BRESSUIRE  (Deux-Sèvres)
Arrondissement de Bressuire - Canton de Bressuire
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 19.411 Bressuirais en 2015.

 

D'une superficie de 1.805 hectares, et d'une altitude de 98 à 236 mètres,

la ville est traversée par la rivière du Dolo.

 

 

Le château fort du X° siècle

 

 

Le château, d'architecture militaire comportait trois enceintes, mais la plus extérieure a disparu.

Une chapelle se dressait dans l'enceinte.

À ce jour, seules les fondations de la crypte subsisteraient, à environ 2 mètres de profondeur.

 

Vues aériennes de la forteresse, avant 1970

 

Le château est élevé à l'ouest de la ville sur un plateau granitique, dans une boucle du Dolo.

Du XI° au XV° siècle, il appartiendra à la famille des Beaumont.

Il reste de cette forteresse les ruines des enceintes, une partie du donjon, un aperçu des chemins de ronde.

La rénovation se fait actuellement petit à petit sur une tour Nord de l'enceinte.

 

Le château est constitué de deux enceintes concentriques du XIII° siècle.

 

Plan du château de Bressuire, à la fin du XV° siècle.

 

1 Moulin du Payré

2 Petit étang

3 Porte de Payré

4 Pilier massif

5 Cavalier

6 Chemise du donjon

7 Tour de Corbin

8 Etang de Yavard

9 Fortin

10 Tour de l'Y

11 Tour des armes à feu

12 Tour du trésor

13 Tour de Lany

14 Tour de la Fontaine

 

15 Saint Nicolas / 16 Entrée secondaire / 17 Entrée principale / 18 Cavalier,

19 Grand'tour / 20 Demi-lune / 21 Porte Saint Simon.

 

Une seconde enceinte du XIII° siècle, de 733 mètres de développement,

flanquée de 38 tours rondes,

englobe une enceinte circulaire du XI° siècle, enfermant plus de 4 hectares.

 

Le château de Bressuire est cité pour la première fois dans les textes vers 1030, lorsque Geoffroy, vicomte de Thouars, fait don aux moines de Saint-Cyprien de Poitiers d’un bourg avec une église qu’il avait fait construire près de son castrum de Bressuire. En 1095, une église, située à l’intérieur du château et dédiée à saint Nicolas, est citée pour la première fois. Le château appartient alors à Thibaud de Beaumont. Au XIII° siècle, les seigneurs de Beaumont figurent parmi les plus proches partisans du roi d’Angleterre en Poitou.

 

La porte principale. La première enceinte, de plan semi circulaire, flanquée de 7 tours rondes,

se referme sur le bord du plateau rocheux au sud.

 

La Guerre de Cent Ans démarra en 1338 suite à de nouvelles tensions entre les Plantagenêts et les Capétiens. Malgré la mobilisation des troupes françaises, les défaites se succèdent : celle de Crécy en 1346 annonce les suivantes. Le Poitou est le théâtre des luttes opposants Anglais et Français. La bataille de Poitiers, le 19 septembre 1356, et la défaite du roi de France, marque la domination anglaise. En 1360, le traité de Brétigny accorde aux Anglais le Poitou, la Saintonge, l’Angoumois, le Limousin, la Marche, le Périgord et le Quercy.

 

 

Avant l'entrée principale, un petit jardin est aménagé, présentant quelques sculptures modernes.

 

Louis de Beaumont, seigneur de Bressuire, rend hommage aux Anglais en 1363 à Poitiers. Le château est alors occupé par des garnisons anglaises. L’année 1367 signe la reprise des hostilités. Du Guesclin, Connétable de France, conduit ses troupes à la reconquête du comté du Poitou. Le seigneur de Bressuire soutient alors les Anglais. En 1370, Du Guesclin met le siège devant Bressuire. Le château capitule et le Connétable de France y laisse une garnison. Bressuire passe alors sous domination française.

 

Depuis l'extérieur, les tours de la seconde enceinte, situées à proximité de la porte principale.

 

En 1440, Jacques de Beaumont devient seigneur de Bressuire, chambellan et conseiller de Louis XI. Dès l’année suivante, il fait du château une belle demeure seigneuriale : construction d’un immense bâtiment fermant la cour avec de belles fenêtres à meneaux, de splendides cheminées de granit ornant les salles réservées au seigneur, une élégante galerie, côté ville, le tout témoignant de l’esprit de raffinement du propriétaire.

 

 

La porte et ses tours. Photo de droite, la porte vue depuis l'intérieur de l'enceinte.

 

Jacques de Beaumont meurt le 15 avril 1492, à l’âge de 70 ans. Il laisse trois filles. La première, Jeanne, hérite de la baronnie de Bressuire. A sa mort, Bressuire revient alors en 1510 à la deuxième fille de Jacques de Beaumont, Philippe et à son époux Pierre 1er de Laval-Montmorency. Ce sont eux qui font reconstruire le chœur et le clocher de l’église Notre-Dame. Ils préfèrent leur résidence de Laval et ne viennent habiter Bressuire que très rarement. En juin 1562, le château est occupé par les Protestants. À leur départ, la forteresse accueille une garnison permanente qui séjourne à Bressuire pendant toute la Ligue, de la fin du XVI° au milieu du XVII° siècle.

 

Une longue allée mène au donjon.

 

Depuis, le château est passé dans de nombreuses familles (Strozzi, Fiesque, Dangeau) sans que son entretien soit toujours assuré. Le 30 mars 1730, une violente tempête détruit un tiers du château, dont les matériaux sont récupérés et entreposés pour être réemployés le cas échéant sur d’autres bâtiments. C’est le début du démantèlement de l’édifice. Propriété de la commune depuis 1975, il est classé Monument Historique par arrêté du 30 avril 1996.

 

Au pied de la seconde enceinte, cette allée mène aux jardins.

 

 

Vestiges de la Grand'tour et du logis féodal.

 

La chemise du donjon, et entrée dans la seconde enceinte.

 

Cour intérieure de la seconde enceinte et le vieux puits.

 

 

Sur l'esplanade, subsistent encore quelques vestiges du logis seigneurial du XV° siècle.

 

Façade côté rivière - Façade côté cour d'honneur.

Sur le flanc dominant la rivière s'élève aujourd'hui un manoir construit en 1878,

à l'emplacement des logis de la fin du XV° siècle, élevés par Jacques de Beaumont, chambellan de Louis XI.

 

 

Le château du XIX° siècle, de style néo-gothique, abrite des expositions temporaires.

 

 

La terrasse du château, donnant sur la vallée du Dolo.

 

 

On compte encore une trentaine de tours, pleines ou creuses, de 4 à 6 mètres de diamètre.

Dès l’origine, l’enceinte apparaît dotée de tours pleines ou creuses,

entre lesquelles sont parfois percées des archères, directement dans la muraille.

 

Dans un second temps, de nouvelles tours ont été ajoutées à l’enceinte, sur les fronts nord et est, de sorte que l’espacement entre deux ouvrages n’excède pas 8 mètres. Ces deux phases de construction se sont succédées rapidement. Les tours pleines, quoique d’un diamètre inférieur à celui des tours de la première enceinte, relèvent d’une même conception : de plain-pied avec le chemin de ronde des murailles voisines, à une dizaine de mètres de hauteur, elles offrent une terrasse défensive depuis laquelle on pouvait couvrir l’approche des murailles. Les tours creuses, de faible diamètre, possèdent trois niveaux, le second étant ouvert sur le chemin de ronde de l’enceinte et accessible uniquement par ce dernier.

 

Au pied de la forteresse, un jardin d'enfants a été mis en place.

A l'intérieur d'un espace clos, des chèvres sont élevées et permettent ainsi d'entretenir les espaces escarpés.

 

Vue sur le château, depuis la rivière Dolo.

 

Les jardins.

 

 

Vue d'ensemble sur le jardin médiéval.

 

Au pied du château médiéval, se sont élevés ici pendant un temps, une serre et divers moyens de production horticole. Suite au développement d'un nouveau site, ces structures ont perdu leur fonction initiale. Un nouveau fil conducteur a été déterminé pour occuper cet espace.

 

Cet espace jardiné d'inspiration renaissance est composé autour de la forme de l'homme de Vitruve,

le cercle et le carré étant matérialisé et chacune de ses 5 extrémités était représentées par un personnage

ayant marqué l'histoire : Ambroise Paré, Léonard de Vinci, Nicolas Copernic, Gutenberg et Fernand de Magellan

 

Vitruve était un architecte romain principalement connu pour ses écrits "De l'Architectura" (25 avant J.C.), traité d'architecture qui nous est parvenu et qui influencera beaucoup d'artistes de la Renaissance, dont Léonard de Vinci. Celui-ci dessina un modèle d'homme universel à partir du texte de "De architectura" où Vitruve donne la proportion qu'il pense idéale du corps humain. Léonard de Vinci l'inscrit dans un cercle et un carré, figures de base de la géométrie et représentation du ciel (le cercle) et de la terre (le carré). Il place ainsi l'homme idéal au centre de l'univers.

 

Cadran solaire et, les symboles gravés dans le granit du pays représentent des évènements, des personnages,

des objets emblématiques d'une époque et à travers elle l'Histoire, de la grande comme de la petite.

 

D'une serre à la forme contemporaine jusqu'à un jardin enclos de quatre murs tels que ceux existant au Moyen Age dans les châteaux forts et les cloîtres, il a été décidé de guider le visiteur pour un voyage à travers le temps, du XIX° siècle jusqu'au Moyen Age, en passant par le Romantisme, le Baroque et la Renaissance.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.hpb.asso.fr/
http://www.richesheures.net/
Guide d'accueil 2018, O.T. Bressuire

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 22 avril 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville