61 - DOMFRONT
(Arrondissement d'Alençon -  Canton de Domfront)

Région Basse Normandie.

 

 

Eglise romane Notre-Dame sur l'Eau,

de la fin du XI° siècle, début du XII° siècle.

 

 

L'église est située près d'un gué, sur la rivière Varenne, en contre bas du château,

elle fut à la fois l'église paroissiale de Domfront et un prieuré de l'abbaye de Lonlay.

 

Plan de l'église au sol, avant et après la démolition.

 

Notre-Dame-sur-l'Eau fut consacrée, à la fin de l'année 1156, par l'archevêque de Rouen, Hugues III d'Amiens, probablement en présence de Henri II Plantagenêt et de son chancelier Thomas Becket. Aliénor d'Angleterre, fille de Henri II et d'Aliénor d' Aquitaine, est née à Domfront en 1161. Il est possible qu'elle ait été baptisée dans cette église.

 

La construction de l'église, comme celle du donjon et de la prieurale Saint Symphorien du château,

est due au 3° fils de Guillaume le Conquérant, Henri de Beauclerc,

Seigneur de Domfront depuis 1092, puis duc de Normandie et roi d'Angleterre.

 

Jusqu'à la Révolution, ce fut un fief et un prieuré de l'abbaye bénédictine de Lonlay, proche de Domfront. Le cimetière paroissial s'étendait autour d'elle et de nombreux notables locaux ont été inhumés dans sa nef.

 

L'église a conservé sa disposition en forme de croix latine.

A l'origine elle comprenait 6 travées identiques et de vastes collatéraux.

Il ne subsiste plus que les 2 travées proches de la croisée du transept, privées des bas côtés.

 

L'ancienne façade a été remontée, avec son portail flanqué de six colonnes de granit

surmontées de chapiteaux ornés de crossettes et d'entrelacs.

 

Les chapiteaux sculptés du portail.

 

A la croisée du transept et de la nef, s'élève une tour-lanterne.

Elle comprend 2 niveaux d'ouvertures en plein-cintre, une arcature aveugle,

surmontée par des baies géminées dont la colonne centrale possède un chapiteau sculpté.

 

 

Le chevet forme la partie la mieux décorée. L'abside est plus basse que la travée du choeur.

Elle est flanquée de deux absidioles du transept.

 

Fenêtre du choeur au sud.

 

Sous le toit, une réfection avec des granites frustes simule une corniche à modillons. A l'arrière, deux baies circulaires (oculi) s'ouvrent dans la partie haute du transept, au-dessus des chapelles. Des colonnes à chapiteaux ornés, billettes et modillons, claveaux décorés rehaussent les pleins-cintres. Un cordon de billettes court sous le toit et repose sur des modillons grotesques.

 

Dalles funéraires et croix de cimetière du XVII° siècle, sur l'emplacement de l'ancien cimetière.

 

Dans la nef, entre les deux travées murées qui subsistent, on retrouve, comme à l'extérieur,

les piles quadrangulaires flanquées de demi-colonnes qui s'élèvent jusqu'à la voûte en bardeaux.

 

Bénitier et fonts baptismaux octogonaux en granit.

Dalles funéraires du XVII° siècle.

 

Sur les côtés comme au fond du transept,

une faible lumière provient des étroites fenêtres en plein-cintre.

 

Piéta en bois du XVII° siècle.

Statuettes en bois se répartissant sur les deux pignons du transept, (Un saint évêque et une Sainte).

Vierge à l'enfant du XIV° siècle, en pierre polychrome.

Gisant de Pierre Ledin de la Châlerie, gouverneur de Domfront dans le dernier quart du XIV° siècle.

 

 

Les peintures murales du XII° siècle

 

 

Statuettes en bois se répartissant sur les deux pignons du transept, (St François et St Jean)

 

Les quatre apôtres.

 

Reproduction de peintures murales du XIII° siècle, qui se trouvaient à l'origine dans l'absidiole du croisillon sud où elles recouvraient les peintures du XII° siècle sur le même thème qui sont encore en place. Elles ont été découvertes en 1857, puis déposées. Trop sensibles à l'humidité, les originaux sont désormais conservés hors de l'église.

 

Autel du XII° siècle formé d'une épaisse table en granite moulurée, reposant à l'arrière

sur un massif triangulaire et par devant sur trois colonnes décorées de tores.

 

Seul le choeur est voûté d'arêtes pour la travée, par un cul-de-four pour l'abside.

Ces voûtes étaient jadis peintes.

 

Les arcatures du choeur.

 

Le passage de la travée à l'abside est marqué par un arc qui repose sur des piles complexes, quadrangulaires à la base, elles se transforment à mi-hauteur en demi-colonnes, surmontées d'un chapiteau sculpté. Dans l'abside semi-circulaire, se prolonge l'arcature aveugle et les pilastres du niveau inférieur. Au registre supérieur, deux petites arcades s'insèrent entre leurs voisines plus amples.

 

L'église fut saccagée durant la guerre de Cent Ans, puis durant les guerres de religion, par les troupes du chef protestant Gabriel de Montgomery, sans oublier les déprédations et négligences de l'époque révolutionnaire. Transformée en magasin à fourrages, puis en usine à salpêtre, elle fut bien près de disparaître. Sa démolition fut même envisagée en 1826. Malgré l'intervention de Prosper Mérimée, Inspecteur Général des Monuments historiques, quatre travées de la nef et la totalité des bas-côtés, furent en 1836 abattus par les Ponts et Chaussées pour élargir la route de Mortain. Elle fut à nouveau endommagée par les bombardements alliés sur le quartier de la gare, durant l'été 1944. Une restauration minutieuse a permis de retrouver son architecture de style roman.

 

Le lavoir

 

 

Situé à proximité de l'église, sur la rivière Varenne,

le lavoir a la particularité de posséder "un bateau", avec à chaque extrémité,

un système de poulies, permettant de régler ce dernier en fonction du niveau de l'eau.

 

Sources :
Dépliant 3 volets , édité par l'Office de tourisme du Bocage Domfrontais,

du Passais et du Pays d'Andaine

Brochure "Notre-Dame-sur-l'Eau, Editions Lescuyer, 2012

Photos Chantal Guyon, 1° juillet 2014

 

Chantony - Patrimoine et Histoire

 

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