POITIERS (Vienne)
Arrondissement de Poitiers - Canton de Poitiers
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 87.435 Poitevins en 2014.

 

 

Ancienne collégiale romane Sainte Radegonde,

des XI°, XIII° et XV° siècles.

 

 

Sainte Radegonde est l'une des plus anciennes églises de Poitiers.

 

Avant 1970, vues sur l'ancienne collégiale Sainte Radegonde et la cathédrale Saint Pierre,

Le Clain, église Sainte Radegonde et la cathédrale.

 

La petite place qui jouxte l'église était son cimetière, et occupe l'emplacement d'une basilique funéraire fondée vers 560 en dehors de l'enceinte gallo-romaine du Bas-Empire et fut appelée pour cette raison Sainte Marie-Hors-les-Murs. Elle devait abriter les sépultures des religieuses du monastère de Sainte-Croix créé par la reine Radegonde. Celle-ci y fut inhumée en 587 et l'église prit alors son nom.

 

La façade, précédée d'un parvis entouré de bancs de pierre, se compose d'un clocher-porche dont les étages supérieurs, l'un carré, l'autre octogonal, datent du XII° siècle, ainsi que le lanternon de la tourelle d'escalier.

 

L'entrée romane a été remplacée à la fin du XV° siècle, par un portail de style gothique flamboyant

surmonté d'une balustrade.

La porte principale est un placage de la fin du XV° siècle, qui cache toute la partie inférieure de la tour.

De riches dais y abritent les statues des patrons de Poitiers :

Notre-Dame, Sainte Radegonde et ses deux compagnes, Saint Hilaire.

Du porche, sous lesquels sont encastrés deux bas-reliefs du XII° siècle,

une descente de dix marches précède le vaisseau.

 

 

Un collège de chanoines a été formé pour assumer la garde des reliques de Sainte Radegonde

et le culte à la mémoire de la fondatrice de l'abbaye voisine, située, elle, en deçà de la vieille muraille.

 

L'orgue du XIX° siècle avec sa tribune en structure métallique.

 

Dans le porche, deux reliefs se font face. Ils sont issus de l'ancienne façade romane et ont été apposés en remploi. L'un de ces reliefs représente le Christ en Majesté. L'autre montre une femme assise qui pourrait représenter sainte Radegonde ou la Vierge ou une personnification de l’Église. Elle est couronnée et nimbée, voilée et revêtue d'une robe aux plis dessinant des cercles concentriques. Elle s'incline vers la gauche. De cette position, il est possible de déduire que les deux reliefs sont les vestiges d'un seul ensemble sculpté. La sainte devait se trouver placée à la droite du Christ. Des traces de polychromie sont encore visibles.

 

L'édifice fut reconstruit à la fin du XI° siècle.

L'abside avec sa crypte et son déambulatoire, ainsi que l'étage inférieur de la tour,

paraissent remonter à cette époque.

La large nef unique, du plus beau style angevin, est une construction du XIII° siècle, voûtée au XIV° siècle.

 

Un enfeu gothique abrite un groupe sculpté baroque, dit «du Pas-de-Dieu», daté du XVII° siècle.
Un an avant sa mort, Radegonde a une vision du Christ. Celui-ci lui annonce qu'il l'accueillera bientôt au Paradis.

 

Transféré à l'époque de la Révolution, du monastère Sainte Croix, il représente une apparition du Christ à la sainte. A la suite de cette apparition, le pied du Christ aurait laissé son empreinte dans une pierre, protégée par une grille, qu'on a placée entre deux statues.

 

L'abside à déambulatoire est inscrite dans un chevet polygonal.

La voûte est portée assez haut pour que, par des baies en plein cintre, le sanctuaire soit éclairé par en haut.

 

Les chapiteaux des grosses colonnes représentent : feuilles d'acanthe sur trois rangées, quadrupèdes cabrés.

Il s'y ajoutent des personnages debout et un chapiteau historié qui réunit la représentation du péché originel,

Daniel exposé aux lions et sauvé par l'intervention divine.

 

La crypte.

 

La crypte s'ouvre sous le choeur, et contient le tombeau de Sainte Radegonde.

 

La crypte comprend un noyau central voûté en berceau et en cul de four contourné par un  déambulatoire à trois chapelles rayonnantes. Grâce à la déclinaison du sol, la crypte n'est qu'à demi enterrée. Elle prend jour par des ouvertures en plein cintre ménagées au bas du chevet.

 

Le sarcophage, celui même où Sainte Radegonde fut ensevelie en 587, repose sur une table épaisse du XII° siècle. En 1989, on y a trouvé une petite boîte de plomb contenant les restes, en partie brûlés, d'un squelette de femme, qui pourraient être ceux de la sainte.

 

Sainte Radegonde de Poitiers.

 

Radegonde de Poitiers est née vers 520 en Thuringe, et décédée le 13 août 587 à Poitiers. C'est une princesse thuringienne, devenue reine des Francs en épousant Clotaire Ier, fils de Clovis.

Fondatrice de l’abbaye Sainte-Croix de Poitiers, elle a été canonisée (fête le 13 août), et elle est la patronne de Poitiers et patronne secondaire de France.

Ü  Statue de la Sainte offerte par Anne d'Autriche en reconnaissance d'une guérison de Louis XIV. Le sculpteur a donné à la sainte le visage de la reine.

 

Dans une lettre adressée aux évêques de la Gaule, l'épouse malheureuse de Clotaire 1er exprimait le voeu

d'être inhumée dans l'église de la Vierge qu'elle avait fait construire en dehors de l'enceinte de la ville.

C'était alors la muraille romaine du III° siècle.

 

Des miracles, survenus sur le tombeau de sainte Radegonde dès sa mort, attirent rapidement des pèlerins. c’est à partir de la fin du XIII° siècle que les textes permettent de saisir différentes fêtes de l’année en l’honneur de sainte Radegonde. Le pèlerinage se maintient au cours du XV° siècle jusqu’à la profanation du tombeau par les Gascons huguenots en 1562. Quatre ans plus tard, en 1566, les ossements de la sainte, placés dans un coffret de plomb, sont renfermés dans le tombeau. Aux XVII° et XVIII° siècles, le culte, ininterrompu, bénéficie de la faveur de la famille royale et des miracles sont encore rapportés, mais peu à peu les pèlerinages deviennent atones et sont même entièrement interrompus durant la période révolutionnaire. Ils sont restaurés au XIX° siècle et bénéficient de la diffusion croissante de la piété mariale.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France "Poitou, Saintonge, Angoumois"

Volume IIIc, Editions Robert Laffont, 1967

Panneaux explicatifs répartis à travers l'église

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 mai 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville