GERBEROY   (Oise)
Arrondissement de Beauvais  - Canton de Grandvilliers.
Région des Hauts de France
 Population : 92 Gerboréens en 2015.

 

D'une superficie de 451 hectares, et d'une altitude de 111 à 201 mètres,

le village est situé dans le Pays de Bray Picard.

 

 

Collégiale Saint pierre,

des XI° et XV° siècles.

 

 

Au XI° siècle, la collégiale est située dans l'enceinte du château aujourd'hui disparue,

à l'exception de quelques fragments des murs de l'actuel clocher.

Au XIX° siècle, la collégiale devient une église paroissiale.

 

Escalier d'accès à la collégiale.

Elle est bâtie de petites pierres avec ciment, et ne possède qu'une seule nef.

 

A la fin du XII° siècle, début du XIII° siècle, édification de la collégiale, sous le vocable de Saint Etienne, par Françon, seigneur et premier vidame de Gerberoy. A la même date, celui-ci met en place un collège de douze chanoines chargés du culte divin et tenus à résidence.

 

Le vidame est à l'origine la personne qui mène l'armée et perçoit les redevances féodales d'une seigneurie ecclésiale dont le titulaire appartient au clergé régulier ou séculier. Il exerce au nom de celui-ci un certain nombre de droits féodaux. À l'époque moderne, le titre de vidame est intégré à la hiérarchie nobiliaire considéré comme équivalent à celui de vicomte. Certains titres de vidames étaient attachés à des fiefs, d'autres étaient héréditaires.

 

La vieille porte de la rue du château, et la collégiale,

dont les fenêtres de la nef sont romanes.

 

Un titre de 1209 mentionne que la collégiale possède une dent de Saint Laurent, un morceau du bras de Saint Pierre enchâssé dans un bras d'argent, une côte du même saint dans une petite châsse d'argent, un morceau de la pierre du Saint Sépulcre, deux morceaux de la vraie Croix, et bien d'autres reliques, montrant ainsi l'importance du centre religieux de Gerberoy au Moyen Age.

 

Le clocher carré, haut de 32 mètres, placé à côté du choeur,

est percé d'archères impraticables avec des jours en maçonnerie.

Au cours de la guerre 39/45, les troupes allemandes y avaient installé un poste de guet.

 

En 1903, les deux derniers vidames héréditaires de Gerberoy meurent en Terre Sainte où ils accompagnaient leur évêque Philippe de Dreux. Sans héritiers mâles, c'est l'évêque qui en profite pour réunir le titre de vidame de Gerberoy et celui d'évêque de Beauvais.

 

Depuis le choeur, vue sur la tribune et le portail occidental.

Le chemin de croix de la fin du XIX° siècle.

 

Vitrail au-dessus du portail occidental, réalisé par l'atelier Courageux.

 

Les bancs des fidèles ont une curieuse disposition en petites stalles fermées par une porte et un verrou.

Elles étaient louées à l'année par les familles dont le nom figurait sur l'accoudoir.

Trois tapisseries en haute lisse "Verdures" d'Aubusson, ornent la nef.

 

La voûte aux poutres mal équarries, rappelle la carène renversée d'un navire.

Grand Christ ressuscité, en bois, du XVIII° siècle, qui surplombe le banc d'oeuvres.

Chaire à prêcher du XVIII° siècle.

 

Le mécanisme de l'ancienne horloge.

 

L'ancienne horloge de la collégiale, placé à l'origine dans le clocher, mis en service de 1847 à 1962, a été fabriquée par Auguste-Lucien Vérité, horloger du Roy. Il a également conçu les deux exceptionnelles horloges astronomiques : celle de la cathédrale Saint Jean de Besançon, et celle de l'horloge astronomique de la cathédrale Saint Pierre de Beauvais.

 

Le choeur carré est éclairé par une grande ogive à moulures creuses,

les arcs de ses voûtes retombant sur des colonnes minces.

 

Les stalles encadraient le choeur de leurs hautes cathèdres et de leurs fines sculptures gothiques.

 

Depuis l'église, escalier d'accès à la salle du chapître.

 

Dans l'abside, la chapelle de la Vierge, est située derrière le choeur.

Elle s'ouvre sur le transept par deux couloirs étroits, une disposition rare.

Cette chapelle est construite sur les murs du vieux donjon.

 

Deux chapelles du transept dédiées au nord à Saint Nicolas et au sud, à Saint Jean Baptiste,

étaient autrefois dédicacées l'une à Saint Jacques, l'autre au Rosaire (1632).

 

Maître autel d'époque Louis XV, en marbre, orné de colonnes dorées.

Il proviendrait de la cathédrale d'Amiens.

 

A l'étage, la salle du chapître.

 

 

Pendant la Révolution, tous les objets, ornements, livres et statues disparaissent,

ainsi que le collège des chanoines.

La salle du chapître et la sacristie conservent de nos jours, tous les trésors restants de la collégiale,

et font office de petit musée.

 

 

Les miséricordes des stalles ont été placées sur les poutres, pour éviter la destruction ou les vols.

 

Dans la sacristie, ce très beau chapier.

 

Grand meuble composé de tiroirs semi-circulaires qui tournent sur un pivot placé au centre du demi-cercle, et servant à renfermer les chapes d'église. On s'en sert depuis le XVII° siècle, époque où l'on remplaça les anciennes chapes d'étoffes souples, qu'on accrochait à des porte-manteaux, par des chapes en étoffes rigides, chargées de lourdes broderies et qui ne peuvent supporter de plis.

 

Le chapître.

 

Le terme est usité à partir du VI° siècle, mais la fonction est plus ancienne (après la dispersion,

à la suite de la fondation des paroisses, de la communauté presbytérale qui vivait autour de l’évêque,

les chanoines ont obtenu de vivre hors de l’évêché

et en même temps ils reçurent une part des biens de l’Eglise : c’est la fameuse prébende.

 

Ce chapitre est chargé entre autres de dire le droit dans l’administration du diocèse. D’ailleurs,

le mot est issu du latin canonicus, qui lui même vient du grec kanôn qui veut dire règle.

 

Leur costume se compose généralement d’un rochet brodé (aube à manches étroites) porté sous un camail ou mosette (courte pèlerine). Ils avaient également au bras l’Aumusse qui était une étole de fourrure. Au XVIII° siècle, ils portaient la perruque poudrée, d’où la présence à la Maison Bleue de Gerberoy d’artisans perruquiers.

 

¬ Chanoine régulier et hospitalier de l'Ordre du Saint Esprit, en habit de choeur, en Italie.

 

La fonction de chanoine fut recherchée par les familles seigneuriales pour leurs cadets. Ils se réunirent en congrégations dont la plus célèbre existe toujours, ce sont les Prémontrés. Il existait aussi des chanoines laïques admis par honneur dans un chapitre : les rois de France y étaient de droit.

La présence de chanoines à Gerberoy est attestée par les stalles (et miséricordes) de la Collégiale, et par de nombreuses maisons. Dès le XI° siècle il y avait 26 chanoines et leur nombre doublera au fil des siècles.

Les droits de justice étaient partagés entre le Vidame et le chapitre des chanoines. Chacun avait sa juridiction propre, ce qui amenait des tensions qui ont parfois demandé l’arbitrage de pape.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Chapier : http://www.cosmovisions.com/

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et photos, Chantal Guyon, le 16 septembre 2017 

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville