau, ainsi qu'une porte surmontée d'une frise Renaissance.  Propriété des Cornudet, médecins de La Roche-Bernard, l'hôtel abrite par la suite la communauté des Sœurs du Saint-Esprit.

 

La chapelle Notre-Dame et ruelle située à l'arrière de la chapelle et menant au port.

 

La chapelle est le plus ancien des édifices conservés à La Roche-Bernard. Contemporaine du château des origines, elle est fondée, selon le cartulaire de Redon, en 1063. Les meneaux d'un vitrail gothique, découverts récemment sur un pignon, témoignent des nombreuses phases de restauration qui émaillent l'histoire du monument. Primitivement érigée en chapelle seigneuriale, elle devient successivement, au fil des siècles, premier temple protestant de Bretagne, puis tribunal révolutionnaire et grange à fourrage, jusqu'à sa réaffectation, au début du XIX° siècle.

 

Le vieux port.

 

Les premières mentions directes du port remontent au début du XII° siècle.

Au Moyen Âge, on y fait venir des vins de Bordeaux ou de Nantes, du fer d'Espagne,

de là on exporte du sel et des céréales.

 

Le port et la Vilaine.

 

Au XVIII° siècle, La Roche-Bernard a des liens avec presque tous les pays d'Europe

à vocation maritime, de la Suède au Portugal, grâce à son port.

Des quais sont donc construits à cette époque dans le fond de l'étier

et sur le lieu du passage. Les travaux sont poursuivis au XIX° siècle.

 

  En 1837, construction d'une vanne de chasse pour éviter l'envasement chronique du port, puis de 1839 à 1843, un allongement des quais. Le trafic augmente alors à partir de 1860 et atteint son apogée dans les années 1880 grâce à un échange, pratiqué avec le pays de Galles, de poteaux de mine contre du charbon. L'activité portuaire diminue cependant à partir des années 1920. La Roche-Bernard devient un port de plaisance en 1973 lorsque les premiers pontons sont installés dans l'étier.

 

Les anciens entrepôts transformés de nos jours en théâtre.

 

La prospérité du port influence le paysage urbain. Un trafic de blé, un commerce de vin, de barriques, de sel, de chaux, venant de la Loire par le canal allant de Nantes à Brest et d'autres produits transitant par le port exigent parfois un emmagasinage plus ou moins prolongé. Le commerce du vin, du sel, de la chaux et surtout du blé y est florissant, et se trouve à l'origine de quelques grosses fortunes locales. Le déclin des activités portuaires voit ces installations perdre leur affectation, à l'image de cet entrepôt à blé transformé aujourd'hui en théâtre.

 

Le site du Rocher.

 

Lieu de passage, le port de commerce est très tôt l'objet d'une surveillance active.

 

Les seigneurs de La Roche prélèvent une taxe sur les bateaux et les marchandises, et possèdent aussi le droit de pêche en Vilaine. Le jour de la Saint-Étienne se déroulent alors sur le fleuve des jeux de quintaine, sorte de joutes nautiques où s'affrontent les jeunes mariés de l'année. Jusqu'au début du siècle, les bâtiments situés au pied du rocher logent les douaniers chargés de la surveillance de la Vilaine maritime.

 

Les  différents ponts enjambant la Vilaine.

 

Le premier pont est inauguré à La Roche-Bernard en 1839 et évite ainsi aux voyageurs

la périlleuse traversée en bac de la Vilaine.

 

En 1911, on installe un pont en arc avec tablier métallique qui fonctionne jusqu'à

sa destruction, en août 1944, sous le double effet de la foudre et des explosifs allemands.

 

Une passerelle flottante le remplace de 1948 à 1960,

date à laquelle le pont suspendu est mis en service.

 

Vue sur le pont, avant 1970.

 

Le dernier pont, en arc, inauguré en juin 1996, enjambe le fleuve en amont de la commune.

 

Moulins du XVII° siècles de Marzan.

 

Ces deux moulins sont proches de quelques mètres, et situés de l'autre  côté de la Vilaine,

dans le village de Marzan.

 

Moulin à farine de type tour. Il a été surélevé lors de l'installation de ses ailes Berton. Le moulin petit-pied, à tour à encorbellement. L'autre moulin est attenant à une maison qui servait d'habitation au meunier.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"Patrimoine des communes du Morbihan", Tome II, éditions Flohic, 2000

Panneaux explicatifs présentés lors du circuit pédestre du vieux quartier

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 février 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville