CHANTILLY   (Oise)
Arrondissement de Senlis - Canton de Chantilly.
Région des Hauts-de-France.
 Population : 10.861 Cantilliens en 2014.

 

D'une superficie de 1.619 hectares, et d'une altitude de 35 à 112 mètres,

la ville est située au coeur de la forêt de Chantilly, dans la vallée de la Nonette,

et traversée par la rivière la Nonette.

 

 

Le pavillon de Manse ou le moulin des Princes

 

 

Le Pavillon de Manse abrite la Machine des Grandes Eaux des princes

et les machines hydrauliques du duc d’Aumale.

 

 

Au bord de la Nonette, au cœur de Chantilly, le Moulin des princes : construit en 1678,

pour abriter une machine hydraulique la machine de Manse, (du nom de l’hydraulicien Jacques de Manse).

 

 

Façade côté de la Nonette.

Son rôle était de puiser l'eau d'une source à son aplomb, de l'élever pour remplir un réservoir à ciel ouvert,

et de là, la distribuer aux bassins, fontaines, cascades et jets d'eaux

qui ornaient la partie ouest des jardins du Grand Condé, dessinés par Le Nôtre.

 

La machine des Grandes Eaux du Prince de Condé,

contemporaine de celle du château de Versailles (la machine de Marly).

 

 

Dans cette salle aux proportions majestueuses se tient la machine hydraulique qui alimentait les "Grandes Eaux"

dans les jardins conçus par Le Nôtre à proximité du pavillon de Manse.

 

Construite en 1678, la machine des Grandes Eaux a été reconstituée à l'identique en 2005

par l'équipe de l'Association du Pavillon Jacques de Manse.

 

Construite en bois, elle permettait de refouler l'eau dans un immense réservoir,

aujourd'hui transformé en parking en bordure de l'hippodrome.

 

Vue perspective du grand parterre d'eau et du canal de Chantilly.

 

Dans cet espace, en complément, une maquette réduite de la machine des "Grandes eaux",

et une exposition présentant l'historique du site et des travaux de Le Nôtre.

 

Les différentes pompes du bord du canal.

 

(1) Pompe aspirante foulante de type Japy - (2) Pompe aspirante foulante à piston ( x 2),

(3) Pompe à godets - (4) Vis sans fin.

 

Les vannes et la Nonette.

 

Le circuit d'eau.

 

La rivière Nonette canalisée à proximité du moulin.

 

(1) Canal de la Machine, creusé pour amener l'eau de la Nonette jusqu'au moulin - (2) Vannes de décharge. Elles permettent de contrôler le niveau d'eau dans le canal - (3) Conduit pour amener l'eau du canal dans la turbine,

(4) Vannes qui permettent de contrôler l'arrivée d'eau à la turbine - (5) La chute d'eau : une différence de niveau est nécessaire pour que l'eau passe à travers la turbine et que son poids la fasse tourner - (6) La turbine tourne grâce au poids de l'eau et entraîne les autres machines de la salle et celles de la blanchisserie.

 

Mise en application d'un bélier hydraulique.

 

Au pavillon de Manse, le bélier hydraulique sert à alimenter en eau

un abreuvoir pour les animaux en pâture dans la prairie.

 

 

 

(1) Canal de la Machine - (2) Chute d'eau - (3) Prise d'eau dans le canal - (4) Réservoir alimentant le bélier hydraulique - (5) Trop plein du réservoir - (6) Tuyau d'arrivée d'eau au bélier hydraulique - (7) Bélier hydraulique en fonctionnement - (8) Tuyau de refoulement - (9) Abreuvoir rempli par le bélier.

 

Les machines hydrauliques du duc d'Aumale (1676).

 

 

 

En 1846, avec la révolution industrielle, la machine en bois est remplacée par une machine moderne en fonte.

30 ans plus tard, le duc d'Aumale y ajoute une station de pompage moderne qui alimentera le château et la ville.

 

Station de pompage 1846.

 

Les deux pompes verticales à simple effet sont reliées au puits situé dans le sous-sol du bâtiment Condé.

Elles ont remplacé les 6 pompes du prince Condé (1680), devenues obsolètes en 1845

et refoulé l'eau du puits dans le bassin-déversoir de la pelouse jusqu'en 1878.

 

Roue à aubes VS turbine - 1.

 

La roue à aubes, hameau du château de Chantilly.

 

Les roues à aubes à axe horizontal travaillent toujours à l'air libre. Il n'en est pas de même des turbines qui  sont toujours confinées dans une enceinte close. Celle du Pavillon de Manse est située à l'extrémité de la salle des machines, à gauche au fond et en sous-sol, par conséquence invisible. Son existence n'est démontrée que par la rotation de son arbre moteur qui émerge du plancher.

 

Station de pompage 1876.

 

Les deux pompes à pistons horizontaux à double effet

sont reliées à une nappe souterraine découverte à 100 m de profondeur en 1875.

 

Sa fonction est d'aspirer son eau déclarée potable et de la refouler dans un réservoir en tôle rivetée, situé dans le comble ouest des grandes écuries. Cette installation a alimenté le premier réseau d'eau potable dans la ville de Chantilly de 1876 à 1978.

 

La turbine, 1877.

 

Construite par Béthouart et Brault, cette turbine est un moteur central.

Elle contrôle les deux machines de cette salle ainsi que la laveuse et l'essoreuse de la blanchisserie en sous-sol.

 

La turbine est de type "Fontaine" à axe vertical.

Elle s'est substituée en 1877 à une locomotive à vapeur de location au fonctionnement jugé trop couteux.

 

Plan des différentes installations.

 

Le bélier hydraulique, inventé par Joseph de Montgolfier.

 

Joseph-Michel de Montgolfier (plus connu sous le nom de Joseph de Montgolfier), est né le 26 août 1740 à Vidalon-lès-Annonay en Ardèche et mort le 26 juin 1810 à Balaruc-les-Bains dans l'Hérault. Il est le frère de Jacques-Étienne de Montgolfier, avec qui il inventa la montgolfière en 1782.

Pierre Montgolfier (1700-1793), père de seize enfants, est papetier comme ses ancêtres depuis le XIV° siècle. Sa mère est Anne Duret, issue d'une ancienne famille du Bourbonnais. La papeterie a une réputation européenne.

 

Le bélier hydraulique est un type de pompe inventé par Joseph de Montgolfier en 1792. Il n'a besoin pour fonctionner que d'une chute d'eau comme source d'énergie. Il peut élever l'eau à plus de 170 mètres de hauteur et sur une distance de plusieurs kilomètres. Il fonctionne en continu jour et nuit, et aujourd'hui encore permet d'alimenter des réservoirs.

 

La blanchisserie mécanisée du duc d'Aumale, 1890.

 

La blanchisserie est construite à l'emplacement d'un moulin à broyer les matières nécessaires

à la manufacture de la fameuse porcelaine de Chantilly.

Elle est équipée de machines à laver et essorer mues par la turbine de la salle des machines "Aumale".

De ce fait, elle était une des blanchisseries les plus modernes de son temps.

A la mort du duc d'Aumale en 1897, la blanchisserie fut mise en gérance et ouverte au public.

Elle cessa son activité en 1970.

 

Le grand bassin et l'hydro-extracteur (essoreuse) du XIX° siècle de Fernand Dehaître,

machine en fonte et tambour en cuivre.

 

La turbine "Fontaine" dans la salle des machines, entraîne les courroies et permet la rotation du système. Le fonctionnement est similaire à celui d'une essoreuse à salade. Le linge mouillé tourne à grande vitesse dans la machine dont la paroi est perforée : la forte accélération entraîne l'eau vers l'extérieur, puis son expulsion à travers le panier (force centrifuge) et l'eau s'évacue vers l'extérieur par un réseau de caniveaux.

 

 

Le bassin servait uniquement au trempage et au rinçage du linge.

 

Le cuvier à projection du XIX° siècle, en tôle galvanisée.

 

Des deux cuviers (lessiveuses) d'origine, il n'en reste qu'un.

Une couche de zinc avait été appliquée afin d'éviter la corrosion. Ils possédaient une capacité de 1000 litres.

 

L'eau chauffée par la chaudière passait à travers le double fond de la lessiveuse et remontait par une cheminée centrale. Elle se déversait au sommet par un pommeau. Le linge était toujours ainsi arrosé par une eau constamment bouillante. Cette méthode permettait un gain de temps considérable et évitait aux employés de se servir du coule-lessive (sorte de grande louche) qui était utilisé pour arroser manuellement le linge. La tâche était donc devenue moins pénible.

 

Laveuse à tambour (Société Piet,1895).

Cette société l'a conçue dès 1840 et la laveuse fut installée en 1890 à Chantilly.

 

La laveuse fonctionnait avec l'énergie hydraulique entrainant un système de courroies et de poulies qui elles-mêmes entraînent la rotation d'un tambour à simple ouverture à une vitesse de 20 tours/minute. Efficace pour la majorité du linge, son emploi évite l'utilisation systématique des battoirs dont l'exécution manuelle était épuisante.

 

La chaufferie en fonte du XIX° siècle.

 

L'ancienne chaufferie permettait d'envoyer de l'air chaud jusqu'au 1° étage, dans la salle d'étendage,

afin que le linge sèche plus rapidement.

 

La salle d'étendage.

 

 

La calandreuse ou "mangle", base et coffre en chêne massif et fonte, 1895.

Commandée par le duc d'Aumale à l'entrepreneur Jules Piet,

cette calandreuse participait à l'entretien du linge lavé dans la blanchisserie.

 

Les calandreuses ou "planche à calandrer" existent depuis le XVI° siècle. Technique de repassage à froid, les femmes faisaient rouler le rouleau de bois et pressaient le linge à l'aide de la planche à calandrer. Cette tâche pénible fut parfois mécanisée au XIX° siècle et cette calandreuse en est un des modèles.

 

La salle d'étendage.

Un système de fils reliait un mur à l'autre. Ces derniers étaient tendus au fur et à mesure,

en fonction de la quantité de linge à étendre et à faire sécher.

 

Le pavillon de Manse est l'unique témoin en Europe de l'histoire des "Grandes eaux" des jardins dessinés par Le Notre et de l'évolution des sciences et techniques du XVII° siècle à nos jours. Ce patrimoine est conservé grâce au travail de restauration et de mise en valeur des bénévoles de l'Association du Pavillon Jacques de Manse, qui en assure la gestion, pour le compte de l'Institut de France, aujourd'hui l'actuel propriétaire.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.chantilly-tourisme.com/

Dépliant 3 volets "Le pavillon de Manse", O.T. de Chantilly

Brochure de 16 pages "La magie d'un territoire", O.T. Chantilly

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 14 septembre 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville