VINCENNES  (Val-de-Marne)
Arrondissement de Nogent-sur-Marne - Canton de Vincennes.
Région Ile-de-France.
 Population : 49.461 Vincennois en 2015.

 

D'une superficie de 191 hectares, et d'une altitude de 46 à 69 mètres,

la ville doit son caractère résidentiel à la proximité de son bois

et à la célébrité de son château, né de la passion des rois de France pour la chasse.

 

 

La Sainte chapelle royale gothique
 

 

En 1379, Charles V fonde un chapitre de chanoines pour la Sainte chapelle qu'il édifie

dans la nouvelle enceinte du château de Vincennes, peut-être à partir des années 1370.

Cette décision s'inscrit dans le cadre de son beau projet d'y établir une ville royale fermée,

loin des turbulences politiques parisiennes : le projet ne sera jamais réalisé.

 

La Sainte Chapelle est placée sous le patronage de la Trinité et de la Vierge Marie.

Le chantier dirigé par l'architecte Raymond du Temple débute en 1390. Le gros oeuvre du choeur,

les deux oratoires, la sacristie et le Trésor sont sans doute terminés en 1396.

 

En raison des difficultés financières liées à la guerre de Cent Ans, de la folie du roi Charles VI et du désintérêt croissant des souverains pour l'ensemble de leurs Saintes Chapelles, il faudra cent soixante-treize ans pour terminer le monument : il ne fut achevé qu'en 1552.

 

Erigée au XV° siècle, la façade occidentale est un chef d'oeuvre de l'art gothique flamboyant en Ile-de-France.

On y trouve des figures du prophète et des reproductions de la Trinité.

 

Les deux galbes ajourés au-dessus du portail et la rose révèlent la virtuosité de l'art flamboyant.

 

A la différence de Paris, la Sainte chapelle de Vincennes est construite sur un seul niveau.

 

La chapelle est un lieu hautement symbolique dont la magnificence doit refléter sur terre l'éclat de la Jérusalem céleste, et appeler la protection civile sur la dynastie. Sa silhouette élancée, sa fonction de reliquaire et ses privilèges la distinguent des autres oratoires et chapelles du château de Vincennes. On vénérait à Vincennes une épine prélevée sur la couronne d'épines de la Sainte chapelle de Paris, un fragment de la Croix du Christ...

 

La nef unique est séparée par un cordon séparant les deux niveaux.

Les réseaux des baies rayonnantes dans le choeur, flamboyant dans la nef,

témoignent d'une évolution qui trouve sont aboutissement à la façade.

 

L'abside à cinq pans rythme des contreforts entre lesquels s'élèvent d'immenses fenêtres.

 

Pour assurer les services religieux de sa chapelle, Charles V établit en 1379, un collège de chanoines. Placés sous la tutelle directe du pape, ils se conformeront aux usages religieux de la chapelle royale. Vivant en communauté, ils ont la charge du trésor conservé dans une annexe de la chapelle.

 

 

Le décor peint des voûtes conduit le chantier au milieu du XVI° siècle :

le roi Henri II fait peindre les lettres initiales H de Henri et K de Catherine de Médicis, sa femme,

et son propre emblème, le croissant de lune. (Sur les clés et les quartiers de voûtes).

 

Verrières placées au-dessus du portail occidental.

 

La tribune et son escalier d'accès.

 

Les verrières illustrent l'Apocalypse, célèbre vision de Saint Jean qui conclut le Nouveau Testament,

et plus particulièrement les scènes de la fin du monde.

Elles ont été réalisées sous le règne d'Henri II, au début des années 1550.

 

Les verrières s'organisent en trois registres réunis par une architecture feinte.

La partie haute est décorée d'emblèmes royaux, et en bas,

des personnages dont Henri II, remonté au XIX° siècle dans la baie centrale.

Au XIX° siècle, on ajoute à la base de deux fenêtres, des motifs évoquant le duc d'Enghien.

La tempête de 1999 a détruit les verrières de la nef, dont les vitraux de grisailles refaits en 1958.

 

Le choeur a été aménagé pour recevoir les chevaliers de l'ordre de Saint Michel,

avec un trône pour le roi, grand maître de l'ordre, détruit en 1793 (BnF).

Louis XI au milieu de ses chevaliers portants le manteau, les chaperons et le grand collier de Saint Michel.

Peinture de Jean Fouquet, 1470 (BnF).

 

Saint Louis est le premier souverain à fonder un collège de chanoines dans l'une de ses résidences : c'est la Sainte chapelle de Paris, qui doit abriter de précieuses reliques de la Passion du Christ. Ses successeurs créent à leur tour des institutions comparables dans un esprit de continuité dynastique. (Sept des onze chapelles royales et princières, fondées entre le XIII° et le XIV° siècle subsistent à ce jour, celle de Vincennes étant l'une des mieux conservées).

 

Les deux arcades ouvrant sur l'oratoire Nord, contenant le tombeau du duc d'Enghien.

 

Cloche originale du campanile restitué en 2000. C'est la seule cloche subsistant

de toutes les horloges installées par Charles V dans ses résidences parisiennes.

A gauche, porte d'accès à l'oratoire du roi, et à droite, à l'oratoire de la reine.

 

Chaque oratoire possédait un autel permettant d'y célébrer l'office, d'une cheminée pour le confort et d'un hagioscope, fenêtre oblique ménageant une vue sur le sanctuaire. Sur le tympan de couloir d'accès à l'oratoire nord se trouvent les armes de Jeanne de Bourbon, femme de Charles V et à l'opposé, le blason d'Isabeau de Bavière, femme de Charles VI. Une construction annexe accueille la sacristie et la salle du trésor à l'étage.

 

Monument funéraire du duc d'Enghien.

 

Le monument funéraire du Duc d'Enghien, Louis Antoine Henri de Bourbon, prince de sang royal.

Il est le dernier rejeton de la lignée prestigieuse des Condé.

 

Le monument est l'oeuvre du sculpteur Louis Pierre Deseine, qui a imaginé : le duc d'Enghien descendant vers son tombeau. Deux figures allégoriques "le crime cachant le poignard avec lequel il va frapper le prince", et "La France en pleurs", complètent le groupe sculpté. En 1824, son neveu Amédée Durand reprend l'oeuvre en transformant 'La force de l'âme" en "Religion". La plaque commémorative de marbre prenait place entre les deux statues situées en bas du monument funéraire, avant que celui-ci ne soit déplacé de la nef à l'oratoire sur ordre de Napoléon III.

 

Dans la nuit du 20 au 21 mars 1804, Louis Antoine Henri de Boubon-Condé, duc d'Enghien,

est fusillé dans les fossés du château de Vincennes.

 

Colonne mortuaire du duc d'Enghien érigée dans les fossés de Vincennes.

Portrait de Louis-Antoine de Bourbon-Condé, par Jean-Michel Moreau, château d'Aulteribe.

 

En juillet 1789, ce dernier représentant masculin de la maison de Condé avait émigré et intégré les armées contre-révolutionnaires. En 1804, il est enlevé, sur l'ordre de Napoléon Bonaparte, à Etteheim (Allemagne) où il réside, au prétexte qu'il est impliqué dans des complots royalistes menaçant la personne de Bonaparte. L'élimination du duc d'Enghien doit servir d'exemple, au moment où Bonaparte s'apprête à instaurer l'Empire.

 

Louis XVIII remonté sur le trône de ses aïeux fit rechercher les restes de ce prince, objet de tous les regrets, qui avaient été mis en terre précipitamment et après avoir procédé solennellement à un service expiatoire, le fit déposer dans le monument funéraire de la Sainte chapelle de Vincennes.

 

Le tombeau est installé au fond du choeur. En 1851, Louis Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon 1er, veut le faire enlever mais face aux protestations, il est remonté à l'intérieur de l'oratoire Nord (de la reine), non sans peine, vu l'exigüité du lieu. Les statues seront passées par la plus large des deux arcades qui ouvrent sur la nef et érigées sur le socle construit sur place. Ce dernier contient toujours le corps du duc d'Enghien.

 

Le 21 mars 1804, le jour même où meurt le duc d'Enghien, est promulgué le Code Civil. Avec ce document, qui est l'aboutissement d'un travail de dix ans, la Révolution française donne le meilleur d'elle-même et rend son tablier. Son oeuvre est achevée, d'autant que Bonaparte a établi la paix aux frontières et ramené la concorde religieuse et la prospérité.

Dans le même temps, l'exécution nocturne du duc d'Enghien annonce la dictature personnelle de Napoléon et son interminable litanie de batailles, avec au final l'abaissement durable de la France sur la scène internationale.

 

Dans l'ancienne sacristie, buste de Mazarin (1602-1661), d'après la sculpture originelle en marbre réalisée

au XVII° siècle, par Louis Leramber, et conservée au Musée National des Châteaux et de Trianon à Versailles.

 

Le cardinal meurt à Vincennes le 9 mars 1661. Son corps, déposé dans l'oratoire Sud de la chapelle

jusqu'en 1684 fut ensuite transporté dans la chapelle du collège des Quatre Nations, à Paris.

 

Dans la salle du trésor se trouvait un bassin en laiton incrusté d'or et d'argent, réalisé au début du XIV° siècle en Egypte ou en Syrie pour servir de cadeau à un prince de Lusignan. Il fut probablement donné à la Sainte Chapelle de Vincennes par François 1er et servit au baptême des enfants nés à Vincennes jusqu'à la Révolution. Il est aujourd'hui conservé au Musée du Louvre à Paris.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dépliant 8 volets, "Château de Vincennes", guide du visiteur, remis à l'accueil

"Royales et Princières, les Saintes chapelles"

Claudine Billot, Editions du Patrimoine, 1998

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 25 septembre 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville