POITIERS (Vienne)
Arrondissement de Poitiers - Canton de Poitiers
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 87.435 Poitevins en 2014.

 

A l’époque de Lemonum, (cité romaine de Poitiers), le quartier Notre-Dame

était dense et proche des centres d’activités développés autour du forum.

 

 

 

Collégiale Notre-Dame-la-Grande

 

 

Bien que petite, elle fut nommée "la Grande"

pour la distinguer d'autres églises poitevines consacrée à Notre-Dame.

 

Notre-Dame-la-Grande est mentionnée pour la première fois au X° siècle, sous le nom latin

Sancta Maria Major en référence à l’église Sainte-Marie-Majeure de Rome.

L'église possédait un double statut, à la fois paroisse et collégiale,

et dépendait des chanoines de la cathédrale.

 

Gravure avant 1870 et carte postale avant 1970.

La façade est un mur-sculpture plat qui ferme la nef.
La façade proclame à l'extérieur le message chrétien et les historiens pensent

qu'elle servait aussi de support pour l'enseignement des fidèles.

 

Notre-Dame la Grande constitue l'un des chefs d'oeuvre non seulement de l'architecture,

mais aussi de la plastique romane par la qualité de sa façade, qui était autrefois peinte.

 

Le chantier a dû commencer vers 1030-1040, par le chevet à déambulatoire et trois chapelles rayonnantes... On construisit la nef vers 1050-1080, l'une des premières à avoir été voûtée de pierre... Le cardinal Eudes de Châtillon procéda à la dédicace de l'église le 9 juillet 1086 ; moins de deux plus tard, il était élu pape sous le nom d'Urbain II.

 

Les deux clochetons en haut des colonnes latérales rappellent la forme du clocher.

 La façade occidentale présente une élévation à trois étages :
▪ Au premier niveau nous trouvons un portail central en plein cintre

encadré de deux portails latéraux en arcs brisés.
▪ Le deuxième niveau présente deux galeries d'arcades

abritant des statues de saints de chaque côté d'une large baie centrale.
▪ Le troisième niveau enfin est constitué d'un fronton

décoré en son centre d'une riche mandorle.

 

Le clocher en écaille de la croisée du transept compte trois étages.

Mandorle avec Christ en gloire.

 

Vers les années 1090-1130, la partie occidentale, jugée sans doute trop courte, fut reprise. La première façade fut détruite et la nef allongée de deux travées. Enfin, la façade a pu être élevée entre 1115-1130. En 1562, le bâtiment subit les destructions des Huguenots qui pillent l’édifice, brûlent les reliques et décapitent la plupart des statues de la façade par iconoclasme.

 

Vue d'ensemble du tympan.

Le porche à quatre voussures et les deux arcades en arc brisé.
Juste au-dessus du porche et des arcades à gauche et à droite,

se trouve la célèbre frise avec sa série de scènes, à lire de la gauche vers la droite,

de la Tentation d'Adam et d'Eve au baptême.

Le deuxième niveau présente les statues des douze Apôtres

ainsi que celles des évêques Hilaire et Martin.

 

Les corniches, chapiteaux, voussures, arcades... sont ornés de feuilles, de rameaux, de petits personnages, de têtes, de masques, de monstres, de dragons, d'animaux... tous plus curieux les uns que les autres.

 

Le portail principal a quatre voussures.

"La Nativité" (Marie mit au monde son fils, l'emmaillota et le coucha dans une crèche").

Le porche avec une porte étroite permet le passage

et une seule large ouverture au-dessus de la porte assure l’entrée de la lumière.
Tout le reste de la façade n’est que sculpture.

 

Vue d'ensemble sur la façade occidentale et le côté nord.

 

Le clocher est accosté au sud-est d'une tour d'escalier coiffé d'une poivrière.

 

 

Le chevet est un chevet à déambulatoire avec trois chapelles rayonnantes.

 

L'église n'a pas de transept en raison sans doute de contraintes de place dues

à un bâtiment côté nord et de passage côté sud.

 

Les bâtiments des chanoines étaient situés du côté nord de la nef.
Le cloître, datant des XII° et XIII° siècles, est totalement démoli en 1859.

 

La nef a été couverte de lourdes voûtes de pierre, une voûte en berceau pour la nef

et des voûtes d'arêtes pour les bas-côtés.

Les stalles, en partie d’époque Renaissance, partagent la nef.

Le plan de l'église se compose d'une nef centrale avec des collatéraux très élevés

selon un schéma fréquent dans l'architecture romane poitevine.

 

Les baies des murs extérieurs ont été réduites et des contreforts ont été ajoutés pour supporter le poids de ces voûtes de pierre. Ce fut une des premières églises à avoir été voûtée de pierre.

L'orgue de tribune est une réalisation d’Yves Sévère (1996).

 

La chapelle des fonts baptismaux.

Groupe sculpté dit de la Sainte Parenté en pierre peinte du XVI° siècle,

qui réunit une dizaine de personnages.

La majeure partie du mobilier de l’église n’est pas d’origine,

mais provient d’édifices poitevins vidés à la Révolution.

 

La chaire à prêcher, de style baroque, date du XVII° siècle.

Elle présente un décor typique de la Contre Réforme

et proviendrait du couvent des Filles de Notre-Dame.

 

Bas côté et les colonnes peintes.

La nef ne pouvant pas recevoir d’ouvertures, ce sont les murs des collatéraux

qui sont percés de fenêtres réduites mais évasées vers l’intérieur.

 

 

 

Mise au tombeau de la chapelle Sainte-Anne, dite du fou.

 

La chapelle Sainte-Anne, dite Chapelle du Fou, construite en 1475 pour la famille du sénéchal du Poitou Yvon du Fou, conserve un bel enfeu de style gothique flamboyant. Celui-ci abrite, depuis 1802, une mise au tombeau en pierre polychrome des années 1500 provenant de l’ancienne abbaye de la Trinité de Poitiers.

 

Le déambulatoire.

 

 

Colonnes peintes et chapiteaux sculptés et peints.

 

Chapiteaux du déambulatoire : Daniel dans la fosse aux lions, et l'Ascension.

 

 

Chapelle du Saint Sacrement, du XI° siècle.

Peintures murales romanes du cul-de-four : Marie et l’Enfant, le Christ et les apôtres.

 

Tout au long des XV° et XVI° siècles, différentes chapelles privées appartenant

aux familles de la haute bourgeoisie poitevine sont aménagées du côté nord de l’église.

 

 

Le choeur est entouré de six colonnes aux chapiteaux corinthiens,

puis d’un déambulatoire et de chapelles rayonnantes.

 

Quelques vestiges de décor peint dans le choeur. Bien que très détériorés, on y voit encore une Vierge à l’Enfant dans une mandorle, un Christ en Majesté sur la voûte et les douze apôtres assis sous des arcatures. Ces figures sont flanquées d’anges accompagnant les âmes vers la Jérusalem céleste.

 

La fresque sur la voûte du chœur représente une Vierge avec l’Enfant et le Christ en gloire

accompagnés de nombreux personnages dont les douze Apôtres (six de chaque côté).

 

Grand lutrin en bronze du XVII° siècle. Il représente l’aigle de saint Jean.

Un autre semblable, provenant de l’abbaye de la Réau et datant de 1743,

se trouve dans le déambulatoire - Petit orgue de choeur de 1855.

 

Porte d'accès à la sacristie.

La chapelle du Bon mourant abrite une scène curieuse,

celle d'un mourant allongé, dénudé en partie, à qui un ange debout montre le ciel (1636).

 

Voûtes des bas-côtés et chapelles sud.

L'intérieur de l'église a été recouvert de peintures au XIX° siècle.

 

Les chapelles sont construites dans le style gothique flamboyant ou renaissance

et conservent de belles voûtes d’ogives, des clefs pendantes sculptées et des plafonds

à caissons. Certaines ont conservé des fragments de vitraux du XVI° siècle,

bien que la majeure partie du décor soit du XIX° siècle.

 

L’église possède un grand nombre de vitraux et meubles

datant de l’épiscopat de Monseigneur Pie (1815 - 1880).

 

Sous le choeur, la crypte (fermée) abrite des fresques romanes assez bien conservées :

quatre personnages, symboles d'évangélistes.

La petite crypte a été aménagée, a posteriori, sous le choeur au XI° siècle.

 

 

Cette statue rappelle qu'en 1202 les clefs de la ville avaient été miraculeusement soustraites aux recherches d'un traître qui devait les remettre aux assiégeants anglais. Ce miracle des clefs, longtemps célébré le lundi de Pâques, est figuré par un grand vitrail, dans une chapelle du mur nord, à quelques mètres de la statue.

 

Statue Notre-Dame des Clefs, du XVI° siècle.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Brochure "Découvrez N.D. la Grande, 12 pages

Poitiers, Ville d'Art et d'Histoire, O.T. de Poitiers

Panneaux explicatifs répartis à travers la collégiale

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 mai 2017

 

 

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