LA CHARITE-SUR-LOIRE (Nièvre)
Arrondissement de Cosne-sur-Loire - Canton de La Charité-sur-Loire
Région Bourgogne-Franche-Comté
Population : 5.008 Charitois

D'une superficie de 1.578 hectares, et d'une altitude de 153 à 215 mètres
la ville est située sur un côteau que borde la Loire, et elle est dominée

par les clochers de sa superbe église abbatiale.

 

 

Prieuré Notre-Dame

 

 

Avant 1970, vues sur la ville et l'abbatiale, un des joyaux de l'art roman bourguignon.

 

Fondé en 1059 par l'ordre de Cluny, le prieuré s'enrichit rapidement et joue très vite un rôle essentiel au sein du réseau clunisien, avec plus de 400 dépendances. La Charité devient la "fille aînée de Cluny". Il est le noyau dur auquel la ville a grandi, formant ainsi la cité historique.

 

Maquette du prieuré.

 

Après l'incendie de 1559, le prieuré est reconstruit au XVII° siècle sur les vestiges du XIII° siècle qui n'ont pas brûlé. Il est organisé autour d'un cloître et de deux cours :

▪ 21 - Grand cloître du XVII° siècle, autour duquel s'articulent

          23 - le réfectoire avec à l'étage supérieur les chambres des moines.

          24 - Cour des communs

▪ 25 - Cours du château, commandant :

          26 - Logis du prieur (château), du XVI° siècle

          27 - La porterie des XIII° et XVI° siècles.

          28 - Le cellier des XIII° et XVI° siècles.

 

L'église prieurale Notre-Dame.

 

Si la nef actuelle date de la fin du XVII° siècle, le chœur et le transept

ont gardé l’élégance architecturale des XI° et XII° siècles.

 

La pierre du prieuré provient de carrières locales,

et elle possède un taux de dureté exceptionnel.

Au XII° siècle l'église Notre-Dame est la 2° plus grande église de la Chrétienté après Cluny.

Plus de 200 moines logent dans les bâtiments s'étendant sur 3 hectares.

 

Chevet de l'église et les bâtiments conventuels.

Après le XII° siècle, la chapelle axiale a été reconstruite à l'époque gothique

(XIV° et XVI° siècles), de même que le portail central d'entrée.

 

Le chevet et vue sur les absidioles romanes entourant la rotonde du déambulatoire,

 et la façade axiale gothique.

Les modillons de la corniche sont sculptés de personnages.

 

La croisée du transept.

 

Une façade de style classique ferme l'église, mais la partie ruinée, côté nord,

témoigne de l'opulent décor des travées du XII° siècle, avec l'étage aveugle orné

d'arcs polylobés et de pilastres aux rythmes géométriques.

 

La croisée est surmontée par la belle Tour de la Bertrange également du XII° siècle. Sa souche carrée porte des médaillons sculptés de figures et des modillons sculptés de têtes. Un étage octogonal présente des séries de baies géminées quintilobées flanquées de pilastres supportant une corniche à modillons. 32 statuettes occupent les baies sans ouverture, qui sont décorées de colonnes, de pilastres, de chapiteaux et d’archivoltes. Les pignons du transept présentent deux étages de grandes baies.

 

A partir du bras sud du transept, un couloir voûté,

dit "passage du Prieur de la Magdeleine", débouche dans la Grande Rue.

 

Entrée sud de l'église.

Décor du XII° siècle de la nef ruinée par l'incendie, côté nord.

Après de sommaires consolidations, le transept et la nef

réduites aux quatre premières travées, ne seront réparés qu'à partir de 1695.

 

Le clocher Sainte Croix, est l'unique élément subsistant de la façade romane,

et date du 2° quart du XII° siècle.

Les deux portes ouvrant sur les deux travées du collatéral nord.

 

 

Deux portails exécutés vers 1130-1135 ont longtemps été masqués par des habitations

venues s'adosser à cette façade.

(L'un d'eux, vu par Mérimée, a été transféré dans la partie sud du transept).

 

 

Le portail conservé à la base de la tour, à l'extérieur est consacré à la Vierge.

 

Le tympan de la Vierge. Le linteau montre les scènes de l'incarnation du Christ :

l'Annonciation, la Visitation, la Nativité et l'Annonce aux bergers.

Le tympan représente le triomphe de Marie, Mère de Dieu, intercédant auprès de son fils

pour le salut de l'âme des hommes et des clunisiens :

deux religieux prient aux pieds de la Vierge.

 

Entrée de la nef et le buffet d'orgues.

 

La nef reconstruite en 1695 se compose de quatre travées voûtées d’arêtes,

flanquées de deux bas-côtés uniques,

couverts d’un plafond au nord et d’une voûte d’arête au sud.

 

Tympan de la Transfiguration, provenant de l'antique tour Sainte Croix (portail sud).

Découvert en 1834, transféré à cet emplacement en 1835,

à l'initiative de Prosper Mérimée.

 

Au centre, la Transfiguration, à gauche du linteau, l'adoration des mages. A droite, la présentation de Jésus Christ au temple. La création de ce tympan est liée à l'introduction en 1132 de la fête de la Transfiguration dans la liturgie de l'Ordre de Cluny, dont la Charité était la "fille aînée".

 

Cette courte nef marque l’emplacement des travées 7 à 10 de la nef romane,

dont plusieurs vestiges sont encore à remarquer. Les grandes arcades à double rouleau,

en arc brisé dans les travées 7 et 8 et en plein cintre dans les travées 9 et 10,

montrent l’évolution du style entre les deux premières phases de la construction

de l’église au XI° siècle. Les piliers cruciformes conservent encore deux colonnes engagées.

 

 

Dans la nef centrale, on peut découvrir quelques vestiges des arcatures du triforium roman

sous les grandes fenêtres hautes tardives. Dans les bas-côtés,

les murs gouttereaux conservent leurs baies à colonnettes et chapiteaux feuillagés.

Les doubles passages berrichons en plein cintre, entre les bas-côtés et le transept,

montrent la structure ancienne avec doubles bas-côtés.

 

Le transept et le choeur sont restés dans leur état original et forment

la plus belle partie de l'abbatiale avec leurs colonnes élancées surmontées d'une galerie aveugle à arcatures quintilobées sous un registre de baies cintrées décorées.

 

Sur la croisée du transept, coupole octogonale sur trompes.

 

Les thèmes des chapiteaux et reliefs, traitent surtout des animaux affrontés,

des personnages et des décors végétaux. Le répertoire est varié et présent partout :

galons, chevrons, billettes, palmettes, besants, rubans, lions, dragons, serpents,

centaures, têtes humaines.

 

Transept de grande dimension, avec de hautes colonnes reposant sur des arcs brisés.

 

 

Au chevet de la chapelle du Saint Sacrement, vitrail daté de 1930,

sur un carton de Marie Delorme, élève de Maurice Denis.

"Stabat Mater Dolorosa", Notre-Dame au pied de la croix offre à la ville à son fils crucifié".

 

Le chœur possède des chapiteaux à scènes figurées,

peu utilisées avant la fin du XI° siècle.

 

Entre 1115-1135, transformation du choeur : 5 absidioles rayonnantes

s'ouvrant sur un déambulatoire superposé à l'ancienne abside.

 

La rotonde du déambulatoire. Les anciennes absidioles qui jouxtaient le déambulatoire

sont devenues les bas-côtés du nouveau du choeur.

 

Quatre chapelles orientées sont conservées sur les six chapelles

du chœur bénédictin du XI° siècle. Leurs absides en cul-de-four ont deux baies

et trois arcatures sur colonnettes. Les chapelles jouxtant le chœur sont plus profondes,

avec deux travées sous berceaux, des arcatures murales avec fresques au sud,

et des grandes arcades s’ouvrant vers le déambulatoire.

 

Colonnes et sculptures de l'abside.

Au XII° siècle, le chevet à sept absides échelonnées
est remplacé par un chevet déambulatoire et chapelles rayonnantes.

Le chœur est composé de trois travées avec une voûte en berceau brisé,

et l'abside présentant un faux triforium.

 

Les chapiteaux du chœur présentent des sculptures à motifs pour la plupart animaliers.

 

Les stalles furent installées sous Jean de La Magdeleine de Ragny

en même temps que fut réalisé le passage de La Madeleine et la façade de l'église.

C'est sous le prieur Jacques Nicolas Colbert que fut refait une partie de l'église.

 

Le grand transept de la basilique, entièrement roman, est le produit de deux phases

de construction. Les deux premiers étages des croisillons et les chapelles orientées

appartiennent à la première église du troisième quart du XI° siècle,

tandis que le troisième étage et les voûtes sont du XII° siècle.

 

La croisée est voûtée d’une coupole dont les trompes présentent des sculptures de têtes. Quatre arcs brisés à double rouleau surmontent les piliers, repris à l’est. Les croisillons à trois travées sont voûtés en berceau brisé sur doubleaux. Des piliers carrés et de grandes arcades avec impostes marquent le premier niveau. Au deuxième niveau, des arcades sur colonnes engagées entourent des baies (murées au XII° siècle) avec colonnettes et chapiteaux. Le troisième étage, présente de multiples fenêtres hautes avec colonnettes entre des pilastres soutenant les voûtes. Les pignons nord et sud présentent également trois étages avec des arcades géminées murées, des arcatures sur colonnes engagées, et un triplet de baies avec colonnettes et chapiteaux.

 

Retable édifié dans cette église en 1626,

transporté dans l'église Sainte Croix en 1695 et rapporté en 1926.

 

Le logis du Prieur.

 

Le logis du prieur (dit le château), construit au début du XVI° siècle par le prieur

de la Madeleine de Ragny, est un bâtiment de la Renaissance avec tourelle à escalier.

 

Dans la cour du Prieuré, à l'est, un cellier du XIII° siècle séparé du logis du XVI° siècle,

à tour d'escalier heptagonale par un bâtiment construit en 1912

à la place de l'ancienne entrée du monastère.

 

Le cloître.

 

Le cloître, qui avait été reconstruit déjà aux XIII° et XVI° siècles,

ne conserve que les ailes nord et est, qui sont des XVII et XVIII° siècles.

 

 

 

 

Le cloître a été refait après les incendies du XIII° siècle du côté est.

Puis au XVII° siècle par le prieur Jacques Nicolas Colbert, toujours du côté de la galerie est.

 

La salle capitulaire.

 

 La salle capitulaire, dans le bâtiment à l’est du cloître, est du XIII° siècle.

Ses travées, compartimentées au XVII° siècle, sont voûtées d’ogives

retombant sur des piliers.

Dans le même bâtiment, d’autres salles gothiques abritaient le parloir et le chauffoir.

 

La salle capitulaire et la salle Mérimée, attenante,

font partie des salles reconstruites à l'époque gothique.

 

Ces salles dévoilent aujourd'hui leurs voûtes

témoignant de la splendeur et de l'élégance du XIII° siècle.

Les vitraux sont contemporains et l'oeuvre  de l'artiste New-Yorkais Christopher Wool,

en collaboration avec le maître verrier bourguignon Pierre-Alain Parot.

 

Les salles du rez-de-chaussée abritent notamment le réfectoire,

scandé de pilastres et le salon du Prieur au décor Louis XVI,

(trophées et allégories, clef de voûte ornée de feuillages).

 

Escalier d'accès aux salles XVIII° siècle (fermées lors de mon passage).

Escalier avec une rampe en fer forgé permettait d'accéder aux dortoirs à l'étage.

 

Au temps de l'installation des propriétaires privés au sein du prieuré, un négociant en vin s'établit dans l'aile nord et y reste jusque dans les années 1980. Les travaux de restauration ont permis de remettre en valeur les belles ornementations du XVIII° siècle.

 

Escalier d'accès aux jardins.

 

Le prieuré, affaibli aux XV° et XVI° siècles, par guerres et incendies, connaîtra d'importants chantiers de restauration aux XVII° et XVIII° siècles. Après la Révolution, vendu comme Bien National, il est intégré dans le tissu urbain.

 

Le jardin des bénédictins.

 

 

Bâtiment conventuel et les jardins. Le chantier de fouilles de l'ancienne église St Laurent.

Au début du XVI° siècle, de nombreux travaux de restaurations et de constructions furent entrepris sous le prieurat de Jean de La Magdeleine de Ragny, dont la porterie,

le logis prieural et le pressoir commun. Des bâtiments disparaîtront sous des terrasses

pendant le prieurat de Jacques Nicolas Colbert.

Le bâtiment au nord du cloître sera réalisé sous le cardinal de Bernis.

 

En 1975, lors de travaux de terrassement, l'église Saint Laurent est mise au jour. Construite en même temps que Notre-Dame en 1559 et croulant sous la vétusté, elle fut démolie au XVII° siècle, remblayée et remplacée par des jardins potagers, puis oubliée jusqu'à nos jours. Le jardin bénédictin est aujourd'hui un exemple réussi d'architecture qui utilise le présent pour mettre en valeur le passé.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.lacharitesurloire-tourisme.com/

Eglises de France, Bourgogne-Nivernais-Lyonnais

Volume A, Editions Robert Laffont, 1973

"La Charité sur Loire", visite privée, 16 pages, O.T. La Charité

"La Charité, Plan et visites" de 4 pages, O.T. de La Charité

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 12 juin 2017

 

 

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