SAINT DENIS  (Seine-Saint-Denis)
Arrondissement de Saint Denis - Canton de Saint Denis
Région Île-de-France
 Population : 111.103 Dionysiens en 2015.

 

D'une superficie de 1.236 hectares, et d'une altitude de 23 à 46 mètres,

la ville est bordée par le fleuve la Seine et traversée par le canal Saint Denis.

 

Avant 1970, la ville, la basilique et la Maison de l'Education de la Légion d'honneur.

Ville médiévale, nécropole royale, haut lieu de la révolution industrielle, puis grande ville ouvrière,

elle a évolué en profondeur et s’est toujours adaptée aux enjeux de son temps.

 

 

La basilique gothique Saint Denis

 

 

Associée depuis ses origines à l'histoire de la monarchie,

l'église abbatiale se présente aujourd'hui comme un édifice exceptionnel, témoignage architectural

des débuts du style gothique et inventaire de l'évolution de la sculpture funéraire du X° au XVI° siècles.

Le 9 octobre 1966, la basilique est promue cathédrale lors de la création du diocèse de Saint-Denis.

 

L'ancienne abbaye royale de Saint-Denis est associée à l'histoire du monde des Francs. L'église abbatiale a été dénommée "basilique" dès l'époque mérovingienne. Elle s'élève sur l'emplacement d'un cimetière gallo-romain, lieu de sépulture de saint Denis martyrisé vers 250. Le transept de l'église abbatiale, d'une ampleur exceptionnelle, était destiné à accueillir les tombeaux royaux. Elle est ainsi la nécropole des rois de France depuis les Robertiens et Capétiens directs, même si plusieurs rois mérovingiens puis carolingiens avaient choisi avant eux d'y reposer.

 

Façade nord. Décapitation de Saint Denis, tympan du portail (Porte de Valois),

qui a conservé ses statues colonnes.

 

Entre 1135 environ et 1144, l'abbé Suger, conseiller des rois Louis VI et Louis VII et abbé de Saint-Denis de 1122 à 1151, souhaite rénover la vieille église carolingienne afin de mettre en valeur les reliques de saint Denis dans un nouveau chœur. Il décide de la reconstruction de l'église avec une élévation importante et des baies qui laissent pénétrer la lumière. Le chevet est consacré le 11 juin 1144. L'abbaye bénédictine de Saint-Denis devient dès lors un établissement prestigieux et riche.

 

La tour sud abrite le bourdon, fondu sous Charles V, puis sous Louis XV.

Le parapet crénelé est du XV° siècle. Le déambulatoire extérieur ouvre sur une série de neuf chapelles

contiguës qui communiquent largement entre elles.

 

Le portail sud, achevé par Pierre de Montreuil en 1259 et décoré vers 1259-1264, était précédé par un cloître.

Le thème de la décoration sculptée devait être le Jugement dernier.

Aux piédroits se déroule un calendrier avec les travaux des mois placés dans des médaillons

entourés de rinceaux sortant de la gueule d'un lion.

 

La façade occidentale, avec une élévation à trois étages scandés par quatre contreforts en forte saillie.

Le décor des trois portails (en grande partie détruit ou fortement restauré)

doit être considéré comme un véritable acte de naissance de la sculpture gothique.

 

Les baies, la rose et la terrasse crénelée sont des inventions de Debret.

Primitivement couronnées de deux tours réunies par un parapet crénelé évoquant la Jérusalem céleste,

elle est conçue selon un rythme ternaire, en hommage à la Trinité.

 

Le Jugement dernier avec, le Christ juge, les apôtres et les anges portant les instruments de la Passion.

Suger aux pieds du Christ sur l'un des deux vantaux de la porte,

réalisée au XIX° siècle, à l'imitation des portes de bronze d'origine.

Les vieillards de l'Apocalypse ornant les voussures.

 

Le portail central, refait, présentait aux piédroits les premières statues colonnes, exécutées vers 1155, juste après celles du portail Royal de Chartres. (Elles ne sont connues que par les dessins du père Monfaucon, qui les releva au XVIII° siècle pour son album des grands monuments de la monarchie française).

 

 

Le portail Nord présente les signes du zodiaque aux piédroits.

Quant au tympan consacré au martyre des trois saints, il date du début du XIX° siècle

et est l'oeuvre du sculpteur Félix Brun.

 

Avant leur transformation en 1171, les portails s'ornaient d'une série de statues-colonnes qui représentaient les rois et les reines de l'Ancien Testament. Plusieurs têtes provenant de cet ensemble sont actuellement conservées à Paris au musée national du Moyen Age, Thermes et hôtel de Cluny.

 

La nef, est l'euvre de Pierre de Montreuil, de la fin XIII° siècle.

 

Le narthex de Suger a conservé ses voûtes sur croisées d'ogives et ses chapiteaux.

La première mention d'un orgue dans la basilique déjà placé en tribune est attestée dès 1506.

Dans le grand vitrail moderne de Gruber sont enchâssés des éléments de verrière du XIII° siècle.

 

Triforium et fenêtres hautes du vaisseau central de la nef.

 

Les six chapelles latérales Nord ont été ajoutées sous Charles V.

Elles n'existent pas au Sud, la présence des bâtiments abbatiaux l'interdisant.

Les vitraux de la nef montrent les rois et reines de France, dessinés par l'architecte François Debret.

 

 

Stalles de choeur en bois sculpté et marqueté, du XVI° siècle.

 

Ces stalles ont été sculptées pour la chapelle de Gaillon (1501-1516).

Les panneaux de marqueterie de couleur sur les dossiers

et les éléments sculptés témoignent déjà d'une influence italienne.

 

Le transept dû aussi à Pierre de Montreuil a reçu un développement exceptionnel à double collatéraux

pour accueillir les tombes royales selon le voeu de Saint Louis.

Les verrières de 11 m de diamètre sont, en partie d'époque Louis-Philippe, en partie modernes.

 

Depuis le choeur, vue sur la nef et la tribune d'orgue.

 

Dans la chapelle du Saint Sacrement, une très belle Vierge à l'enfant.

 

Transept Nord.

 

Le choeur.

 

Suger modifie aussi le chœur en lui ajoutant des chapelles rayonnantes. Reprenant le principe du déambulatoire à chapelles rayonnantes mais en le doublant, Suger innove en prenant le parti de juxtaposer les chapelles autrefois isolées en les séparant par un simple contrefort. Chacune des chapelles comporte de vastes baies jumelles munies de vitraux filtrant la lumière. Le voûtement adopte la technique de la croisée d'ogives qui permet de mieux répartir les forces vers les piliers.

 

Les parties hautes du choeur ont été refaites au XIII° siècle, mais le déambulatoire de Suger

est entouré de neuf chapelles latérales dont les voûtes retombent sur de fines colonnes.

Les quinze panneaux subsistant des vitraux d'origine ont été remontés dans des verrières récentes.

 

Les gisants de la basilique.

 

Cette nécropole des rois fait partie des ensembles funéraires les plus importants au monde.

 

42 rois, 32 reines, 63 princes et princesses et 10 grands serviteurs du royaume  furent inhumés dans la basilique Saint-Denis jusqu’au XIX° siècle. La nécropole n'a pas toujours été telle que nous la trouvons de nos jours. En effet, l'Abbaye de Saint-Denis a du s'imposer face à la concurrence, notamment de Saint-Germain-des-Prés, et l'a obtenu grâce à l'obstination de l'Abbé Suger et l'avènement de la dynastie des Capétiens.

70 gisants et tombeaux sculptés se trouvent dans la cathédrale de Saint-Denis, pour la plupart à leur emplacement d’origine. Les restes des rois étaient placés sous les gisants, avant que les révolutionnaires ne les profanent en 1793.

 

Les bas-côtés

 

Gisants en pierre, vers 1263-1264.

Louis III (963 † 882), roi de Francie occidentale de 879 à 882, petit fils de Charles le Chauve.

Carloman (866 † 884), roi de Francie occidentale de 882 à 884, petit fils de Charles le Chauve.

Pépin le Bref (715 † 768), Maire du palais de 741 à 751, roi des Francs de 751 à 768.

Berthe au Grand Pied (726 † 783), reine des Francs, épouse de Pépin le Bref.

 

De Dagobert à Louis XVIII, tous les rois de France (ou presque !) se font enterrer à Saint-Denis. Lors du grand chambardement de la Révolution, les tombeaux se font saccager, détruire, les restes jetés dans des fosses communes.
Lenoir parvient à sauver les plus beaux tombeaux et les expose à Paris au musée des Petits-Augustins, futur musée des Monuments Français. Les gisants et les tombeaux feront leur grand retour à la basilique en 1816, grâce à Louis XVIII... On compte aujourd'hui 79 gisants, bien évidemment vides depuis la fureur révolutionnaire...

 

Gisants en marbre du XIV° siècle.

Charles, comte d'Estampes (1305 † 1336), fils de Louis, comte d'Artois.

Marguerite de Flandre († 1382), fille de Philippe V et Jeanne de Bourgogne,

épouse de Louis II, comte de Flandre.

Béatrice de Bourbon († 1381), fille de Louis 1° de Bourbon et Marie Hainaut,

épouse de Jean de Luxembourg, roi de Bohême.

Clémence de Hongrie (1293 † 1328), fille de Charles 1° de Hongrie,

seconde épouse de Louis X le Hutin.

Marguerite d'Artois († 1311), épouse de Louis de France, fille de Philippe d'Artois.

Louis de France  († 1319), comte d'Evreux, fils de Philippe le Hardi et de Marie Brabant.

Une reine (identification incertaine) Marie de Brienne († 1280),

dernière impératrice latine de Constantinople, en pierre de Tournai.

 

Gisants (1504), Charles d'Orléans, dit le poète et de Claude de France (1394 † 1465), père de Louis XII.

Louis d'Orléans et de Claude de France (1372 † 1407), fils de Charles V et Valentine Visconti.

 

Tombeau de François 1er († 1547) et de Claude de France († 1524),

En marbre blanc et noir, chef d'oeuvre de la Renaissance, réalisé sur l'ordre d'Henri II, en 1548-1558,

sous la direction de Philibert Delorme à qui l'on doit son aspect d'arc de triomphe à la romaine.

La sculpture est due essentiellement à Pierre Bontemps.

 

Les bas-côtés du stylobate représentent, du côté Est, la bataille de Marignan, suivie de l'entrée à Milan, et du côté Ouest, la victoire de Cérisoles. Au-dessus, des gisants sculptés par Bontemps, la voûte est finement sculptée d'une Résurrection entourée des évangélistes et de génies funéraires. Les figures agenouillées sont celles du roi et de la reine et, en arrière de leurs enfants : le dauphin François et de Claude de France († 1537), Charles d'Orléans et de Claude de France († 1545), et Charlotte de France et de Claude de France († 1524).

 

Urne funéraire de François 1er, par Pierre Bontemps (1556),

provenant du monastère des Hautes-Bruyères, (près de Rambouillet) où il mourut

et déposée à Saint Denis après la Révolution.

 

Dans le coeur, à droite de l'autel.

 

Autour du choeur se trouve le plus grand rassemblement au monde de monuments funéraires.

Un peu plus de la moitié des tombeaux ont été exécutés pour l'abbatiale,

et d'autres proviennent d'édifices détruits à la Révolution.

 

Tombeau de Dagobert (603 † 639), en pierre, vers1258 ; Roi des Francs de 629 à 639.

Tombeau en forme de portail d'église. Sur le tympan :

l'âme de Dagobert est sauvée de l'enfer par les saints Denis, Maurice et Martin.

 

Dagobert est le premier roi exhumé dans la basilique et est considéré comme le fondateur de l'abbaye Saint Denis. Au XIII° siècle avant que Saint Louis ne fasse réaliser les seize premiers gisants royaux, un tombeau coloré aux dimensions exceptionnelles lui est consacré. Il illustre un épisode légendaire écrit au VIII° siècle par Hincmar, moine de Saint Denis.

 

Dans les croisillons sud et nord.

 

Charles V (1338 † 1380), Roi de France de 1364 à 1380.

(Commande passée à André Beauneveu en 1364 et achevée en 1374, en marbre).

Jeanne de Bourbon (1338 † 1377), reine de France, épouse de Charles V

(En marbre, milieu du XVI° siècle).

Charles VI, dit le Fou (1368 † 1422), roi de France de 1380 à 1422,

(Commande faite à Pierre Thoiry, vers 1424, en marbre, et achevée en 1429).

Isabeau de Bavière (1371 † 1435), reine de France, épouse de Charles VI.

Bertrand du Guesclin (1320 † 1380), Connétable de France de 1370 à 1380.

 

Dans le déambulatoire, en haut de l'escalier, à droite.

 

Louis XVI (1754 † 1793), roi de France de 1774 à 1792.

Marie Antoinette (1755 † 1793), reine de France, épouse de Louis XVI.

(Commande de Louis XVIII, en marbre, 1830).

 

Charles, comte de Valois (1270 † 1325), fils de Philippe III et d'Isabelle d'Aragon, marbre du XIV° siècle.

Blanche de Navarre (1332 † 1398), seconde épouse de Philippe VI de Valois.

(Vers 1371, en marbre).

Jeanne de France († 1371), fille de Philippe VI de Valois et Blanche de Navarre.

 

Jean et Blanche de France († 1248 et † 1243), Fils et fille de Saint Louis et de Marguerite de Provence,

provenant de l'abbaye de Royaumont (Oise), vers 1250, en cuivre doré, émaux champlevés.

 

Clovis 1er (465 † 511), roi de France de 481 à 511, en pierre, vers 1220-1230,

fils de Childeric 1° et de Basine.

Childebert 1er (496 † 558), fils de Clovis 1er et de Clotilde.

Frédégonde (545 † 597), reine de Soissons et de Neustrie, 3° épouse de Chilpéric 1er.

 

En haut de l'escalier.

 

Henri II et Catherine de Médicis.

Ces gisants reproduisent les effigies funéraires en cire et en bois

présentées sur des lits de parade à la mort des souverains.

(Commande de Catherine de Médicis en 1583, par Germain Pilon, marbre.

Marie de Bourbon Vendôme (1515 † 1538),

fille de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, en marbre, après 1594.

Guillaume du Chastel († 1441), panetier de Charles VII, 2° moitié du XV° siècle, pierre et marbre.

 

Dans le croisillon Nord.

 

Jean II le Bon (1319 † 1364), roi de France de 1350 à 1364, fils de Jean le Bon.

(commande de Charles V (fils de Jean le Bon) par André Beauneveu, en marbre.

Philippe VI de Valois ((1293 † 1350), roi de France de 1328 à 1350.

 

Tombeau d'Henri II ((1519 † 1559), roi de France de 1547 à 1559.

et de Catherine de Médicis (1519 † 1589), reine de France.

 

Tombeau par Le Primatice et Germain Pilon, 1573, marbres et bronze.

 

A l'intérieur, transis du roi et de la reine. Sur la plate-forme, priant du roi et de la reine. Aux quatre angles, les vertus cardinales (force, justice, prudence et tempérance). Bas-reliefs du soubassement, les vertus théologales (charité, foi, espérance). Ce tombeau se trouvait en 1719 au centre de la rotonde des Valois, détruite à cette date).

 

Carloman (465 † 511), roi de Bourgogne et d'Austrasie, fils de Pépin le Bref, frère de Charlemagne.

(Commande de Saint Louis, vers 1263-2164, en pierre).

Ermentrude (825 † 869), reine de Francie occidentale, épouse de Charles II le Chauve.

 

Philippe (1116 † 1131), fils de Louis VI le Gros et d'Adélaïde de Savoie.

Sacré du vivant de son père le 14 avril 1129.

Constance de Castille (1136 † 1160), reine des Francs, seconde épouse de Louis VII le Jeune.

 

Bas côté Nord.

 

Tombeau de Louis XII et d'Anne de Bretagne.

Ce monument, d'inspiration franco-italienne, fut commandé par François 1er en 1516,

au Florentin Jean Juste, fixé à Tours, et achevé en 1522 par son fils et son neveu.

 

Le roi et la reine font pour la 1ère fois l'objet d'une double représentation : nus et gisants sur la dalle

du sarcophage, mais aussi priant, en costume d'apparat, très belle figure, vieillie et recueillie du roi.

 

Aux angles sons assises les vertus cardinales : la Force vêtue d'une dépouille de lion, la Justice, avec son glaive, la Prudence, tenant un serpent et un miroir, la Tempérance, avec le sablier et la bride. Dans les niches sont assis les apôtres, au soubassement, les reliefs évoquent à la romaine, la campagne de Louis XII en Italie, son entrée à Milan, le passage des montagnes de Gênes et la bataille d'Agnadel.

 

Blanche de Castille († 1320), fille de Saint Louis et de Marguerite de Provence, en pierre du XIV° siècle.

Louis et Philippe († 1271), fils du comte d'Alençon (Moulage, l'original est conservé au Musée National

du Moyen Age à Paris, et provenant de l'abbaye de Royaumont (Oise).

Charles 1er d'Anjou (1226 † 1285), roi de Naples et de Sicile de 1266 à 1285,

fils de Louis VIII et de Blanche de Castille. (Gisant de coeur, commandé en 1326

Par Clémence de Hongrie, son arrière petite fille. En marbre, du 1° tiers du XIV° siècle.

 

Louis de France (1260), fils aîné de Saint Louis et de Marguerite de Provence,

provenant de l'abbaye de Royaumont, 2° moitié du XIII° siècle,

Philippe de France († 1235), Fils de Louis VIII et de Blanche de Castille, frère cadet de Saint Louis.

(en pierre et pâte de verre).

 

 

Louis VI le Gros (1080 † 1137), roi des Francs de 1108 à 1137

Henri 1er (1008 † 1060), roi des Francs de 1031 à 1060.

(Les deux gisants sont en pierre du XIII° siècle).

Jeanne de France (1311 † 1349), reine de Navarre, fille de Louis X et de Marguerite de Bourgogne.

Jean 1er, dit le posthume († 1316), roi de France et de Navarre du 15 au 19 novembre 1316.

Fils de Louis X le Hutin et de Clémence de Hongrie, 1° tiers du XIV° siècle, en marbre.

Robert II le Pieux (970 † 1031), roi des Francs de 996 à 1031, en pierre du XIII° siècle.

Constance d'Arles (984 † 1032), reine des Francs, 3° épouse de Robert II le Pieux, en pierre.

Louis X le Hutin (1289 † 1316), roi de France de 1314 à 1316, en marbre, du XIV° siècle.

 

Le chevet et chapelles du déambulatoire.

 

Les chapelles reposent sur des voûtes à croisée d’ogives :

il s’agit d’une des toutes premières utilisations de cet élément majeur de l’architecture gothique du XII° siècle.

 L’usage de cette technique apporte légèreté et ouverture au chevet.

 

Les chapelles ne sont pas séparées par des cloisons mais constituent par leur regroupement une sorte de second déambulatoire, permettant à la lumière d’entrer pleinement dans le chevet et de conférer à cette partie une certaine unité architecturale. Ce dispositif renforce le rôle des vitraux au sein de cet ensemble. Chacune des sept chapelles est ornée de deux verrières dont les thématiques renvoient aux principales croyances chrétiennes. Cet ensemble architectural et ornemental permet de créer un écrin particulier pour la châsse reliquaire, placée au centre du chœur.

 

 

Chapelle Saint Firmin : le retable représente le Christ et les douze apôtres.

 

Le déambulatoire.

 

La chapelle Sainte Osmanne.

 

Retable du XII° siècle (prêt du Musée de Cluny).

Vitrail dit aux Griffons, un animal mythique à bec et ailes d'aigle et au corps de lion.

Par son lien à la terre et au ciel, il symbolise la double nature du Christ.

 

La chapelle Saint Maurice.

 

Retable Saint Eustache et vitrail Saint Maurice et la légion Thébaine.

 

La chapelle Saint Pérégrin.

 

Retable de la Crucifixion, en pierre, vers 1250-1260.

Dallage avec semis de fleurs de lys et tours du XIX° siècle en pierre.

Vitraux : la vie de Moïse et les Allégories de Saint Paul, des XII° et XIX° siècles.

 

La chapelle de la Vierge.

 

Reliquaire : fragment supposé d'un poignet de Saint Louis,

offert par le Mémorial de France à Saint Denis le 8 mai 1956, du XIX° siècle.

Retable : l'enfance du Christ, en pierre peinte du XIII° siècle.

Dallage avec motifs géométriques d'après le pavement médiéval en partie retrouvé lors de fouilles

menées par Viollet-le-Duc au XIX° siècle.

Vitraux : l'enfance du Christ et l'Arbre de Jessé (des XII° et XIX° siècles).

 

La chapelle Saint Cucuphas.

 

Retable de la Crucifixion, en pierre, du XIII° siècle.

Vitraux : vision d'Ezéchiel et l'Apocalypse, des XII° et XIX° siècle.

 

L'oriflamme de Saint Denis.

 

Grâce à l'abbé Suger, Saint Denis devient véritablement le sanctuaire de la monarchie française,

concurrençant Reims, la cathédrale du sacre.

 

Retable en pierre, du XV° siècle.

L'oriflamme est une copie (de 1914) de l'étendard porté par les armées royales en temps de guerre.

 

A partir de 1124 et jusqu'au début du XV° siècle, les rois partent au combat en arborant l'oriflamme de l'abbaye afin de se mettre sous la protection de Saint Denis, devenu, le patron spécial du royaume. Outre l'oriflamme, le monastère garde les regalia - couronnes, sceptres et autres objets indispensables au sacre.

 

La crypte, du XII° siècle, édifiée par l'abbé Suger.

 

La crypte se compose de deux parties distinctes :

à l'Ouest, la crypte archéologique placée sous la croisée du transept, et à l'Est, sous le chevet.

 

Châteaubriand, dans le Génie du Christianisme a évoqué la crypte comme très romantique.

On y descend par des escaliers situés de part et d'autre du choeur.

 

La chapelle des Princes.

 

Dans cette chapelle reposent différents personnages inhumés après la Révolution.

 

La disposition des cercueils en plomb entourés de bois et placés sur des tréteaux de fer rappelle celle du caveau des Bourbons au XVIII° siècle. Au fond de la chapelle les urnes contiennent les restes (coeur, entrailles) de personnages royaux et princiers à l'origine inhumés en d'autres lieux.

 

La chapelle des Bourbons.

 

Cette chapelle contient des cénotaphes réalisés au XIX° siècle

en l'honneur de la dynastie des Bourbons, ainsi que le coeur de Louis XVII.

 

Cénotaphe d'Henri IV, tombeau détruit à la Révolution, (1553 † 1610), roi de Navarre, puis roi de France.

 

Louis XVIII (1755 † 1824), roi de France et de Navarre de 1814 à 1824.

Buste par Achille Valois, en marbre, 1817.

 

Sous l'abside de l'église, un déambulatoire annulaire permettait aux pèlerins et aux fidèles de circuler autour

de la confession où les reliques de saint Denis et de ses deux compagnons étaient exposées à leur vénération.

Ce dispositif reprenait le modèle de Saint Pierre de Rome mis en place vers 600 par le Pape Grégoire le Grand.

 

 

La chapelle a été entourée par Suger, en 1140-1143, d'un déambulatoire aux puissantes voûtes en tailloir

sur des piliers à chapiteaux à feuillages stylisés, qui ouvre sur neuf chapelles rayonnantes.

 

La chapelle d'Hilduin.

 

Edifiée par l'abbé Hilduin en 832, reconstruite par l'abbé Suger en 1140,

cette chapelle devient au XVII° siècle, le caveau des Bourbons,

où les cercueils étaient placés sur des tréteaux de fer.

 

Les dalles funéraires de marbre (1975) rappellent la décision de Louis XVIII en 1815,

de faire inhumer à Saint Denis des personnages royaux qu'ils affirment avoir retrouvés :

 

▪ Louise de Lorraine (1553 † 1601), reine de France de 1575 à 1589, épouse d'Henri III, inhumée au couvent des Capucines à Paris.

▪ Louis VII (1120 † 1180), roi des Francs de 1137 à 1180. Inhumé à l'ancienne abbaye de Barbeau, près de Melun (77).

▪ Marie Antoinette (1755 † 1793), reine de France de 1774 à 1791, puis reine des Français de 1791 à 1792, épouse de Louis XVI. Inhumée à Paris, au cimetière de la Madeleine, où Louis XVIII fit édifier la chapelle expiatoire.

▪ Louis XVI (1754 † 1793), roi de France de 1774 à 1791, puis roi des Français de 1791 à 1792, inhumé au cimetière de la Madeleine à Paris.

▪ Louis XVIII (1755 † 1824), roi de France de 1814 au 20 mars 1815 et du 8 juillet 1815 à 1824. Dernier roi inhumé à Saint Denis.

▪ Dalle prévue pour Charles X (1757 † 1836), roi de France de 1824 à 1830, frère de Louis XVI et de Louis XVIII. Il est actuellement inhumé au monastère de Castagnavizza en Slovénie, près de Gorizia, où Charles X mourut en exil.

 

 

Base de colonne carolingienne, en pierre, vers 775, avec décor sculpté de motifs végétaux.

Découverte dans le bas-côté nord de la basilique en 1881.

 

Chapiteaux de la crypte, dont le le martyre de St Edmond, un des miracles de St Denis,

et le transport des reliques de Saint Edmond.

 

L'ossuaire.

 

Dans un couloir de 5 mètres fermé d’une grille : à droite et à gauche de l'entrée du couloir se trouvent

cinq plaques avec les noms des illustres personnages inhumés dans la basilique.

On aboutit alors à un petit réduit de 2 x 2 mètres, mais sous une voûte amputée.
De chaque côté se trouve de nouveau une grande plaque de marbre noir portant les noms

des dizaines d’individus royaux ou princiers dont les ossements sont entassés derrière.

 

La crypte archéologique.

 

Vestiges de la crypte de l'église carolingienne de l'abbé Fulrad consacrée en 775.

En 1859, Viollet-le-Duc entreprend la première fouille d’importance sous le maître-autel ;

l’architecte met au jour une série de sarcophages, mais l’on ignore ce qu’il advint du mobilier découvert.

 

Vue de la crypte archéologique. Cette première section, jusqu'aux grilles,

correspond à la zone de fouilles de Viollet-le-Duc.
 

La sacristie.

 

Dessinée par l'architecte Jacques Cellerier, la sacristie est dans le goût néoclassique (1812).

Une suite de tableaux y relatent l'histoire de la basilique.

 

La restauration de la basilique débute en 1813 sous la direction de l'architecte François Debret, frère du peintre et coloriste Jean-Baptiste Debret. En 1846, il doit céder la place à Eugène Viollet-le-Duc. La même année, la tour nord, qui culminait à 86 mètres, est déstabilisée et fissurée par une tempête. L'architecte la démonte précautionneusement. Il projette dans un premier temps de la restituer avant d'y renoncer.

 

Les anciens bâtiments monastiques : actuelle Maison d'éducation de la Légion d'honneur.
 

Après la Révolution, ils sont transformés par Napoléon 1er

en maison d'éducation des jeunes filles de la Légion d'Honneur.
L'empereur ordonne la restauration de la basilique dont il souhaite faire le lieu d'inhumation de sa famille.

 

Au début du XVIII° siècle, les bâtiments monastiques d'origine médiévale sont reconstruits

dans une facture classique,

par les architectes Robert de Cotte et Jacques Gabriel, architectes du roi.

Les bâtiments abbatiaux s'échelonnent autour d'un immense cloître très austère et se prolongeant,

au Sud, par deux ailes encadrant une "basse-cour".

Un parc de 25 ha dépend de la Maison, dont 7 sont devenus public.

 

Jouxtant l'église abbatiale, le portail de l'abbaye de Saint-Denis,

est devenu aujourd'hui, l'entrée de la Maison d'éducation de la Légion d'honneur.

Le portail, édifié sous Louis XVI, limite la cour semi-circulaire qui précède la façade Ouest,

animée par un pavillon central à pans coupés.

Le fronton du pavillon d'angle Sud a été sculpté par Nicolas-Sébastien Adam.

Les appartements de cette aile étaient destinés au grand prieur

ainsi qu'aux hôtes de marque, présents lors des funérailles royales.

 

Le titre d'abbé ayant été supprimé par Louis XIV, à la mort du cardinal de Retz, soixante-treizième et dernier abbé, les revenus de l'abbaye passèrent à la Maison royale de Saint-Cyr, chargée de l'éducation des jeunes filles de bonne famille. L'abbaye devint un prieuré. Par décret du 25 mars 1809, Napoléon 1er affecta les bâtiments à la maison d'éducation principale de la Légion d'Honneur : destination qu'ils ont conservée jusqu'à nos jours.

 

Les maisons d'éducation de la Légion d'honneur sont des établissements scolaires secondaires créés par Napoléon 1er et qui abritent des internes. C'est à l'origine une œuvre sociale destinée à prendre en charge l'éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre, dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents ont mérité la Légion d'honneur.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Basilique St Denis,  Philippe Plagnieux, Itinéraires du patrimoine, 1998
Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 25 octobre 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville