AIRVAULT  (Deux-Sèvres)
Arrondissement de Parthenay - Canton du Val de Thouet.
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 3.003 Airvaudais en 2015.

 

D'une superficie de 4.928  hectares, et d'une altitude de 67 à 140 mètres,

la ville est traversée par la rivière le Thouet.

 

 

Ancienne abbaye Augustine romane

 

 

Vue aérienne avant 1970, et vue d'ensemble du site en 2018.

L'ancienne abbatiale romane devenue paroissiale est comme incrustée

dans le creux d'un court vallon qui débouche dans la vallée du Thouet, rive droite.

 

L'église abbatiale romane Saint Pierre.

 

Un des plus beaux édifices du Haut Poitou roman, daté des XI°, XII° et XIII° siècles.

Elle est située sur les chemins de Saint Jacques-de-Compostelle.

 

La façade romane de type écran date de la première moitié du XII° siècle.

Séparée en trois travées, elle suggère l'agencement interne de l'église en trois vaisseaux.

 

Les origines de cette communauté de chanoines réguliers de Saint Augustin sont attribuées à la généreuse piété d'Aldéarde, vicomtesse de Thouars vers la fin du X° siècle. Les débuts semblent avoir été très difficiles jusqu'au moment où un moine venu de l'abbaye limousine de Lesterps, Pierre de Saine-Fontaine, rétablit l'ordre dans l'abbaye et entreprit de la reconstruire sur des bases nouvelles et plus amples. Son intervention se situe vers 1096. Il mourut en 1110. Dans l'intervalle, l'église avait été consacrée en 1100.

 

La représentation d'un cavalier dans une niche de la façade contredit la légende que raconte

qu'Aldéarde aurait été miraculeusement sauvée de la noyade par une vache.

Le portail central est surmonté de trois voussures délicatement ouvragées. Celle du centre présente 24 vieillards

de l'Apocalypse restitués en 2001-2003 lors de la restauration grâce à quatre sculptures qui restaient.

 

Aldéarde d'Aulnay (ou Hildegarde) était la fille de Cadelon 1er, vicomte d'Aulnay, et de Sénégonde de Marcillac. Elle épousa en 969 le vicomte de Thouars, Herbert, puis le comte d'Angoulême, Arnaud, en 977. Elle fonda l'église d'Airvault alors qu'elle était vicomtesse de Thouars, entre 969 et 976. De son 1° mari elle eut cinq enfants. Vers 980, Emma de Blois découvrit que son mari, le comte de Poitiers, Guillaume Fier à Bras, avait une liaison avec Aldéarde. Elle se vengea et fit maltraiter et violer sa rivale.

 

L'arcade nord met en scène un thème courant en Poitou : l'empereur Constantin à cheval,

terrassant le paganisme. La corniche est ornée de modillons qui présentent des têtes humaines

et des monstres figurant les défauts de la nature humaine.

 

Une porte au sud conduit à la chapelle des Gallénies, du dernier quart du X° siècle, contre laquelle est venue s'appuyer l'église. Le portail de la fin du XI° siècle, dont l'arcade arrondie (en plein cintre) est portée par un faisceau de colonnettes s'ouvre alors pleinement sur la nef.

 

 

 

L'entrée dans l'église se fait par le passage rare et inhabituel en Poitou dédié aux novices : le narthex roman.

 

Sous les corniches, de nombreux modillons romans sculptés.

 

Le chevet roman est couronné par un clocher gothique dont la flèche polygonale de pierre

et flanquée de quatre clochetons culmine à 59 mètres.

Les absidioles orientées dont est doté chaque bras du transept sont assez développées en longueur

pour pouvoir communiquer latéralement par une arcade avec le déambulatoire.

 

 

Sous les corniches, de nombreux modillons romans sculptés.

 

La nef centrale est voûtée d'ogives de style angevin du XIII° siècle.

 

La nef se déroule sur 34 mètres portée par 7 travées.

 

Des voûtes gothiques datant du XIII° siècle ont permis le percement de baies

qui contribuent à un éclairage direct de l'édifice et à son élégance.

 

 

Les hautes piles poitevines sont ornées de chapiteaux sculptés et les voûtes de style Plantagenêt.

 

Découverte en 1888, dans le collatéral nord, entre la façade ouest, une dalle sculptée de la fin du XI° siècle.

C'était probablement un devant d'autel roman.

Le Christ dans une mandorle (niche en forme d'amande) est entouré des symboles des quatre évangélistes : l'homme, l'aigle, le lion et le taureau pour Mathieu, Jean, Marc et Luc.

 

Dans une piscine sculptée, statue du petit Jésus de Prague.

 

L'orgue à cylindre.

Cet instrument mécanique a été construit à Mirecourt, dans les Vosges, vers 1830,

puis installé dans la tribune de l'abbatiale en 1839.

En décembre 2011, l'orgue a été réinstallé dans la nef de l'église.

 

Dans la nef, est placé un meuble dont les portes closes ne laissent pas deviner qu'il s'agit d'un orgue, si ce n'est le levier qui permettait d'en manœuvrer la soufflerie. Il a subi diverses transformations qui lui avaient fait perdre son identité : suppression du système de lecture des cylindres, allongement du clavier manuel de 37 à 54 notes, changements de jeux d'orgue. Fort heureusement, les cylindres ont été conservés dans leur boîte d'origine derrière l'instrument sur la tribune, ce qui a permis d'envisager une restauration qui le remettrait dans son état primitif d'orgue mécanique.

 

Chaque bras du transept s'ouvre sur une chapelle orientée.

 

Statues : Vierge à l'enfant, Jeanne d'Arc et Saint Michel terrassant le dragon, du XIX° siècle.

 

Le choeur est entouré d'un large déambulatoire qui s'ouvre sur trois chapelles,

avec un rond-point de trois colonnes.

 

Les chapiteaux historiés nous content le péché originel, les travaux des champs...

 

Statues : Saint Pierre, Saint Hilaire et Saint Antoine de Padoue, du XIX° siècle.

 

 

Statue de Saint Joseph et l'enfant Jésus, du XIX° siècle et une pietà.

 

Les chapiteaux du choeur et de la nef sont de la fin XI° - début XII° siècle,

et abordent les grands thèmes de la sculpture romane : corbeilles végétales et pommes de pin,

animaux réels ou fantastiques (sirènes, dragons, lions et chouettes), scènes de la vie quotidienne

(banquet, travaux des saisons, funérailles), scènes tirées de la Bible (Adam et Eve).

 

Statue en bois d'une Vierge à l'enfant, du XVII° siècle.

 

Dans le transept nord se trouve le très beau tombeau de l'abbé Pierre de Saine, mort en 1110.

 

Statue de Sainte Radegonde, du XIX° siècle.

 

Le cénotaphe inscrit dans un enfeu roman est porté par deux atlantes.

Sur la façade se détachent au centre le Christ pieds nus et immobile, et de chaque côté,

les apôtres partant évangéliser le monde. Sur le pignon gauche une façade d'église,

et sur celui de droite, une croix celte dans deux cercles, le sceau de l'abbé.

Statues : Vierge à l'enfant polychrome, des XVII° ou XVIII° siècles - Vierge à l'enfant du XIX° siècle.

 

 

Le choeur et un grand Christ en croix, en bois.

 

Lutrin à l'aigle du XVII° siècle.

 

Les clefs de voûtes sculptées et peintes.

 

La base de certains piliers renferme également des sculptures.

 

 

Chapiteaux sculptés de la nef (côté sud).

L'histoire sainte est racontée en images et en trois dimensions. De la Genèse au Nouveau Testament,

d'Abraham au Christ, et de nombreux passages de la Bible sont illustrés et accompagnent le fidèle

au choeur de l'église, dans un véritable cheminement spirituel.

 

Dans l'église abbatiale d'Airvault, 14 objets sont protégés

au titre des Monuments Historiques :

 

Le mobilier placé dans les églises possède un statut particulier. Affecté au culte, s'il est antérieur à la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la propriété est attribuée à la commune. Les objets acquis après 1905 appartiennent à l'Association diocésaine.

 

La loi du 31 décembre 1913 a permis la mise en place officielle de dispositif de protection du patrimoine qui ont rendu possible la sauvegarde d'immeubles ou d'objets présentant un intérêt patrimonial, historique, archéologique ou culturel... par des actions de conservation et/ou de restauration.

 

La responsabilité de ces objets incombe à la commune, propriétaire, à la paroisse (affectataire) et à l'Etat en la personne du Conservateur des Antiquités et Objets d'Art dans chaque département.

 

 

Les vestiges du cloître et de la salle capitulaire.

 

Une porte dans le bras sud du transept permet de se rendre dans la salle capitulaire

en passant par les vestiges de l'ancien cloître.

En 1866, une partie de la salle a été détruite par le percement d'une rue,

qui sépare l'église des bâtiments conventuels.

 

La salle capitulaire date de la seconde moitié du XII° siècle.

Elle est voûtée d'ogives nervurées retombant sur une colonne centrale octogonale.

 

Le mur extérieur sud présente une belle série de fenêtres romanes.

Seule une fenêtre à meneaux du XV° siècle rompt l'harmonie, afin d'éclairer l'autel paroissial.

 

Les fenêtres sont décorées de chapiteaux d'une grande finesse :

Adam et Eve, oiseaux buvant dans un calice, végétaux...

 

 

Vue sur l'église depuis la cour du cloître.

 

Le logis abbatial, du XVII° siècle, aujourd'hui transformé en musée municipal.

 

Lors de la construction d'une rue en 1866, une partie des bâtiments conventuels de l'abbaye a été détruite

(dortoir, réfectoire). Néanmoins, plusieurs bâtiments ont été conservés et sont encore visibles.

 

Le logis abbatial, devenu en 1975, le musée municipal.

 

 

Façade, côté jardin. Vestiges de sculptures récupérées lors des démolitions.

 

 

Dans le logis abbatial, le Musée des Arts et Traditions Populaires

évoque la vie quotidienne en Poitou au début du XX° siècle.

 

La prison, ancienne porte fortifiée, de la fin du XII° siècle.

 

La prison, le cuvier et le logis abbatial.

 

Cette porte faisait partie intégrante du mur d'enceinte.

 

Intérieur de la prison.

 

La salle dite du cuvier.

 

Cette salle date du XII° siècle et est utilisée aujourd'hui, comme salle d'expositions.

 

Entrée de salles souterraines du XIV° siècle servant autrefois à entreposer la nourriture des religieux.

 

Après la Révolution, l'administration publique (mairie, justice de paix, gendarmerie) venue s'installer sur ce site, a réalisé quelques aménagements intérieurs (cloisonnements...) et transformé la porte de l'abbaye en prison. La gendarmerie y restera jusqu'en 1973.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.alienor.org/collections-des-musees/
http://www.orgueacylindredairvault.sitew.fr/

Dictionnaire des églises de France, "Poitou, Saintonge, Angoumois"

Editions Robert Laffont, Volume IIIc, 1967

Livret "Les chemins d'Aldéarde", 20 pages, Mairie d'Airvault

Panneaux explicatifs présentés dans l'abbatiale

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 23 avril 2018

 

 

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