AURAY (Morbihan)
Arrondissement de Lorient - Canton d'Auray.
Région Bretagne.
 Population : 13.397 Alréens en 2014.

 

Etymologie : Auray viendrait, du latin « aula regia » (cours royale).

 

La cité historique.

 

Vue aérienne avant 1970.

 

L'hôtel de ville (1776-1782), a été édifié par l'ingénieur Jean Detaille de Keroyant

et l'entrepreneur Lorho.

 

L'origine d'Auray remonte à la préhistoire, et le pays d'Auray est une des régions

qui possède la plus importante concentration de mégalithes.

 

Deux quartiers voient ainsi le jour. L'un au pied de la forteresse,

rassemblé autour du port et d'une chapelle dédiée au Saint Sauveur.

L'autre derrière le château, concentré autour de la cohue et du prieuré Saint-Gildas.

 

Maisons à pans de bois du XVI° siècle, et la Rue de Fève.

Le mur pignon de cette maison est orné de nombreuses sculptures :

animaux et personnages fantastiques.

 

Les anciennes halles.

 

Les anciennes halles du XVI° siècle, ayant servi jadis aussi d'auditoire de justice

ont été détruites en 1905.

On accédait à la salle de justice par l'escalier en bois situé à l'intérieur de l'édifice.

 

Sous l’Ancien Régime, l’autorisation de construire une halle (droit de Halle) est donnée par un seigneur suzerain à son vassal pour le récompenser de sa loyauté et de son dévouement. Les halles, communes dans toute l’Europe, sont attestées dès le Moyen Âge dans certaines grandes villes (Quimper, 1209) et dans de petites cités (Guipry,1163). Jusqu’à la Révolution, elles font partie des paysages urbains et ordonnancent l’organisation des villes. La vétusté, les problèmes d’hygiène, la fin du régime seigneurial et le développement urbain sont les causes multiples de leur quasi-disparition.

 

Vestiges de l'ancienne forteresse.

 

Le château avant 1920 et en 2017.

Comme de nombreuses villes du littoral breton, Auray s'installe au Moyen Age

au fond d'une ria, sur un promontoire où l'édification d'un château favorise

la protection du territoire et des voies de communication.

 

La forteresse qui, dans un premier temps, se limite à un donjon aurait été remplacée par une construction plus imposante en 1201 à l'initiative d'Arthur 1er, duc de Bretagne. Mais de cette résidence ducale, il reste peu d'éléments. Elle perd de son importance lors du rattachement de la Bretagne à la France en 1532 et, abandonnée, elle est finalement démantelée en 1560.

 

Patrimoine cultuel.

 

Chapelles de la Congrégation et du Saint Esprit.

 

Du XVII° siècle, la chapelle de la Congrégation sert depuis 1793 de prison, puis de tribunal où est jugée une partie des chouans et émigrés ayant débarqué à Quiberon en 1795. Suite à des malfaçons lors de la construction, l'édifice est rebâti à la fin du XIX° siècle, à l'exception de la façade.

 

Chapelle du Saint Esprit.

La Chapelle était une des commanderies les plus importantes de l'ordre du Saint-Esprit.

Les membres de cet ordre se sont consacrés aux pauvres, aux orphelins et aux malades.

 

Le duc de Bretagne, Jean II, couronné à Rennes en 1286, apprécie Auray. Il y aurait fondé une chapelle du Saint-Sépulcre. Elle était située au sud-est du bâtiment actuel. Elle existait encore au XVIII° siècle et abritait un gisant du Christ. Les architectes distinguent deux phases de construction : au XIII° siècle, partie est (le chœur) ; au XIV° siècle, partie ouest (la nef).
Une dernière messe est dite dans la chapelle en 1790, puis elle est utilisée comme caserne militaire. En 1831, elle est acquise par le Ministère de la Guerre qui entreprend des travaux pour loger les soldats. La chapelle est totalement défigurée. Elle ne retrouvera son aspect originel qu’après restauration en 1994. La chapelle du Saint-Esprit accueille chaque année en saison estivale une exposition d’art contemporain.

 

Le port Saint Goustan.

 

Auray est traversée par un petit fleuve côtier, la rivière d'Auray, qui débouche dans le golfe du Morbihan. La ville haute est sur la rive ouest de la rivière d'Auray sur le bord du plateau armoricain profondément entaillé par la rivière. Le port de Saint-Goustan est au fond de la vallée, à l'est de la rivière.

 

Le port de Saint-Goustan est à l'origine de la ville.

Il porte le nom de "Saint-Goustan", patron des marins et des pêcheurs.

Situé sur la rivière d'Auray, au point le plus en amont

que peuvent atteindre les navires de mer avec l'aide de la marée.

 

▪ En 1632, le Commandeur Isaac de Razilly accompagné de Nicolas Denys, Charles de Menou de Charnizay, trois Capucins, cinq Jésuites et 300 Hommes d'Elite partent du Port d'Auray pour rétablir la ville de Port-Royal en Acadie sous les ordres du cardinal de Richelieu, deux autres vaisseaux les accompagnent.
▪ Benjamin Franklin débarque au port de Saint-Goustan le 3 décembre 1776 au début de la guerre d'indépendance des États-Unis pour demander l'aide militaire de la France à Louis XVI.

 

Vue sur le port et le vieux pont médiéval.

Le pont de Saint-Goustan du XV° siècle, édifié vers 1464 à l'emplacement d'un ancien pont

daté de 1295. Le parapet porte la date de 1707. Il a subi de nombreuses réparations.

 

Le port reçoit des navires de haute mer jusqu'au XIX° siècle. C'est aussi un port de cabotage très actif en direction de l'Espagne et de la Grande-Bretagne. Son déclin comme port de commerce commence avec l'arrivée du chemin de fer en 1862. Aujourd'hui, c'est un port de plaisance et une escale du circuit touristique du tour du golfe du Morbihan.

 

Georges Cadoudal.

 

Georges Cadoudal est né au hameau de Kerléano le 1er janvier 1771 dans une famille de paysans aisés. Après avoir rallié dans un premier temps les idées révolutionnaires, il bascule dans le camp de la chouannerie. Il prend la tête de l’Armée Royale et Catholique de Bretagne. Après une tentative de complot contre Napoléon, il est arrêté et guillotiné à Paris en 1804.

 

Le mausolée de Georges Cadoudal.

 

En 1795, après l'échec de l'expédition de Quiberon et la reddition des Émigrés commandés par Sombreuil le 21 juillet, la plupart des prisonniers sont transférés à Auray. Après un jugement sommaire par des commissions militaires où siègent des citoyens de la ville, 750 sont fusillés dans un pré en Brech sur la rive ouest du Loch, appelé depuis le Champ des martyrs, et inhumés sur place. En 1829, leurs ossements sont exhumés et déposés dans le caveau d'une chapelle mémorial à la Chartreuse d'Auray.

 

La bataille d'Auray, 1364.

 

Au nord de la ville, la bataille d'Auray met fin à la guerre de succession de Bretagne qui opposait Jean de Montfort à Charles de Blois pour l'accession au duché.

 

La bataille d'Auray, miniature par Jean Froissart (BnF).
Miniature "La Chanson de Bertrand du Guesclin",

(Cuvelier, British Library, Yates Thompson, 35, f° 90 v°).

 

Au début de 1364, après l'échec des négociations d'Évran, le jeune Jean IV de Bretagne, fils de Jean de Montfort, vient attaquer Auray avec l'aide de l'Anglais John Chandos, aux mains des Franco-Bretons depuis 1342 car cette ville littorale est un enjeu stratégique (château fort construit sur un escarpement, dominant un port abrité et qui dispose d'un pont sur la route de Vannes). Il entre dans Auray et assiège le château que bloquent par mer les navires de Nicolas Bouchart en provenance du Croisic. Les vivres venant à manquer, les assiégés acceptent de rendre la place, si les secours n'arrivent pas avant la Saint-Michel.


Le 27 septembre, tandis que Charles de Blois est à l'abbaye Notre-Dame de Lanvaux, Du Guesclin, qui commande l'avant-garde, se trouve à Brandivy. Le 28, du Guesclin vient s'installer sur la rive gauche du Loc'h, en vue du château. Pour éviter de se trouver entre le château et l'armée française, Jean IV évacue Auray et se place face à l'ennemi, sur le coteau de la rive droite.


Le 29, des tentatives d'accord ont lieu, sans succès et Charles de Blois ordonne l'attaque. Son armée passe la rivière et se range face au sud. Jean IV suit le mouvement et se range face au nord. Selon les chroniques anglaises, sur 3 500 Franco-Bretons, 900 sont tués et 1 500 sont faits prisonniers. Montfort n’aurait à déplorer que 7 morts sur 2 000 hommes. Le corps de Charles de Blois est retrouvé parmi les cadavres.

 

La chapelle Saint-Michel fondée par Jean IV est convertie en 1480 en Chartreuse.

Elle était située à l’emplacement de l’ancien champ de bataille,

sur la commune de Brec’h, au nord d’Auray.

 

Après sa victoire, Jean de Montfort se rend maître du duché. Il est reconnu par le traité de Guérande comme seul duc de Bretagne sous le nom de Jean IV. L’arrivée au pouvoir de la dynastie Montfort est le prélude à une période de reconstruction du pouvoir ducal. En signe de réconciliation, Jean IV fonde l’ordre de l’Hermine et la chapelle Saint-Michel-des-Champs. Mais la guerre civile laisse des traces : deux camps restent constitués, pour lesquels la bataille est soit une victoire, soit une défaite.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.auray.fr/
http://www.infobretagne.com/
http://www.auray-tourisme.com
http://bcd.bzh/becedia/fr/
Dépliant 3 volets "Flaner à Auray", O.T. d'Auray.

Panneaux répartis à travers la ville

"Mag Découverte", 2017, O.T. d'Auray

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 21 avril 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville