CHANTILLY   (Oise)
Arrondissement de Senlis - Canton de Chantilly.
Région des Hauts-de-France.
 Population : 10.861 Cantilliens en 2014.

 

D'une superficie de 1.619 hectares, et d'une altitude de 35 à 112 mètres,

la ville est située au coeur de la forêt de Chantilly, dans la vallée de la Nonette,

et traversée par la rivière la Nonette.

 

Vue aérienne en 2014.

 

La tradition rapporte qu'à l'époque gallo-romaine un certain Cantilius était propriétaire d'une villa sur les bords de la Nonette. Son nom serait à l'origine de celui de Chantilly. A la fin du XIV° siècle, les d'Orgemont deviennent seigneurs de Chantilly. Ils agrandissent le domaine de la maison forte bâtie au XII° siècle par les Le Bouteiller, en rachetant des terres et font édifier une imposante forteresse, flanquée de sept tours.

 

 

Château  de Chantilly

de style renaissance et éclectique.

 

 

Chantilly reste lié à trois noms : Montmorency, Condé, Aumale, ces familles princières

qui firent de ce lieu le chef d'oeuvre que nous découvrons aujourd'hui.

 

Le château et les douves, avant 1970.

Une partie du charme de Chantilly vient de ces eaux qui cernent le château.

 

 

Vue d'ensemble du château et des douves.

En franchissant le pont, on laisse à droite l'étang de Sylvie, à gauche, le plan d'eau.

Les deux châteaux ne forment plus qu'un seul édifice entouré d'eau.

 

Les fondations de l'ancienne forteresse construite par les d'Orgemont, à la fin du XIV° siècle sont encore visibles. Mais le château de Pierre Chambiges comme celui élevé par Jules Hardouin Mansart ont totalement disparu. Avec ses clochetons et lucarnes, la construction d'Honoré Daumet est une immense imitation du XVI° siècle. Elle vise en réalité à faire des bâtiments un musée, conçu suivant les conceptions de l'époque pour abriter les collections du duc d'Aumale. Tout en respectant dans les grandes lignes l'aspect général de l'ancien château, Daumet a su créer un ensemble comportant de vastes espaces intérieurs, malgré une certaine froideur.

 

Depuis l'étang de Sylvie, vue sur les douves et le château.

Le pont du roi donne accès à un long bâtiment de style classique bâti sur une terrasse :

le château d'Enghien construit en 1769 par Jean-François Leroy.

Il est composé d'une succession de quatre logements accolés marqués par quatre entrées propres

surmontées chacune d'un petit fronton triangulaire le tout couronné d'une balustrade.

Ils servent aujourd'hui, de logement de fonction à la conservatrice du Musée Condé,

et aux trois académiciens membres du collège des conservateurs.

 

En 1522, Chantilly échoit à Guillaume de Montmorency, neveu de Pierre II d'Orgemont, décédé sans héritier direct. Mais c'est Anne de Montmorency, connétable de François 1er, qui prend l'initiative des travaux, confiés à l'architecte Pierre Chambiges (1528) : reconstruction partielle du château, commencement de la galerie des Cerfs et des chapelles du parc, aménagement de la terrasse, puis à partir de 1560, construction par Jean Bullant du petit château ou logis neuf, destiné à la domesticité. C'est le seul bâtiment qui subsiste de cette époque. François et Henri 1er poursuivirent l'oeuvre de leur père. Mais a la suite de la révolte d'Henri II de Montmorency et de son exécution à Toulouse en 1632, Louis XIII se réserva la jouissance du domaine.

 

La grille d'honneur est flanquée de deux petits pavillons du XVIII° siècle,

et statue équestre d'Anne de Montmorency, oeuvre de Guillaume Dubois, du XIX° siècle.

 

Charlotte-Marguerite de Montmorency avait épousé Henri II de Condé, cousin du roi. A la mort de Louis XIII, elle retrouve son apanage grâce à Anne d'Autriche, reine et régente. Mais il faudra attendre l'arrivée du Grand Condé, le vainqueur de Rocroi (1643), qui se réconcilie avec son cousin Louis XIV, pour que le domaine retrouve son lustre et sa magnificence.

 

 

La cour d'honneur du Grand Château est précédée d'un péristyle, orné de statues,

copies des Esclaves de Michel Ange (Les originaux sont au Louvre).

 

Après la paix des Pyrénées, dès 1659, le prince de Condé va consacrer l'essentiel de sa fortune à l'embellissement du domaine : il confie à Le Nôtre la création des allées, des parterres et bosquets. En 1684, Jules Hardouin-Mansart entreprend l'embellissement du château. Le fils du grand Condé, Henri-Jules reprend l'oeuvre de son père : achèvement du grand château et développement du domaine. L'arrière-petit-fils, le duc de Bourbon, entreprend la construction somptueuse des Grandes Ecuries. Il est aussi le créateur de la manufacture de porcelaine et de la fabrique de toiles peintes.

 

Le petit château, attribué à Jean Bullant, bâti autour de 1559.

 

Pour ne pas concurrencer les proportions du Grand Château, son élévation avait été volontairement limitée : un simple rez-de-chaussée surmonté d'un étage en comble, éclairé par des fenêtres lucarnes. Le pavillon d'entrée, (dont le pont-levis a été déplacé sur la droite) est particulièrement élégant. Encadré systématiquement par deux ouvertures à meneaux, le portique central, très italien d'esprit, repose sur des colonnes corinthiennes jumelées. Au tympan, deux Renommées soutiennent un écu aux armes des Montmorency.

 

La cour du châtelet et la façade nord.

 

Louis-Joseph de Condé, huitième du nom poursuit la tradition initiale des constructions : Jeu de paume (1758), château d'Enghien (1772) destiné à son petit-fils, le duc d'Enghien. Il est aussi à l'origine du Hameau, du pavillon de Vénus et d'un  théâtre, détruit pendant la Révolution. Prince libéral, il abandonne son domaine peu après le 14 juillet 1789. Considéré comme l'un des principaux chefs de l'Emigration, il prend en 1792, le commandement de l'armée dite de Condé. Pour Chantilly, les heures sombres commencent : mobilier et oeuvres d'art sont vendus ou confisqués, maisons et terres partagées. Le château est transformé en prison, puis voué à la démolition, ce qui se réalisa en partie.

 

 

Tour de la chapelle - Pont de la Herse - Tour du Connétable.

 

Malgré les destructions entreprises, Napoléon 1er donna en 1811 ce qui avait été un joyau à sa belle fille, la reine Hortense. A la première Restauration, le prince Louis-Henri-Joseph de Condé rentre en possession de son château et de son domaine. Avec son fils  il entreprend d'importants travaux de reconstruction et de remise en état. En 1830, le dernier Condé est retrouvé pendu dans son château et le domaine revient à son petit neveu et filleul, le duc d'Aumale, quatrième fils de Louis-Philippe.

 

 

 

Le grand château, bâti dans un style néo-Renaissance, et les douves.

 

Le duc d'Aumale ne fréquente pas le château d'une manière assidue. Après la chute de Napoléon III, il avait confié la reconstruction du Grand Château à l'architecte Honoré Daumet. Sans héritier, il lègue en 1897, le château et le domaine à l'Institut de France (qui en est toujours le propriétaire) sous la condition de ne pas modifier l'architecture du château et de ne pas déplacer les collections.

 

Depuis la terrasse du Connétable : porte d'entrée dans la cour d'honneur et le péristyle.

 

La cour d'honneur et le grand escalier menant à la chapelle.

 

 

La galerie de peinture depuis la cour d'honneur.

 

Le vestibule.

 

 

 

L'escalier d'honneur.

 

L'escalier réunit les deux étages du château.

 

La rampe exécutée par les frères Moreau en 1879, est un très beau travail de ferronnerie,

avec fleurs de lis, monogrammes, couronnes.

Sur les murs, de chaque côté du palier, tapisseries des Gobelins du XVIII° siècle.

 

Galeries d'accès à la chapelle.

 

 

Dans la galerie, vitrines avec chasubles et dessins.

 

La chapelle.

 

 

La chapelle est dédiée à Saint Louis, et date de 1882. Elle comprend deux parties.

Les vitraux représentent le Connétable Anne de Montmorency et sa femme, Marguerite de Savoie,

avec leurs cinq fils et leurs cinq filles.

Les boiseries sont du XVI° siècle en marqueterie, dont chaque panneau figure un apôtre.

 

La tribune.

 

La chapelle du fond, contient le mausolée, commandé en 1662 par Jean Perrault

pour l'église Saint Paul-des-Jésuites à Paris, en mémoire du prince Henri II de Condé.

 

Les statues et bas-reliefs sont en bronze, de Jacques Sarrazin.

 

Au centre : cippe où sont conservés les coeurs des princes de Condé.

 

Les Grands Appartements des princes de Condé.

 

Situés au premier étage du petit château dans l'aile qui date de la Renaissance,

les Grands Appartements comprennent trois salles décorées au XIX° siècle.

C'est le lieu de réception et d'habitation des princes de Bourbon-Condé aux XVII° et XVIII° siècles,

 des galeries de peintures et la bibliothèque.

 

L'antichambre.

 

L'antichambre du XIX° siècle, évoque le décor de Chantilly au XVIII° siècle,

comme le meuble minéralogique de Haupt, offert en 1774 par Gustave III, roi de Suède,

au prince de Condé pour le cabinet d'histoire naturelle de Chantilly, les tableaux de vénerie

de Jean Baptiste Oudry de chaque côté de la porte d'entrée.

 

Le cabinet des livres.

 

Le cabinet est l'écrin de la collection de livres rares et précieux du duc d'Aumale,

le plus grand bibliophile de son temps.

L'agencement fonctionnel est typique des bibliothèques de l'époque :

les livres classés par formats, par regroupement intellectuel, par époque de reliures.

 

Le cabinet contient 19.000 volumes, dont 1.500 manuscrits.

Parmi ces trésors, 200 manuscrits enluminés médiévaux, 700 incunables,

2.500 livres du XVI° siècle, des reliures uniques.

Le duc d'Aumale choisit des livres un à un pour leur ancienneté, leur rareté, leur importance historique,

la beauté de leurs reliures.

 

Les vitrines centrales sont dévolues à des expositions temporaires,

illustrant la diversité des fonds des bibliothèques et des archives du château.

Les très Riches Heures du duc de Berry, joyau de cette collection,

sont visibles sous forme d'un fac-similé et d'un support numérique en accès libre.

 

La salle des gardes.

 

De chaque côté de la porte d'entrée, deux portraits de Van Dyck

rapportés par le grand Condé de ses campagnes dans les Flandres.

Sur la cheminée, la mosaïque antique "l'enlèvement d'Europe par Jupiter"

métamorphosé en taureau, provenant de la région de Pompéi.

 

Consacrée aux souvenirs militaires des différents propriétaires de Chantilly, la salle des gardes du XIX° siècle présente le portrait d'un des plus grands chefs de guerre de Louis XIV, le grand Condé, Louis II de Bourbon, prince de Condé (1621-1686).

 

Les vitrines présentent des souvenirs de l'armée de Condé et des armes étrangères acquises par le duc d'Aumale.

 

La chambre de Monsieur le Prince.

 

Le mobilier ayant disparu à la Révolution, le duc d'Aumale la décora après 1876 d'un mobilier du XVIII° siècle.

 

Les boiseries or et blanc de cette pièce ont été exécutées vers 1720, sous la direction de l'architecte

Jean Aubert, pour Louis Henri, duc de Bourbon, prince de Condé (1692-1740).

 

Le grand cabinet de Monsieur le Prince.

 

Décorés vers 1718-1720, le grand cabinet était au XVIII° siècle le bureau du duc de Bourbon.

Les boiseries blanches et or sont caractéristiques du début du XVIII° siècle.

 

Par la fenêtre, le prince pouvait voir ses Grandes Ecuries lorsque les portes étaient ouvertes,

l'oeil les traversait de part en part.

 

La grande singerie.

 

Le goût pour les décors asiatiques mettent en scène des singes, animaux exotiques,

se développe aux XVII° et XVIII° siècle sous Louis XIV et Louis XV.

Il permet de railler ses contemporains représentés sous les traits de singes.

 

 

Autrefois attribuée à Watteau, mais datée de 1739, la grande singerie est aujourd'hui reconnue

pour être l'oeuvre de Christophe Huet (Pontoise 1700-Paris 1759).

Le décor peint représente les "quatre parties du monde" et les "cinq sens". Le plafond illustre la chasse.

 

La galerie des batailles.

 

Sur la cheminée biscuit et terre cuite du grand Condé à la bataille de Fribourg (1644) lançant son bâton

de maréchal au-delà des lignes ennemies pour inciter les troupes à aller le rechercher à sa suite.

 

Le grand Condé commanda au peintre de bataille Sauveur Le Conte, élève de Van der Meulen,

une série de onze toiles représentant ses principales actions militaires.

Il mourut en 1686 sans les avoir vues toutes en place.

 

Ces toiles se lisent chronologiquement dans le sens des aiguilles d'une montre.

La 1° grande toile en entrant représente la bataille de Rocroi (1643), et la dernière,

le passage du Rhin (1672), seul combat où Condé fut blessé et il y perdit son neveu.

Il est représenté de dos devant son cousin le roi Louis XIV, à cheval au centre.

 

Le salon de musique.

 

Au XVIII° siècle, cette pièce était un cabinet de physique et contenait de nombreux instruments scientifiques.

Il ouvrait sur le cabinet d'histoire naturelle des premiers Condé formé de trois salles consacrées

aux règnes animal, végétal et minéral.

 

Les cabinets de curiosités étaient fréquents au siècle des Lumières,

qui connut un véritable engouement pour les sciences.

 

Les galeries de peintures, Situées dans le grand château.

 

550 oeuvres sont présentées sur des murs rouge sombre, réparties sur plusieurs niveaux,

afin de respecter le legs du duc d'Aumale qui a souhaité que leur présentation,

typique du XIX° siècle, soit préservée.

 

Le dernier habitant du château de Chantilly, le duc d'Aumale, fils du roi Louis Philippe, a passé 23 ans exilé en Angleterre. Assez de temps pour acquérir ses somptueuses collections de peintures, mobiliers, livres, manuscrits et objets d'art. De retour en France, il crée un lieu dédié à ses trésors au coeur de son château : le musée Condé. Il est considéré comme le premier musée français de peintures anciennes (avant 1850) après le Louvre.

 

La galerie des Cerfs.

 

C'est la grande salle à manger aménagée par le duc d'Aumale, avec une immense table au centre.

 

Au plafond, dans les caissons de bois,

les armoiries peintes des familles qui ont possédé le château depuis le Moyen Age.

 

Aux murs, huit tapisseries de chasse de Maximillien

tissées aux Gobelins au XVII° siècle, pour le comte de Toulouse.

 

La galerie d'Office.

 

Le musée Condé conserve la collection d'oeuvres de Nicolas Poussin la plus importante en France

après celle du Musée du Louvre : 7 tableaux et 36 dessins.

 

Le cabinet des Gemmes, ou tour du Trésor.

 

Copie du célèbre diamant rose dit "le Grand Condé", dérobé en 1926

et retrouvé par hasard par une servante dans une pomme où l'avaient caché les voleurs.

Miniatures représentant les membres de la famille d'Orléans,

émaux (char et Apollon), attribué à Benvenuto Cellini, armes, etc...

 

La galerie de Psyché.

 

Le duc d'Aumale fit spécialement aménager la galerie de Psyché

pour accueillir les 44 vitraux du château d'Ecouen.

Légués en 1830 par son grand oncle, le duc de Bourbon, ils ont été exécutés de 1542 à 1544

sur une commande du Connétable Anne de Montmorency, pour son château d'Ecouen.

 

A l'entrée de la galerie se trouve l'effigie en cire du roi Henri IV, par Guillaume Dupré,

dans une ancienne gaine Louis XVI en plomb doré.

 

Le sanctuario.

 

A l'origine, cabinet de dessins et d'estampes en 1881, fut aménagé par le duc d'Aumale comme un lieu

privilégié où l'amateur d'art peut se recueillir devant les oeuvres capitales du musée Condé.

La lumière y est volontairement basse pour préserver les miniatures.

Photo de droite, Esther et Assuerus, Lippi dit Filippino (1447-1504).

 

La galerie de peintures.

 

Cette galerie de peintures est typique de la présentation des musées au XIX° siècle.

Le duc d'Aumale a souhaité dans son testament que cet accrochage soit conservé.

Au centre, son buste en marbre par Paul Dubois (1896).

 

En entrant, on est frappé par l'impressionnante étagement de toiles sur les murs

où les plus grands maîtres du XVI° au XIX° siècles voisinent sans ordre précis.

 

La présentation de l'école italienne est axée sur les XVI° et XVII° siècles.

L'école française est également présente dans cette salle.

 

La rotonde de la galerie de peinture.

 

Plafond de la rotonde.

 

Dans la rotonde, au sol, mosaïque d'Herculanum représentant une chasse au sanglier et un combat de coqs.

Grand vase japonais en bronze, ciselé à Tokyo, acquis par le duc d'Aumale en janvier 1891 à Paris,

chez l'antiquaire Pohl, qui montre des animaux du Panthéon japonais.

 

La salle Caroline.

 

Cette pièce est nommée ainsi en l'honneur de la duchesse d'Aumale, Marie Caroline de Bourbon-Sicile,

princesse de Salerne, dont le portrait par Eugène Lami figure au-dessus de la porte.

Cette salle présente des portraits français des XVII° et XVIII° siècles.

 

Cabinet des Clouet.

 

90 Portraits de rois et reines de France au XVI° siècle sont regroupés dans cette salle.

 

Les principaux artistes sont Jean Clouet, son fils François Clouet, et Corneille de Lyon  (ou de la Haye), tous originaires des Flandres. Le musée conserve également plus de 300 crayons français du XVI° siècle, attribuées à l'atelier des Clouet et provenant de la collection de Catherine de Médicis.

 

Le salon d'Orléans.

 

Cette salle évoque les productions de Chantilly : dentelles noires et la porcelaine tendre.

 

En 1725, le duc de Bourbon, cherchant le secret de la porcelaine asiatique avec l'aide de Cicaire Cirou, crée à Chantilly une manufacture de porcelaine tendre. Au début, motifs et formes s'inspirait des styles japonais dit Kakiemon (1725-1740), puis ils sont remplacés par des motifs bleus à la brindille et à l'œillet. La manufacture cessa de produire à la Révolution.

 

Dentelle noire et porcelaine tendre du XVIII° siècle.

 

La dentelle effectuée à la main à l'aide de fuseaux, datant du XVII° siècle en France et plus particulièrement à Chantilly d'où l'origine du nom. Elle se base sur les techniques de la "dentelle de Lille", celles de la "dentelle d'Arras"» et du "point de Paris" avant de devenir, une dentelle avec ses propres spécificités. Le musée du patrimoine et de la dentelle à Chantilly regroupe la plus grande collection de dentelle de Chantilly de France.

Au XVII° siècle, la duchesse de Longueville développe la confection de la dentelle de Chantilly qui devient populaire et à la mode pendant les règnes de Louis XV et Louis XVI. Ce fut notamment une dentelle favorite de Madame du Barry et de Marie Antoinette. La Révolution française a fait cesser la demande de dentelle ainsi que sa production.

Napoléon 1er relance à nouveau les filatures de dentelles de Chantilly, plus particulièrement entre les années 1804 et 1815. La production se réduit à nouveau progressivement dans la première moitié du XIX° siècle. En parallèle, la production se développe dans d'autres centres, particulièrement en Normandie, d'abord à Caen puis à Bayeux. Un autre centre de production se développe dans les Flandres, particulièrement à Grammont. C'est en fait à partir du moment où l'on ne produit presque plus de cette dentelle dans la ville qu'elle prend le nom de Chantilly.

La production de dentelle de Chantilly reprend et atteint sa plus haute popularité sous le Second Empire, de 1852 à 1870, sous l'influence de l'Impératrice Eugénie (Eugénie de Montijo) et avec la mode des châles, des ombrelles, des éventails. De huit à neuf mille dentellières sont présentes dans la région cantilienne vers 1851.

En 1844, une machine est brevetée imitant parfaitement la dentelle faite à la main. La production mécanique se développe dans les années 1870, condamnant définitivement la production manuelle, sinon pour quelques pièces de prestige.

 

Salle Isabelle.

 

Salle ainsi nommée en l'honneur de la nièce du duc d'Aumale, Isabelle d'Orléans, comtesse de Paris.

 

Cette salle présente les différents courants de la peinture française du XIX° siècle, autour de deux chefs d'oeuvre des écoles du nord du XVII° siècle, par Ruisdaël et Van de Velde : le néoclassicisme avec Ingres, le romantisme avec Géricault, l'orientalisme avec Delacroix, Decamps et Marilhat, l'école de Barbizon avec Daubigny.

 

Cabinet du Giotto.

 

Ce cabinet présente des oeuvres italiennes du XIV° au XVII° siècles.

 

Il doit son nom à la Dormition de la Vierge de Maso di Banco, attribuée à Giotto au temps du duc d'Aumale. Pierre Cadard commanda en 1452, la Vierge de miséricorde, de la famille Cadard à Enguerrand Quarton pour l'église des Célestins d'Avignon. La Vierge abrite sous son manteau le monde chrétien divisé entre clercs et laïcs.

 

Rotonde de la Minerve.

 

La salle de Minerve est située dans la tour du Connétable,

et doit son nom au beau bronze grec représentant la déesse.

Aux murs, des portraits des membres de la maison d'Orléans des XVII° et XVIII° siècles.

 

Galerie du Logis.

 

La galerie présente des portraits des frères et des sœurs aînés du duc d'Aumale prématurément disparus :

Louise, reine des Belges (1812-1850) - Marie d'Orléans,

duchesse du Wurtemberg (1813-1839), et Ferdinand d'Orléans (1810-1842).

 

La terrasse du Connétable.

 

Du grand escalier monumental dessiné par Jules Hardouin-Mansart et Daniel Gittard,

un vaste panorama  s'offre sur le parc dont une partie est l'oeuvre d'André Le Nôtre au XVII° siècle,

une autre a été reprise au XVIII° siècle

et XIX° siècle, une dernière enfin vendue pour être lotie à la période Révolutionnaire.

 

 

 

Le pied du Grand Degré évidé est décoré de sculptures symbolisant des fleuves.

 

Le temple de Vénus.

 

Le temple de Vénus est une folie élevée au début du XIX° siècle par l’architecte Victor Dubois.

Dressé au bord d’une romantique pièce d’eau, il s’inspire des temples gréco-romains et abrite en son centre

une copie d’une célèbre statue antique représentant Vénus, déesse de l’Amour et de la Beauté.

 

La maison de Sylvie.

 

Construite au fond du parc du même en 1604, par Henri 1er de Montmorency.

Ce bâtiment accueille en 1623 le poète Théophile de Viau protégé par Henri II de Montmorency.

Sa femme Marie-Félicie des Ursins vient régulièrement le visiter et c'est lui qui la surnomme Sylvie.

Ce nom reste attaché au bâtiment et à cette partie du parc.

 

La maison est reconstruite par Henri Jules de Bourbon-Condé, le fils du Grand Condé et à nouveau transformée par Henri d'Orléans vers 1880-1895, qui y adjoint une rotonde polygonale. Bien que n'ayant jamais servi de relais de chasse, il est pourtant décoré, toujours au XIX° siècle, de boiseries du XVIII° siècle, de peintures et de tentures en lien avec la vénerie. Le bâtiment ne se visite pas en dehors d'événements privés.

 

Les jardins à la française.

 

Ce sont les Montmorency et les Condé qui ont complètement transformé le cadre du château

en aménageant le cours de la rivière Nonette à son entrée dans le parc.

 

Une multitude de vases et de statues rythment les angles des allées du grand parterre :

Bacchus, Hébé, Proserpine, Platon, Le Nôtre, Bossuet, Molière, le Grand Condé, La Bruyère.

 

Depuis la terrasse du Connétable, vue sur les jardins.

 

Le canal des Druides et le canal des Morfondus.

 

Canalisée en partie, la rivière Nonette alimente le grand Rond, qui se jette par une belle cascade dans l'Octogone. Ce dernier donne dans le Grand Canal, long de plus de 3 km et demi : face au grand Degré, le grand Canal s'élargit pour former au nord le Vertugadin, en forme de courbe, et au sud la Manche (180 m de long sur 80 m de large).

 

Le Hameau.

 

Suivant la mode de l'époque, le Hameau a été créé en 1774-1775 par le prince Louis-Joseph de Condé

dans la partie marécageuse qui se trouvait en bordure du canal. Il est antérieur à celui du Trianon à Versailles.

 

Si le jardin anglais a disparu, cinq des sept maisons construites subsistent.

 

De l'Octogone, une canalisation souterraine et quelques sources alimentent le Canal des Morfondus

et la petite rivière qui arrose le hameau.

 

 

Aujourd'hui il reste encore : le Salon (la plus grande), la Grange ou salle à manger, le Cabaret,

l'Etable et le Moulin, dont la roue tourne toujours

 

Contrairement à leur aspect rustique, chacune de ces maisons, couvertes de chaume, était à l'origine richement meublée et entourée d'un petit jardin potager clos de palissades. Le Hameau est utilisé maintenant par le service d'action culturelle du château, qui y organise toutes sortes d'activités pour mieux faire connaître le Musée et le domaine de Chantilly.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.chantilly-tourisme.com/

http://www.ville-chantilly.fr/
Brochure de 36 pages "Château de Chantilly", Nicole Garnier, Pierre Bérenger

Editions Ouest-France,

Brochure de 16 pages "La magie d'un territoire", O.T. Chantilly

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 14 septembre 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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