PIERREFONDS   (Oise)
Arrondissement de Compiègne - Canton de Compiègne.
Région des Hauts-de-France.
 Population : 1.840 Pétrifontains en 2015.

 

 

Château médiéval de Pierrefonds

 

 

Vue aérienne avant 1970.

 

Le château forme un quadrilatère irrégulier long de 103 mètres pour 88 m de largeur.

De chaque côté, 8 grosses tours de défense de 38 mètres de haut, le cantonnent.

Comme les courtines, elles possèdent deux chemins de ronde superposés, le premier sur mâchicoulis, couvert,

le second simplement crénelé avec toit en poivrière.

 

Vues sur le château depuis le centre ville, en 2017.

 

L'existence d'un château dès le XI° siècle est attestée, mais nous n'en savons pas grand chose. En 1392, la châtellenie de Pierrefonds, qui faisait partie alors du comté de Valois, fut donnée par Charles VI à son frère Louis d'Orléans. Celui-ci décida d'abord de construire un manoir, en 1394, mais rapidement le projet évolua vers la réalisation d'un château, conçu comme un élément intégré dans un système de défense politico-militaire. Il s'agissait de couper les communications entre les différentes parties des états de son oncle et rival, le duc de Bourgogne. A sa mort, en 1407, le château était certainement terminé.

 

 

Au centre, la tour Arthus.

L'entrée principale se trouve au pied de la tour d'Arthus.

 

Après avoir subi plusieurs sièges, le château fut racheté par Henri IV, qui en confia la garde à Antoine d'Estrées, père de la fameuse Gabrielle. Le fils de celui-ci ayant embrasé en 1616 le parti des "Mécontents", la forteresse fut prise par les troupes royales. Sur les conseils de Richelieu, Louis XIII, ordonna son démantèlement.

 

▪ La conjuration des mécontents : c'est une intrigue manquée, organisée pour faire évader François d'Alençon et Henri de Navarre (futur roi Henri IV) de la cour de France. Elle est menée à deux reprises fin février et début avril 1574 par un groupe de nobles catholiques et protestants mécontents de la politique du gouvernement.

 

L'entrée principale.

On fait le tour du château par une voie charretière, tracée dans les douves.

 

Les ruines fournirent pendant deux siècles d'abondants matériaux aux gens du pays. Vendues comme bien national, elles furent rachetées par Napoléon 1er en 1813, qui les incorpora aux dépendances de la forêt de Compiègne.

 

Tours d'Alexandre et de Godefroy de Bouillon, et le chemin de ronde couvert.

La tour Alexandre permet de voir sa base en pierre du XIV° siècle et la reconstruction

de sa partie supérieure ruinée, avec des pierres taillées au XIX° siècle.

Sous la tour, se trouve une des quatre oubliettes du château.

 

Grand amateur d'histoire et d'archéologie, Napoléon III confia en 1857 à Eugène Viollet-le-Duc le soin de restaurer le château, en puisant sur sa cassette personnelle. L'architecte fit un inventaire de ce qui demeurait et une étude approfondie de tous les documents sur le château.

 

La tour de Josué.

 

Les travaux, commencés en 1858, prirent rapidement de l'ampleur, malgré certaines difficultés financières. En 1862, Napoléon III décida de rebâtir l'ensemble des constructions pour faire de Pierrefonds un véritable lieu de résidence. L'oeuvre fut poursuivie par Ouradou, gendre de Viollet-le-Duc et achevée en 1885. Seule la décoration intérieure de certaines salles ne fut jamais terminée.

 

Tour Hector

 

Le château, situé dans un parc présentant les caractéristiques d'un système défensif, composé de huit tours décorées de statues de preux, nés au Moyen Age. Ce thème s'inspire de figures puisées dans l'Ancien Testament, l'Antiquité, et le Moyen Age pour exalter l'idéal chevaleresque :

▪ Les rois guerriers bibliques : David, Judas Maccabée et Josué.

▪ Rois, des grands seigneurs et héros  de l'Antiquité : César, Alexandre le Grand et Hector.

▪ Héros chrétiens du Moyen Age : Charlemagne, le roi Arthur et Godefroi de Bouillon.

 

Tour de Judas Maccabée.

 

 

Lorsque l'on arrive sur l'esplanade

on franchit un premier fossé pour pénétrer dans une avant cour, les Grandes Lisses.

 

 

Les tours Charlemagne et César.

 

Les murs sont percés d'archères cruciformes permettant d'atteindre les assaillants qu'ils soient éloignés ou proches des murailles. Le chemin de ronde supérieur, avec ses créneaux et ses meurtrières, forme une seconde ligne de défense. L'originalité est que le crénelage se trouve de niveau avec celui des tours, ce qui permet une communication entre elles. Enfin, sur les deux grosses tours Charlemagne et Jules César, Viollet-le-Duc a rajouté un troisième étage de défense, que beaucoup de spécialistes contestent, constitué de hautes cheminées crénelées qui donne au château un aspect féerique.

 

Les tours de Charlemagne et de César.

La courtine entre les deux est ornée d'un bas-relief de l'Annonciation.

 

 

Le châtelet. Les tours ont été reconstruites à partir des maçonneries anciennes.

 

Pour leur permettre de résister aux tirs des bombardes, les tours placées face au plateau (tours Jules César et Charlemagne) ont des diamètres exceptionnels de 16 m et 15,50 m avec une épaisseur des murs pouvant aller jusqu'à 4,50 m. Les autres tours ont des diamètres compris entre 10 m et 12 m.

 

 

 

 

Le front d'entrée depuis le châtelet, et le pont-levis.

 

La galerie et la cour d'honneur.

 

 

Sur le côté gauche en entrant, Viollet-le-Duc à construit une longue galerie aux arcades en anses de panier,

plus dans un esprit Renaissance que gothique.

 

Les façades de style Renaissance qui donnent sur la cour sont toutes conçues comme des décors de théâtre dont le dessin est destiné à l’agrément du visiteur situé au centre. Elles ne reflètent en rien la disposition intérieure, à l’inverse du système médiéval.

 

Le portique, sorte de couloir extérieur, longe le grand corps de logis.

Ses clés de voûtes représentent différents corps de métiers et des chimères.

 

 

 

Le décor sculpté de cette galerie représente des animaux fantastiques et des scènes tirés du Roman de Renart.

 

Les bâtiments au nord et à l'est (casernement et cuisines)

ont une structure fort compliquée, avec escaliers, perrons, passages en encorbellement.

 

Le grand escalier.

 

Le grand escalier, et à gauche, l'aile des invités,

située sur la courtine nord et agrémentée d'un beffroi avec son campanile.

Le rez-de-chaussée était dévolu aux cuisines, le 1er étage aux salons, et les combles aux chambres.

 

Les toitures de l’aile destinée aux invités sont dédoublées de manière à donner un pignon sur la cour et,

de l’autre côté, un haut toit à double pente. La coupe sur ce bâtiment montre aussi la variété d’agencement

des cloisons et des voûtements d’un étage à un autre, liberté rendue possible uniquement par l’utilisation

d’une structure métallique dissimulée dans les maçonneries d’aspect traditionnel.

 

La grande statue en bronze de Louis d'Orléans est due à Emmanuel Frémiet (1868).

 

Le donjon, bâti dès le XV° siècle,

qui traditionnellement abrite le logis seigneurial, et sert de repli ultime en cas de siège.

 

Le donjon pouvait être complètement isolé des autres défenses. Il comprend les deux grosses tours

de César et de Charlemagne, tout le bâtiment carré, divisé en trois salles à chaque étage,

et la tour carrée. Le donjon était l’habitation réservée au seigneur.

 

A gauche, la chapelle et le donjon qui fait partie intégrante de l'enceinte.

 

Entre la tour carrée et la chapelle une poterne permet d'accéder à la petite cour des Provisions, qui elle-même communiquait avec l'extérieur de la poterne Saint Michel, dominant d'une dizaine de mètres le pied de la muraille. (On abattait un tablier de bois pour hisser à l'intérieur les provisions).

 

 

La tourelle de l'escalier à vis, dessinée par Viollet-le-Duc.

 

En relevant les ruines en 1858, Viollet-le-Duc n'a pas modifié fondamentalement cette implantation initiale. Sa première intention, conformément aux ordres de l'empereur Napoléon III, fut même de ne remonter exclusivement que le donjon, dont d'importantes portions de murs subsistaient.

 

La chapelle.

 

Située au sud-est de la cour d'honneur, l'abside occupe la tour Judas Maccabée.

Elle a été achevée en 1882 par Ouradou sur les dessins de Viollet-le-Duc.

 

Le porche s'orne des statues de Viollet-le-Duc, vêtu en pèlerin de Saint Jacques, de Louis, le duc d'Orléans, constructeur du château et de son épouse Valentine Visconti de Milan.

La chapelle, reconstruite sur l'emplacement d'origine, est dotée par Viollet-le-Duc d'une tribune

permettant exceptionnellement de passer au-dessus du choeur.

 

La tribune et sa rose du côté de l'entrée.

 

A l'origine dans le château de Louis d'Orléans,

les voûtes de la chapelle se trouvaient de façon traditionnelle au niveau de l'abside.

En élevant au-dessus de cette abside une vaste tribune, il a donné à l'édifice plus d'élancement et de clarté.

 

Choeur à double étage, tribunes latérales sur deux étages,

Tribune seigneuriale communiquant avec le donjon.

 

 

La statue de l'archange Saint Michel.

 

L'aile des invités,

créée entièrement par Eugène Viollet-le-Duc.

 

Elle est demeurée inachevée, sans lambris ni décors peints.

 

C'est dans cet espace qu'est présentée la collection Monduit :

une collection d'ornements et de statuaires monumentales réalisés par la maison Monduit,

couvreurs et plombiers d'art qui exercèrent leur art de 1867 à 1970.

Sous cette vitrine sont présentés les objets trouvés par Eugène Viollet-le-Duc lors des fouilles du château

en 1858 et dans d'autres sites de la région.

 

Les ateliers Monduit surent renouveler la technique de la plomberie d’art. Les plus grands sculpteurs et architectes confièrent à ces ateliers la restauration des toitures de châteaux, d’églises ou d’hôtels particuliers mais aussi des créations telles que la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris, la grande lanterne de la coupole de l’Opéra de Paris, la flèche de la cathédrale d’Amiens, la couverture en bronze de la statue de la Liberté à New York, le Lion de Belfort, l’archange saint Michel qui couronne la flèche de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, la réalisation du quadrige sur le toit du Grand Palais à Paris et aussi, les couvertures du château de Pierrefonds.

 

La cheminée de la salle d'exposition représente une frise où s'entrelacent les initiales

de Napoléon III et d'Eugénie de Montijo, son épouse.

 

Les lucarnes en plomb.

 

La lucarne "étoile" était placée à une très grande hauteur et rend hommage au luxe du premier hôtel de ville du XV° siècle réalisée par Dominique de Cortone, dit le Boccador. L'hôtel de ville de Paris a été reconstruit de 1873 à 1892 dans le style néo-renaissance par les architectes Théodore Ballu (1817-1885) et Edouard Deperthes (1833-1898) après l'incendie de la Commune en 1871.

 

La salle des lucarnes.

 

 

Les pièces présentées ne sont pas des copies mais des doubles véritables, fabriqués par les ateliers Monduit

au moment de la réalisation des commandes, pour être exposés lors des expositions universelles.

 

Les épis de faîtage.

 

 

Un épi de faîtage, également appelé poinçon, est une pièce ornementale formée d'une base

et de plusieurs éléments (appelés manchons) enfilés sur une tige métallique placée aux extrémités

d'un faîtage de toiture, soit à la pointe (dans le cas d'un pigeonnier par exemple),

soit aux extrémités de la ligne de faîte.

Il constitue par exemple la partie supérieure (l’amortissement) d'un gable et est le plus souvent un fleuron.

 

Sa fonction est à l'origine une nécessité fonctionnelle : assurer l'étanchéité de la charpente traditionnelle de la toiture en couvrant et protégeant la partie saillante (l’aiguille) du poinçon unique ou des poinçons alors extérieurs des toitures à quatre pans; elle a pris par la suite une dimension décorative (typiquement lorsque l'épi est placé en avant-corps d'un pignon de ferme). Dans certaines régions françaises, les petits épis se nomment étocs.

 

Le grand escalier de l'aile des invités.

 

L’escalier à double révolution emblématique de la période Renaissance offre deux volées qui ne se croisent pas

(comme au château de Chambord), jouant ainsi sur une idée de divertissement pour la Cour.

 

Le lion sculpté par Auguste Cain en 1883, en cuivre martelé, haut de 2,57 mètres,

et réalisé par la maison Monduit.

Auguste Cain compte, après l'artiste Barye, parmi les plus grands sculpteurs animaliers du XIX° siècle.

Le thème des fauves a été son sujet de prédilection.

 

 

Le dauphin, cuivre martelé, haut de 2,40 mètres.

 

A la base du pont Alexandre III à Paris, réalisé par les ingénieurs Resal et Alby pour l'exposition universelle de 1900, se trouvent des dauphins de pierre analogues à celui-ci. Il est probable que le projet initial fut ce dauphin de cuivre, la maison Monduit ayant participé à la décoration de ce pont.

 

Plâtres de travail de l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, utilisés comme modèles préparatoires

pour réaliser les statues qui ornent le château, tels les personnages de la salle des Preux.

 

La statuaire monumentale.

 

Statue de lion, haute de 2,90 mètres de haut, en cuivre martelé (Beffroi d'Arras).

Le beffroi détruit lors de la Première Guerre mondiale,

a été reconstruit à l'identique en 1920, par Pierre Paquet (1875-1959).

 

 

 

Le lion couronnant l'édifice représente le lion de l'Artois et symbolise la ville d'Arras.

 

L'escalier à vis menant aux appartements impériaux.

 

Les appartements de l'Empereur situés dans le donjon.

 

Ces appartements ont été aménagés pour Napoléon III et Eugénie. Au premier étage le grand salon de réception,

cabinet de travail et chambre à coucher de l'Empereur dans la tour César.

Au 2° étage, la salle des Chevaliers de la table ronde (peint sur le manteau de la cheminée)

servait de chambre à l'Impératrice.

 

Le salon de réception.

 

Au XIX° siècle, l’empereur et l’impératrice recevaient ici leurs proches et intimes.

 

La banquette sculptée à dossier réversible a été dessinée par Viollet-le-Duc.

 

La cheminée est aux armes des ducs d'Orléans.

 

Au-dessus des lambris, des niches avec banquettes aménagées en retrait dans les murs portent un décor peint

qui simule une tenture a plis ornée des porc-épic, allusion à la famille d'Orléans, plus précisément,

à Louis XII, petit-fils de Louis d'Orléans, auquel le mammifère servait d'emblème.

 

Les parties hautes des lambris, en chêne de Hongrie, forment une suite de panneaux historiés

représentant des chimères et des monstres.

 

Toute la sculpture en bois a été réalisées par Zoegger.

Le style des frises inspirées de motifs végétaux annonce l'Art nouveau, avec presque 30 ans d'avance.

 

Le cabinet de travail.

 

Le cabinet de travail est décoré des symboles de l'Empire : hommage à Napoléon 1er (abeille),

et Napoléon III et son épouse (aigle).

 

Les boiseries sont décorées d'une frise où se mêlent végétaux et animaux fantastiques.

La présence de toilettes avec chasse d'eau, incluse dans la cloison,

montre la modernité du château du XIX° siècle.

 

Sur le bureau se trouve un buste de Viollet-le-Duc.

 

La chambre de l'Empereur Napoléon III, située dans la tour Jules César.

 

La décoration du manteau de cheminée présente les différentes pratiques de la chasse.

 

Cette chambre n'a jamais été utilisée du fait de l'évolution du projet de restauration :

le château devient un musée du Moyen Age et non une résidence impériale.

Viollet-le-Duc se base sur l'iconographie médiévale pour composer le décor de la frise peinte en haut des murs

qui relate la vie d'un chevalier au XIV° siècle.

 

La chambre de l'Impératrice,

située également dans la tour Jules César, au-dessus de la chambre de Napoléon III.

 

Cette haute salle à six pans est voûtée sur le plan d'un octogone, entièrement peinte.

Sur le manteau de la cheminée figure un arbre dont les branches à enroulement désignent chacune

un des huit chevaliers de la Table ronde. A leur fait, siège le roi Arthur.

Les vitraux aux aigles héraldiques portent la devise "Je l'envie".

 

La salle des armes de poing.

 

 

Cette pièce est une antichambre dans laquelle Napoléon III

exposait sur les blasons en bois les armes de poing de sa collection personnelle.

 

La grande porte d'accès à la salle des Preuses.

 

La salle des Preuses.

 

Ancienne salle de justice, c’est aujourd’hui la salle la plus imposante du château incarnant le faste

de la période Second-Empire avec son architecture impressionnante et sa décoration grandiose.

Sous le Second Empire, ce lieu sert de salle de réception ainsi que de galerie de bal.

À cet effet, une tribune d’orchestre située au-dessus de la salle d'armes, la domine.

 

Entrée principale de la salle des Preuses, avec les statues de Charlemagne et de ses paladins,

la tribune de l'orchestre et à l'arrière plan la salle des armes.

 

Deux ensembles statuaires se répondent aux extrémités de la salle : Le portail est richement orné de statues-

colonnes avec, au centre, l’empereur Charlemagne entouré des princes paladins : Olivier, Roland, l’évêque Turpin

et Guillaume d'Orange. À son dessus, deux anges soutiennent le blason impérial surmonté d’une couronne.

Les sculptures ont été réalisées par Gondran.

 

La salle est longue de 52 m, une largeur de 9,50 m et une hauteur de 12 m.

La voûte en berceau lambrissées carénée, en double presque le volume. Elle est éclairée par 22 fenêtres.

 

Seules deux banquettes circulaires dessinées par Viollet-le-Duc constituent le mobilier après le déménagement

de la collection d’armures médiévales de Napoléon III qui se trouve maintenant à l’hôtel des Invalides, à Paris.

La collection d’armures et d’armes de poing avait été acquise par l’empereur à la vente du prince Soltikoff en 1861

et elle était présentée auparavant dans le palais de l’Industrie aux Champs-Élysées.

 

De l’autre côté de la salle, une cheminée à double foyer est monumentale et ornée d’un manteau

représentant neuf statues féminines nommées les Preuses.

 

 Les Preuses évoquent l’amour courtois.

 

 Les visages des Preuses s'inspirent de ceux de l'impératrice et de ses dames de compagnie. De gauche à droite : Thamaris (maréchale Canrobert), Cinopé (princesse Murat), Lampetto (duchesse de Malakoff), Hipolyté (baronne de Pierres), Sémiramis (impératrice Eugénie), Penthésilée (duchesse de Cadore), Teuca (duchesse de Bassano), Déiphyle (Comtesses de la Poeze) et Ménalippe (madame Carette) qui, n’étant pas d’origine noble, est la seule statue à ne pas avoir de couronne.

 

Le chemin de ronde couvert d'une toiture.

 

Les fenêtres offrent une vue imprenable sur la ville avec son église, le château de Jonval,

les anciens thermes et le lac.

 

Salles de casernement.

 

Elles auraient été destinées aux soldats en faction.

Elles font parties des constructions les plus anciennes du château.

 

La salle des gardes ou des mercenaires.

 

 

Cette salle était destinée à abriter des soldats qui surveillaient depuis la galerie du demi-étage.

Quelques vestiges de l'ancien château découverts lors des fouilles archéologiques de 1858 sont entreposés,

notamment une statue de la Vierge de l'Annonciation

et trois statues de Preux : Artus, Charlemagne et Godefroy de Bouillon.

 

Cette salle a été entièrement créée par Viollet-le-Duc sauf la cheminée à deux âtres

et blason des Orléans qui est en partie d'origine.

 

La salle de la maquette.

 

 

La maquette en pierre du château a été réalisée pour l’Exposition universelle de 1878

par Lucjan Wyganowski (1809-1884), inspecteur des travaux et collaborateur de Viollet-le-Duc dès 1857.

Lors de sa présentation à l'exposition universelle,

elle a été découpée en 85 morceaux et rangées dans 28 caisses.

 

Des caves, dont les murs datent du XIV° siècle, sont accessibles par un escalier monumental à double volée. Les voûtes ont été reconstruites au XIX° siècle. Deux grands calorifères installés par Viollet-le-Duc permettaient le chauffage central des salles d'appartement.

 

Le parc.

 

Situé à la lisière de la forêt de Compiègne, le château est construit sur l’emplacement d’un ancien manoir

dans un parc clos de murs, boisé et escarpé, qui domine la ville. Viollet-le-Duc remodèle le parc

souhaitant ainsi l’intégrer à la dimension pédagogique du système de défense du château.

 

Face au châtelet, ce bâtiment (écurie ?), et cette reconstitution d'un appareil de levage.

 

Autres engins de levage présentés à travers le parc.

 

Vestiges de la maison Wyganowski (maitre de chantier sous la restauration par Viollet-le Duc)

située en contrebas du chemin charretier longeant les tours.

La maison très ancienne possédait deux tourelles d’escalier à vis du XIII° siècle, construite en pierre

de taille et couverte aussi en pierre. La pierre est posée sur un lit d’argile sans chaux et couverte en tuiles.


Cette maison a été rachetée sur la cassette de Napoléon III comme beaucoup d’autres maisons pour créer le parc du château. Elle date du moyen-âge et appartenait à la famille Leroy. Elle a été conservée pour en faire un logement de fonction à Lucien Wyganowski pendant la durée des travaux, et fût détruite en août 1918 par les bombardements.

 

Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc.

 

Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc dit Viollet-le-Duc, né le 27 janvier 1814 à Paris, et mort le 17 septembre 1879 à Lausanne,

Il est le fils d'Emmanuel-Louis-Nicolas Viollet-le-Duc (1781-1857), conservateur des résidences royales à l'intendance générale de la liste civile sous le règne de Louis-Philippe 1er dès 1832, hommes de lettres (Nouvel Art poétique, Paris, Martinet, 1809) et de Élisabeth Eugénie Delécluze (1785-1832), fille de l'architecte Jean-Baptiste Delécluze (1745-v. 1805), femme du monde qui tenait un salon où était reçu, entre autres, Stendhal.

Ü  Portrait par Nadar.

 

 

Si Viollet-le-Duc, homme d'un immense talent, féru d'art gothique et d'archéologie médiévale, est resté fidèle pour l'essentiel à l'allure générale de la fortification de Louis d'Orléans, s'il a réutilisé une partie des murs anciens encore en place, s'il a bien compris son système de défense (double étage par exemple pour les courtines et les tours avec superposition du mâchicoulis et de créneaux), il a en revanche laissé libre cours à son imagination pour recréer certains éléments, suivant ses conceptions personnelles : châtelet au-devant de la porte principale, chapelle du château, escaliers, dispositions intérieures des bâtiments, décor peint ou sculpté...

 

Outre son travail de restaurateur, on lui doit aussi d'avoir posé les bases de l'architecture moderne, par ses écrits théoriques marqués par le rationalisme (Entretiens sur l'architecture, 1863), et d'avoir directement inspiré de nombreux architectes : Victor Horta, Hector Guimard, Henri Sauvage, Émile Gallé et l'École de Nancy, Eugène Grasset, Antoni Gaudí, Hendrik Petrus Berlage, Louis Sullivan, Frank Lloyd Wright, Le Corbusier, Auguste Perret, l’École de Barbizon…

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.chateau-pierrefonds.fr/

Dépliant 8 volets, "guide du visiteur", remis à l'accueil

Panneaux explicatifs présentés sur le site

Brochure "Château de Pierrefonds", 48 pages, Editions du Patrimoine, 2009

Visite et photos, Chantal Guyon, le 11 septembre 2017 

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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