POITIERS (Vienne)
Arrondissement de Poitiers - Canton de Poitiers
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 87.435 Poitevins en 2014.

 

D'une superficie de 4.211 hectares et d'une altitude de 65 à 144 mètres,

la ville est traversée par le Clain et son confluent le Boivre.

 

 

Le baptistère Saint Jean,

construit dans le courant du V° siècle.

 

 

Le baptistère est l'un des plus anciens monuments chrétiens de France.

Il constitue un témoin rare des pratiques architecturales

durant l'Antiquité tardive et le haut Moyen Age.

 

Plusieurs transformations architecturales modifient au cours des

VI°, VII°, IX° et XI° siècles l'aspect originel du monument.

 

À l'origine le baptistère est une maison romaine, sa partie centrale n'étant aménagée qu'autour des années 360, dans le futur quartier épiscopal de la ville de Poitiers, à proximité de la résidence de saint Hilaire et de la future cathédrale.

 

Porte occidentale de l'entrée.

Durant près de 150 ans, le baptistère a demeuré à demi-enfoui dans une étroite cavité

de la chaussée et contourné de tous côtés par la circulation des véhicules.

Le réaménagement du quartier en 1988, a reporté le tracé de la rue, ce qui permet maintenant de découvrir l'édifice,

complètement isolé au centre d'une dépression gazonnée.

 

Les modillons portant les éléments sculptés d'entrelacs de la corniche sont tous situés aux extrémités des pans et surtout que leur style diffère profondément de celui de leurs voisins : au lieu d'être sculptés en plein relief, comme ces derniers, ils sont taillés en réserve.

 

Face au sud, détail du décor architectural.

Un transept aux bras carrés, avec une abside de plan polygonal à l'intérieur conçue

comme une petite pièce à part dotée d'une fenêtre,

sont ajoutés aux VI° et VII° siècles.

 

L'abside semi-circulaire.

 

Le pignon nord.

 

Vers la fin du XI° siècle, le baptistère est embelli d'un décor peint,

appliqué directement sur les parois intérieures.

Le style de ces peintures, attribuées aux grands ateliers du Poitou,

est comparable à celui de l'abbatiale de Saint Savin.

Au-dessus de l'abside, est figuré l'ascension du Christ, qui fait face à un vase de vie

entouré de deux paons, un motif issu du répertoire paléochrétien.

 

Un des cavaliers représenté fait référence à Constantin, l'empereur romain

qui a officiellement toléré le culte chrétien en 312.

 

Vue d'ensemble des fresques murales des XII° et XIII° siècles : les apôtres.

Sur le mur sud, le combat d'un personnage brandissant une épée face à un dragon

illustre la lutte du Bien et du Mal.

 

Constantin à cheval - Peintures gothiques de l'abside.

Dans la 1° partie du XIII° siècle, le décor est en partie refait, notamment

dans l'abside où sont représentées des scènes de la vie de Saint Jean Baptiste.

 

 

La piscine.

Au IV° siècle une cuve baptismale est ajoutée. A cette époque, le baptême

se fait par immersion totale. Cette cuve est bouchée au VIII° siècle au plus tard.

 

 

Le baptistère abrite une quarantaine de cuves ou de couvercles mérovingiens

de provenance essentiellement locale.

 

 

La salle baptismale, mur est.

 

Vestiges de constructions antérieures.

 

La collection de sarcophages mérovingiens.

 

Depuis l'abside, vue sur l'entrée du baptistère.

 

Les arcs couvrant les diverses baies sont portés par des colonnes et colonnettes adossées dont les fûts en délit sont taillés dans plusieurs variétés de marbres pyrénéens et dont les chapiteaux, en calcaire pour les parties hautes, en marbre ailleurs, constituent le plus riche décor et le plus original parement de cette salle et de ses absidioles.

 

 

L'édifice est désaffecté en 1791. Il est vendu comme bien national à un particulier qui l'utilisa comme hangar. Des travaux de voirie prévoyant de le détruire en 1832, il est sauvé par une souscription publique amorcée par les membres de la Société française pour la conservation des monuments nationaux fondée par Arcisse de Caumont, ce qui aboutit à l'achat du monument par l'État en 1834. Il bénéficie d'une restauration au milieu du XX° siècle.

 

Les sarcophages monolithes réunis constituent, tant en ce qui concerne les formes

que les décors, un échantillonnage très représentatif de "l'école du Poitou".

 

Actuellement, le baptistère abrite un petit musée glyptique.

 

La glyptique (du grec ancien γλυπτός / glyptós, « objet gravé ») est l'art de la gravure des pierres fines, comprenant la taille et de la sculpture en creux (intaille) ou en relief (camée). Elle exprime le plus souvent des sujets tirés de la mythologie, des religions ou de thèmes culturels ou symboliques. Ce terme est souvent employé pour désigner l'art de tailler les sceaux-cylindres en Mésopotamie. Le savoir-faire de la glyptique est reconnu en France par son inscription à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.tourisme-vienne.com/
Brochure "Le baptistère St Jean de Poitiers", de 94 pages,

Société des Antiquaires de l'Ouest, 2004

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 mai 2017

 

 

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