CELLES-SUR-BELLE  (Deux-Sèvres)
Arrondissement de Niort - Canton de Celles-sur-Belle.
Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 3.752 Cellois en 2015.

 

D'une superficie de 3.724 hectares, et d'une altitude de 60 à 162 mètres,

la ville est arrosée par la rivière Belle, un affluent rive droite de la Boutonne.

 

Etymologie : le nom vient du latin celle, petit monastère.

 

 

Abbaye Royale Augustine
 

 

L'ancienne abbatiale Notre-Dame.

 

L'abbaye de Celles fut fondée au XI° siècle.

Son imposante église qui domine la petite vallée de la Belle fut un lieu de pèlerinage très fréquenté

dès le début du XII° siècle, par les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle.

 

De gauche à droite, le bâtiment conventuel, l'ancien réfectoire, l'un des pavillons dont l'entablement

s'orne d'une grande frise sculptée et l'église abbatiale.

 

L'ancienne abbatiale a été reconstruite en partie sous Louis XI, puis détruite par les huguenots en 1569, et rebâtie au XVII° siècle par l'architecte François Le Duc, dit Toscane, dans le style de la dernière période gothique. L'abbaye, située au chevet de l'église, a été bâtie par le même architecte et s'ouvre sur une vaste terrasse qui domine la vallée. La Révolution à son tour frappa durement la communauté religieuse en place. L'église Notre-Dame restaurée au XVII° siècle fut désaffectée et transformée en prison, les biens de l'abbaye vendus comme bien nationaux.

 

Petit portail du bas-côté nord. Son tympan est orné de statuettes mutilées et représente l'Annonciation.

 

La fontaine, et le clocher-porche gothique des XV° et XVI° siècles,

épaulé par trois contreforts obliques et une tourelle d'escalier, se dresse à 47 mètres de hauteur.

 

Le portail principal avec cinq écussons en V aujourd'hui érodés

ont permis de dater la construction du clocher-porche (1494-1514).

Portail roman à voussures polylobées du XII° siècle.

 

Avec sa baie en arc brisé, ses voussures et ses tores divisés en neuf lobes, ses redents terminés par des trèfles, des têtes d'hommes, d'animaux et de monstres, le portail traduit une influence hispano-mauresque véhiculée par les pèlerinages et les guerres de reconquête.

 

Crypte de l'église paroissiale Saint Hilaire, du XII° siècle.

 

De l'église paroissiale Saint Hilaire vendue comme bien national et démolie après la Révolution, il ne reste qu'une chapelle romane du XII° siècle à chevet plat, communément appelée crypte. L'intérieur de la chapelle avec ses ogives fortement bombées et ses piles engagées ont été ajoutées vers la fin du XII° siècle. L'appui des fenêtres est appareillé en gradins.

 

La nef est aveugle, mais éclairée par les fenêtres des bas-côtés. Les voûtes fortement bombées

sont à huit branches d'ogives, avec des clés à motifs floraux, mais aussi des piliers continus.

Statue de Notre-Dame qui remplaça la statue miraculeuse disparue.

Décapitée pendant la Révolution, elle fut restaurée en 1824.

 

Trente cinq stalles en noyer à dossier classique tapissent les murs du choeur et de l'abside.

 

Les voûtes du sanctuaire sont du XVII° siècle. La multiplication des liernes et des tiercerons,

la profusion du décor sculpté, la saillie des clés pendantes illustrent le gothique flamboyant.

Rosace de l'abside qui surmonte la fenêtre d'axe, et aujourd'hui murée.

 

Depuis le choeur, vue sur le portail occidental et les orgues.

 

La file des piliers flamboyants bordent la nef.

Les nervures des arcs pénètrent directement dans les piliers sans le recours aux chapiteaux.

 

Chapelle des fonts baptismaux.

 

 

 

Les chapelles des bas-côtés.

 

Huit chapelles s'ouvrent sur les bas-côtés de la nef dont les pierres calcaires sont du pays, leur symétrie donne à l'ensemble l'allure d'un édifice à cinq nefs. Les fenêtres qui les coiffent sont décentrées, probablement pour obtenir un meilleur éclairage des autels.

 

Chapelle du Saint Sacrement, construite par le dernier abbé régulier de l'abbaye :

Mathurin II Joubert de la Bastide (1494-1514).

 

La chapelle relevait l'église des moines à l'église paroissiale Saint Hilaire, détruite à la Révolution et dont il ne reste plus que les ruines d'une crypte de la fin du XII° siècle. Elle est, avec le clocher qui porte à trois endroits les mêmes armes, la seule partie de l'église abbatiale qui n'ait pas été ruinée dans les guerres de religion du XVI° siècle.

 

Aux clés de voûtes ont été sculptées les armes de Mathurin II qui étaient :

"d'argent à cinq fusées accotées et rangées en fond de gueule".

Les nervures de la voûte se perdent dans les murs aux quatre coins de l'édifice.

 

Après la Révolution, au rétablissement du culte, l'abbatiale remplaça l'église paroissiale Saint Hilaire et cette chapelle en devint la sacristie. La restauration de l'édifice en 1973 par les Bâtiments de France et l'érection d'un autel ont permis d'en faire la chapelle du Saint Sacrement.

 

 

Le bâtiment conventuel du XVII° siècle.

 

Ce bâtiment à pilastres ioniques (1670-1680) fut construit pour l'abbaye d'augustins,

puis de génovéfains dont Talleyrand fut le dernier abbé commendataire.

 

L'église abbatiale, le bâtiment conventuel, le jardin à la française et l'ancien moulin.

 

 

Entrée principale de l'abbaye, du XVII° siècle. Ensemble en fer à cheval.

Deux pavillons à toit plat encadrent symétriquement une grille en fer forgé plus récente.

Haut de pilier ionique surmonté d'un vase orné de grotesques.

A droite de la photo, l'un des pavillons dont l'entablement s'orne d'une grande frise sculptée.

 

Le logis Saint Gobert, du XVII° siècle, sans doute destiné au logement du prieur du même nom,

est une construction commencée par Masson, et terminée par François le Duc.

 

Le bâtiment conventuel est l'oeuvre de l'architecte François Le Duc,

dit "Toscane" qui s'y employa de 1676 à 1682. Il mesure 83 m de long sur 17 m de haut.

Il fut construit en partie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle Notre-Dame.

 

Les minces pilastres cannelés ioniques soulignent les deux étages de l'édifice et rythment l'alignement des fenêtres. Séries de contreforts à volute au niveau du rez-de-chaussée. Modillons en forme de S qui se répètent sous la corniche. (ce motif est souvent repris par François Le Duc).

 

Le déséquilibre apparent de la façade avec son bel escalier décentré,

vient du fait que l'aile droite n'a jamais été construite. Un large perron donne accès à la porte d'entrée.

Les contreforts surmontés de volutes et de pilastres soulignent cette façade faite de pierre de refend à bossage.

Au rez-de-chaussée se trouve la salle du réfectoire ainsi que la cuisine. Puis,

en accédant aux étages supérieurs, la chambre de l'abbé, les cellules monastiques...

 

Vestige de l'ancien cloître qui mesurait 64 pieds au carré et avait 20 voûtes, du XV° siècle.

(La photo montre la naissance de trois d'entre elles).

La galerie du cloître du XVII° siècle, est divisée en 12 travées par des arcs doubleaux qui reposent

côté cour sur de fortes colonnes octogonales. Sa voûte, moulurée, est à demi-berceau dans sa partie est,

à demi voûtée, dans sa partie ouest.

 

Dans le vestibule, partie de l'escalier en pierre qui mène au premier étage avec sa rampe en fer forgé.

A gauche du vestibule, la porte d'accès conduit au réfectoire, avec ses deux pilastres cannelés surmontés

de chapiteaux à feuilles d'acanthe. Un chambranle sculpté de fleurs perles encadre l'ouverture.

Vue sur le réfectoire du XVII° siècle, avec son dallage qui allie quelques figures géométriques.

Cuisine du réfectoire, voûtée d'ogives moulurées reposant sur des culots.

Le dallage a pour motif central une croix et l'une des portes donne accès au cloître.

 

Le jardin à la française.

 

 

 

Le jardin à la Française a été réalisé en 1992 selon une esquisse du XVII° siècle,

ainsi qu'un jardin potager à thème

 

 

La rivière Belle a été canalisée.

 

Le vivier et sortie de la Belle vers le parc.

 

L'ancien moulin.

 

Le moulin possède encore sa roue.

 

Le jardin de curé.

 

 Jardin de curé  avec ses plantes aromatiques.

 

Au seuil de l'Empire, Napoléon Bonaparte signa avec le Pape le concordat de 1801. L'exercice du culte fut rétabli. Le renouveau religieux grandit tout au long du XIX° siècle, mais il fallut attendre le 3 juillet 1899 pour voir revivre le pèlerinage qui se perpétue encore aujourd'hui, sous le nom de "Septembrèche".

 

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France, "Poitou, Saintonge, Angoumois"

Volume 111c, Editions Robert Laffont, 1967

Brochure "Abbaye Royale, Celles-sur-Belle", , 42 pages

Conseil Général des Deux Sèvres, 2013

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée de l'abbatiale

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 25 avril 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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