MALESTROIT (Morbihan)
Arrondissement de Vannes - Canton de Moréac.
Région Bretagne.
 Population : 2.497 Maltrais ou Malestroyens en 2017.

 

 

Eglise romane Saint Gilles

 

 

Vues aériennes avant 1970 : l'église et le bourg - Le canal de Nantes à Brest et l'église.

 

Une grande église romane est édifiée au XII° siècle dont il subsiste aujourd'hui le croisillon sud.

Avec sa double nef et ses deux clochers, symboles de sa prospérité, l'église a une disposition originale.

Au XVIII° siècle, la haute tourelle est coiffée de son toit à lanternon.

 

Sur la façade sud, d'anciens chapiteaux et socles y sont encastrés, avec des sculptures

grotesques représentant les vices, comme l'ivrognerie sur la figure d'un homme

qui introduit sa langue dans la bonde de son tonneau.

 

Le bœuf à grandes cornes, du XVIII° siècle.

 

Comme ceux de Toscane,  ce boeuf surveille la façade sud de l'église. Cet animal, sculpté grandeur demi-nature, est le symbole de saint Luc. Il rappelle aussi une légende concernant la construction de l'église : c'est l'histoire d'un paysan dont l'attelage, conduit par deux bœufs, se renverse par accident ; l'homme perd une roue et un bœuf ; le malheureux invoque alors le saint patron de la paroisse et soudain le bœuf valide soulève seul le chariot et finit sa course jusqu'à l'église.

 

La façade occidentale offre deux pignons, l'un rayonnant, l'autre flamboyant,

avec un portail à portes jumelées.

La nef principale est du XV° et XVI° siècles.

Au-dessus de la porte latérale, statue équestre de Saint Georges.

 

Le portail ouest est flanqué de puissants contreforts et une curieuse tourelle en forme de minaret. C'était peut-être une ancienne tour de guet de la ville fortifiée ? Un escalier permet d'accéder aux toitures et au clocher.

 

Cadran solaire et vue sur la tour carrée du transept.

 

Le puits du XVI° siècle.

La première chapelle, construite en 1144, est posée sur une fontaine de dévotion

incluse initialement dans l'abside. Au XVI° siècle, un chevet plat est édifié.

La fontaine, aménagée à l'extérieur, prend alors la forme d'un puits.

 

Evolution des modifications architecturales apportées au fil des siècles.

 

De 1511 à 1531, la nef sud est agrandie et le vaisseau nord, accolé, est remanié.

 

Fonts baptismaux - Dans la 2° nef, les sablières sont ornées de personnages.

 

La chaire à prêcher aux sirènes du XVII° siècle.

On accède à la chaire depuis la sacristie par un escalier pratiqué dans le mur.

 

En 1791, la commune acquiert cette magnifique chaire lors de la vente des effets mobiliers de la communauté des Augustins, située dans l'île de La Saudraie. Comme suspendue au mur « son escalier est disposé dans l'épaisseur du mur » elle déploie un décor fastueux : atlantes gainés, cul-de-lampe enfeuillé, entrelacs de feuillages et de glands de chêne, atlantes-sirènes à tête d'ange. Au-dessus de la porte, inscrit en lettres d'or : « Fides ex auditu », « La foi naît de l'écoute [de la Parole] ».

 

 

La piéta.

 

Le 12 mai 1791, une procession s'achemine du couvent des Augustins jusqu'à l'église Saint-Gilles où elle vient déposer cette pietà. En 1794, l'œuvre risquant d'être brûlée, est cachée par le chapelier Pierre Evain. Accusé par la municipalité révolutionnaire de l'avoir dérobée, il parvient cependant à l'échanger contre cinq cordes de bois. C'est une œuvre polychrome, avec dorure à la feuille, d'exécution artisanale, mais qui trahit une certaine inspiration rhénane.

 

Le coeur du transept, soutient le clocher voûté sur arcades à cintre brisé,

sur des faisceaux de colonnettes engagées, à chapiteaux ornés de volutes et de feuilles.

Le bas méridional du transept possède de hautes fenêtres

et l'absidiole de Notre-Dame de Pitié.

 

 

La croisée du transept.

Les peintures de la voûte du XIII° siècles représentent un félin unicorne, un éléphant de combat,

et un centaure. (Il semble manquer un 4° motif).

 

Statues de Saint Gilles et Saint Pierre.

 

Vue sur le choeur depuis le portail occidental.

 

Groupe de crucifixion - Statue de Saint Jacques de Compostelle.

 

Cette œuvre hétérogène provient de la chapelle de La Madeleine. Genoux fléchis, pieds superposés, mains allongées, le Christ, du XV° siècle, rappelle la tendance à la stylisation du XIV° siècle, tandis que le traitement de la cage thoracique, de l'ossature et des muscles s'apparentent aux modèles byzantins. De chaque côté, des statues monochromes du XVII° siècle représentent la Vierge et saint Jean.

 

Saint Nicolas de Myre et saint Gilles du Gard.

 

 Outre sa grande qualité technique, cette verrière est, du point de vue iconographique, particulièrement intéressante. Des épisodes de la vie de saint Nicolas sont retracés dans les parties hautes, tandis que le registre inférieur présente des scènes de la vie de saint Gilles dont celles dites de la « Messe de saint Gilles ». Elles figurent un roi ne voulant pas avouer ses péchés qui, finalement, confesse sa faute. Le roi en question serait Charlemagne, qui ne voulait pas révéler ses relations incestueuses avec sa sœur Gisèle desquelles naquit Roland, mort à Roncevaux. Le thème sera censuré lors du concile de Trente.

 

 

▪ L'arbre de Jessé du XV° siècle : Cette œuvre en jaune, argent, rehaussée de sanguine et sertie à plomb vif, est en forme de tympan, divisé en quatre courtes lancettes que surplombent trois lobes ovoïdes et quatre écoinçons. Le thème de l'Arbre de Jessé, père de David, illustre la lignée des douze rois de la tribu de Juda, de qui descend la Vierge Marie. La fleur de cette tige représente Jésus. Les bannières aux armes de Malestroit rappellent une donation par Jean de Laval (1487-1543), seigneur de Chateaubriand, de Malestroit, gouverneur de Bretagne.

▪ Vitrail de la nef principale : avec cette grande verrière, Huchet s'inspire du vitrail légendaire à registre unique et grands décors néo-gothiques pour retracer la vie de saint Gilles. Cette œuvre, à la palette contrastée, fait voisiner de somptueux costumes troubadours avec des feuillages aux accents « art nouveau ». Selon les usages des écoles tourangelle et troyenne des XV° et XVI° siècles, les chairs des hommes et des femmes sont figurées de couleurs distinctes. De nombreux blasons, dont celui du pape Léon XIII, et les armes des Malestroit ornent le registre inférieur.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"Patrimoine des communes du Morbihan", Tome II, Editions Flohic, 2000

Panneau explicatif présenté sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 23 février 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville