CHÂTELLERAULT (Vienne)
Arrondissement de Châtellerault - Canton de Châtellerault.
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 31.722 Châtelleraudais en 2014.

 

 

La ville et ses remparts

 

 

Née au X° siècle au bord de la Vienne, Châtellerault est une ville chargée d'histoire, avec un riche patrimoine.

Jusqu'au milieu du XVIII° siècle, elle se développe à l'intérieur de ses remparts.

 

L'enceinte médiévale, construite en pierre durant la Guerre de Cent Ans était ponctuée de portes.

Le châtelet, ou porte Sainte Catherine, marquait l'entrée nord de la ville.

Elle est détruite au XIX° siècle à l'instar des autres portes et remparts.

L'hôtel de ville

 

Les bâtiments du couvent des Minimes sont transformés en mairie après la Révolution.

En 1848, ils sont rasés au profit d'une construction neuve, conçue pour accueillir l'hôtel de Ville,

le palais de justice et un musée.

 

Au X° siècle, le vicomte Airaud érige un camp retranché sur la rive droite de la Vienne, donnant ainsi son nom à la cité (Castellum Airaldi, qui deviendra Châtellerault). Deux siècles plus tard, le bourg de Châteauneuf est fondé sur la rive gauche. Un pont de bois réunit la ville ceinte de remparts dont les fossés sont alimentés par la Vienne. Cette enceinte suit la rivière et remonte le long des boulevards jusqu'à la place Sainte Catherine. Pour faciliter la circulation, on perce au XVI° siècle la Grand-Rue, qui restera jusqu'au XVIII° siècle l'unique voie carrossable, autour de laquelle se regroupent les commerces.

 

Statue de la Liberté.

Du côté de l'avenue Clémenceau, le fronton sculpté par Honoré Hivonnait

témoigne de l'ancienne entrée du palais de justice.

 

Les hôtels particuliers.

 

La place du Châtelet.

 

 

L'hôtel Alaman : construit vers 1520, c'est un hôtel particulier de style Renaissance.

Restauré et reconverti en 2013, il accueille l'Office de tourisme et une galerie d'exposition.

 

En 1569, durant les guerres de religion, les protestants trouvent refuge dans l'hôtel. En 1640, il devient couvent des Filles de Notre-Dame. Il ferme ses portes à la Révolution, remplacé successivement par une salpêtrière, une caserne et une prison.

 

L'hôtel des Sibylles, daté 1529. Il tient son nom des médaillons qui ornent sa façade, côté jardin.

Côté rue, l'hôtel laisse apercevoir une tourelle d'escalier très ouvragée.

 

Construit peu après l'hôtel Alaman, ces riches ornements inspirés à la fois de la mythologie grecque et de la religion chrétienne, sont caractéristiques de la Renaissance. On reconnaît en bas-relief les figures mythologiques des prophètes et des sibylles, héritières du nom d'une prêtresse d'Apollon.

 

 

La maison Descartes, qui borde la Grand'Rue, a été construite à la fin du Moyen Age.

Son haut pignon est caractéristique des maisons de cette époque.

 

Au XVI° siècle, elle appartient à la famille de René Descartes (La Haye, 1569 Stockholm 1650), célèbre philosophe qui passe ici une partie de son enfance. Classée Monument Historique en 1927, elle est ensuite rachetée par la ville. Depuis 2013, elle abrite l'artothèque.

 

 

L'ancien collège, est aujourd'hui le Centre d'Art Contemporain et l'école d'Arts Plastiques.

 

Le vicomte de Châtellerault fonde ici le premier collège de la ville en 1467. Fermé à la Révolution, il est rouvert en 1803. Devenu collège communal, il est agrandi en 1842 dans le style néo-gothique et son porche monumental date du début du XX° siècle. Il a cependant conservé une chapelle médiévale. (Le château primitif du X° siècle se trouvait probablement derrière ces bâtiments).

 

Construit  vers 1600 par Charles Androuet du Cerceau.

Restauré à la fin du XIX° siècle, l'hôtel est vendu à la ville en 1952 et accueille le musée entre 1983 et 2004.

Les dépendances du XVIII° siècle reçoivent aujourd'hui un espace scénographique

dédié au pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle.

 

L'hôtel tient son nom du protestant de Béthune, duc de Sully (1560-1641), gouverneur du Poitou (1604-1611), ministre de Henri IV qui séjourne à plusieurs reprises ici lors de la rédaction  de l'Edit de Nantes. Construit entre cour et jardin, l'hôtel se différencie des hôtels du XVI° siècle dont les hauts pignons des façades donnent sur la rue. Remanié au XVIII° siècle, il est restauré au XIX° siècle et retrouve un décor Renaissance.

 

Logis du Cognet, ancien hôtel Brochard, construit à la fin du Moyen Age, vers 1450,

avec : pignon sur rue, tourelle d'escalier, décors gothiques...

Le 5 septembre 1663 il reçoit la visite de Jean de La Fontaine, cousin du propriétaire, Jean Pidoux,

au cours de son voyage en Limousin.

La Fontaine y compose lors de son séjour, la fable "Le petit Poisson et le Pécheur".

 

Les halles.

 

Les halles et la rue de l'ancienne prison vers 1910, et les halles vers 1920.

Sous l'Ancien Régime, les halles sont le lieu le plus animé de la ville :

on y trouve le marché et les halles, mais aussi le palais royal où  siègent la sénéchaussée et le corps de ville.

Ces édifices sont détruits au XIX° siècle pour laisser place à des halles néogothiques en 1850,

puis des halles à charpente métallique en 1903.

 

Les halles et la place en 2017.

Les halles de 1903 abritent aujourd'hui le marché et la médiathèque.

Sur la place, deux façades de style Art Nouveau ont été construites au début du XX° siècle.

 

Le Boulevard Blossac.

 

Au XIX° siècle, la ville connaît une extraordinaire expansion,

notamment grâce à sa manufacture d'armes.

 

Afin de libérer  la ville de son carcan médiéval, les remparts sont abattus et laissent place, en 1752 à la promenade Blossac. Elle tire son nom du comte de Blossac, intendant du Poitou, qui initie ces grands aménagements urbains. Rapidement le boulevard devient le nouveau centre de la vie politique, économique et culturelle.

 

Le kiosque à musique, construit en 1881,  et la poste Art Déco, conçue par les architectes

Geay et Durand. Elle a été inaugurée en 1928. La façade est décorée de fines mosaïques,

dont l'une représente le caducée, bâton de Mercure, dieu romain des messagers.

 

Le square Gambetta.

 

 

En 1874, pour prolonger la promenade Blossac,

on aménage un jardin à l'anglaise à l'emplacement du champ de foire.

Planté d'essences exotiques (cèdres du Liban, séquoias américains),

il est agrémenté de faux rochers et de cascades.

 

 

 

En 1898, on y construit une maison du garde, dont la façade en pan de bois

a été récupérée sur une maison médiévale du centre.

 

Le monument à la gloire de la Révolution.

 

 

Avant même l'aménagement du square, un château d'eau prend place à cet endroit.

En 1890 on y élève ce monument à l'occasion du centenaire de la Révolution.

Réalisé par Gustave Michel, il est gravé des noms de ceux qui ont initié la Révolution.

(C'est l'un des rares monuments de ce genre en France).

 

La Vienne, et le pont Henri IV et ses tours.

 

 

La vienne et le pont Henri IV, en 2017.

 

 

La rivière Vienne, affluent de la Loire,

a connu une activité commerciale intense entre la fin du Moyen Age et le XIX° siècle.

 

La Vienne a fait de Châtellerault l'une des principales villes portuaires du Bassin de Loire : les quais de part et d'autre du pont accueillent chaque jour des gabares, bateaux à fond plat. Concurrencée par le chemin de fer, l'activité fluviale cesse en 1912.

 

 

Le pont roman ayant été endommagé pendant la guerre de Cent Ans, le roi ordonne

la construction d'un nouveau pont de pierre en 1564.

La porte d'entrée, construite à la même époque que le pont, a été amputée de son pavillon central.

Seules les deux tours qui l'encadrent subsistent. Elles abritent des espaces scénographiques.

Plusieurs architectes se succèdent pour la construction, dont Charles Androuet du Cerceau.

Les travaux sont ralentis par les guerres de religion et le pont s'ouvre à la circulation en 1610.

Il est remarquable par ses dimensions : très large, il avait été conçu pour recevoir des maisons.

 

Très tôt, grâce à la navigation et à la route d'Espagne longeant les remparts, le négoce se développe. A la fin du Moyen Age, l'industrie drapière, la tannerie, la coutellerie, l'horlogerie et la batellerie assurent une prospérité certaine. Les guerres de religion freineront cet essor. Les protestants étaient très nombreux à Châtellerault, et la révocation de l'Edit de Nantes entraîne l'émigration des artisans. Après les pillages des réformés en 1562, commence une période sombre marquée par les épidémies, la peste et les difficultés financières.

 

Ce n'est qu'au milieu du XVIII° siècle que la ville retrouve son dynamisme, avec l'apogée de la batellerie et de la coutellerie. En 1820, la manufacture d'Armes constitue l'activité principale de la cité industrielle. Châtellerault s'enrichit et se dote alors de monuments. Avec l'arrivée du chemin de fer en 1850, les conditions du négoce sont transformées. La batellerie périclite en quelques années.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"Parcours architectural de Châtellerault", de  24 pages, O.T. Châtelleraudais

Panneaux explicatifs répartis à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 21 mai 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville