MAULÉON  (Deux-Sèvres))
Arrondissement de Bressuire - Canton de Mauléon.
Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 8.479 Mauléonais en 2015.

 

D'une superficie de 12.064 hectares, et d'une altitude de 104 à 226 mètres,

la ville est traversée par les rivières la Sèvre Nantaise et le Moine.

 

Etymologie : Mauléon est une contraction de "mauvais lion", signifiant "méchant lion".
En 1080, le nom de Mauléon apparaît dans les premières chartes de l’abbaye de la Trinité.

 

Vues aériennes avant 1970.

 

En avril 1736, Mauléon est érigé en duché-pairie en faveur du comte de Châtillon, gouverneur du dauphin, et prend le nom de Châtillon-sur-Sèvre, bien que situé seulement sur un affluent de la Sèvre nantaise. Le 1er janvier 1965, la ville reprend son nom de Mauléon, et la commune de St-Jouin fusionne avec celle de Mauléon.

 

 

La ville, labellisée "Petite cité de caractère".

et son patrimoine.

 

 

En 1793, Châtillon fut en quelque sorte la capitale de la Vendée militaire.

En effet, l'Imprimerie Royale et surtout le Conseil supérieur,

gouvernement embryonnaire des régions insurgées, y étaient installées.

D'âpres combats s'y déroulèrent (5 juillet et 11 octobre 1793), au cours desquels la ville fut incendiée.

 

Le château de Mauléon.

 

Perchée sur son éperon rocheux, la cité castrale de Mauléon doit son existence aux seigneurs de Mauléon.
Fief des Mauléon, grands seigneurs poitevins du XI° au XIII° siècles, la ville recèle une histoire ancienne.

Elle se développa autour de son château et de son abbaye dès le XI° siècle.

 

Les remparts du château.

 

La porte du château du XII° siècle.

L'appareillage de pierres massives visait autant la solidité de l'édifice qu'à impressionner les assaillants.

 

 

La porte d'entrée comporte les vestiges des rainures d'une herse,

mais ce sont les seules traces de défenses du portail.

 

Mauléon est un fief de la famille qui porte le même nom, Le plus connu est Savary 1er, sénéchal du Poitou, troubadour, poète, corsaire et preneur de ville. Notamment, il s'empara de Niort en 1205 pour Jean sans Terre. Au XIII° siècle, Mauléon appartient aux vicomtes de Thouars, et plus tard au XV° siècle, à la famille d'Amboise, puis à leurs héritiers les La Trémoille.

 

Façade du château faisant face au châtelet.

 

Mauléon fut très disputée pendant les guerres de religion car c'était un lieu stratégique. En 1587, Henri de Navarre s'empare de Mauléon. Et la ville est prise six fois de suite, tantôt par les huguenots, tantôt par les catholiques. En 1642, le château (remparts, tours…) qui domine l'éperon est démantelé par Richelieu très soucieux de la réunification du pays encore trop attaché à ses traditions selon lui.

En 1716, le vicomte de La Trémoille vend la baronnie au marquis de la Flocellière, Gilles de Granges de Surgères. Vingt ans plus tard, ce dernier revend la baronnie au duc Alexis Madeleine Rosalie de Châtillon, gouverneur du dauphin, fils de Louis XV. Usant de son influence à la cour, il donna à Mauléon son nom, c'est ainsi que Mauléon devint pour un temps Châtillon-sur-Sèvre (érigé en duché-pairie) alors que cette dernière, la Sèvre nantaise, ne passe qu'à 8 kilomètres environ.

 

L'esplanade du château.

Le Duc de Châtillon fit construire vers 1740 le bâtiment central qui existe encore à la place de l’ancien donjon,

appelé par la population "le Palais" en raison de sa fonction,

de Palais de Justice et de baillage attribuée par le Duc de Châtillon.

 

Savary de Mauléon, 1172-1233.

 

Savary 1er, sénéchal du Poitou, s'empara de Niort en 1205 pour Jean sans Terre.

Au XIII° siècle, Mauléon appartient aux vicomtes de Thouars,

et plus tard au XV° siècle, à la famille d'Amboise, puis à leurs héritiers les La Trémoille.

 

Savary, probablement né dans les années 1170, est le fils de Raoul II de Mauléon, seigneur de la Rochelle et de Ré et d’Alix Chabot, dame de Réb. En premières noces, Savary épouse Belle-Assez de Pareds, dame de Chantemerle et de Pouzauge, fille de Guillaume de Pareds, seigneur de Pouzauge et de Pareds.

 

L’origine des seigneurs de Mauléon est assez obscure ; ils sont vraisemblablement issus de la puissante famille des vicomtes de Thouars. D’ailleurs le premier seigneur connu de Mauléon, Foulques, résidait à Thouars, vers 1090. Parmi ses successeurs, Savary de Mauléon, joua un rôle important dans les luttes qui opposèrent Capétiens et Plantagenêt pour la possession du Poitou, au tout début du XIII° siècle.

 

Ü Savary de Mauléon à cheval (Chansonnier provençal, première moitié du XIII° siècle).

 

Un troubadour (de l'occitan trobador : « trouveur », trobairitz au féminin : « trouveuse ») est un compositeur, poète, et musicien médiéval de langue d'oc, qui interprétait ou faisait interpréter par des jongleurs ou des ménestrels ses œuvres poétiques. Les femmes qui pratiquent l'art du trobar, sont appelées des trobairitz.

Le mouvement troubadour a commencé vers la fin du XI° siècle en Occitanie, au sein de la haute noblesse occitane. Puis, il s'est répandu par la suite dans d'autres couches sociales et s'est étendu au nord de l'Italie et de l'Espagne. Les troubadours ont participé activement à la vie sociale, politique et religieuse de la société de l'époque. Sous l'influence des troubadours, des mouvements du même type se sont levés partout en Europe. Après la période classique vers le XIII° siècle et d'une résurgence au milieu de ce siècle, l'art des troubadours a décliné au XIV° siècle puis a finalement disparu à l'époque de la Peste noire (1347-1352).

Les thèmes abordés dans les chansons des troubadours portent principalement sur la chevalerie et l'amour courtois. Les œuvres peuvent être groupés en trois styles : le trobar leu (léger), le trobar ric (riche) et le trobar clus (fermé). Il y avait beaucoup de genres, le plus populaire étant les canso. Les sirventes et les tensos étaient surtout populaires dans la période post-classique, en Italie et parmi les trobairitz.

L’œuvre elle-même des troubadours est conservée dans plusieurs manuscrits et codex en France, Espagne ou Italie, et a été analysée par les philologues, et les musicologues à partir du XIX° siècle.

 

L'ancienne abbaye augustine Sainte Trinité,

devenue de nos jours, l'hôtel de ville.

 

L'abbaye de la Sainte Trinité (ordre de Saint Augustin), formée d'un cloître et d'une abbatiale du XII° siècle,

s'élevait à l'emplacement du presbytère actuel et de l'église de la Trinité.

Les moines réguliers vont s'installer dans l’abbaye jusqu'en 1540. Ensuite les moines commendataires prennent

la relève. Les guerres de religion précipitent son déclin et elle est pillée plusieurs fois à la fin du XVI° siècle.

 

L'ancienne abbaye et l'église Sainte Trinité, avant 1970.

 

 En 1660 l’abbaye de la Trinité entre dans la congrégation de France des Génovéfains dont le siège se trouvait à l’abbaye de Sainte-Geneviève à Paris. Elle est partiellement restaurée par les frères cardinaux d'Escoubleau de Sourdis au XVII° siècle. Finalement, c'est au milieu du XVIII° siècle que l'on reconstruit entièrement l'abbaye de la Trinité sur un plan de "fer à cheval" dont la façade mesure plus de 65 mètres de long. Ruinée après la Révolution, l'abbaye de la Trinité n’est pas épargnée par les guerres de Vendée au XVIII° siècle.

 

L’abbaye de la Trinité est construite en style néo-classique, avec la pierre locale, le granit.

 

L'histoire de l'abbaye s’arrête en 1806 avec son dernier prieur. Vendue comme bien national en 1803, elle est rachetée en 1813 par la commune de Châtillon-sur-Sèvre pour y installer ses administrations : hôtel de ville, palais de justice, gendarmerie et asile pour enfants. Dans l'aile ouest du bâtiment, les sœurs de la Sagesse qui s'occupent de l'asile, font élever une chapelle de style néo-gothique. Aujourd'hui encore, l'ancienne abbaye abrite l'hôtel de ville. À la place de la gendarmerie se trouve la poste et à la place de l'asile pour enfant, le musée du BRHAM (Bureau de recherches historiques et archéologique du Mauléonnais).

 

Le premier niveau est percé de grandes baies éclairant un grand couloir qui autrefois servait de corridor

qui rappelle le cloître. Le second niveau possède aussi de belles fenêtres encadrées de pierres de taille en saillie.

Un balcon en fer forgé décore l'entrée principale et l'on peut encore apercevoir

le blason du duc de Châtillon surmonté de la couronne ducale et du collier de l’ordre du Saint-Esprit.

 

L'abbaye possède de grands sous-sols qui, à l'origine, s'étendaient sur toute la surface de l'abbaye. Ces sous-sols sont voûtés. La partie la mieux conservée donne côté presbytère. L'autre, beaucoup plus endommagée, donne côté entrée jardin public.

A l'origine, ces sous-sols étaient utilisés comme entrepôts pour les redevances dues à l'abbaye, qui étaient ensuite redistribuées principalement aux pauvres. Lors des Guerres de Vendée, ceux-ci ont servi de prison. Après la Révolution, les caves côté mairie ont été employées de différentes façons : ateliers pour artisans, fabrique d'eau gazeuse, prisons et écurie aux chevaux pour la gendarmerie. Côté presbytère, elles ont surtout été utilisées comme entrepôts pour le fonctionnement et la réserve de denrées pour le Petit Séminaire, et sont pratiquement inutilisées depuis la fermeture de l'établissement.

 

L'église Sainte Trinité.

 

Vue aérienne avant 1970.

Fondée au XII° siècle, l'église de la Trinité est également ruinée par les guerres de religion au XVI° siècle

et incendiée pendant la guerre de Vendée.

 

Façade occidentale - La tour clocher - Chevet de l'église.

 

L'église des Génovéfains n'avait qu'un modeste clocher. L'agrandissement du XIX° siècle dota l'édifice d'une imposante façade de deux hautes tours avec flèches visibles de loin. Elles encadrent le portail et la rosace. Les clochetons de pierre tendre à la base des flèches ont été supprimés en 1889.

 

 Au XIX° siècle, l'église est agrandie de trois travées et restaurée.

Des pierres tombales des XVII° et XVIII° siècles subsistent dans le pavement des deux tours.

La nef centrale de 16 m environ de large, est constituée de huit travées.

 

En 1806, l'abbatiale devient la seule église paroissiale de la ville, les paroisses Saint-Pierre et Saint-Melaine étant supprimées. Comme elle était trop petite, on décida, en 1853, de la prolonger de trois travées sur l'emplacement du modeste espace paroissial ancien. Les travaux durèrent de 1854 à 1856. Elle est l'oeuvre d'Alfred Tessier, architecte au Mans.

 

Seules les hautes fenêtres éclairent l'église, les nefs latérales étant basses (vers 7 m) et sans fenêtre.

Les fonts baptismaux (1900) sont situés dans la tour sud.

L'autel, en granit, est placé au début de la nef.

Au mur est du bas-côté gauche se trouve l'autel du Saint-Sacrement.

 

Les voûtes sont en briques avec ogives de pierre. Deux portes classiques marquent les bas-côtés nord

et sud à hauteur de la 5° travée à partir de l'ouest.

Porte de l'église, attaquée à coup de hache, Châtillon-sur-Sèvre, 1900.

 

Le 7 février 1900, toute la population de la ville était sur pieds. L'inventaire du mobilier de l'église devait avoir lieu à 9 h à l'église et au presbytère. Il fut empêché ce jour-là par la population. Le 13 février, les Compagnies du 77° de ligne, garnison de Cholet, parties dans la nuit, arrivent avant l'aube à Châtillon. Des gendarmes à pied et à cheval, au nombre de 150 arrivent également, escortant le préfet sectaire. Des jeunes gens ont donné l'éveil aux catholiques, et les églises de Châtillon et Saint Jouin sont remplies de paroissiens.

 

A 6 heures l'assaut des portes de l'église commence. Les soldats s'acharnent à coups de barres de fer et de haches. La porte tient bon jusqu'à 11 h. On fait sortir les manifestants après le défoncement de la porte entre deux rangées de soldats. Le receveur de l'enregistrement procède à son inventaire, mais non sans protestations.

 

Les grandes verrières du chœur sont de F. Denis, peintre verrier de Nantes (1828-1878).

 

Les vitraux des tours de façade, sont de D. Denis, Nantes, 1865. La rosace, sur le porche, sort des ateliers François Eugène Denis, Nantes, 1860. Les vitraux du fond des bas-côtés (murs est) représentaient, au nord, la Vierge (L. Lobin, Tours, 1858), au sud, le Sacré-Cœur (F.E. Denis, Nantes, 1860). Ils ont été remplacés, vers 1965, par des verrières modernes en béton et dalles de verre coloré, dues à l'abbé Bressollette, enfant du pays.

 

L'abside est à pans coupés revêtus de boiseries réalisés en 1835

sur le modèle des stalles de la cathédrale d'Angers.

 

En 1835, deux sculpteurs d'Angers, Duretti et Dominique Massini, ont remplacé les anciens autels, délabrés, et les boiseries et stalles à moitié brûlées pendant la Révolution. Les seize stalles entourant le siège de celui qui préside à la célébration, au-dessus duquel est représenté le Bon Pasteur. Les cinq hautes fenêtres donnent au chœur en hémicycle un air de majesté.

 

Le presbytère.

 

En 1639, Henri d'Escoubleau de Sourdis, abbé commendataire de la Trinité

ordonna la réparation de l'abbaye.

C'est certainement à cette époque que fut construit le bâtiment actuel du presbytère

et que disparurent les galeries du cloître.

 

Le portail d'entrée du presbytère, façade côté église paroissiale.

 

Le portail de l'ancienne église abbatiale du XII° siècle appartient au roman primitif. Après les guerres de Vendée, il fut inséré dans la façade de l'église de la Trinité qui fermait la portion de l'église au XVII° siècle. Au XIX° siècle, lors de l'agrandissement de l'église paroissiale, le portail démonté est installé à l'entrée du presbytère.

 

L'église Sainte Trinité et le portail côté cour intérieure du presbytère.

 

La façade du presbytère est découpée en trois niveaux de hauteur inégale, séparés par des bandeaux

de pierres de granit en saillies. Les larges fenêtres au rez-de-chaussée, entourées d'un imposant chaînage

de granit contribuent, avec la porte d'entrée, à donner un aspect austère et cossu.

La date "1840", est inscrite sur le fronton triangulaire au-dessus de la porte principale

pour indiquer l'année où ce monument est redevenu l'actuel presbytère.

 

Fondé au XVII° siècle par les génovéfains sur la demande du cardinal d'Escoubleau de Sourdis, le presbytère de style classique est un beau monument. Les frères d'Escoubleau de Sourdis ont par la même occasion remis de l'ordre dans la vie des moines qui à cette époque semblaient bien apprécier les tavernes et les auberges. Le bâtiment fut vendu comme bien national à la Révolution et l'acquéreur y installe l'hôtel de la Boule d'Or. En 1838, le Conseil de fabrique rachète cet ancien hôtel pour y établir l'actuel presbytère.

 

Les remparts de l'abbaye soutiennent de vastes jardins entourés d'une rambarde avec balustre de granit.

Edifiés en 1711, sur les anciennes murailles médiévales, ils portent le blason de l'abbaye.

Un cordon de pierre court, en relief, tout le long du mur, marquant ainsi la limite de la propriété.

 

Les croix de la colline de Château-Gaillard,

érigé à la Gloire de la Vendée militaire, dans le respect de tous les morts.

 

Ce monument, inauguré le 22 août 1993, se compose d'une haute croix de granit orné d'un coeur vendéen

reposant sur un socle massif, d'une statue représentant un paysan vendéen dans un bloc de granit,

et d'un chiron sur lequel est gravée l'inscription :

"Dons des descendants de la Rochejaquelein, de collectivités locales, d'entreprises régionales, de bienfaiteurs".

Mauléon, à l'époque Châtillon-sur-Sèvre et capitale de la Vendée militaire,

a beaucoup souffert des combats de 1793.

 

Mauléon,  ancienne cité castrale devenue cité du cuir.

 

Au XIX° siècle, Mauléon connaît une période de reconstruction et de grande prospérité commerciale et industrielle. Le bourg s'agrandit et occupe une position stratégique entre l'Anjou et le Poitou. De nombreuses entreprises vont se développer sur le territoire, dont deux tanneries, six usines de chaussures et de ganteries, deux entreprises de confection de vêtements, et quatre magasins de vêtements de cuir, dont les cuirs Guignard, qui existent à Mauléon depuis 1955.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.mauleon.fr/
Brochure "Mauléon, l'histoire au pluriel", 32 pages, O.T. Mauléon

Gravure S. Mauléon, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b60007960/f299
Dépliant 3 volets "Eglise Sainte Trinité", O.T. Mauléon

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 21 avril 2018

 

 

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