LE FAOUËT  (Morbihan)
Arrondissement de Pontivy - Canton de Gourin
Région Bretagne
 Population : 2.819 Faouëtais en 2014.

 

D'une superficie de 3.403 ha et d'une altitude de 53 à 202 mètres,

la ville est traversée par les rivières Inam et Ellé .

 

 

Chapelle Saint Fiacre

 

 

Perdue dans la campagne, la chapelle a été construite entre 1450 et 1480.

C'est l'un des joyau gothique flamboyant breton.

 

La chapelle est bâtie sur un plan en croix latine.

Sa longueur est de 35 m sur près de 25 m de large au niveau du transept,

et 7 m pour le vaisseau principal.

Elle est découpée en trilobes avec un clocher-pignon fréquemment retrouvé en Bretagne.

 

Sur la façade ouest, un très beau clocher monté sur le pignon entouré de deux tourelles,

celle de droite contient l'escalier qui permet d'accéder au clocher,

l'autre n'a qu'un but décoratif.

 

Le porche sud avec voûte de pierres est admirable pour la finesse de sa sculpture

et sa double porte en anse de panier.

 

 

Au chevet de la chapelle, la bannière des Ducs de Bretagne frappée d'hermines

et dressée au-dessus de deux lions. En dessous, un écusson ou centre duquel figure

une hermine choisie comme emblème par les Ducs avec la devise

"Plutôt la mort que la souillure". La bannière ducale et l'hermine manifestent

que la chapelle Saint-Fiacre doit sa magnificence à la protection ducale.

 

Le jubé, côté nef.

 

Le jubé en chêne se compose d'une clôture surmontée d'une tribune

en encorbellement. Entre les deux, une traverse richement décorée.

 

On trouve  des scènes évoquant différents passages de la Bible

complétés par les symboles de la foi.

Le jubé sépare le choeur de la nef. C'est une oeuvre d'une grande valeur esthétique,

un élément majeur du mobilier religieux régional.

 

La crucifixion domine le jubé, le Christ est entouré du bon larron implorant son pardon

(à sa droite), et du mauvais larron au visage grimaçant (à sa gauche).

La vierge Marie et Saint Jean se tiennent au pied de la croix.

La tribune est soutenue par cinq ogives qui se terminent

par des clefs pendantes en forme d'anges volants.

 

A droite, on trouve Adam et Eve - A gauche, l'Annonciation.

Deux anges portent des phylactères, à gauche de la Vierge,

l'inscription située à droite de Saint Jean se rapporte aux trépassés.

 

La poutre supérieure est ornée de scènes de la vie quotidienne et de nombreux anges.

 

La sablière qui domine les six grilles de clôture et la porte centrale est quant à elle décorée de scènes qui évoquent la vie de Saint Martin, la messe de Saint Grégoire et plusieurs épisodes qui s'apparentent au Roman de Renart, monument de la littérature orale du Moyen Age.

 

Le jubé, côté choeur.

 

Le jubé en bois polychrome de style flamboyant a été réalisé de 1480 à 1492

par Olivier Le Loergan.

En reconnaissance de son talent, le sculpteur fut anobli.

La polychromie ne date que du XIX° siècle.

 

Côté choeur, on découvre un univers profane.

Les sept péchés capitaux sont rappelés aux plus fortunés !

De ce côté, les clefs pendantes sont ornées de personnages grotesques

qui semblent avoir les pires difficultés à soutenir l'énorme tribune...

 

 

 

On découvre, de gauche à droite :

 

▪ l'orgueil est personnifié par un lutteur portant triomphalement un mouton et un canard.

▪ Un jeune homme descendant d'un arbre symbolise le vol.

▪ l'ivrognerie est évoquée par un gros personnage vomissant un renard.

▪ un couple représentant la luxure se tient à droite de l'arc central.

▪ les joueurs de biniou et bombarde sont synonymes d'oisiveté.

▪ sur la sablière, un homme en colère menace du poing, et l'envie ou la convoitise se décèle derrière la grimace et les mains crochues du dernier des personnages distinctifs.

 

Certains experts évoquent tout simplement la présence de tableaux du quotidien,

de représentation de la société et de scènes puisées dans l'imaginaire médiéval.

 

La dernière restauration du jubé a été réalisée en 2002 et a permis de dégager

seize anciennes couches de pigments qui attestent que l'oeuvre a toujours été entretenue.

 

La nef.

 

Groupe sculpté du XV° siècle : le martyre de Saint Sébastien.

Taillé dans la pierre, il présente des traces de polychromie.

Statue présumée de Jean V, duc de Bretagne.

 

Statue sans tête représentant sans doute Saint Fiacre

Photo de droite, statue Sainte Apolline, placée dans le bras du transept nord.

Elle est attachée à sa potence et entourée de ses bourreaux.

 

Statue de Saint Elisabeth en bois peint du XVI° siècle.

Très belle piscine gothique.

 

Fragments de sculptures retrouvées.

 

 

 Dans la nef, sablières et sculptures.

 

Les anciennes portes du jubé, réutilisées pour clore un espace réservé

aux bénévoles de l'Association pour la sauvegarde du monument.

(Les restaurations menées au XIX° siècle peuvent paraître excessives à l'exemple

de la dépose en 1864, des portes d'époque Renaissance).

 

Le choeur.

 

Vitraux retraçant la vie de Saint Fiacre, exécuté en 1552.

Les autres vitraux illustrent la vie de Saint Jean Baptiste, la Passion,

l'arbre de Jessé et la Sainte Parenté.

 

Statues, d'un Ecce homo du XVIII° siècle en bois peint,

et de Saint Antoine en granit du XVI° siècle.

 

 

Le retable en pierre illustre le martyre de saint Sébastien.

Les vitraux du choeur et du transept datent des XV° et XVI° siècles.

 

Statues de Saint Fiacre (XVI° siècle) et d'une Vierge à l'enfant, du XV° siècle.

 

La tribune seigneuriale.

 

 

Les sablières et les sculptures supportant l'ensemble de la charpente.

Au fil du temps, elles sont devenues des supports de décorations sculptées

entre la fin du XV° siècle et le XVII° siècle.

 

Les artistes, les menuisiers et les charpentiers travaillaient au sol sur les poutres taillées dans un quart de tronc de chêne, avant de les installer sur les hauteurs. Ils y sculptaient des frises de plusieurs mètres.

 

Si l’être humain y occupe une place modeste, c’est surtout un univers joyeux, peuplé d’animaux familiers, qui y est représenté. Les êtres humains sculptés se livrent en général à des occupations divertissantes : on rit, on mange, on boit, on joue de la musique au XV° siècle. Des images en lien avec les réjouissances paroissiales de l’époque, pour oublier certainement un quotidien rural difficile. Les représentations de scènes de travail sont rares. Quelques scènes agricoles sont visibles. Que leur présence soit décorative, fantaisiste, comique, satirique ou symbolique, l’animal reste le sujet préféré des sculpteurs de sablières. Le Moyen Âge voit l’émergence d’une iconographie satirique : les animaux se comportent comme les humains et singent leurs activités.

 

La fontaine Saint Fiacre.

 

Le four à pain et la fontaine Saint Fiacre.

A proximité, la fontaine Saint-Fiacre se compose de deux bassins reliés par une rigole

en pierre de sept mètres. Son architecture dépasse celle d'une fontaine traditionnelle.

Il s'agit peut-être des restes d'un établissement de soins pour les malades datant du Moyen-Age.
Une légende raconte que son eau guérissait les maladies de peau.

 

▪ Le four à pain : par crainte des incendies, le four est une construction indépendante et est construit en pierre, souvent de forme circulaire. Le boulanger (fournier) cuit le pain à partir de la pâte fournie par les habitants. Le bois consommé, le fournier retire les cendres et les braises avant d'enfourner la pâte à pain pour la cuisson. La cendre sera conservée pour les lessives ou transformée en savon. Les paysans font appel aux services du fournier, 2 ou 4 fois par mois. Au cours de l'Ancien Régime, les seigneurs se réservaient le monopole de la cuisson du pain : ils mettaient à disposition de la population des fours et percevaient en contrepartie une redevance. Ce privilège aboli en 1793, les paysans conservent l'habitude de partager les équipements jusqu'à l'avènement de nos boulangeries.

 

▪ Fontaine Saint Fiacre, située à environ 500 mètres de la chapelle. Plusieurs campagnes de fouilles ont été nécessaires pour découvrir trois bassins en granit. Le 1° de forme carrée est construit sur la source. Un ingénieux système de siphon et conduite en pierre de taille permet la vidange et l'évacuation du trop-plein vers le 2° bassin rectangulaire. Celui-ci est bordé de 3 gradins. Le 3° bassin est plus modeste.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.morbihan.com/

http://www.paysan-breton.fr/

"Le Faouët, invitation à la découverte", brochure de 74 pages

Emmanuelle Yhuel-Bertin, Liv'Editions,

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 14 juin 2017

 

 

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