LE FAOUËT  (Morbihan)
Arrondissement de Pontivy - Canton de Gourin
Région Bretagne
 Population : 2.819 Faouëtais en 2014.

 

 

Chapelle Sainte Barbe,

de style gothique flamboyant du XV° siècle.

 

 

Étape sur un des chemins bretons du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle

et sanctuaire attirant de nombreux fidèles lors du pardon de sainte Barbe,

le site a été aménagé dans le but de faciliter les processions et pèlerinages,

avec son immense esplanade qui fait office de placitre,

l'escalier monumental avec rampe sur balustres et la chapelle.

 

Située au milieu de bois et de terres agricoles et éloignée de la mer distante d'environ

quarante kilomètres, la chapelle Sainte Barbe est encastrée dans une colline le long de l’Ellé.

 

Le tombeau de Claude René Bellanger, né en 1768 et décédé en 1845.

Croix de souvenir d'une mission d'évangélisation, vers 1860.

Avec trois marches en pierres de taille, elle est surmontée

d'un socle monolithe où s'intègre un crucifix sur lequel est fixé le Christ.

 

Le tombeau est situé dans un petit enclos, près du campanile et de la maison du gardien. Sous l'insigne de la Légion d'Honneur une inscription gravée rappelle à la postérité cet officier de la Révolution et de l'Empire qui occupe la fonction de maire du Faouët de 1830 à 1835.

 

 

La maison de garde et le campanile.

Une maison pour la servitude de la chapelle est attestée dès le XVI° siècle.

La maison actuelle date elle, du XVII° siècle.

Elle est occupée depuis 1910 par les gardiens successifs et abrite une taverne.

 

Le campanile où, sous un toit soutenu par des piliers, se balance la cloche des pèlerins.

La cloche actuelle a été bénite en 1809.

Les cloches d'origine ont été déposées au cours de la Révolution,

pour être transformées, soit en monnaie, soit en armes de guerre.

 

H. Queffelec rapporte que le jour du pardon, le dernier dimanche de juin, les pèlerins faisaient sonner une grosse cloche placée encore aujourd'hui dans cette petite construction à toit d'ardoise, tout près de la chapelle. La patronne des artilleurs, protectrice de la foudre et des incendies, aime le bruit.

 

L'oratoire Saint Michel et la chapelle.

Une passerelle de granit rejoint l’oratoire Saint Michel.

 

Ossuaire en contre-bas de l'escalier.

 

On accède à la chapelle par un double escalier monumental, de style Renaissance,

facilitant les processions et pèlerinages.

La passerelle d'accès à l'oratoire repose sur les piles d'une élégante arche.

 

Datant de 1700, l'escalier est constitué d'un système de quatre rampes sur plan cruciforme et orné de balustres de style Louis XIII : une première volée conduit du parvis à un palier d'où divergent, à l'ouest une volée montant vers l'esplanade, à l'est une passerelle donnant accès à l'oratoire Saint-Michel.

 

La chapelle s'élève à 178 mètres d'altitude sur une plateforme à flanc de la falaise

de Roc’h ar marc’h bran (littéralement le « roc du cheval corbeau »,

animaux de la mythologie celtique suggérant sur ce site un culte qui remonte

à une époque préchrétienne, en surplomb du cours torrentueux de la rivière Ellé.

 

La façade occidentale est ouverte par deux portails

composés chacun de deux portes jumelées.

Les contreforts sont amortis par des pinacles inachevés. Aux extrémités du toit,

se voient des épis en forme de tiare surmontée d'une petite croix.

Les clefs sont ornées d'anges sculptés présentant des blasons mutilés.

 

Jean de Toulbodou, seigneur de Locmalo, venu chassé au Faouët, à proximité de la colline dénommée Roc’h ar marc’h bran, fut surprit par un violent orage. Pris d’une grande frayeur, il s’abrita près d’énormes rochers, eux-mêmes frappés par la foudre. Sur le point d’être broyé par l’un d’entre eux, il invoqua alors Sainte Barbe, patronne de ceux qui affrontent le feu, et lui promit, s’il en réchappe, de lui bâtir une chapelle. L’orage s’arrêta instantanément et Jean de Toulbodou fut sauvé d’une mort certaine. Pour respecter son vœu, Jean de Toulbodou, avec l’aide de Jean de Boutteville, seigneur du Faouët, entama rapidement la construction de la chapelle Sainte Barbe. C’était en 1489.

 

Les contraintes topographiques ont déterminé le plan atypique de la chapelle.

Le vaisseau d'une longueur de 23 m. présente une entrée principale au sud-ouest.

La tourelle d'escalier hexagonale, située au nord-ouest de la chapelle,

composée de 3 fenêtres étroites au sommet rappelant

le symbole iconographique de la Sainte Trinité.

Une statue de Sainte Barbe intégrée dans la tourelle est visible de l'extérieur.

 

De puissants contreforts surmontés de pinacles portant gargouilles rythment les façades.

 

Les arcs doubleaux, en tiers-point, moulurés, pénètrent de gros piliers cylindriques

engagés sur lesquels s'appuient également les voûtes d'ogives :

la chapelle se trouve ainsi divisée en trois travées.

 

Statues de Saint Corentin, d'une Vierge et de Sainte Ursule.

Statue anonyme, l'inscription gravée en caractère gothique sur la console du mur Est

du bras Sud donne la date de début des travaux (6 juillet 1489).

 

Tribune seigneuriale face à l'autel desservie par une niche-crédence.

Elle est en bois monochrome, du XVI° siècle :

des panneaux de bois finement sculptés d'animaux et de personnages.

L'intérieur de la chapelle est voûté en granit.

 

Cette tribune en bois a été construite pour accueillir la famille Bouteville lors des offices.

 

Supportée par trois colonnes, les six culots représentent des anges qui portent les écus des Boutteville. Sur les panneaux sculptés, on remarque les cordelières et hermines, motifs se rapportant à la duchesse Anne, reine de France.

 

 

Chœur liturgique débordant dans la croisée.

 

L'abside, formée de trois pans, comporte le chœur liturgique limité par un degré à découpe centrale cintrée et fermé par une grille de communion. Cette clôture de chœur en fer forgé réalisée au XVIII° siècle, de plan convexe au centre et droit sur les côtés, est munie d'un portillon central. Elle est décorée de rouleaux à noyaux avec pistils à graines et d'entrelacs de C et de S à volutes.

 

Sous l'autel est visible le gisant de sainte Barbe.

Statue : Sainte Barbe, ornée de  cinq oeufs d'autruche :

qui passent pour être la matérialisation de "boules de tonnerre".

 

Cette croyance populaire est relativement récente, car ces oeufs ont été offerts à Sainte Barbe par Jean-Marie Le Moing en 1931. Ce Lorientais sert sous les drapeaux au Congo lorsqu'il est pris dans un violet orage. Il s'en remet à Sainte Barbe et échappe au danger. Il rentre en Bretagne avec dans ses bagages, ces drôles de présents.

 

Des ex-voto sont la preuve des nombreuses prières adressées

à la patronne de ces lieux : Sainte barbe.

La chapelle est éclairée de vitraux de style renaissance du XVI° siècle.

Ils retracent l’aventure du Seigneur de Toubodou,

l’histoire de marins sauvés de la tempête et surtout la vie de Sainte Barbe,

patronne des marins, des artilleurs, des mineurs et des sapeurs pompiers.

 

L'ex-voto est un navire de guerre façonné dans une pièce de bois, et conçu au XIX° siècle. Il est armé tant à bâbord qu’à tribord de 16 canons répartis sur deux ponts ainsi que de deux canons de retrait. Une coupée de mer est à poste sur le tribord arrière.

 

La grotte.

 

 

 

Derrière la chapelle, un chemin en partie dallé et bordé de hêtres,

mène jusqu'à la fontaine.

 

Fontaine oraculaire Sainte Barbe, datant de 1708.

 

L'édicule est composé d'une large niche encadrée de deux muretins ;

une arcade en plein cintre repose sur deux piliers

et une grande statue en granit de sainte Barbe protège l'eau de la source.

 

Puiser de l'eau à la fontaine et en verser quelques gouttes sur les yeux du malade

qui devait, soit mourir, soit se rétablir aussitôt.

Pour hâter l'agonie, les pèlerins devaient faire trois fois le tour de la chapelle,

pieds nus, dans le sens contraire au soleil.

 

D'après la légende, sainte Barbe dont la beauté était l'objet de convoitise de nombreux prétendants, fut enfermée par le père. Convertie au christianisme, elle fut menacée de mort par son père ... mais la foudre le tua. Cette fontaine était fréquentée, en particulier, par les jeunes filles désireuses de se marier. Elles jetaient, le dos tourné au bassin, une épingle dans l'eau. Si celle-ci surnageait, elles étaient assurées de trouver un mari dans l'année.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://fontaines.bretagne.free.fr/

https://www.ex-voto-marins.net/

http://www.centre-ouest-bretagne.org/

"Le Faouët, invitation à la découverte", brochure de 74 pages

Emmanuelle Yhuel-Bertin, Liv'Editions,

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 14 juin 2017

 

 

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